‹ Traité clinique des maladies des pays chaudsChapitre 2 sur 190 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

MALADIES CLIMATIQUES COUP DE CHALEUR, FIÈVRES CLIMATIQUES, ANÉMIE TROPICALE.

Nous décrirons, sous le nom de climatiques, les maladies qui paraissent dues à l'action exclusive ou tout au moins prédominante des modificateurs météorologiques. Une température et une humidité excessives, une moindre pression de l'atmosphère, des conditi'ons nouvelles dans la répartition et l'intensité des phénomènes électriques, impressionnent plus ou moins vivement, dans les régions intertropicales, l'organisme adapté aux climats des zones tempérées et froides. L'impression peut ne pas dépasser les limites physiologiques, ou atteindre jusqu'à la morbidité. Dans ce dernier cas, elle varie suivant que les influences du milieu, résumées en quelque soxte dans l'élément thermique, agissent avec brusquerie ou par transitions ménagées, qu'elles demeurent pures de toute association avec d'autres facteurs pathogènes, ou qu'elles se combinent avec diverses causes nocives.

L'impression calorique est-elle intense et subite ? Elle engendre un état suraigu, que nous regardons comme la forme la plus franche des maladies climatiques, le coup de chaleur.

L'impression est-elle moins soudaine, moins accidentelle, pour-

rions-noiis dire, mieux reliée à certaines modalités saisonnières ? Elle se traduit par des pyrexies, oii la haute élévation de la température extérieure occupe toujours le premier rang étiologique, mais alliée à d'autres influences de même ordre ou d'ordre difi"érent. Ces pyrexies coïncident, en effet, avec la période de transition qui relie la saison fraîche et sèche à la saison chaude et pluvieuse ; elles revêtent parfois Fallure épidémique, atteignent les créoles et les acclimatés comme les Européens, et elles présentent ordinairement des caractères de gastricité, qui les rapprochent de nos fièvres vernales. Il n'est pas rare qu'elles évoluent vers le typhisme, tantôt semblant aboutir, par des nuances insensibles, jusqu'à la véritable dothienentérie, comme les fièvres éphémères et gastriques du printemps, dans nos régions tempérées, se transforment peu à peu en fièvres estivales typhoïdes, tantôt se resserrant dans la symptomatologie de la putridité banale, doublement engendrée parla résorption des produits autochthones d'une dénutrition trop rapide et par la pénétration intra-organique des produits de décomposition du sol, sous l'action de la chaleur humide. Ce sont les fièvres appelées inflammatoires ou hilieuses-infiammatoires, bien qu'elles ne soient souvent ni bilieuses, ni inflammatoires, et que nous appellerons simplement climatiques. Comme elles se manifestent au moment oij le tellurisme palustre reprend un nouveau développement, elles ne sont pas toujours faciles à distinguer des pyrexies malariennes ou constituent des types mixtes, climato-telluriques.

L'économie résiste-t-elle à des assauts violents ? Elle peut, amoindrie dans sa résistance par des influences complexes, que domine, jusqu'à un certain point, l'action climatique, arriver à cette forme morbide désignée sous le nom à'aném^ie tropicale.

PREMIÈRE SECTION

COUP DE CHALEURi

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