TROISIÈME CATÉGORIE
OBSBBTÂTIONS DK CABDITB OlçéHAIIVB , AVEC FOBMÀTIOir ^YSTK ANiVHlSUAL ( TUuâoa AMI^VaiSMALB DU C.OSDB ).
"VYal ter, Mathieu Baillie et Zannini ont observé chacun un cas de la maladie à laquelle sont consacrées les observalions de cette catégorie. Corvisart ignorait ces observations lorsqu'il en consigna une du même genre dans l'article où il s'est occupé des tumeurs au cœur. S'il les eût connues, il
infl.imrnaloire de l,i colonne charnue qui en était le siège. Mais j'ai cru pouvoir jqpposer la préexistence de l'une de ces deux lésions , en raison du pus rencontré âu centre du caillot contenu dans le veirlricule droit. Je ne donne, au reste, celle hypolhè'ïe que pour ce quVIIc vaut.
Coi visHi l est le pri-inierqui ail bitn signalé la rupture des piliers du cœur et de leurs tendons, rupture à laquelle il a donné le nom de rupture partielle. Des Il ois expmpif-s de ce genre dt lésion qu'il a consignés dans son ouvrage , deux , suivant lui, snnt relatifs à une rnplure sans lésion pré.ilablede li/ partie rompue, tandi- que l'autre se rapporte à une rupture par érosion. Voici d'aillturs un extrait de ces trois i-as.
i""c;>s ^0''S. 53 de l'.oiiv. de Con Isarl). — Un carrier, âgé de 3c) ans, avait, à l'âge de 20 ans, éiirouié des douleun rlmmitdsmales , et plus lard une fluxion de poilrine, à la suite .le la(pielle il survint des symptômes d'ajirès !eS(iuels Gorvi.-art soupçonna une lèsi'r. organique ikx vœur. Le malade succomba sept mois çprès la pueu;nonie. — Taches Llanches -ur le péricarde. — Lu grande portion de la valvule wilra'e t/ni est aii-dovatit de l'orijicc de l'aorte ne tenait plus par tes filets tendineux aux colonnes c/i trnues auxquelles ces filets vont se rendre. A son bord, devenu libre) pendaient plusieurs espèces de vêf^èlulions aisez irrègulières, et imilunt liien certaines excroissances vénériennes. — L'une des colonnes charnues laissait voir deux portions mousses des filets tendineux. On ne trouvait
pas ailleurs les traces des autres filets tendineux , rompus ou détachés. Des
vègélaliunt semblables aux précédentes existaient sur l'une des valvules aortiqnes et dans un pouce carré de la surface interne do l'oreitLlte gauche. — Ne pourrailon pas souiiçoniier, dit Gorvi>art, que la rupture des lilets de la valvule n'a eu Ijeu que par le fait même de l'altération qu'ils ont soufferte par l'action de la végétation ? Ailleurs , Corvisart considère cette rupture comme un résultat d'erosion.
2P CAS {Obs. 4o de Corvisart ).— Un courrier, âgé de 3o ans, éprouve, à la suite de fatigues violentes, les symptômes d'une inflammation de poitrine. Transpoilé à l'hôpital de la Charité, huit jours après le début de sa maladie, il y mourut au bout de deux jourf . Les principaux .symptômes observés étaient les sui-
n'eût point fait précéder son observation de la réflexion suivante : « Un fait très extraordinaire, et même unique, » qui s'est présenté à mon observation, prouve que le cœur » peut, outre les dilatations particulières qui lui sont » propres, devenir le siège de tumeurs anévrismales enliè- » rement semblables à celles dont les artères des membres » se trouvent quelquefois affectées. »
Dans un savant mémoire sur Vanéifrisme faux, consécutif du cœur, M. Breschet, après avoir rapporté les quatre cas que nous venons de mentionner, en expose six autres, re-
vans : traits altérés; pouls petit, serré, singulièrement Tréquenl, irrcgulier; batlemens confus et irréguliers dans la région du cœur; le malade ne pouvait rester ni couché, ni debout, ni sur son séant; il était dans un état d'agitation, d'anxiété, impossible à décrire, et menacé d'une suffocation instante. — Avant de procéder à l'ouverture du cadavre , Corvisart annonça qu'il existait une lésion aiguë du cœur, et sans doute une rupture ou déchirure de quelqu'une de ses parties. — Autoptle cadavérique, — Traces de pleuro-pneumonie gauche. — On apercevait dans te ventricule gauche qu'un de* gros piliers qui soulienpenl les valvules mitrales était rompu à sa base. It y avait apparence de suppuration à l'endroit même de la déchirure à la paroi du cœur, ce qui prouve qu'elle n'était pas ancienne ; près de celte déchirure on apercevait un caillot recouvert de matière purulente....
3e CAS ( Obs, 4i de Corvisart ). Un tourneur, âgé de 34 ans, éprouve, à la suite rf'(m tour de reins très violenl , di s symptômes d'une affection aiguë de poitrine. Vingt mois après , il entre pour la seconde fois à la Charité, éprouvant alors une anxiété extrême. La respiration était suffocatlve; le malade sentait dans la région du cœur des douleurs qui lui arrachaient des cris. — Jl mourut deux jours après l'entrée. — Autopsie cadavérique. — Tache purulente à la partie aatérieure du médiastin. Cœur d'un volume trois fois plus considérable qu'à l'état sain. Appendice; en forme de crèlfS de coq à la' face externe du péricarde. Pâles e livides à leurs bases , d'un rouge foncé à leur sommet , ces excrois.sances n'étaient autre, chose que des portions graisseuses qui avaient éprouvé un modb PABTicoi,ER d'altération. Adhérence gi nérale du péricarde au cœur. Les valvules initrales étaient garnies de quelques excroissances molasses, comme charnu'-s. — En examinant les tendons des piliers qui soutiennent cr.s valvules, on vit que deux d'entre eux avaient été anciennement roupus. Les extrémités de ces deux tendons étaient mousses, linscs et arrondies à l'endroit de leur rupture. On ne retrouvait pas sur le bord de la valvule l'endroit précis où ils devaient s'insérer avant leur rupture.
M. Laënnec a observé un cas de déchirure des tendons valvulaires , qui semblait avoir été précédée de l'ulcération de ces cordes ligamenteuies. Malheureuselaei t M. Laënaec se borne à mentionner ce fait.
TROIS. CATÉG. D OBSETIV. DE CARDITE. Q77 cueillis, les deux premiers, par MM. Bérard , le troisième par M. Cruveilher, le quatrième par M. Dance, le cinquième par M. Breschet lui-même ( le sixième est une simple description d'une pièce pathologique conservée dans le Muséum \ de la Faculté).
Depuis la publication du mémoire de M. Breschet, deux, nouveaux cas d'anévrisme faux consécutif du cœur ont été insérés dans le Journal hebdomadaire de médecine, le premier par M. le docteur Reynaud, le second par M. le docteur Pétigny; un troisième cas a été recueilli par M. Choisy, qui l'a publié dans sa dissertation inaugurale.
Homme de 27 ans. — Symptômes d'un obstacle à la circulnlion à travers le . cœur. — Mort dans un état d'anxiété extrême. — Tumeur presque aussi volumineuse que le cœur iui-niè'ne, surmontant la partie supérieure et latérale du ventricule gauche, contenant dans son intérieur des concrétions sanguines assez ' • denses, et communiquant par une ouverture peu large avec la cavité du ventricule. — Adhérence du péricarde avec la surface extérieure de la tumeur.
Un nègre, âgé de 27 ans , fut reçu à l'hôpital de la Charité, le 17 septembre 1796. Il était dans un état d'angoisses et d'anxiété inexprimables; la respiration était gênée, et entrecoupée ; la poitrine résonnait bien dans toute son étendue. Le malade se plaignait d'une douleur violente vers la région de l'estomac, ainsi que vers celle du foie. Le pouls était petit, serré, faible et fréquent. Le lendemain de son entrée, le malade eut une hémorrhagie nasale si abondante) qu'elle précipita l'instant de sa mort, qui arriva le jour même. '
Autopsie cadavérique.
Le cœur a conservé son volume naturel, mais la partie supérieure et latérale du ventricule gauche est surmontée dune
(i) Observation de Corvisart.
■n9«<ÎO (r)
tumeur presque aussi volumineuse que le cœur lui-même, tumeur qui, par sa base, se confondait avec les parois de cet organe. Avant de parvenir au centre de cette tumeur, il fallait couper tOne couche comme cartilagineuse , un peu moins épaisse que les parois du ventricule, La substance qui formait cette tumeur avait cependant conservé l^ apparence et la couleur des muscles. U intérieur de la tumeur contenait plusieurs couches de caillots assez denses, parfaitement semblables à ceux qui remplissent une partie de la cavité des anévrismes des membres, à cette différence près que la couleur de ces couches , comme lymphatiques, était plus pâle. Cette 'même cavité communiquait avec r intérieur du -ventricule, par une ouverture qui avait peu de largeur, et dont le contour était lisse et poli. Il était évident que cette tumeur s' était formée entre la substance charnue du cœur et la membrane qui lui est fournie par le péricarde qui était intimeîàent adhérent à la superficie de cette poche.
Les valvules mitrales étaient épaissies et ossifiées. L'estomac et les intestins grêles contenaient beaucoup de sang presque pur et coagulé, suite évidente de l'hémorrhagie.
OBSERVATION 105e (1).
A l'ouverture du corps du grand tragédien Talma, le cœur offrit les altérations suivantes :
D'un volume un peu plus qu'ordinaire, cet organe se prolongeait inférieurement et se terminait par une tumeur arrondie , séparée de la pointe du cœur par un légère dépression circulaire. Là, les deux feuillets du péricarde devenaient adhérens et semblaient par leur réunion former à eux seuls les parois de la poche. Le cœur droit et ses annexes étaient sains. L'oreillette gauche, l'orifice auriculoventriculaire , lès valvules mitrales , l'aorte , lès valvulës
(1) Observation de M. Breschat.
TROIS. CATÉG. d'oBSERV. DE CARDITE. ^179
tricuspides n'offraient rien de pathologique; le ventricule gauche seulement fut trouvé dilaté , sans que ses parois parussent avoir augmenté dut dinfiinué d'épaisseur. La cavité verilriculaire aurait pu loger uii œuf de poule ordinaire. Par soii extrémité inférieure, lë vèntrïciilè gàticlie comniùniquait, au moyen d'une ouverture du diamèttè d'un pôucé environ, avec une poche arrondie dont la largeur dépassait celle de son ouverture, et dans laquelle aurait pu être contenu un petit œuf de poule. La communicaiîùn dii vèhtriculé et de la poche anévrismalique éiait établie au Iraverà d une virole cartilag neuse, épaisse de deux lignes et demié; à partir du milieu de sa paroi, cette virole s'amincissait insensiblement et finissait par dégénérer en une membrane qui , confondue avec les feuillets du péricarde , constituait la poche anévrismale. Par son bord supérieur, le bourrelet s'unissait aux fibres charnues du cœur, dont il paraissait être la continuation; il donnait également attache, par deux points opposés de son diamètre , aux deux colonnes charnues des valvules mitrales. Au moyen de cette altération pathologique , la cavité du v.entricule gauche avait pris là disposition d'un cylindre creujf j ôuverr inférieurement dàns la cavité plus large dé la poché anévrismale. Celle-ci , disséquée avec soin , a été trouvée formée par les deux feuillets du péricarde, qu'il était facile de suivre sur l'origine du bourrelet fibro-carlilagineux; ces feuillets, entièrement confondus, s'amincissaient ensuite insensiblement au fUr et à mesure qu'ils s'éloignaient davantage du ventricule. Là membrane qui formait le fond de la poche n'avait pas plus d'épaisseur que le dure-mère sous les pariétaux et pouvait lai être comparée pour la texture et la solidité. En haut , en se rapprochant de la dépression qui existait entre le sommet du ventricule et le sommet de la tumeur anévrismale, on remarquait la séparation des deux feuillets du péricarde, et sous la lame cardiaque de cette enveloppe on pouvait apercevoir quelques faisceaux très minces , diminuant in- ^
28o MALADIES DU COEUR EN PARTICULIER,
sensiblement et disparaissant toiii-à-fait sur la tumeur; ces faisceaux nous ont semblé appartenir aux fibres superficielles du tissu charnu du cœur; inférieurement ces fibres n'existaient plus, et, comme il a élé dit, les parois delà poche neiaieni formées que par l'adossement des deux lames du péricarde.
A l'aspect lisse et poli de la cavité de la poche , on aurait pu croire que la membrane interne du cœur s'y continuait. Cependant, à partir du bourrelet cartilagineux , et dans toute la circonlerence de l'ouverture de communication de la cavité du ventricule avec celle de la tumeur, on a pu distinguer les vestiges d'une membrane très mince, frangée, dentelée, adhérente aux caillots renfermés dans la tumeur. Ces franges paraissaient résulter de la déchirure de la membrane interne du cœur.
La poche anévrismale contenait une substance d'un rouge pâle, comparable par sa teinte à des muscles décolorés, et cette substance disposée par couches concentriques remplissait la totalité ou la presque totalité du sac. Ces couches pouvaient être divisées en couches plus minces, lamelleuses, et tout au plus de l'épaisseur d'une feuille de papier oud'uneaporiévrose. Ellesrésislaient à un tiraillement assez fort; et quoique le simple examen à l'œil nu n'ait pas fait reconnaître d'organisation bien distincte dans cette substance, cependant .sa solidité et sa résistance paraissaient être supérieures à celles des caillots sanguins. Le centre de cette substance contenait une matière moins dense plus colorée, beaucoup plus rapprochée de la nature du sang.
TROIS. CATÉG, d'oBSERV, DE CARDITE.
OBSERVATION 106, (i).
Homire de 49 ans. — Signes ordinaires d'une induration des valvules du cœur, avec hyperUo|ihie du même organe. — Mort à la juile d'une double attaque apoi>leclique. — Kyste anévrismal vers la pointe du ventricule gauche , conten;int quelques couches de fibrine trùs dense et très adhérente. — Adhérence étroite du péricarde avec les parois du kyste.
Un ancien militaire, âgé de 49 ans, éprouvant depuis six à huit mois de l'oppression , de l'étouffement, est admis dans la salle de la Clinique. 11 offrait alors tous les signes d'une induration .des valvules du cœur, avec hypertrophie de cet organe. Au, bout d'un séjour d'environ deux mois , il est frappé, à deux reprises, d'une apoplexie et succombe à la seconde attaque.
Autopsie cadai'énque, le lendemain du jour de la mort.
Le cœur était d'un volume presque double de l'état Naturel. Vers le point qui correspond au sommet du ventricule gauche, il présentait un renflement arrondi du volume d'une noix ordinaire ; là , il était intimement adhérent au péricarde. Ce ventricule était presque à lui seul la cause du grand volume du cœur \ il était plutôt dilaté qu'épaissi : sa capacité était considérable. Vers sa pointe, une ouverture capable cU admettre le doigt indicateur conduisait dans une cavité plus ample sur-ajoutée à la pointe du cœur. Cette cavité surnur méraire contenait quelques couches de fibrine très dense et très adhérente; les parois étaient en grande partie formées par le péricarde ,quileur adhérait étroitement. A. l'endroit où la poche se détachait de la pointe du cœur, on remarquait un léger rétrécissement, et l'on cessait d'apercevoir les fibres charmies du cœur; cependant quelques colonnes amincies et blanchâtres se prolongeaient dans la cavité de celte dilatation. L'adhérence de cette poche au péricarde épaissi était
(1) Extrait de l'observation de M, Dance.
MALADIES DÛ COEUR EN PARTJCUtlÉR.
tellement intime , que rien n'annonçait sa rupture prochaine; la plus grande partie des colonnes charnues du ventricule gauche étaient décolorées et converties en une sorte de tissu fibreux blanc et résistant. La valvule mitrale contenait vers ses bords libres et adhérens des fragmens de matière osléo-pétrée. Elle avait perdu en grande partie sa mobilité, mais permettait néanmoins encore une libre communication entre l'oreillette et le ventricule.
Le ventricule droit ne semblait qu'un appendice du gauche ; ses parois avaient leur épaisseur ordinaire ; la portion qui correspond à l'entrée de l artère pulmonaire était notablement dilatée, tandis cjue l'inférieure avait conservé sa capacité naturelle. La valvule tricuspide jaunâtre était dans un état voisin d'ossification (i).
OBSERVATION 107e (a).
Homme de 35 ans. — Mort à la suite d'accidens nerveux , sans signes de firfâlàdie du cœur. — Epaississemeht, opacité de la membrane interne du ventricule gauclie et du tissu cellulaire ious-jacent. — Kyste anévrismal pouvant contenir une petite noix, à la partie moyenne du bord postérieur du ventiicule gauche; second kyste anévrismal, plus petit, à la partie antérieure du même •ventricule, près de la cloison interveutriculaire.
Un homme , âgé d'environ 35 ans , n'offrait aucun symptômes qui pût attirer l'attention du côté du cœur, lorsqu'il
(1) Je m'abstiendrai de rapporter ici la description des graves lésions rencontrées dans le cerveau, par suite de l'bémorrhagie qui s'y était opérée.
(2) Observat'on de M. le docteur Reynaud.
En plaçant l'observation de M. Reynaud parmi les cas de tumeur anévrismale consécutive à une ulcération des couches interne» des parois du ventricule gau- "Ae, je ii'ignôre pas quejéme trouve jiisqu'à un certain point en désaccord avèt; cet excellent observateur. Il paraît certain à M. Reynaud que le cas qu'on va lire se rapporte aux anévi ismes vrais primitifs. Suivant lui , les deux poches anévrismales étaient le résultat de la distension de la membrane interne en forme de poche, distension qu'il attribue aux contractions du ventricule, et qui a été favorisée par une altération de la membrane qui en était le siège. Les fibres du cœur n'avaient point
TROIS. CATjÉG. d'oBSERV. DE CARDITE. 283 fut admis dans le service de M. Lerminier, à la Charité. Il y succomba à la suite d'accidens nerveux formidables , sur- Venu9 dans le cours d'une affection saturnine (colique de plomb).
Le cœur est un peu plus volumineux qu'il ne doit être dans l'état normal , ce qui lient à une légère hyperti-ophie avec dilatation du ventricule gâuche.
La membrane interne qui tàpisSë Ifes cavités gauches dë l'organe est épaissie, opaque et d'un blanc laiteux dans presque touteson étendue ; la valvule bicuspide est épaissië vers son bord libre , surtout dans les points où viennent s insérer les colonnes tendineuses , qui , elles-mêmes , augineiilées de volume, ont une couleur blanche, opaque. Celle altéraiiori ëxiste particulièrement sur celles qui parlent d'une colonne charnue principale j située à la partië postérieure du ventricule. Au-dessotis et dans l'étendue dé plus d'un pouce carré, la membrane interne est plus blanche (Jue dans les autres points ; son épaisseur est plus considérable; on la sépare avec facilité d'une couche sous-jacentë de tissu cellulaire hypertrophié , susceptible de se diviser elle-même en plusieurs feuillets. Ces diverses couchés red^ nies ont quelque chose dans leur structure qui rappelle celle des artères.
A peu près au centre de cette portion de meinbrane ainsi altérée, et dans un point coi-respondant à la partie moyefine dà
participé, dit-il, à cétte distension, mais avaient été simpleinent refoulées, comme le sont les pailles voisines d'un anévrisme situé sur le trajet d'une artère. Quelque prix que nous aUaciiions à l'opinion de M. Rejnaud , l'exartièfl aUenlïfdes diiïérentes parlieulari'.és de l'altération dont on trouvera plus loin la description , nous a conduit à penser que ce cas avait réellement plus d'affinité avec ceux relatifs à l'anévrisme faux consécutif, qu'avec ceux qui appartiennent à une simple dilatation partielle du cœur, maladie qui nous occupera àilleùi'j. L'apparente continuité delà membrane interne du sac avec la membrane interne du ventricule ne suffit pas pour démontrer la non-existence d'une ulcéralion antérieure de cette deruière.
284 MALADIES DU COEUR EN PAllTICULIER.
hord postérieur du -ventricule , existe une ouverture arrondis susceptible de recevoir le bout du doigt et conduisant dans une cavité presque spherique , pouvant contenir une petite noix, et s^ étendant Jusqu'au feuillet ^viscéral du péricarde , dont elle, n'est séparée que par une très mince couche de fibres charnues. Cette espèce de poche anévrysmale contient dans sa partie la plus déclive une petite quantité de coagulum fibrineux , qui , déposée d'une manière uniforme , s'étend en membrane à sa suif ace. Les parois de cette poclie sont formées par une membrane épaisse, dense, de texture fibreuse, composée ellemême de deux feuillets, l'un superficiel plus mince, d'un blanc opaque, l'autre plus épais , semblable à la membrane moyenne ■ des artères altérée, et contenant dans son épaisseur quelques points fibro-cartilagineux et osseux. Cette membrane se continue sans interruption, seulement en s' épaississant au col du sac, avec la membrane interne du ventricule , dont elle a d'ailleurs les caractères. Les fibres musculaires du cœur sont étrangères à la formation de ce sac; elles en sont séparées par une couche de tissu cellulaire , et il serait facile de les en détacher. Toutefois r adhérence paraît plus intime "vers la partie du sac, 'Voisine du péricarde.
Une autre poche, mais plus petite que la première, et en totalité remplie par un coagulum fibrineux , qui paraît ancien, existe à la partie antérieure moyenne du ventricule, près de la cloison inter-uentriculaire . Son col est également plus étroit que son fond, et la membrane interne du -ventricule , qui s'y continue est pareillement épaissie et forme une sorte de. bourrelet à son orifice. Les parois de cette seconde poche , épaissies, denses, comme fibreuses , semblent de même nature que celles de la première. Sa forme est moins sphéroîdale , elle est alongee , et au lieu que son grand axe se dirige vers la surface extérieure du cœur, il est au contraire oblique dans l'épaisseur des parois du ventricule.
Les orifices du cœur sont libres. — L'aorte présente à sa sur-
TRÔIS. CATIÈG. d'oBSERV. DE CARDITË. ïiÛB face interne quelques points épaissis et faisant saillie dans sa cavité,
OBSERVATION 108« (i).
Homme de 55 ans. — Symptômes d'un obstacle à la circulation à travers le cœur. — Mort dans un accès de suffocation. — Tumeur anévrismale partant de la pointe du ventricule gauche, d'un volume presque égal à celui des deux ventricules réunis, adhérenle au péricarde et au diaphragme, contenant des couches de concrétions (ibrineuses plus ou moins adhérentes.
Un nègre africain, d'une constitution robuste, âgé de 53 ans , maçon , fut admis à l'iiôpital de la Pitié , le i'*" octobre i83o. Il se plaignait de palpitations de cœur, de gêne dans la respiration. Les battemens du cœur étaient forts et tumultueux ; le pouls dur et serré. Les extrémités inférieijres n'étaient point œdématiées. Un état analogue subsistait chez ce malade depuis plusieurs années; il cédait momentanément aux saignées et au repos , et redevenait insupportable par le travail et la vie active. M. Clément fit tirer du sang plusieurs fois , prescrivit des potions avec la teinture de digitale, des boissons délayantes et un régime convenable avec un repos absolu. Ces moyens produisirent un soulagement marqué et amenèrent une sorte de convalescence.
Lorsque, au i"" janvier i83i, j'entrai comme externe dans la division de M. Clément, je reconnus aussitôt les traits de Zamor , que j'avais vu , un an auparavant, dans la troisième salle de l'hôpital du Midi , où il resta plus de six mois. 11 était alors confié aux soins de M. Cullerier , et soumis à des frictions mercurielles locales , contre un double engorgement tesliculaire consécutif à une urélhrite, compliquée de bubons aux deux aines. Outre sa maladie vénérienne, il était sujet dès lors à un peu de toux, à de
(») Observation de M. le docteur Pétigny,
286 MALADIES DU CŒUR EN PAimCUtlER.
la dyspnée et à des palpitations. Uïî régime doux lui était
recommandé, et il quittait rarement le lit.
J'ai dit que l'état du malade était sensiblement amélioré au i" janvier i83i. Alors en effet , il se levait de son lit pendant la journée, marchait facilement dans la salle, et mangeait la demi-portion d'alimens; mais il avait de la difficulté à monter l'escalier. La respiration était libre; le pouls un peu fort et lent , sans être inégal. Pendant le cours du mois, nous observâmes deux fois de légers symplôi:^f^es d'élévation dans le pouls , et accompagnés de gêne dans la respiration ; ils durèrent chaque fois de irois à quatre jpurs et cédèrent à la diète , sans le secours des émissions sanguines. Le mois de février se passa bien, mais dans la soirée du a8 le malade éprouva de l'oppression avec une forte dyspnée; le pouls était plein et fort. Le chirurgiim de garde pratiqua une saignée de 4 palettes, qui lut suivie de quelque soulagement. Le lendemain l'oppression continuait, le pouls était dur el accéléré. On renouvela la saigné(ç; on prescrivit des boissons pectorales et la diète. Il y §ut, le 2 mars, une diminution notable des symptômes; mais le 3, réapparition de la dyspnée , et de plus, toux sèche, douleur vive derrière le sternum et sous le sein droit; enduit blanchâtre sur la langue; fièvre; râle sousçrépitant à grosses bulles des deux côtés de la poitrine. (3o sangsues au côté droit), l^a douleur diminua progressiyeinent les jours qui suivirent et se dissipa complètement le 8. Il resta cependant de la soif, de l'inappétence , de la chaleur à la peau , de la fréquence dans le pouls et du malaise. Quoique rien ne piîl annoncer une mort prochaine , 1^ malade fut pris le lo mars, à 4 heures du soir, d'un accès de suffocation, et expira sans qu'on pût lui apporter aucune espèce de secours.
JiUopsie cadavérique,' ^0. heures après la mort.
Il n'existait aucune infiltration aux extrémités.
Les deux ventricules du cœur étaient dilatés considéra-
TROIS. CATÉG. P'OBSERV. DE CARDITE. «287 blenient, et le droit était chargé de graisse. De la pointe du ventricule gauche partait une tumeur anéi^rismale, iVun-voIume 'pres(^ue é^al à celui des deux ventricules réunis / elh çtait circonscrite, à son origine, par un collet ou enfoncement circulaire ; elle adhérait, dans les trois quarts de son étendue, au péricarde et au diaphragme, et n'était libre que dans son quart supérieur et droit. Après auoir incisé longitudinalement le -ventricule gauche et la tumeur elle-même, nous vîmes que, à l'enfoncement extérieur qui marquait l'origine de celle-ci, correspondait intéj-ieurement un rebord lisse , saillant, également circulaire d'un pouce et demi de diamètre. Les parois de la tumeur étaient formées de dedans en dehors, par une véritable membrane charnue, due a la continuation des fibres musculaires extérieures du ventricule gauche (i) et par le feuillet viscéral du péricarde, lequel, dans les trois quarts de la surface extérieure, était fort fié par l'autre feuillet intimement uni au diaphrame. L'épaisseur de ces parois était généralement plus grande que celle des oreillettes , et moindre que celles des ventricules {elle était d'environ une ligné). Les fibres charnues manquaient dans deux endroits de la partie droite de là tumeur, qui présentait là deux cavités accessoires propres à recevoir l'extrémité du pouce et séparées lune de l'autre, d'avant en arrière, par la prolongation d'une des colonnes du uentricule gauche. De ces deux excavations^ l'antérieure n'était recouverte que par le feuillet viscéral du péricarde] la postérieure, plus large et un peu moins profonde, située inférieurement, était recouverte , outre le péricarde, par le centre nerveux du diaphragme.
La tunique interne du cœur paraissait se terminer brusquement sur le rebord saillant qui séparait intérieurement le ventricule gauche de la tumeur anévrismale. Celle-ci était rugueuse à r intérieur, et encroiitée de concrétions jibrineuses plus ou moins adhérentes, et disposées par couches concentriques, comme
(1) NjC ser{iil:il pas possible qu'on eût pris une couche fibrineuse organisée pour un prolongement du tissu musculaire du cceur ?
ïiSS MALADIES DU COtLVH EN PAUTICULTÊR.
on a coutume de T observer dans les anévrismes des artères.
Dans le centre, on ^wyait un sang noir en partie caillé, en