‹ Traité clinique des maladies du cœur [electronic resource] (volume 2)Chapitre 66 sur 80 · I. Dans son savant mémoire sur les acéphales (2),Béclard · texte numérisé non relu

I. Dans son savant mémoire sur les acéphales (2),Béclard

(i) Par opposition à la persistance du trou Bolal après la naissance , nous dirons ici un mot de son occlusion chez le fœtus. Vieussens a rapporté un exemple de cette anomalie ( irailé de la slruclurc du cœur ,c\\a\i. S, pag. 55). Uo Ici vice de conlormalion du cœur semblerait devoir être plus fatal au l'œlus que ne l'est la persistnnce du trojj Botal à l'enfant qui a vu la lumière. Il assimile la circulation du fœtus à celle de IVnfant et de l'adulte, tandis que la non-oblitération du trou ovale constitue un trait de ressemblance entre la circulation de l'enfant ou de l'adulte et celle du fœtus.

(a) Voy. ce mémoire dans les tomes 4 et 5 des Bulletins de la Faculté de médecine.

ACARDIE. 679 a rapporté plusieurs cas d acardie. Les observations xi, xii, XIV, XV, XVI, XVII, par exemple , appartiennent à cette catégorie des monstruosités. Nous ne rapporterons ici que l'observation xvi% dans laquelle on trouve une particularité tout-à-fait singulière; la voici :

OBSERVATION 158e.

En 1720, il naquit à Bologne une fille acéphale qui exécuta quelques mouvejnens : elle avait pour jumelle une autre fille bien conformée; elles avaient un placenta commun, et chacune d'elles avait un cordon ombilical. Elle était dépourvue de tète et de bras ; ses orteils offraient quelques difformités. Al'intérieur, elle n'avait ni cœui\ ni poumons, ni diaphragme , ni foie , ni rate , ni capsules surrénales. Elle avait une moelle épinière, des reins, une vessie, un estomac, des intestins , un utérus avec ses annexes. Elle avait aussi des muscles et de la graisse- Ce fait, observé par Vogli , fut adressé à Valisnieri , qui en douta long-temps, quoiqu'il en connût un semblable dans Gérard Blasius, et qui ne fut convaincu que par le té : moignage de Blanchi et de Valsalva, témoins oculaires (i).

Suivant Béclard , le cœur manquant dans tous les acéphales (2), quoique , dans un assez grand nombre, les parois de la poitrine persistent en grande partie ou en totalité même ^ cela exclut Vidée d'une destruction consécutive à son déplacement. Quelques observations, ajoute Béclard, semblent indiquer positivement qu'il se détruit par atrophie. En dernière analyse , tout en admettant comme probable que dans une destruction très étendue de la moelle qui entraîne à sa

(1) Malgré le témoignage respectable d'hommes tels que Valsalva et Blanchi , n est-il pas permis de douter qu'un monstre sans cœur, sans poumons, sans dia^ phragme, ait réellement exécuté des mouvemens après sa naissance?

(») Quelques uns des acéphales dont Béclard a rapporté les observations of«i fraient cependant des vestiges ou des rudimens du cœur.

68o MALADIES DU CŒUR EN PARTICULlEB.

suite celle des parois du thorax , la destruction du cœur puisse dépendre de son déplacement , Béclard pense qu'en général l'absence du cœur doit être considérée comme une conseguence de la destruction du centre d'oie part son ner/'[i).

Il faut placer au rang des contes les plus absurdes ce qu'on a écrit sur l'absence du cœur chez les adultes. Le temps n'est plus où l'on oserait dire qu'on ne trouva pas de cœur chez les victimes sacrifiées par César le jour où il revêtit la pourpre, qu'un soldat romain n'oflrit aucun vestige de cœur, etc.

II. Au lieu de l'absence complète du cœur, il est des cas où l'on ne rencontre que l'absence d'une des deux moitiés dont il est composé. Kreisig a indiqué ce vice de conformation dans son Traité des maladies du cœur. M. Breschet en a recueilli un exemple (2).

(1) Béclard généralisant ce rapport, termine ainsi son mémoire snr Varéplialie: «Les acéphales ont éprouvé au commencement de la vie intra-utérine une

• maladie acciJenlelle qui a produit l'atrophie ou la destruction de la moelle salongée et de la partie supérieure de la moelle épiiiière, et toutes les ifrèsulari'.ès «apparentes qu'ils présentent sont la conséquence naturelle et plus ou trioins di' xrecte de cet accident. »

(2) On ne saurait trop répéter que beaucoup de faits relatifs aux monsiruositcs en général, et à celles du cœur en particulier , ne doivent cire admis qu avec une grande défiance , ou devraient même être considérés commi- faux on mal observés. Ces réflexions s'appliquent au fait suivant, qui a été publié par M. Mauran ( the amsrican Journal ofthe Siledical Sciences).

« Le içi mars 1827, je fus appelé, dit M. Mauran, pour examiner un enfant n nouveau-né , qui, quoique petit, paraissait sain. Il respirait assez Lirn, mais

• aussitôt qu'on le changeait de position, il éprouvait la plus grande difficulté a

• crier et à respirer , etc. Une dizaine de jours après, la mort eut lieu dans un » accès de sufTucation,

• L'ouverture fut faite quinze heures après la mort. Le cœur n'offrait quedeux t, divisions, dont l'une était formée par l'oreillette très développée, située à gauche net remplie d'un sang noirâtre et fluide... Le ventricule étant ouvert par uneseci'tion verticale dirigée du sommet de l'organe vers l'insertion de l'aorte, on s a- 1, perçut qu'il n'y avait évidemment qu'une oreillette et un ventricule communi- V quant par une large ouverture au pourtour de laquelle existait une valvule Iritcvspide. L'artère pulmonaire naissant du ventricule par un tronc commun avec

ABSENCE DE CEÎlTAINES PARTIES DU CŒUR. 58 1

OESERVATIOIV 159e el lf)0«.

I.e docteur Tiirner a publié un cas dans lequel les deux oreillctles manquaient. { Journal général de Médecine, t. XCVI,p. 55.)

M. Désirés a communiqué à l'Académie royale de médecine un exemple d'imperfection du cœur, que je vais rapporter.

Chez un fœtus monstrueux , né à cinq mois et demi , on trouva ce qui suit :

Le cœur, très volumineux , était situé à droite , la pointe sous les fausses côtes de ce côté', la base répondant aux vertèbres. Il n'y avait qu'une oreillette communiquant avec les deux ventricules. Les veines pulmonaires s'ouvraient directement dans le ventricule gauche. Le ventricule droit n'avait pas de valvule triglochine; le gauche , pas de valvule mitrale. Les artères aorle et pulmonaire étaient sans valvules signioïdes. La première de ces deux artères, après avoir donné le tronc brachio - céphalique , la carotide gauche et le canal artériel , se terminait par la sous - clavière gauche. C'était l'artère pulmonaire, qui, après avoir donné de gros rameaux aux poumons, et reçu le canal artériel, montait devant l'aorte au sommet de la cavité gauche du

» l'uorle au côlé gauche , passait en arrière , fournissait ses branches accoutamées, tel le canal artériel s'ouvratl dans l'aorte descendante , tandis ^u'il était oblitéré • à son insertion au ventricule, oit II formait un véritable cul-de-sae. Le vcntri- 'cute avait la forme d'un triangle dont l'angle supérieur donnait naissance à "laortc, qui , du reste, présentait ses divisions ordinaires. »

M. Mauran ne dit rien du mode de disposition et d'insertion des veines caves et des veines pulmonaires. Dans les réflexions jointes à son observation , il dit que l'artère pulmonaire était oblitérée près du cœur.

Qu'un enfant dont Tarière pulmonaire était oblitérée, dont le cœur n'avait qu'une oreillette et un ventricule , ait vécu pendant une quinzaine de jours , respirant assez bien , paraissant sain , voilà certainement un de ces pi-odiges dont > est permis au moins de s'étonner un peu î

thorax, puis, se recourbant le long du rachis, fournissait les mésentcriques, la splénique, l'iiépatique, les rénales, les crurales, et se terminait par les artères ombilicales.

Le côté gauche de la poitrine était occupé par l'estomac et les intestins grêles (1). La moitié gauche du diaphragme n'existait pas, etc. (2).

A l'occasion des cœurs pourvus d'une simple oreillette et d'un seul ventricule, M. Isid. Geoffroy-Saint-Hilaire dit que , dans tous les faits de ce dernier genre , il existe, à parler rigoureusement, une large communication entre les deux oreillettes et les deux ventricules , et qu'il ne manque aucune partie, la cloison exceptée ; « peut-être, ajoute-t-il, » en est-il de même du cas de Turner, d'ailleurs trop mal » décrit et trop peu authentique pour mériter aucune con- » fiance (3) . »

III. Dans un cas rapporté ci-avant (observation 160"), toutes les valvules du cœur manquaient.

Deux autres de nos observations ( 152° et 154") so^it relatives à l'absence d'une des valvules de l'artère pulmonaire. Dans un cas (obs. 152'^), les deux valvules restantes étaient placées transvei'salement , une antérieure , une pos-

(i) Là se trouve, sans doute, la cause véritable du déplacement du cœur à droite.

(a Dans les cas k'imperfect'ion du cœur que nous venons de rapporter , cet organe offre chez l'homme la plus grande analogie avec celui d'animaux des classes inférieures. De là, ceUe loi fameuse que chez l'homme, le cœur, dans le cours de son évolution, offre successivement et transiloirement diverses dispositions qui sont permanentes dans les animaux vertébrés inférieurs. S'il en était réL-Uement ainsi , ce qui ne parait pas encore rigoureusement démontré, on aurait reproduit, sous une nouvelle forme, il est vrai, l'idée de la ressemblance des monstres humains avec les bêtes. '

(3) Suivant quelques observateurs tels que Billiard , par exemple, «au lieu de «rencontrer une absence complète d'une des moitiés latérales du cœur, on ne •'trouve quelquefois qu'une scissure profonde entre les deux ventricules, dont • l'un, beaucoup plus petit que l'autre, semble avoir clé arrêté dans son dévelop- »pement. •

ABSENCE DE CERTAINES PAhllES DU COEUR. 583 térieure ; elles étaient très larges , et formaient entre elles et le calibre de l'artère deux culs -de- sac très profonds.

IV. Dans quelques cas de hernie du cœur, cet organe est dépourvu de péricarde. M. Breschet a déposé dans les cabinets de la Faculté une pièce représentant ce dernier vice d'organisation. Des faits semblables ont été observés par divers auteurs.

Régis rapporte qu'il a disséqué deux petits chiens qui , en naissant, offraient le genre de lésion qui nous occupe. [Journ. des sav., 1681. )

Je vais rapporter dans la note ci-dessous un cas d'absence du péricarde, dans lequel on trouvera des circonstances tellement incroyables, qu'on sera véritablement étonné qu'un pareil fait, d'abord publié dans un journal américain i^rhe american journal of the médical sciences , fév. 1833) , ait pu être reproduit dans plusieurs journaux francéiis , sans un seul mot de critique (1).

(i) En 1828, M. Robinson, de Pétersburg (Virginie), fut appelé auprès d'une femme qui venait d'accoucher. On lui présenta un fœlus à terme , né depuis vingt minutes. Les assistons affirmèrent que cet enfant avait fait beaucoup

d'efforts quelques minutes après sa naissance, et avait respiré phnieurs fois •

Les deux clavicules , le sternum et les cartilages costaux manquaient; tout l'intérieur de la cavité thoracique était à découvert., l'abdomen était aussi ouvert jusrqu'à l'ombilic... le foie et la rate manquaient... le diaphragme fendu ne se reconnaissait qu'à la présence des deux bandes étroites situées de chaque côté,... les poumons manquaient.... La trachée se terminait dans une nodosité de substance celluleuse et parenchymaleuse de la grosseur d'une noix. A.u côté gauche du rachis , et un peu plus haut qu'à l'ordinaire , on voyait le cœur sans péricarde, et situé si obliquement que sa pointe n'aurait pas pu frapper au-dessous de la troisième côle. Il battait avec une force et une régularité surprenantes , de Go à 70 fois par minute , et semblait communiquer son impulsion à toute la circulation , car l'aorte offrait des pulsations très distinctes.

Ici M. Robinson décrit avec complaisance les mouvemens du cœur, tels qu'il les a observés chez un fœlus qui hb^pirait saks poumons, sans xracjiéb , puBegoa

•ANS DIAPHRÀCUB El sans CLAVICULES, NI STBBWUM, Kl CAnTIt4GBS COSTAUX. ApréS

avoir observé le cœur dans sa position pendant «S à îo minutes, et l'avoir palpé fréquemment, pour s'assurer de sa force de dilatation, M, Robinson jj^

MALADIES DU COEUR EN PAnTICULIER.

ARTICLE DEUXIÈME

BieAllDlE; AUCrnSnTATION DU NOMBRH DBS PABTIBS COBSTITC AHTBS DU coeuB.

1. La pluralité du cœur, dit Meckel, est excessivement rare duns les cas où il n'y a pas duplicité Cœtale. Cette anomalie suppose une si profonde aberration dans les lois de l'évolution en général, qu'au premier abord on doit Ja considérer comme incompatible avec une certaine durée de la vie extrà-utérine. Que penser donc des faits de Plazzoni, de Baudelocque et de Collomb, relatifs à des adultes, d'ail' leurs bien conformés, chez lesquels il existait deux cœurs? Que penser, à plus forte raison, de ces histoires d'individus à trois cœurs, dont les Ephémérides des curieux de la nature contiennent deux exemples? Nous pensons avec M. Isid. Geoffroy-Saint-Hilaire que de tels faits sont inadmissibles, et qu'ils seraient plus dignes de figurer dans les contes merveilleux des Mille et une Nuits que dans des recueils consacrés aux sciences.

Quant aux histoires de fœtus, chez lesquels l'anomalie qui nous occupe a été observée, il en est dont on ne sau-

siipARA DD corps; ses mouvemens n'en furent altérés, ni dans leur fréquence, m dans leur énergie ! ! !

Les valvules et la cloison furent trouvées à l'état normal ; le trou ovale était béant; les VBircES et l'artère pdcuonaires, la veine-cave et l'aorle aoaicnt leur calibre ordinaire (i). Dans cet état, les oreillettes et les ventricules étant ouverts, le cœur, après avoir été manié par plusieurs personnes, fut jeté dans un bassin d'eau froide. Après avoir examiné les autres viscères pendant quelque temps, le docteur Robinson fut ktonwé db lui retrouver BKCoaB des iiodvb-

MBNS, faibles IL est VRAI, MAIS PAAFAITBMKNT Rl^GULIBHS (s).

(1) L'aricre pulmonaire el les Teines de même nom avaieiil lear calibre ordinaire cl l'auteur oou» dit qu'il n'y avait pas de pouraonil!!

(2) Quoi! c'est un médecin qui ose dire qu'il a enleï* un cœur encore palpitant chfi un fœlu» hui.ain, el que cet organe, après avoir été , ouvert el iclé dans un bassin d'eau froide, a montre encore des baliemeni ^arfjitemcnl rcgulierslil Est-il permis de se [oucr i,uo Ici point de la crcdulil* in lectrurt i

BICAUDIE. 585

rail nier l'aulhenticité : telles sont celles que nous allons consigner ici.

OBSERVATION 161e.

On lit dans les Bulletins de la Faculté , pour l'an xiii , l'extrait suivant d'un rapport fait par MM. Baudelocque et Dupuylren , sur un fœtus monstrueux , présenté par M. Lavialle.

« Il paraît que le fœtus était mort en venant au monde. » ( L'accouchement fut très laborieux : il dura plusieurs » heures. )

» Ce foetus était formé par la réunion de deux individus. » Presque toutes les parties supérieures sont doubles , tan- » dis que les inférieures sont simples. Il existe deux têtes et «deux cols, parfaitement séparés, et de volume ordi- » naire. Ces deux cols se rendent à une seule poitrine très )) large, et du sommet de laquelle s'élève verticalement, » entre les deux têtes, un bras terminé par huit doigts... » tandis que sur les côtés de cette poitrine, pendent deux » autres bi-as bien conformés...

» Il y a quatre poumons... Ces quatre poumons ont cha- » cun une plèvre; mais il n'y a qu'un seul diaphragme.

» Il existe deux cœurs et deux péricardes renfermés » dans la poitrine : chacun de ces cœurs reçoit deux veines- » caves, et donne naissance à une artère pulmonaire ; cha- » cun d'eux reçoit quatre veines pulmonaires et donne » naissance à une artère aorte. Les deux artères aortes se » réunissent au bas de la région dorsale des colonnes ver- » tébrales, pour ne former qu'un seul tronc d'où parlent » les artères des viscères abdominaux, celles du bassin et » des membres inférieurs.

» ioutes les veines qui reviennent des deux membres » inférieurs, du bassin et des parois de l'abdomen se réunis- » sent pour former une veine-cave inférieure droite, la- 11 quelle s'ouvre avec les veines hépatiques dans le cœur

586 MALADIES DU COEUR EN PAr.TICULIER.

» du même côlé. L'oreillette droite du second cœur ne re- » çoit point de sang des membres inférieurs; elle reçoit » seulement celui qui est rapporté du foie par les veines » sur-hépatiques, et celui des parties supérieures du corps, » ramené par la veine cave supérieure (i)... «

OBSERVATION 162e.

Dans ses recherches anatomiques sur deux monstres doit' Mes monocéphales , M. Gintrac rapporte l'observation suivante :

Après un travail long et difficile, une femme mit au monde deux fœtus réunis ensemble, qui vécurent pendant une heure environ , mais ne poussèrent aucun cri.

Autopsie cadavérique.

H y a deux cœurs, dont l'un (A) est un peu plus développé que l'autre (B). Ce dernier a le septum des ventricules perforé. Son oreillette droite ne reçoit point de veine ombilicale , mais une veine-cave supérieure à laquelle aboutit une veine azygos. Du veritricule droit part un vaisseau qui se recourbe à la manière de l'aorte, reçoit une sorte de canal artériel fourni par un vaisseau voisin , donne une branche pulmonaire, puis l'artère sous-clavièrc gauche d'un des fœtus, dont il côtoie le rachis pour s'unsr ensuite à un autre gros tronc qui provient du cœur (A). Le; ventricule gauche fournit une artère qui , après avoir donné , et la carotide gauche d'un des fœtus , et la carotide droite de l'autre, se termine par l'espèce de canal artériel indiqué plus haut.

Le second cœur ou le cœur (A), plus volumineux que

(0 Delà disscclion de ces fœtus , réunis en quelques points de manière a ne oi-mer qu'un seul individu, Baudelocque el M. Dupuylren oonclurcnl que chacun d'eux possédait en {iropre presque tous les organes essenlielsà la vie, tandis (juils avaient en commun un certain nombre d'organes moins imporUns.

AUGMENT. DU NOMB. DES l'ART. CONST. DU COEUR. 68^ le précédent (B), a sa cloison interventriculaire largement perforée : ce cœur reçoit à son oreillelle droite la veine cave supérieure et l'inférieure , à laquelle se rend la veine ombilicale. Du ventricule droit naît un vaisseau qui fournit, par un tronc commun , mais bientôt divisé , la carotide gaucbede l'un des fœtus, et la carotide droite de l'autre, donne ensuite l'artère sous-clavière droite de ce dernier, puis s'incline à droite en se recourbant, gagne le rachis du même individu, et là s'unit avec l'espèce d'aorte provenant du ventricule droit du cœur ( B). Le canal résultant de cette anastomose suit le rachis, donne les artères ombilicales et celles des membres pelviens. Du ventricule gauche émane un vaisseau plus petit, qui, après avoir donné une branche aux poumons, et les sous-clavières gauche et droite d'un des foetus, parvient au-devant de la colonne vertébrale du même sujet, ne fournit point d'artère ombilicale , et par£^|t exclusivement affecté à la nutrition du cercle inférieur de ce fœtus (i).

II. L'augmentation du nombre des parties dont se compose le cœur est une anomalie sur laquelle on ne possède encore que peu de faits.

Chemineau de V Acad.des Se. pour 1699 , pag. Sj)

a fait connaître un cas dans lequel il existait trois ventricules (2).

Kerckring cite un enfant de trois mois chez lequel le ventricule droit était bifide.

(i) On voit par cette description combien la nature s'est en quelque sorte jouée de l'ordre normal dans l'origine, la position et la division des principaux vaisseaux de ce double fœtus. La raison de celte exception aux lois normales de l'évolution organique, n'est-elle pas un de ces mystères qui se perdent dans l'obscurité des causes premières? Vouloir expliquer ces infractions à l'ordre normal , serait fatiguer son esprit en pure perte,

(i) IM. Isid. Gi'offroy St-IIilaire pense que le cas de Chemineau peut s'expliquer par le développement d'une cloison surnuméraire, d'ailleurs restée très imcompléle, et par une modification de la forme du cwur.

588 MALADIES t)U COEUR EN PARTICUttER.

De Hacn [Rat. méd., part. IX ) mentionne un appendice surnuméraire à l'oreillelle gauche.

M. Billiard a vu, chez une petite fille, morle quelques jours après sa naissance , un prolongement en pointe de l'orcilIeUe droite long d'un pouce environ ; elle tombait flottante dans le péricarde au-devant du cœur.

Ce prolongement constituait une sorte d'appendice auriculaire surnuméraire.

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