‹ Traité clinique des maladies du cœur [electronic resource] (volume 2)Chapitre 63 sur 80 · PERSISTANCE DU TROU DE BOTAL, ETC · texte numérisé non relu

PERSISTANCE DU TROU DE BOTAL, ETC

Or, cette élimination une fois faite, que nous reste-t-il pour caractériser la communication entre les cavités droites et gauches du cœur ? Rien , ou presque rien. Parcourez , en effet , les observations les plus détaillées que nous ayons rapportées, et vous verrez que les palpitations, la matitéde la région précordiale , le frémissement cataire , le bruit de soufflet, les défaillances, les syncopes, l'étouffement, l'inégalité, l'irrégularité, l'intermittence du pouls, Içs congestions veineuses et séreuses, etc. , sont autant de symptômes que nous pouvons rapporter à l'hypertrophie du cœur, aux lésions des valvules, aux rétrécissemens des orifices du cœur et de l'artère pulmonaire qui coïncidaient avec l'ouverture anormale de la cloison des oreillettes ou des ventricules.

Plusieurs médecins ont attribué à ce vice de conformation exclusivement l'affection désignée sous les noms de cyanose^ de maladie bleue, d'ictère bleu, et qui consiste, comme son nom l'indique, dans la coloration violette ou bleuâtre, soit de toute Thabitude extérieure du corps, ce qui est fort rare, soit de certaines parties seulement , telles que le visage et spécialement les lèvres, les oreilles , les extrémités des doigts, les ongles , etc. Ainsi que nous l'avons dit dans un autre endroit de cet ouvrage, nous ne prétendons pas que le mélange d'une certaine quantité du sang des cavités droites avec celui des cavités gauches du cœur ne puisse , jusqu'à un certain point , concourir à la production de la

dont il a consigné les observations dans son mémoire: « Nous ne nous arrête-

• rons pas, dit-il, à tous les symptômes consignés dansl'histoire de nos malades, » parce que , T0DTB3 C6.S observations étant aussi des exemples d'anévrisme du tcœur, il faudrait répéter, sans le moindre avantage, tout ce qui est relatif à

• cette affection.! Quoi! toutes les observations dont parle M. Louis étaient des exemples d'anévrisme, c'est-à-dire de dilatation des cavités du cœur, et dans plusieurs de ces observations il est noté expressément qu'il existait un rétrécissement de quelqu'une des cavités du cœur (dans un cas recueilli par M. Louis lui-mônae, la cavité du ventricule droit était réduite à très peu de chosey.

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cyanose; mais il ne faut pas se dissimuler que cette influence est renfermée, selon toute apparence , clans des limites beaucoup plus étroites que celles qni lui avaient été assignées. Une des plus victorieuses objections que l'on puisse faire à l'opinion dont il s'agit, c'est que suivant une remarque très judicieuse de M. Fouquier, la peau du fœtus-, chez lequel existe normalement le mélange du sang rouge et du sang noir, n'est pas colorée en bleu. D'un auti-e côté, M. Brescliet dit avoir vu chez, un enfant d'environ un mois, l'artère sous-clavière gauche prendre naissance de l'artère pulmonaire , sans que cette disposition singulière eût apporté la moindre modification dans la coloration de ce membre (i). Enfin, on rencontre une teinte violette ou bleuâtre chez des individus qui, exempts de toute communication anormale entre les cavités droites et gauches du cœur , sont atteints d'un grand obstacle à la circulation , comme il arrive dans les cas d'un rétrécissement considérable des orifices du cœur, par exemple. N'est-il donc pas extrêmement probable que la coloration livide, violette, bleuâtre, observée dans les cas du vice de conformation que nous étudions, tenait principalement, sinon exclusivement, au rétrécissement des orifices du cœur ou de l'artère pulmonaire dont il était accompagné ?

MM. Louis et Ferrus soutiennent même que le mélange du sang noir avec le sang l'ouge n'est pour rien dans la cyanose qui existe chez les sujets atteints de communication entre les cavités droites et gauches du cœur et de rétrécissement des orifices de cet organe. Quant à nous, il nous

(0 En admettant que le mélange du sang noir avec le sang rouge fût la seule et véritable cause de la cyanose , il ne faudrait pas attribuer celte maladie à la seule perforation de la cloison des ventricules ou des oreillettes. H est, en effet, d'autres vices de conformation qui peuvent entraîner le mélange dont i s'agit, comme, par exemple , la persistance du canal artériel, la communication anormale de l'artère pulmonaire avec l'aorte , etc.

PERSISTANCE DtJ TROU DÈ BOTAL, ETC. 678 paraît toujours probable que le mélange du sang noir avec le sang rouge peut contribuer à la production de la cyanose; mais ce mélange a lieu , peut-être, plus rarement qu'on ne l'avait cru jusqu'ici. En eiïet , il est des cas où c'est le sang rouge qui probablement passe des cavités gauches dans les droites , plutôt que ce n'est le sang noir qui passe des cavités droites dans les gauches. Or, dans ce cas, il ne saurait exister de cyanose si, comme le veulent quelques auteurs, sa cause essenlielle consistait dans le mélange du sang rouge avec le sang noir. Quoi qu'il en soit , l'opinion de MM. Louis et Ferrus nous semble devoir être prise en sérieuse considération , et il serait possible que dans notre article cyanose du Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, nous eussions, avec Morgagni, Corvisart et M. Gintrac, fait jouer un trop grand rôle au mélange [du sang noir avec le sang rouge dans la production de cette affection.

Il est bien clair, au reste, qu'on ne saurait expliquer par le mélange du sang noir avec le sang rouge ces congestions veineuses , ces collections séreuses qui existaient chez plusieurs des malades dont nous avons rapporté les observations , et que ces phénomènes sont , au contraire, l'effet de l'obstacle à la circulation coïncidant avec l'ouverture de la cloison des ventricules ou des oreillettes (i).

(1) Nous sommes ici en partie d'accord avec M. Louis : « Ainsi donc, dit-il,

• SI les symptômes assignés aux communications des cavité? droites et gauches du

• cœur s'observent assez fréquemment, il est vrai de dire queleur réunion manque » dans bien des cas, qu'on les rencontre quelquefois au même degré, qu'il y ait ou ">qu il n'y ait pas rétrécissement des orifices; qu'ils ne sont en quelque sorte que »1 exagération des symptômes propres aux anévrismes du coeur (*) , et que, par

( 1 On Toi( encore ici que M. Louis se sert du mol nne'urifme, dans l'acception vague qu'il a reçue de ccrlains ailleurs. Non , cent fois non ; la plupart des symptômes auxquels fait ici allusion M. Louis ne sont pas, a rigoureusement parler, ceux des anivrimet ou des dilatations du cœur, mais bien ceux d'une lésion des valvules atec obstacle à la circulation. Si je relè»e, à différentes reprises, une semblable erreur, c'est qu'elle règne encore généralement dans l'esprit des ob.iervateurs les plus distingués d'ailleurs, et que l'oa dc peut faire triomplier U vérité qu'en la défendanl avec une persévéraace iofaUgable.

MALADIES DU CQEUB £N rARTICULIER.

Les réflexions de M. .lui. Cloquetsurle cas que je publiai, en 1819, dans un journal dont il était alors l'un des rédacteurs, contiennent une explication ingénieuse del'influence variable delà communication des cavités droites et gauches du cœur sur la production de la cyanose : « Si les deux » oreillettes. ou les deux ventricules du cœur, dit-il, se » contractent avec une égale énergie , les deux colonnes » formées par le sang rouge et le sang noir qui se touchent , » s'adossent au niveau de l'ouverture de communication , » se font équilibre, et le liquide n'a pas plus de tendance à » passer dans l'une que dans l'autre de ces cavités, le mc- » lange des deux sangs n'a pas lieu. Mais que cet équilibre » soit rompu, que l'une des cavités du cœur se contracte » avec plus de force que l'autre ; eh bien ! le liquide qu'elle » renferme , comprimé avec plus d'énergie , en sort pour » passer en partie dans la cavité qui est plus faible, pour se » mélanger avec l'autre colonne de sang. Si le ventricule ou

• conséquent, leur réunion, alors même qu'ils se présentent avec une certaine

• énergie , ne peut fournir que des probabilités , tandis que leur absence ou leur ■•peu de développement ne prouve pas qu'il y ait absence de perforation. «

En déûnilivc, nous croyons que, sauf de légères restrictions, on peut admet- "tre avec M. Louis que « si la couleur livide du visage , les spicopes plus ou moins ••fréquentes , la sensibilité au (roid,ou une diminution de la chaleur vitale, ••l'étouffement plus marqué que dans les autres maladies du cœur, ne suffisent '•.pas pour assurer le diagnostic, rependant une suffocation très marquée qui re-

• vient par accès plus ou moins exactement périodiques, ou du moins très fré- ^•quens , accompagnée ou suivie de lipolhymies, avec ou sans coloration bleue

, •de la peau , et provoquée par les moindres causes , forme en quelque sorte un •* signe palhognomonique de la perforation qui nous occupe. »

J'ai dit qu'on ne peut admettre qu'avec quelques restrictions l'assertion de M. Louis , parce que jusqu'ici je ne sache pas qu'aucun observateur ait encore 'diagnostiqué cette perforation à l'aide du seul signe patliognomonlque ci-dessus -indiqué. La coexistence d'un frémissement cataire et d'un bruit de soufflet dans la 'légion précordiale , ajouterait beaucoup de valeur au signe précédent , si surtout le bruit de soufflet et le frémissement cataire étaient permanens, et non accompagnés de collections séreuses passives. On peut voir iijns l'nuvrage de M. Gintrac sur la cyanose quelques exemples de diagnostic de cette maladie (voy. entre «utres les observations 45* et 5i' de cet auteur ).

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