‹ Traité clinique des maladies du cœur [electronic resource] (volume 2)Chapitre 43 sur 80 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

ËtSÏOiRE GiNÉRAtE DÉ l'aTROPHIE , OD DE LA DIMINUTION DE NUTRITION DU COEUR [l).

ARTICLE PREMIEH,

CiRAËtllBES ANAIOMIQCES DB l'aiBOF^IB DU ÇOBDB.

Nous avons exposé dans nos prolégomènes les différences qui existent entre le poids et le volume d'iin cceuratrophié

(1) Voici la description de M. Laënnec : Le cœur n'élall pas ptiis gros que cetui d'an tnfant de \ i ans , hien constitué, quoique la malade, âgée de 55 ans , f&t d'une haute stature (enwtVon 5 piedi 5 pdUc,). Son aspect extérieur rappelait

toal à-fait celui d'une pomme tidèe. ^ En lisant ce fait dans V Ausculialiou fnédiatè, comme aussi en parcourant jplii- \/, ^. Meurs autres passages de ce livre, on verra que M. Laënnec confondait les aign'eiv,-'^''' ' de rhypertiophie avec ceux qui sont propres aux obstacles mécaniques à la circulation.

(2) J'espérais pouvoit- faire précéder l'histoire générale de l'atrophie du cœur d'«Tie dizaine d'observations particulières sur celte maladie; mais, pressé par r»pa«?, je me conlfenterai d'en rapporter une seule dans celle note. Celle obser- Tâtlan, jointe è celles que coas avons résumées dans nos prolégomènes , prouve-

464 MALADIES DU COEUR EN PA'RTICULIEn.

et le poids et le volume d'un cœur à l'état normal. Rappelons ici les principaux résultats du résumé des sept cas d'atrophie du cœur décrits à cette occasion.

ront que l'atrophie accirfcnfe//6 ou non congénitale du cœur ne pourrait point être révoquée en doute, comme le dit M. Chomel (t. Vill du Dictionnaire de médecine tn 25 volumes, pageôiô).

OBSERVATIOIV 135e.

Femme de 6i ans. — Battemens du coeur proronds, petits, pe<i étendus; bruits du coeur très fiiibles; pouls petit, mince. — Anciennes alftctions du cœur et du bas-ventre. — Mort rapide, suite d'une péritonite sur-aiguë — Atrophie générale du coeur, dont le volume égale à peine celui d'un sujet de la an» (amincissement des parois, et diminution des cavités). — Traces d'une ancienne péricardite, et d'une ancienne péritonite. — Epanchemenl purulent dans le péritoine- Une marchande des quatre saisons , âgée de 6i ans, d'une force et d'une stature moyennes, fut transférée des salles de M. Fouquier dans celles dont je suis chargé, le a3 novembre ibôi.

Il y avait trois mois que celte femme était entrée à I hôpilal, pour une affection caractérisée principalement par de la dyspnée et une inQllration des membres inférieurs. Elle avait éprouvé, à une éjioque fort éloignée de celle de son entrée, à la suite de couches, des symptômes de péritonite. Plusieurs fois aussi elle avait offert des symptômes d'affection fieetorale.

Au moment où elle lut placée oans noire service, elle ne se plaignait que d'être enrhumée. Il existait du râle muqueux dans les deux côtés de la poitrine , surtout en arrière ; crachali muqueux , toux quinteuseï.

Comme la malade avait été inlillrée , et qu'elle éprouvait de l'étouffement après avoir monté un escalier, on explora le cœur, et voici quels furent les résultats de celle exj loration :

Les battemens du cœur étaient si profonds, si petits, si peu étendus, que la main, appliquée sur la région précordiale , les sentait à peine ; ils étaient accompagnés d'un bruit sourd , si fdible , qu'on l'entendait difficilement dans les intervalles des mouvemens i espiraloires , et nullement pendant ces mouvemens, qui étaient accompagnés d'un souffle assez bruyant. Il n'existait point de bruit de soufflet dans la région précordiale.

Le pouls était faible, mince, régulier-

La mal.ide se proposait de quillcr prochainement l'hôpital , lorsque , le 28 novembre, elle fut prise lout-a-coup d'une vive douleur dans le côté droit de la poitrine, avec dyspnée très prononcée , et légère réaction fébrile. Cf pendant il n'y avait point de son mat , et la respiration s'entendait asiez bien dans le côté dou-

HISTOIRE GÉNÉRALE DE l' ATROPHIE. 4^5 1° Poids du cœur. Dans les sept cas indiqués, le minimum de ce poids était de 1 35 grammes (4 onces i à a gros) , le maximum, de 200 grammes, et la moyenne, de lyS grammes. 2° Folume et dimensions. La moyenne de la circonférence

[Saignée de deux palettes, douze sangsues sur le côté, boiss. pecl,, tooeh , diète.)

29, La douleur était un peu calmée , mais non entièrement éteinte. ( F<^*/catoire sur le cûlé. )

Le soir, une douleur des plus aiguës se fait seniirdans le côté droit de l'abdomen , vers les dernières circonvolutions de l'intestin grêle; une extrême prostration se déclare; le pouls est à peine sensible, et les extrémités se refroidissent; les jambes sonl le siège, sinon de véritables crampes, du moins de tiraillemens qui s'en rapprochent. ( Sinapismes.)

30. Persistance desaccidens. Comme il était alors question d'une légère récrudescence du choléra , il paraissait naturel de se demander si nous n'avions point affaire à quelque cas de ce genre, La malade fut examinée avec une grande attention.

Il n'y avait point eu de vomissemens ni de selles cholériques: les traits étaient grippéi , les extrémités notablement refroidies, le pouls filiforme et difficile à sentir par intervalles; la douleur du flanc droit était si vive, que la pression sur cette région , quelque légère qu'elle fût , devenait bientôt insupportable.

Je jugeai que les phénomènes observés chez cette malade étaient l'effet d'une péritonite sur-aiguë , occupant surtout la région droite de la partie inférieure de l'abdomen.

La malade étant âgée, et depuis long-temps atteinte d'une affection chronique, le pronostic le plus grave fut porté.

Dix sangsues sur l'endroit douloureux n'amenèrent qu'un faible soulagement, et le lendemain, 1" décembre, à dix heures du soir, la malade expira dans un état de douleur et d'anxiété extrêmes, après avoir fait des efforts de suicide.

Autopsie cadavérique, 36 heures après la mort.

1° Org. digesl. et annex. — Les anses intestinales contenues dans le flanc droit et la portion voisine de l'excavation pelvienne, sont d'un rouge foncé, injectées, et le péritoine qui les recouvre parsemé de très minces filamens, qui sont des pseudo-membranes naissantes ; quelques onces d'un cpanchement sanguinolent se rencontrent dans les environs des anses intestinales enflammées. Le péritoine se déchire avec une extrême facilité, et , au-dessous des lambeaux qu'on enlève, on voit une belle injection, d'un rouge artériel. Dans le côtégauche de l'abdomen , les anses du gros intestin sont adhérentes entre elles , ainsi qu'avec l'épiploon, au moyen d'un tissu cellulaire filamenteux, très dense ( traces évidentes de l'ancienne péritonite). L'épiploon est en même temps replié sur lui-môme, et comme ratatiné.— La rate est petite, atrophiée, inégale , rugueuse à sa surface, ce

466 MALADIES DU CCEUR EN PARTICUttER.

du coeur; mesurée dans quatre càs^ eiait de 6 pouces 9 lignes 1/2.

La moyenne du diamètre longitudinal, mesure dans six cas, était de 2 pouces 2 lignes; celle du diamètre transversal,

qui dépend de Id jftrésehce de pVdqties cartilagineuses on calcaires tjui incrustent son enveloppe séro-fibreuse. — Membrane muqueuse de leslomac sans injection, plutôt un peii pâle, amincie dans le grand cul-de-sac, oii elle est même détruite complètement par jilaques de quelques lignes d'étendue. Rougeur de certaines portions de la membrane muqueuse de l'intestin grêle ( dans le commencement et vers la 6n). Membrane muqueuse du gros intestin, décolorée, anémique, offrant de nombreuses plaques enfoncées, d'une teinte ardoisée, qui ne sont £utré chose, les unes que des ulcérations cicatrisées , les autres, moins nombreuses, que d'is ulcères non encore cicatrisés. Développement de quelques follicules. Les matières contenues dans l'estomac et les intestins n'ont aucun caractère cholérique, — Un demi-verre environ d'urine trouble dans la vessie.

a» Org. respirât, et circulât. — Les deux poumons sont perrnéables , crépitans, riches en matière noire ; le droit adhère de toutes parts à la plèvre pariétale par un tissu cellulaire bien organisé et trè» ancien. On ne trouve de tubercules dans aucun point de ces organes. La membrane muqueuse bronchique est rouge , Tioletie , injectée , épaissie , recouverte d'abondantes mucosités , qui , en approchant des dernières ramifications bronchiques, se transforme én une matière tout-à-Iait puriforme. Le tissu pulmonaire est, en certains points, le siège d'une infiltration œdémateuse. Les divisions des bronches sont manifestement très dilatées, surtout à droite.

Le cœur est cl un grand tiers moins volumineux que dans l'état normal {sa grosseur est à peu près celle du cœur d'un individu de lo a 12 ans). Il est ri'/é, comme flétri à l'extérieur, oU l'on trouve {sur les cavités droites seulement) des plaques blanches, laiteuses, traces d'une ancienne péricardile. Le ventricule gauche contiendrait à peine un œuf de pigeon. L'épaisseur de ses parois est d'environ trois lignes. Le ventricule droit , un peu moins étroit, a des parois dont l épaisseur est d'une ligne et demie à peu prés. On y trouve quelques caillots de sang, en partie décolorés, ainsi que dans l'oreillette correspondante. Les orifices sont parfaitement libres. Quelques minces incrustations à la base des valvules gauches. La membrane interne du cœur n'offre aucune rougeur. Pés incrustations calcaires ou Cbro-cartilagineuses de diverse grandeur se rencontrent çà et là dans l'aorte; l'une d'elles , enfoncée dans le tissu artériel, est circonscrite par dné ligne sinueuse, ressemblant à une cicatrice; dans l'airè circonscrite par la ligne indiquée , la membrane interne paraît manquer complètement On trouve aussi trois ou quatre taches rouges, produites par du sang épanché au-dessous de la membrane interne. Partout ailleurs, celle membrane est d'un blanc jaunâtre.

IirSTOlRE GÉNÉRALE TÎt i'ATROPHIÈ. 467 mesuré clans les six mêmes cas , de 2 pouces 7 lignes 2/3'; celle du diamètre anléro-poslérieur, iiiesuré dans deux cas seulement, de i pouce 6 lignes 1/2.

La moyenne de 1 épaisseur des parois du ventricule gàuclié, mesurée dans six cas , était de 6 lignes i][6 ; celle de l'épaissenr des parois du ventricule droit, mesurée dans cinq cas, die 2 lignes 3[5.

Si l'on compare ces dernières dimensions avec celles de l'état normal, on verra qu'elles lès égalent ou même qu'élles les surpassent d'une petite quantité. Il paraît bien singulier, au premier abord, què les parois veritriculaires d'un cœur atrophié aient plus d'épaisseur, dans quelques cas, que celles d'un cœur à l'état normal. Mais toute surprise cessé, lorsqu'on fait attention que, dans là grande majorité dès cas où le cœur s'atrophie, les parois venlriculaires reviénnènt en quelque sorte sur ellès-hiêmes , et qu'elles gagiiènt ainsi en épaisseur ce qu'elles perdent en longueur et en largeur, à peu près coiiimë il arrive pôur les parois de l'estomac ét de la vessie, lorsquè ces hr^aflès sbrit contractés.

Au reste , il est des cas d'atrophie du cœur où les parois ventriculaires perdent de leur épaisseur. Par exemple, dans l'observation placée en tête de ce chapitre (i35) , elle n'était que de 3 lignes pour le ventricule gauche, de i ligne ï|2 pour lè vèn'lficule droit , et cependant la cavité de ces deux veritriculés avait notablement perdu de sa capacité normale.

Mesurée chez un seul sujet, répàîsseûf âês parois' cfes oreillettes était de i ligne pour la gauche et de i[2 ligne pour la droite.

Notée dans quatre des sept cas dont nous rappelons le réiumé, la capacité des ventricules était moindre qii'a l'état normal : dans un cas, la cavité du ventriculè gaucliè pouvait à peine contenir le doigt.

Dans notre observation i34« , le VéiitricUlè ^aiicèe aùraiè

468 MALADtEâ DU COEUR EN PARTICULIER.

pu contenir à peine un œuf de pigeon (le ventricule

droit était un peu moins étroit).

Mesurée dans deux cas , la circonférence de l'orifice auriculo-ventriculaire gauche avait pour étendue moyenne 3 pouces 4 ligues (celle de l'orifice auriculo-veniriculaire droit n'ayant été prise que dans des cas de lésion de cet orifice, nous ne l'indiquerons pas) ; celle de l'orifice veniriculo-aortique, 2 pouces 4 lignes i[2 ; celle de l'orifice ventriculo-pulmonaire, 2 pouces 4 lignes.

L'épaisseur des valvules ne fut notée que dans un seul des sept cas indiqués. Toutes étaient d'uue extrême minceur, à l'exception delatricuspide,qul était anormalement ey^a/^^/e^ boursouflée.

Les comparaisons suivantes compléteront ce que nous avions à dire du volume du cœur à l'état d'atrophie. Dans notre observation i3ô°, le volume du cœur n'excédait pas celui d'un enfant de 12 ans (le sujet de cette observation était une femme de 61 ans) ; il en était de même chez une femme dont l'observation a été recueillie par M.Laennec et que nous avons citée à l'article du traitement de l'hypertrophie du cœur (cette femme était âgée de 57 ans et d'une, taille de 5 pieds 3 pouces) . Chez un homme d'environ 3o ans et fortement constitué, le cœur avait un volume qui ne dépassait pas celui du cœur d'un enfant très jeune. Dans un. cas recueilli par Burns, le cœur d'un adulte n'excédait pas en volume celui d'un enfant nouveau-né; dans un autre cas recueilli par le même observateur , le cœur d'une fille de 26 ans était aussi petit que celui d'un enfant de 6 ans.

Lorsque le cœur est ain.si émacié , rapetissé , il parait comme ridé, flétri , et c'est avec beaucoup de justesse que M. Laennec l'a comparé, dans un cas de ce genre, à une pomme ridée.

En somme, il résulte de nos observations que, selon ses différens degrés,' l'atrophie du cœur peut faire perdre à cet organe le quart , le tiers et même la moitié de son poids

ilISTOIRE GÉNÉHAI.E DE L'ATP.OrHIE. /[Ôg et de son volume normaux. Mais n'oublions pas de faire remarquer que le poids et le volume du cœur ne diminuent pas toujours de concert ou dans les mêmes proportions, ce qui dépend surtout de ce que les cavités du cœur à l'état d'atrophie , loin de perdre toujours de leur capacité , en augmentent quelquefois. Sous ce point de vue même, nous croyons devoir établir diverses espèces ou formes d'atrophie du cœur.

In forme. Les parois d'une on de plusieurs des cavités du cœur sont amincies, sans changement notable de leur capacité , de telle sorte que le volume du cœur est peu d;- Tninué. On pourrait donner le nom d'atrophie simple à cette première forme.

1" fonne. Les parois d'une ou de plusieurs des cavités du cœur sont amincies en même temps que leur capacité est augmentée (i). Cette forme d'atrophie correspond à l'hypertrophie excentrique ou anévrismale. Dans cette forme, le volume du cœur peut être plus considérable qu'à l'état normal.

'è" forme. Les parois d'une ou de plusieurs des cavités <du cœur ont une épaisseur égale ou même supérieure à celle qui constitue l'état normal , mais la capacité de ces cavités est diminuée. Cette forme d'atrophie correspond à l'hypertrophie concentrique ou centripète. Dans cette forme d'atrophie, qui est la plus commune , tandis que c'est la forme inverse d'hypertrophie qu'on rencontre le plus fréquemment, les parois du cœur ne conservent ou ne dépassent la mesure de leur épaisseur normale qu'en raison de leur retrait sur elles-mêmes. Elles perdent en longueur et en

(i) Il est bien entendu que, pour admettre l'existence d'une atrophie de ce genre, il faut que l'amincissement ne soit pas le simple résultat de la distension des cavités du cœur. Un des meilleurs moyens de s'assurer de la réalité de l'atrophie , dans le cas dont il s'agit , c'est de peser le cœur. Nous reviendrons «ur l'amincissement des parois du cœur en traitant de sa dilatation (aoévrisme passif).

MALADIES DTJ CœUR EN PARTICULIER, largeur plus qu'elles ne gagnent en épaisseur, de telle isorte (jue, malgré celle fausse hypertrophie dans le sens de l'épaisseur, le poids du cœur est d'un quart, d'un tiers, ou même d'une moitié au-dessous de l'état normal.

ARTICLE DEUXIEME

SIGnSS DB l'àtbofbib dd ccbdb.

Qn reconnaîtra l'atrophie du cœur à des signes inverses de ceux dont nous avons parlé au chapitre de l'hypertrophie du même organe. Les ballemens du cœur sont petits, concentrés; le bruit qui les accompagne est faible, et l'est d'autant plus que les cavités du cœur sont plus étroites et les parois plus épaisses par suite de leur retrait. La main sent difficilement le choc du cœur dans l'état de calme, et ce choc semble produit par une masse moins volumineuse qu'à l'état normal (à moins de complication de l'atrophie avec une dilatation considérable , cas dans lequel, à la vérité, l'impulsion du cœur est presque nulle). Il n'existe pas ou presque pas de matité dans la région précordiale.

Le pouls est petit, mince, étroit, assez dur et résistant, dans l'atrophie concentrique; mou , faible , mais assez large, dans l'atrophie anéifrismale ou excentrique.

Lorsque tous les signes dont on vient de lire l'exposition existent chez un individu, quel que soit, d'ailleurs, l'état de la nutrition générale, on peut affirmer qu'il existe une atrophie du cœur. Mais, comme nous allons le dire tout à l'heure, l'atrophie du cœur coïncide ordinairement avec un état d'amaigrissement général. Sans doute cet amaigrissement général peut faire présumer d'aVance une atrophie du cœur, qui est un amaigrissement, une sorte àephthisie du cœur. Mais on se tromperait gravement, si l'on croyait qu'une émaciation générale suppose toujours et nécessaire-

mSTOIRi; GÉNÉRALE DE t-ATROPHlE. 47 V

ment un état d'atrophie du cœur. En effet, l'hypertrophie de cet organe peut coïncider avec un marasme général très prononcé.

ARTICLE TROISIÈME

DBS CADSE5 ET DD TRAITEMENT DE l'aTROPHIE DD COEUR.

I. Les causes de l'atrophie du cœur sont locales ou générales. Parmi les causes locales nous signalerons la compression long-temps exercée sur le cœur par un épanciiement ou toute autre cause mécanique , le rétrécissement des artères coronaires, soit mécanique, soit organique (on observe ce dernier dans certains cas d'induration cartilagineuse ou calcaire des artères indiquées, et quelquefois même alors, comme nous en possédons un exemple, une de ces artères est complètement oblitérée), etc.

Les causes générales de l'atrophie du cœur sont les divers états morbides, ou les diverses conditions hygiéniques dont l'effet est de s'opposer à une suffisante nutrition de tout le système de l'économie. La plupart des cas d'atrophie du cœur que nous avons recueillis avaient pour sujets des individus tombés dans un profond état de marasme, à la suite de quelque grave altération chronique (primitivement ou secondairement ) des grands viscères , tels que l'appareil digestif ou l'appareil respiratoire. Parmi ces sujets, nous citerons surtout les tuberculeux, les cancéreux, les individus chez lesquels une entérite typhoïde, une fièvre émptiue, n'ont entraîné la- mort qu'au bout de deux ou trois mois , etc.

II. Le traitement de l'atrophie du cœur se confond en quelque sorte avec celui des maladies dont elle peut être la suite|et l'effet : sublatâ causa, tollitur effectus. Nous n'avons point à nous occuper ici du traitement de ces nombreuses

maladies. Quant à l'atrophie pour ainsi dire primitive du cœur , savoir celle qui résulterait d'une alimentation insuffisante, son remède est facile à trouver. Dans un cas semblable , le cœur ne fait que participer à l'amaigrissement, à l'atrophie générale du corps, et l'on sait ce qu'il convient de faire chez un individu qui n'est exténué que par le jeûne et dont les organes sont d'ailleurs sains.

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