‹ Traité clinique des maladies du cœur [electronic resource] (volume 2)Chapitre 57 sur 80 · DILATATION DES CAVITES ET DES ORIFICES · texte numérisé non relu

DILATATION DES CAVITES ET DES ORIFICES

une région des cavités du cœur. C'est par ce mécanisme que s'opèrent les dilatations partielles de cet organe.

Au nombre des causes capa4jles de donner lieu aux anévrisnies du cœur, se placent naturellement les efforts , les exercices violens, les professions qui exigent habituellement le déploiement de forces musculaires très considérables. Aussi les charretiers , les portefaix , les charrons, les paveurs, etc. , sont-ils souvent affectés de la maladie qui nous occupe. Ces diverses causes agissent en déterminant un refoulement et une accumulation de sang dans le cœur.

Les grandes passions, telles que la colère, la haine, la jalousie, etc., surtout quand elles sont concentrées, peuvent également produire la dilatation du cœur ; on doit en dire autant des professions qui ont particulièrement pour objet l'expression des passions , celle d'acteur tragique , par exemple.

Les déviations de la colonne vertébrale, et tous les autres vices de conformation qui diminuent la capacité de la poitrine, constituent autant de causes productrices ou du moins prédisposantes de l'anévrisme du cœur. 11 en est ainsi de tous les vêtemens qui compriment avec trop de force la poitrine et l'abdomen (i).

§ III. Diagnostic et traitement de la dilalalion des cavités et des orifices

du cœur.

Tout ce qui concerne ce dingnostic ayant été exposé, avec les détails nécessaires, aux or Vicies hypertrophie et atrophie du cœur , nous ne nous en occuperons point ici.

Nous rappellerons seulement que chaque jour on voit

(i) Qu'on n'oublie pas que nous indiquons seulement ici les causes puisées dan^ les choses qui sont du ressort de ri.ys'fne. Mais il est une condition pathologique, déjà indiquée plus haut, qui joue le rôle principal dans le plus grand nombre des dilatations du cœur, savoir, un obstacle mécanique au cours du sang , situé en deçà des cavités ou des orifices dilatés.

b3l MALADIES DU COEUR EN PARTICULIER,

des médecins , d'ailleurs très habiles , attribuer aux dilatations, ou, comme ils le disent, à Vanéirisme du cœur, une foule d 'accidens qui n'ont souvent avec celui-ci que des rapports de coïncidence : tels sont particulièrement les congestions sanguines passives^ les collections séreuses du même nom , et l'étouffeinent qui les accompagne ordinairement. En effet , dans l'immense majorité des cas, les accidens ci-dessus tiennent à un obstacle mécanique au cours du sang, lequel est en même temps la cause de la dilatation du cœur. Ce n'est pas que la dilatation considérée en ellemême ne joue quelquefois un certain rôle dans la production des accidens dont il s'agit : car , les fibres musculaires, quand elles ne s'hypertrophient pas en même temps qu'elles se dilatent, perdent réellement de leur ressort, et leur distension s' opère en quelque sorte aux dépens de leur force. Mais , encore une fois , on a exagéré ce genre d'influence , et dans beaucoup de cas, l'hypertrophie fait plus que compenser l'affaiblissement qui pourrait résulter de la dilatation.

Quant à la dilatation des orifices, si elle est portée assez loin pour que les valvules ne puissent pas les fermer , il en résulte un reflux du sang qui nuit évidemment au jeu régulier de la circulation. Ce reflux est, comme nous l'avons dit, une des causes du bruit de soufflet, du frémissement cataire, 'et quand il s'opère à travers l'orifice aurico-ventriculaire droit, il donne lieu au pouls veineux, à la fluctuation des veines jugulaires.

Pour le traitement de la dilatation du cœur, on se conformera aux pi'écepies que nous avons donnés en étudiant l'hypertrophie et l'atrophie avec dilatation.

RÉTRÉCISS. DES CAVITES ET DES ORIFICES. 533

ARTICLE SFXOND.

BâTBiciSSEMKKT DBS CATlTiS BT DES OBIFICES DO COEDB.

Nous avons vu, en traitant de l'hypertrophie du cœur, que l'épaississement de sa membrane interne, et surtout celui de ses colonnes charnues ou de ses couches musculaires profondes, constituait une cause de rétrécissement des cavités de cet organe. Nous avons vu également que l'atrophie pure et simple du cœur comptait au nombre de ses caractères anatomiques une diminution de la capacité des cavités , et nous avons indiqué quels étaient les effets de ce rétrécissement , que nous devons nous borner à signaler

Les autres causes qui peuvent donner lieu au rétrécissement des cavités du cœur sont une compression exercée par une tumeur, un épanchement, etc., sur cet organe, la présence de concrétions sanguines , soit récentes encore, soit anciennes et organisées. Or, dans ces cas , comme dans l'alrophie et l'hypertrophie concentrique, le rétrécissement n'est pour ainsi dire qu'un accident, un effet d'une autre maladie.

Considéré en lui-même, et abstraction faite de sa cause , le rétrécissement des câvités du cœur, quand il est porté assez loin, constitue un obstacle mécanique à la circulation, et peut déterminer les divers accidens qui accompagnent tout obstacle de ce genre, tels que des congestions veineuses, des collections séreuses, etc. Si le rétiécissement occupe le ventricule gauche, il en résulte une petitesse du pouls, comme dans le cas de rétrécissement de l'orifice aoriique.

Le rétrécissement des cavités du cœur n'est par luimême la source d'aucune indication de quelque importance. Il faut combattre la maladie dont il est l'effet, et laisser ensuite à la nature le soin de faire le reste , car s'il

est donné à l'art de dilater mccnniquemcnt une foule d'autres organes , il n'en est pas de même quand il s'agit du cœur.

Le rétrécissement des orifices du cœur se produit dans des conditions essentiellement les mêmes que celles dont nous avons parlé a l'occasjon du rétrécissement des cavités de cet organe. L'espèce de rétrécissement des orifices du cœur la plus commune et la plus importante à connaître est celle qui accompagne l'induralion des valvules. INous ne reviendrons pas sur ce que. nous en avons dit, en traitant de cette induration , considérée comme une terminaison de l'endocardite valvulaire chronique.

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