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IV. — ÉTIOLOGIE

L'appareil lymphatique est tout à la fois un appareil de drainage, complétant l'appareil veineux (il reprend, au sein des tissus, le plasma sanguin inutilisé pour les besoins nutritifs, après sa transsudation au travers des capillaires) et un centre d'élaboration cellulaire (genèse des leucocytes dans les ganglions et les organes

laquelle on ne parvient plus à distinguer ni vaisseaux, ni ganglions par la palpalion. Cela dure plus de deux semaines. On croit alors percevoir un ramollissement au centre de la tumeur, partout ailleurs comme pierreuse, et Ton pratique une incision à ce niveau ; mais il ne s'écoule que du sang un peu aqueux. A partir de ce moment toutefois, la rétrogradation s'établit, aidée par l'emploi des préparations iodées ; la tumeur diminue ; la peau semble former comme une enveloppe unique et trc'S épaisse avec le tissu cellulaire sous-jacent; on isole un gros cordon vasculaire, étendu de l'anneau inguinal à celui de l'adducteur; peu à peu, le cordon lui-même se rétrécit et disparut, et le malade ne conserva plus qu'une induration médiocre des ganglions de l-'aîne, avec un œdème mou, élastique, à leur périphérie.

Chez un malade, nous avons vu une de ces manifestations œdémateuses simuler de la façon la plus nette, un abcès du foie débordant les côtes.

' Lancereaux, .\nal. pathol., II, 476, 491, ol6.

LYMPHATHEXIE : MANIFESTATIONS COMMUNES 463

lymphoïdes). La lymphe qui résulte de cette double fonction rencontre, dans les voies chargées de la charrier, des conditions peu favorables à sa progression : les canaux sont très amples, subdivisés et anastomosés à l'infini, flexueux et contournés dans les ganglions; ils sont pauvres en éléments musculaires; c'est donc en dehors d'eux, que la circulation lymphatique doit trouver des éléments moteurs d'une suffisante énergie : elle se produit, en effet, sous l'influence immédiate de la pression artérielle et sous l'influence collatérale des pressions musculaires, aidées par l'aspiration thoracique. Ces actions sont-elles amoindries ou entravées? Il y a tendance à la stase, surtout dans les régions le plus passivement soumises aux sollicitations de la pesanteur (membres inférieurs, parties génitales externes). La stase amène la dilatation des voies canaliculaires et elle entraîne pour leurs éléments une impressionnabilité plus grande vis-à-vis des causes irritatives. Ces quelques lignes font pressentir qu'elle sera l'étiologie de la lymphathexie endémique K Dans des pays où l'énergie vitale est diminuée, la pression cardiaco-artérielle affaiblie, comme aussi l'activité respiratoire, le jeu des organes musculaires limité; ou, d'autre part, en raison de certaines habitudes sociales, les membres inférieurs, par la marche nu-pieds, les organes génitaux externes, par la facilité des rapprochements sexuels, sont exposés à des contacts suivis d'irritations multiples (excoriations, éruptions diverses, etc.) ; oii l'infection trouve une occasion fréquente de se produire au niveau des voies accidentelles créées par ces contacts, grâce au défaut de propreté, quand, permanente sous la forme palustre, elle n'est pas une menace de dérivation locale incessante vers des parties privées de résistance ; où l'anémie, très commune favorise le développement de l'inopexie, — il n'est pas étonnant que les maladies de l'appareil lymphatique soient nombreuses, qu'elles revêtent même, avec des allures spéciales, les caractères de l'endémicité. Cet aperçu sommaire d'étiologie générale permettra de mieux comprendre le rôle des influences qui font la prédisposition ou créent l'état morbide.

' Il est à remarquer que, dans les mêmes régions où l'on observe lalymphathexie, les manifestations relevant d'une atonie particulière du système circulatoire sanguin ne sont pas rares. Aux Indes, les auteurs anglais signalent les varices comme fréquentes. Aux Antilles, nous n'avons pas constaté que les varices fussent très communes ; mais, en revanche, nous avons été surpris du grand nombre d'anévrysmes artériels qu'on rencontre chez les noirs et les mulâtres.

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