‹ Traité clinique des maladies des pays chaudsChapitre 62 sur 190 · II. — INFLUENCES HYDROLOGIQUES · texte numérisé non relu

II. — INFLUENCES HYDROLOGIQUES

Les eaux tulluriques favorisent le développement de l'infection

* L'influence de la culture serait-elle en rapport avec la quantité d'acide phos phorique qu'elle utilise ? Un grand nombre de terres cultivées et fertiles renferment jusqu'à 5 ou 6,000 gr. de cet acide par hectare ; la proportion n'est plus que de 720 par hectare dans les sols granitiques ; elle peut atteindre jusqu'à 14,000 dans les sols volcaniques. (Déhérain, L'épuisement du sol par la culture. Rev. scient., 11 août 1883.)

- Les limonites sont riches en peroxyde de fer, énergique agent d'oxydation et par conséquent de décomposition des matières organiques (Boussingault).

^ Le tellurisme palustre peut exister sans sol proprement dit, là où des matériaux suffisamment analogues à ceux du sol se rencontrent, comme à bord des navires en bois, vieux et pourris, mal tenus dans leurs fonds : marais nautique. (Voir l'Hygiène navale de Fonssagrives.) Nous avons déjà eu l'occasion de parler du navire comme milieu générateur ou conservateur de divers infectieux

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palustre ; mais, au delà du degré ({ui sui'lit à détremper le sol. elles l'entravent ou le suspendent. Toute couche d'eau qui recouvre entièrement les terres s'oppose à la concentration des matières org-aniques et ralentit leur décomposition, sert d'écran contre le calorique qui doit pénétrer jusqu'au sous-sol et contre l'évaporation des vapeurs surchargées du principe morbigène. Ce n'est pas au moment de leurs inondations par le débordement des fleuves que les régions du Mississipi, de l'Amazone, du Gange, du Mékong, etc., sont le plus insalubres, mais à l'époque du retrait des eaux, qui laissent après elles d'immenses surfaces limoneuses, aux émanations fétides et pestilentielles. Les marais dits mouillés sont quelquefois sans danger, et leur nocivité est toujours moindre que celle des marais simplement humides ou même desséchés, mais remués ou soumis à des alternatives d'assèchement par les rayons solaires et d'humectation par les pluies ou la rosée.

La qualité et la nature des eaux font aussi varier les conditions de l'infection . Les marais d'eaux douces (constitués par les eaux des pluies, des sources ou des rivières) sont des foyers d'infection plus , redoutables que les marais salés (constitués par les eaux marines, cependant plus chargées que les précédentes en matières organiques, et en matières organiques facilement décomparables à l'air). Mais les marais mixtes sont les pires de tous: ce sont ceux qui donnent à l'endémie ses caractères de haute intensité, sur les régions littorales et particulièrement à l'embouchure des fleuves. Dutroulau, tout en atténuant la nocivité des eaux marines, reconnaît combien leur mélange avec les eaux douces devient pernicieux : « Toutes les fois, dit-il, que, dans les marais salés, on est arrivé à dédoubler les eaux, en détournant les cours d'eau douce, ou en opposant une barrière à l'envahissement de l'eau salée, on a vu les fièvres s'arrêter ; on les a fait renaître en opérant de nouveau le mélange ; quand l'eau de mer domine beaucoup dans les eaux ainsi mélangées, les fièvres ne sévissent pas ; mais, dès que la proportion des eaux se balance, elles prennent une grande violence et ne diminuent que quand on ne constate plus d'eau salée. Le mélange d'eau salée et d'eau douce peut donc être considéré comme la cause de l'intensité des foyers palustres, dans nos colonies insalubres des tropiques, car partout il se fait à découvert ou s'opère p'rofondément par la présence dos alluvions

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marines ; partout aussi où il existe, en suffisante proportion, le palétuvier végète, devient caractéristique de la salure et de Tinsalubrité du sol. ^ » L'arrivée subite d'eaux profondes aux couches superficielles d'un sol meuble suffit à modifier les conditions d'un milieu. A Ouargla, un ksour jusque-là renommé pour sa salubrité, a été envahi par les fièvres après le creusement de puits artésiens, qui ont amené, dans les terres environnantes, une humidité favorable au développement de l'infectieux malarien (Verdan^).

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