‹ Traité clinique des maladies du cœur [electronic resource] (volume 2)Chapitre 21 sur 80 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

DE LA CARDITE, OU INFLAMMATION DU TISSU MUSCULAIRE ET pu TISSU CELLJJLAI^E )[NTEE.-MUSCULAIRE DU COEUR (l),

CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES

Suivant Corvisart, il est peu de maladies du cœur qui soient moins connues que le carditis. Il divise le carditis en aigu et en chronique , et il sous-divise le carditis aigu en occulte et en manifeste.

jeuqe hopime de i4 ans, que j'ai soigné conjointement avec M. le docteur Sarlandière, et auprès duquel MM. Broussais, Marjolin et Fouquier furent appelés Gonsiiltalion (nous avons eu la douleur de perdre ce jeune malade). EnGn, le trpisième csempie m'a été fourni par un jeune homme de aa ans, que j'ai vu ea consultation avec M. Ip docteur Aussandon père.

(i) Corvisart a placé la cardile ( il lui donne le nom de carditis) dansia classe des affections qui iniéressenl à la fois divers tissus du cœur, n J'ai placé le cart^'ilis dans cette classe , dit-il, parce q^e je peqse, contre )e sentiment de p\\i- «sieur^ auteurs, que cette affection n'appartient point exclusivement et iso|é^ » ment à un des tissus qui composent cet organe , mais qu'elle intéresse d'une ma-

• nière ^ussi marquée, et le tissu musculaire, et le séreux, et le cellulaire (je n'en P excepte pps même le vascuUiire), qui entrent dans la texture du coeur. Pedt-êirp BjiiiMKjs'iL FALLAIT DÉcioEB quel cst cclui 4e CCS divcTS tissus qui se trouve le plus

• affecté, pourrais-je AVAivcEa qde le tisso celldlaibb est plus vivement bt plos

» ESSEHTIELLBMENT LÉSÉ Qd'aDCDN AUTBB. » {Op. cil., p. 244')

Les réflexions de Corvisart sont parfaitement justes. En eilet, on ne connaît encore aucun exemple de phlegmasie pure et simple du tissu musculaire du cœur, Touiefois, nous devions faire pour l'inflammation de ce tissu ce que nous avions fait pour celle des tissus séreux extérieur et intérieur du cœur, c'est-à-dire lui consacrer un chapitre spécial. Mais, de même que nous avons décrit ensemble et l'inflammation du tissu fibreux du cœur et l'inflammation du tissu séreux du même organe, ainsi nous avons cru devoir étudier, dans un seul et même chapitre, et l'inflammation du tissu musculaire du cœur et l'inflammation du tissu cellulaire interposé entre les faisceaux et les libres musculaires.

Il est très vrai d'ailleurs que dans une violente inflammation du coeur tous les

DE lA CARDITE. 255 M. Laennec pense que « il n'existe peut-être pas un seul exemple incontestable et bien décrit de l'inflammation générale du cœur, soit aiguë, soit chronique. » Il est vrai qu'il écrit ceci à la page 554 du 2" vol. de son ouvrage , et qu'à la page suivante il dit : « il paraît constant queV inJlarnT. mation générale du cœur a été observée. >> M. Laennec ajoute que " les exemples d'inflammation partielle et caractérisée par l'existence d'un abcès ou d'une ulcération dans les parois du çceur, sont beaucoup plus communs et plus exactement décrits.

M. Laennec a considéré le ramollissement du cœur comme upe affection sui generis et indépendante de l'inflammation de cet organe. 11 rapporte ainsi qu'il suit l'opinion que j'avais énjise sur l'influence de l'inflammation dans la pros duction du ramollissement du cœur. « M. Bouillaud regarde « le ramollissement du cœur comme un effet de l'inflam^ a mation , et il pense qu'il en est de même de l'endurcisse-. « m^ntplus ou moins prononcé et de la diminution ou de l'aug- « mentation de coloration. v.(^op. cit , t. 11', pag. 538r39 ).

Je commence par déclarer que si j'ai jamais dit quelque

tissus élénieptaii-es de cet organe sont souvent entrepris à la fois, à des degrés différens. INlais l'iiiflammalion simultanée des divers tissus cans|,ituans du coeur seriïitelle [)lus commune encore qu'elle ne l'est , il n'en faudrait pas moins étudier séparément l'inflammation de chacun de ces tissus, comme on le fait pour l'inflammation des divers élémens qui concourent à la composition des autres viscères , tels que le poumon, l'appareil digestif, etc., bien qu'il ne soit p^s très rare de rencontrer une inflammation simultanée de plusieurs de ces élémens; c'est ce qui arrive, par exemple, dans certaines fluxions de poitrine, où la plèvre, la membraoe interne des conduits aérifères, le /^arcnc/iymepulmonaire, sont enflammés àla fgis, Il serait mjèpae impossible de seforrner des idées un peu claires et précises sur l'histoire des phlegtnasies qui affectent simultanément plusieurs des élémens anatomiques d'uii organe ou d'un viscère, si l'on ne connaissait pas bien auparavant l'histoire de l'inflammation de chacun de ces tissus en particulier. Sans doute il ne faut pas négliger la méthode synthétique en médecine, mais il ne faut pas oublier non plus que la méthode analytique , si heureusement fécondée par le génie de Bichat, a été le principal instrument des immenses progrès de la soi ence que nous cultivons.

û56 MALADIES Dïï COEDR EN rARTICULIER.

part que la diminution ou l'augmentation de coloration ducœur est nécessairement l'effet d'une inflammation , c'est là une absurdité si grossière que M. Laennec aurjy,t pu se dispenser de la relever. Mais je n'ai jamais rien dit ni écrit de pareil. Il est très vrai que j'ai mis le ramollissement du cœur au nombre des effets que l'inflammation de la substance musculaire de cet organe peut produire. Je dois seulement m'étonner que M. Laennec m'ait concédé la propriété de cette opinion , car elle appartient à la plupart des auteurs qui se sont occupés avant moi de la cardile, et à Corvisart en particulier.

Au reste, après avoir dit que la seule preme que j'apporte à l'appui de cette manière de -voir, c'est que les muscles atteints d'une phlegmasie aiguë, le cerueau, le foie y les poumons, les reins et la rate dans l'état d'ififlammation, se ramollissent , M. Laennec poursuit ainsi : « Je remarquerai d'abord que le choix de ces exemples renferme un cercle vicieux; car il faudrait d'abord prouver que le ramollissement de ces divers orga' nés, lorsqu'il existe seul et sans présence de pus, est l'effet d'une inflammation (i). » Je n'ajouterai plus qu'un mot: c'est que j'ai pu, avec de graves observateurs, considérer le ramollissement du cœur comme pouvant être la suite de la cardite , sans en conclure que tout ramollissement du cœur élait constamment le produit de cette cause. Cette conclusion eût été, en effet, erronée, puisque, sans parler de quelques autres causes , la décomposition putride amène à sa suite le ramollissement du cœur comme celui de tant d'autres organes.

D'ailleurs, en décrivant la cardile , je n'avais pas à faire l'histoire générale du ramollissement du cœur, mais bien à signaler le rôle que jouait cette maladie dans la production d'une espèce particulière de ce ramollissement, et je n'ai rien à rétracter de ce que j'ai dit à cet égard.

(i) On trouvera dans les beaux travaux de M. le professeur Lallemand une ample réfutation de la doctrine de M. Laennec,

DE LA CAl\DrTE.' 267 Après avoir établi que le ramollissement est une des terminaisons de la cardite, il semble qu'on ne pourrait , sans se contredire, placer l'induration au nombre de ces terminaisons. Mais celte contradiction n'est qu'apparente. En effet, comme tout le monde en convient, les caractères anatomiques de l'inflammation diffèrent beaucoup selon le degré et la période de cette maladie, ainsi que suivant les difiérens tissus qu'elle peut affecter , soit ensemble, soit séparément. Quant à l'induration, elle a été, dans tous les temps, considérée cotnme une des terminaisons de l'inflammation , par les divers médecins et cbirurgiens qui ont tracé l'histoire de cet état morbide. Ainsi donc, pour qu'il y eût contradiction à placer à la fois le ramollissement et l'induration parmi les terminaisons que peut affecter l'inflammation en général, et celle du cœur en particulier, il faudrait qu'on eût attribué l'un et l'autre de ces états au même degré et à la même période de la maladie, et l'on voudra bien nous faire grâce d'une erreur de cette espèce.

Le ramollissement, la suppuration et l'induration ne sont pas, au reste , les seules terminaisons possiblesde la cardite : il faut placer encore au rang de ces dernières, V ulcération (^1)^ les perforations du cœur, avec ou sans formation d'un kyste anévrismal.

Dans une première section, nous allons rapporter des exemples des différentes altérations que la cardite , étudiée sous toutes ses formes et à toutes ses périodes, peut entraîner à sa suite. Une seconde section contiendra l'histoire générale de cette inflammation.

(i) Si je ne mets pas la gangrène au nombre des terminaisons de la cardite proprement dite , ce n'est pas que je la considère comme absolument impossilile, du moins à un certain degré t't dans une certaine étendue; mais, c'est que, dans l'état actuel de la science, je n'en connais aucun exemple incontestable.

Î2,58 MALADIES DU COÎDR EN TARTICULIER.

PREMIÈRE SECTIOlN,

.OBSERVATIONS PARTICULIÈRES SUR LA CARDITE, OU INFLAMMATIOIT DU TISSU MjUSCULAIRE ET DU TISSU CELLULAIRE INTERMUSCU- LAIRE OU COEUR.

PREMIÈRE CA.TÉG0R1E.

OBSBBVAIIOWS DB CABDITE TEBMINISe PAU B AMOtLISSKM BUT BT SOPPUBATIOH,

OBSERVATION 93e (i).

P Homme de 67 ans. — Douleur dans le côté gauche de la poitrine, dj«pnée, pouls faible, irrëgulier, intermittent; délire. — Mort le septième jour après le début de la douleur de côté. — Epanchement purulent dans la plèvre gauche et dans le péricarde. — Cœur mou, flasque, se réduisant facilement en bouillie à la la moindre pression , avec inQUration d'une matière grasse entre les fibres charnues, et développement d'un réseau vasculaire très apparent.

« Un décrotteur , âgé de 67 ans , d'un tempérament » sanguin, éprouva, le 24 avril i8o3, une douleur assez » faible dans le côté gauche de la poitrine, avec augmen- » tation d'une gêne de la respiration à laquelle il était sujet » depuis 3o ans. Deux jours après il cracha du sang, et le 29, » cinquième jour de la maladie, il fut admis à la clinique » interne , avec mal à la tête , figure animée, œil brillant, » respiration un peu gênée , poitrine vaguement doulou- » reuse, point de palpitations, pouls faible, irrégulier, » jnteripittent , inégal sur les deux bras. Le lendemain , » la respiration était plus difficile, bruyante, râleuse; il » sentait beaucoup plus de douleur dans la poitrine; il y » avait du délire, accompagné d'une grande loquacité. » Dans la matinée de ce jour , il se leva de nouveau à midi,

( i) J'emprunte cette observation à Corvisart ( elle est la Sj» de l'Essai sur les matadits du cœur).

PnEM. CATÉG. d'oBSERV, DE CARDIÏE. 'iBg » il se recoucha, et expira inopinément le septième jour » de la maladie.

» La douleur de la poitrine , la gêne de h. respiration , » l'examen extérieur du malade, m'avaient, dès le second » jour, donné la certitude de l'existence d'une péripneu- * monie. L'œil brillant, la loquacité, le délire, le siège de » la douleur, les caractères du pouls, m'imliquaient que » l'inflammation s'était étendue sur le cœur (i), sans que » je pusse soupçonner la dégénérescence particulière du » tissu de cet organe.

» A l'ouverture du cadavre, la figure était inégalement » livide et violette; les veines sous-cutanées étaient gorgées » de sang.

» Le poumon gauche était recouvert, dans une grande » partie de son étendue, surtout près du péricarde, d'une » couche pseudo-membraneuse, de plusieurs lignes d'épais- » seur.

» La cavité du péricarde contenait environ une livre de » liquidé purulent, floconneux. Sa face interne était en- » duite d^une fausse membrane dont la superficie était ma- » melonnée.

» Le cœur, de 'volume naturel, était mou et flasque. Lespa- » rois charnues des ventricules et des oreillettes étaient pâles, » jaunâtres ; on aurait dit qu'une substance grasse s'était dé- » posée- entre les fibres charnues qui paraissaient écartées les » unes des autres. On 'voyait à la surface de ces parois blan- » châtres , ainsi que dans l'intérieur même de leur substance » charnue, un réseau 'vasculaire bien développé et très' apparent. » En pressant légèrement entre les doigts là substance charnue'^ s on la réduisait Jàcilement en une espèce de bouillie dont là » couleur était pâle et terne.

(i) Pour reconnaître a«ec cer<t^««/6 une péripneumonie et une inflamtnalîon du cœur, il nous faut aujourd'hui des signes moins vagues, moins équivoques, que ceux exposés dans le récit de cette observation.

» Toutes les cavités du cœur contenaient des concrétions » polypiformes qui se continuaient dans la cavité même des ■ gros vaisseaux. »

REFLEXIONS

Corvisart ne craint point d'affirmer que l'état pathologique du cœur ci-dessus décrit dénote certainement un état inflammatoire antérieur. Or, cet état pcitholo-jique est un véritable ramollissement du cœur. La co-existence d'une péricardite est un nouvel argument en faveur de l'opinion deCorvisart. Les deux autres observations de cardite, rapportées à la suite de celle-ci dans \ Essai sur les maladies du cœur, sont également des exemples d'un ramollissement de la substance charnue du cœur coïncidant avec un épanchement purulent dans le péricarde. Corvisart dit qu'il ne se souvient point d'avoir eu occasion d'observer la cardite aiguë non compliquée.

A la suite des trois observations qu'il possédait, pour sa part , sur l'inflammation du cœur ,. Corvisart rapporte celles de Meckel , Storck et de Fabrice de Hilden y sur le même sujet. Les observations de ces derniers auteurs sont au nombre de six , et dans toutes il existait une péricardite en même temps qu'une cardite. Les caractères de cette dernière maladie n'y sont malheureusement pas exposés avec tout le soin et toute la précision nécessaires en pareille matière.

Parmi les observations que renferment les deux précédens chapitres , on trouve quelques cas dans lesquels la péricardite ou l'endocardite étaient compliquées d'un ramollissement inflammatoire du tissu charnu du cœur. Je me contenterai donc de rapporter ici le fait suivant, dans lequel le ramollissement du cœur se trouve encore combiné avec une péricardite. Ce cas aurait été plus détaillé, si le malade eût été soumis à notre observation dès l'origine de l'alfection à laquelle il finit par succomber.

PREM. CATÉG. d'oBSEUV. DE CARDITE.

OBSERVATION O/i".

Jeune homme de 27 ans. — Fluxion de poitrine, incomplètement guérie , fièvre lente, marasme, flyspnée, inCltralion des membres inférieurs. — Mort deux ou trois mois après le début de la fluxion de poitrine. — Adhérences dans les deux côtés de la poitrine. — Exsudation albumiiieuse dans le péricarde. — Ramollissement brunâtre du tissu du cœur.

Un jeune homme d'environ 27 ans fut admis à l'hôpilal Cochin, dans le cours du mois de septembre 1823. Il était sorti depuis quelques jours de l'hôpital de la Charité , où il avait été traité d'une fluxion de poitrine , dont il n'était pas entièrement rétabli au moment de sa sortie. Autrefois fort et bien constitué, il était, au moment de son entrée à Cochin , d'une maigreur extrême et d'une faiblesse considérable. Son teint était sale et comme terreux, sa peau sèche, son pouls petit et fréquent. Il conservait de la dyspnée et ses membres inférieurs étaient infiltrés.

N'étant plus attaché alors au service de l'hôpital Cochin, je n'examinai pas assez attentivement la poitrine et la région précordiale, pour pouvoir porter un diagnostic précis.

On essaya les apéritifs pour combattre l'infiltration. On fut bientôt obligé de suspendre ces moyens, en raison du développement d'une irritation du tube digestif. Cependant l'infiltration disparut peu à peu, ainsi que la gêne de la respiration. Mais il existait toujours une petite fièvre , et le malade , d'un appétit vorace , se consumait au milieu d'un dévoiement continuel, accompagné de coliques assez violentes. Il mourut le 20 octobre , environ six semaines après son entrée.

Autopsie cadavérique , eny'won 24 heures après la mort-i

1° Habit, extérieure. — Marasme ; point de traces de décomposition putride.

2° Organ. respirât, et circulât. — Les poumons , rosés , crépitans, parfaitement sains, adhéraient de toutes parts

aux parois pectorales, ainsi qu'au péricarde. Ce dernier adhérait au cœur dans tous les points. 11 existait entre le feuillet pariétal et le feuillet viscéral une exsudation albumineuse, jaunâtre, de la consistance de blanc-d'œuf à demi- £uit, faiblement unie à la surface du cœur, dont on la détachait à l'instar d'une fausse membrane de formation récente , bien qu'elle fût évidemment déjà assez ancienne. Cette exsudation tenait , au contraire , au feuillet pariétal par des filamens celluleux assez serrés. Enseveli pour ainsi dire au centre de cette masse album ineuse, dont l'épaisseur était de plus de trois lignes, le cœur avait un très petit volume, comme s'il eût é.té atrophié par la compression. Sa surface extérieure était d'un rouge foncé , ?iuancé de quelques points noirâtres. Son tissu charnu était brun , ramolli et très facile à déchirer.

introduit dans le ventricule gauche , le doigt en remplissait étroitement toute la capacité.

OBSERVATION 95e (1).

Femme de 36 ans. — Symptômes de lésion organique du cœur, à la suite de trois attaques de rhumatisme articulaire aigu. — Tout-à-coup , symptômes d'une maladie aiguë, avec dyspnée, lipothymies, etc. — Mort dix-sept jours après le début de ces accidens. — Cœur rolumineux, mou et flasque. — Trois ou quatre abcès dans la substance musculaire du cœur, avec rougeur noirâtre ; pus sanieux dans l'épaisseur de l'appendice auriculaire. — Epaississement cartilagineux de la valvule mitrale, avec rétrécissement de l'orifice auriculo-ventriculaire gauche.

« Une domestique, âgée de 36 ans, fut atteinte, vers sa » treizième année , époque où elle travaillait dans des caves » humides et couchait dans des bâtimens neufs, d'un rhu- » matisme goutteux aigu. À 16 ans, il survint une-récidive

(i) Cette observation est de M. Raikem. On la trouve dans les Bulletins de la Faculté pour l'année 1809, avec ce titre: Extrait d'une observation sur une , earilite aiguë, compliquée d'inflammation d'une partie du poumon et dt la. membj^lfff^ ttlM"^"'^ '^^ l-'etlomac.

PREM. CATÉG. d'oBSERV. DE ClRDlïÈ. 263 » du rhumatisme, à la suite de laquelle les doigts et les B orteilsrestèrent touj ours fixés dans une direction vicieuse, » avec impossibilité d'une extension coriiplète. Au mois de B juillet 1808 j après des fatigues multipliées, il survint j) une troisième attaque de rhumatisme articulaire qui sévit » successivement sur toutes lés articulations des membres , » et se dissipa , au bout d'une quinzaine de jours, en lais- » sant les jambes œdémateuses , surtout le soir, pendant deux » mois.

» Le 5 novembre de la mêfiie année , cette fille se cou- » cha bien portante , ne dormit pas , et éprouva , après des I) horripilations générales , des inouvemeris vifs et tumul- » tueux du cœur , une douleur lancinante dans la région » précordiale, de la dyspnée et une lipothymie ^ui dura » une heure. — Les jours suivans, les mêmes symptômes » persistèrent , quoiqu'avec uii peu de relâche ( il survint » plusieurs lipothymies).

» On administra des antispasmodiques, de t'EtiiER; on ap- 9 pliqua de la moutarde aux pieds , dès 'vésicatoires aux » jambes.

» Tous ces moyens n'apportèrent aucun soulagémènt , et » la malade fut admise à l'hôpital St-Antoiùe (c'était le » quatrième jour de la maladie).

» Face abattue , teint blafard , lèvres vermeilles , gonfle » ment extraordinaire des veines du nez et des jugulaires ; » réveils en sursaut. — Nausées et voiiîissemens frequens ; «langue rouge, lisse , humide ; douleur à l'épigastre. — » Pas de toux , respiration petite, fréquénite, diaphragma- » tique. — Palpitations du cœUr véhémèntés, iniermitten- » tes , irrégulières , sensibles à la vue ; décubitus sur le dos, » erecta ùert^iee. Thorax résonnant bien. — Plusieui-s lipo- )♦ thymies dans la journée.

» Potion fortifiante , infusion 'vineuse de ààmomilleif).

(t>MàlBétHrè\Mte è't' Vl^fertt (îéptewiîfè' tlië^^^ C elait celle du temps.

264 MALADIES DU CCEUR EN PATITICULIER.

» 5 et 6. La potion parait augmenter les palpitations et » les menaces de suCfocation.

5> y. Toux et crachats ■visqueux et sanguinolens.

» 8. Le son de la poitrine devient obscur particulicre- » ment en bas. (É/nii/sion , nvir sx'sgsves sur l'épigastre.)

» 9 et lo. Vomissement des boissons, à l'exception de » l'eau sucrée.

» 12. Découragement, anxiétés extrêmes, lipothymies » incomplètes, palpitations toujours très vives; respiration » courte, fréquente, jaborieuse , inégale, suspirieuse ; » fioid des extrémités; délire pendant la nuit.

» Jusqu'au i8, peu de changemenl. ; infiltration autour » des malléoles.

» On pratique une saignée ( le sang n'est pas couenneux).

» 19 et 20. Palpitations constantes, trouble extrême de » la circulation. Tous les symptômes d'une mort prochaine » existent... Cependant la malade n'expire que le 22, cou- » servant toute sa connaissance.

> Ouverture du cadavre.

» Le lobe inférieur des deux poumons est compacte. Les

> plèvres n'offrent d'autre altération qu'une légère adhé- » rence de celle du côté gauche.

» Le viscère essentiellement malade est le cœur. Il a un » volume double de l'état naturel, il est mou et flasque : » le ventricule gauche surtout est fort augmenté de vo- ■» lume, et ses parois sont amincies. — La valvule mitrale

> présente de l'épaississement et un état cartilagineux. » L'ouverture auriculo-ventriculaire est rétrécie au point

> de n'avoir que 6 lignes au plus de diamètre.

» A la face postérieure et supérieure de l'oreilletle gau- » che , à travers le péricarde qui est parfaitement sain, on » voit le tissu musculeux du cœur recouvert de petits points » blanchâtres, injectés d'une couleur rouge noirâtre, ofy> frant trois ou quatre petites tumeurs sphéroïdes , de deux à » trois lig. de diamètre et soulevant le péricarde. Efi les incisant.

PREM. CATÉG. d'oBSERV. DE CARDITE. 265

1* il en coule un 'véritable pus sanieux et opaque. L' appendice » auriculaire de ce côté est dur, compacte , volumineux , et r> coiitietit un pus sanieux. — Dans les autres parties du cœur » la fibre musculeuse n'offre poiot d'altération — »

RÉFLEXIONS

C'est par des observations telles que celles-ci qu'il faut répondre à ceux qui oseraient nier les immenses progrès qu'a faits, depuis une vingtaine d'années , la médecine vraiment pratique. On prescrit une potion fortifiante et une infusion ^vineuse de camondlle , à une malheureuse femnie qui étouffe et tombe en défaillance sous la double atteinte d'une inflammation aiguë des poumons et du cœur !

Je rappellerai aux lecteurs que l'observation présente "vient encore confirmer tout ce que nous avons dit si souvent déjà sur la connexilé qui existe entre les lésions organiques du tissu séro-fibreux du cœur et les affections rhumatismales des articulations. La femme qui fait le sujet de celte observation avait été, en effet, affectée, à trois reprises différentes, d'un rhumatisme articulaire aigu ; à la suite de la troisième attaque , les jambes restèrent œdémateuses pendant deux mois. A l'ouverture du cadavre, outre les traces de la maladie aiguë qui a entraîné la mort, on trouve un état cartilagineux de la valçule mitraleai'ec rétrécissement de ■Vorifice auriculo - ventriculaire gauche. D'après les faits si inombreux que nous avons précédemment rapportés, n'estil pas à peu près certain que la lésion dont il s'agit a été la conséquence d'une endocardite valvulaire coïncidant avec le rhumatisme articulaire aigu dont la malade a été atteinte?

ô66 MALADIES DU COEUR EN PARTICULIER.

OBSERVATIONS 96e et 96» (bis).

Homme de 58 ans. — Rhumatisme compliqué de symptômes d'inflammation du cœur. — Mort rapide. — Foyers purulens dans les parois, les piliers et la cloison du cœur.

Dans sa dissertation inaugurale sur la £ardite partielle et générale, M. Simonet rapporte le cas suivant.

Un ancien chirurgien , âgé de 58 ans, sujet aux affection» rhumatismales [i), en éprouvait une grave atteinte, lorsqu'il fut amené à l'hôpital Beaujon. Il avait alors les extrémités froides, une faiblesse générale, le pouls raide , serré, assez fort et irrégulier. Le cœur battait largement et tumultueusement, la respiration paraissait étouffée.

Une saignée fut vainement pratiquée. Le malade mourut quelques heures après dans une syncope.

Autopsie cadavér., 24 heures après la mort.

Sous la couche graisseuse du cœur, il y avait une demidouzaine depetits foyers purulens. La membrane interne du éœur était rouge dans plusieurs endroits ; à travers cette îitembrane on/ apercevait deux points blancs-jaunâtres faisant relief sur le pilier de la valvule mitrale : l'incision en fit écouler du pus. Un de ces foyers pénétrait dans l'épaisseur du pilier. Une exsudation très mince révélait les portions enflammées de la membrane; dans divers points de l'épaisseur de la cloison, on rencontrait des foyers de deux à trois lignes, tous pleins d'un fluide blanc-jaunâire. Les espaces de la substance qui n'offraient point de foyers étaient gris-jsunâtres, ramollis, se déchirant sous le moindre effort.

A l'ouverture du corps d'un individu qui succomba en

(1) Encore un nouvel exemple d'une inflammation du cœur coïncidant arec un rhumatisme.

PBEM. CATÉG. d'oBSERV. DE CARDITE. ^67 deux jours à une inflammation très aiguë du cœur, M. le docteur Latham rencontra l'altération suivante : « Tout le » cœur offrait une teinte d'un rouge brun; la substance était » ramollie , et çà et là , quand on incisait les ventricules , » on voyait sourdre d'innombrables gouttelettes de pus à » travers les fibres musculaires. » [Lond. Méd. Gaztf'sùX.lW, pag. 118).

OBSERVATIONS 97e, 95», 99e.

Jeune homme de 19 ans.— Variole, suivie d'abcès, et probablement de phlébite. Mort le cirKiuante-cinquièmejour. — Abcès enkysté, de la grosseur d'une aveline, dans le tissu même du cœur.

Un soldat , âgé de 19 ans, était au 4" jour d'une variole , lorsqu'il fut admis à l'hôpital du Gros-Caillou, le 7 décembre i83i. Dans le cours de cette maladie, il survint des abcès, des escarres et une énorme infiltration du membre supérieur gauche , suite probable d'une phlébite. Le malade était tombé dans un marasme extrême , quand il mourut , le 55"^ jour de la maladie. La fièvre avait persisté jusqu'au dernier moment ; et bien que le malade n'accusât aucune douleur locale, son visage offrait l'expression de l'anxiété la plus profonde.

Voici ce que montra l'ouverture du cadavre. A la base du ventricule gauche , derrière la valvule milrale , dans l'épaisseur même du tissu charnu du cœur, existait un abcès de la grosseur d'une aveline, contenant un pus blanc, bien lié, homogène, ïiuUement caséeux , sans communication avec l'extérieur ni l'intérieur du cœur, renfermé dans un kyste assez consistant. Incisé dans toutes les directions, le cœur n'était le siège d'aucune autre suppuration... ( Observ. pul)l. par M. Cas. Broussais dans le t. 2.1" des Atincd. delà Méd. Physiol. ~— Paris, i832 ).

Chez un enfant , âgé d'environ 12 ans , affecté de péricardite, M. Laënnec trouva dans l'épaissear des parois du

20c3 MALADIES DU COEUR EN PARTICULIER,

ventricule gauche , près de sa base, un abcès qui aurait pu contenir tout au plus une aveline.

Chez un homme de 60 ans , qui avait présenté les symptômes d'une inflammation aiguë de quelqu'un des viscères thoraciques, M. Laënnec trouva du pm concret, c'est-à-dire, une exsudation albumineuse , de la consistance de blanc d'œuj cuit , interposé entre les faisceaux charnus du ventricule gauche (i).

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