SYMPTOMES DE VOISINAGE
Ils varient selon le siège et les tendances migratrices de l'abcès. — Comme l'hépatite et la dysenterie sont, dans un grand nombre de cas, très intimement liées l'une à l'autre, elles s'influencent réciproquement, les manifestations de l'intestin s'effaçant ou devenant moins intenses, quand prédominent celles du foie, et vice versa. Mais l'hépatite primitive peut donner lieu, par voisinage, à une irritation phlegmasique ou réflexe de l'estomac et de l'intestin, que traduisent la sensibilité épigastrique, desnausées ondes vomissements, une diarrhée séro-bilieuse parfois assez abondante; chez plusieurs malades, il semble même que la muqueuse digestive tout
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entière soit le siège d'une vive irritation ; la langue est d'un rouge vif; la même rougeur existe au pharynx et les efforts de déglutition sont douloureux. — Quand l'abcès, volumineux, a gagné le hile, atteint la veine porte ou ses branches d'origine, il peut occasionner, par compression, de l'ascite avec tuméfaction de la rate. C'est aussi par la gêne apportée à la circulation veineuse qu'on explique la production des hémorrhoïdes, des épistaxis, parfois observés au cours de la maladie. — Les symptômes fournis par l'appareil respiratoire sont très importants; ils dépendent de la douleur hépatique, de l'empiétement sur la capacité thoracique et du refoulement du poumon par la glande tuméfiée, de la propagation de l'inflammation à la plèvre et au poumon, ou bien d'une pénétration du pus en ces parties. La respiration est courte, fréquente, incomplète; elle est franchement costale et très anxieuse, quand le diaphragme est paralysé par la douleur sympathique ou atteint par l'inflammation ; la dyspnée est alors portée quelquefois au point de rendre la parole impossible ; « comme à chaque inspiration la douleur se réveille, le malade diminue le plus qu'il peut la contraction des muscles respiratoires propres, ce qui fait qu'on voit le côté s'élever en masse à l'aide des muscles auxiliaires et sans mouvements des intercostaux ; ces phénomènes ne se passent qu'à droite, car le côté gauche au contraire se contracte convulsivement. » (Dut.) En même temps, se produit cette toux sèche, que décrivait Hippocrate, tussis arida, sicca, molesta quidam, sed rara. Quand le foie remonte au delà de ses limites supérieures, la sonorité thoracique est diminuée proportionnellement à l'extension de la matité hépatique, et l'auscultation permet de reconnaître la compression du poumon à l'obscurité du bruit respiratoire, quelquefois à des souffles bronchiques (Frerichs). Si, plus tard, l'inflammation s'étend à la plèvre et au poumon, si le pus envahit ces organes ouïe péricarde, de nouveaux symptô me apparaissent en rapport avec ces divers modes de terminaison; nous en avons parlé précédemment.