RÉSUMÉ DES FAITS RELATIFS AU POIDS DU COEUR
notée, mais il y est dit que la capacité du ventricule gauche était un peu moindre que celle du droit .
H suit de là que, comme Legallois l’avait constaté par ses expériences , la moyenne de la capacité du ventricule droit l’emporte sur celle du ventricule gauche. Mais , en nous en rapportant à nos observations, cette différence est réellement assez faible.
Capacité des deux oreillettes ; rapport de la capacité de l’une avec celle de Vautre ; rapport de la capacité des oreillettes avec celle des ventricules.
Nous trouvons peu de chose à ce sujet, dans les faits de notre première série. Chez le 4* sujet, les deux oreil lettes avaient une égale capacité. Chez le 5« sujet , l’oreillette gauche avait une capacité égale à celle du ventricule correspondant, et l’oreillette droite avait aussi une capacité égale à celle du ventricule du même côté. Dans ce cas par conséquent , la capacité de la première était d’un tiers moindre que celle de la seconde. Voy. plus haut ce qui a été dit du rapport de la capacité du ventricule droit à celle du gauche , chez le même sujet.)
En général , 1| capacité de l’oreillette droite est supérieui’e à celle de la gauche.
Chez un seul des sujets de la première série, le volume du cœur a été comparé à celui du poing du sujet (le»^ cas ), Or, nous avons vu qu’il y avait égalité entre CCS deux volumes.
Étendue de la circonférence des divers orificei duTcœur , lo Circonférence de V orifice auriculo- ventriculaire gauche. Cette circonférence a été mesurée chez trois des cjuatorze sujets de la première série ( 3*, 5®, 6* ).
Moyenne 3 p. 61. i/3.
Maximmn 3 p. 10 1. (6e cas ).
Minimum 3 p. 3 1. ( 3e cas ).
anatomie du coeur.
30 Circonjcrcnce de l'orifice auriculo - ventriculaire \ droit. Cette circonférence a été mesurée chez trois des u quatorze sujets de la première série ( 2®, 5®, 6* ).
Moyenne 3 p. Jo J.
Maximum 4 P- (2® cas).
Minimum 3 p. 9I. (6® cas).
Rapport entre la circonférence de Vorijice auriculo-ven^ triculaire gauche et celle de Voj'ifice auriculo-ventriculaire i droit. Les résultats indiqués ci-dessus prouvent que la circonférence de l’orlficeaui’iculo-ventrlculaire droit est plus i:. étendue que celle de l’orifice auriculo-ventriculaire gau- riche. Dans les faits que nous avons rapportés, la différence, Ij! à l’avantage de la première, a été de 3 1. 2/3. Mais ce chiffre pourrait varier, si les faits étaient plus multipliés. Ce ii qu’il y a de bien certain , c’est que , en général , l’orifice auriculo-ventriculaire droit est plus grand que l’orifice ü auriculo-ventriculaire gauche.
3o Circonférence de l'orifice 'ventriculo-aorlique. Cette u circonférence a été mesurée chez quatre des quatorze sujets de la première série ( 2®, 5% 6®, 8' ). » 1
Moyenne 2 p. 51. 1/3.
Maximum 2 p. 8 1.(8* cas). |
Minimum 2 p. 4 !• (2® et 6* cas). j
Rapport entre la circonférence de l orifice 'oenlriculoaortiqueet celle de l’orifice auriculo-ventriculaire gauche.
Le dernier de ces orifices est généralement plus grand que I le premier. Dans les faits que nous résumons ici , la dlffé- | rence a été de 1 pouce 4 lignes 172 à l’avantage de lo- | rifiee auriculo-ventriculaire gauche. Mais en opérant sur j| une plus grande masse de mesures , la diflérence serait , ji je crois , un peu moins grande.
RÉSUMÉ DES 'faits RELATIFS AU POIDS DU COEUR. 5 g
4° Circonférence de C orifice ventricule- pidmonnite. Cette circonférence a été mesurée cliez quatre des sujets de la première série (2% 5% 6% 8' ).
Moyenne 2 p. 7. 1. 3/4-
Maximum 2 p. lol. (8* cas).
Minimum 2 p. 61,(5®cas).
Rapport entre la circonférence de Vorifice ventricule» pulmonaire et celle de lorifice auriculo - ventriculaire droit. L’orifice auriculo-venlriculaire droit est, en général, plus étendu que l’orifice venlriculo-pulmonaire. Dans les cas ci-dessus, le premier a été au second ; : 3 p. 10 1. : 2 p. 7 1. 3/4* La différence en plus pour le premier a donc été de 1 p. 2 1. i/4- Mais nous avons opéré sur une trop petite quantité de faits pour pouvoir généraliser ce résultat. En rapprochant la différence indiquée ici, de I?. différence que nous avons trouvée entre les deux orifices gauches comparés entre eux, nous voyons qu’elle est moins grande dans le pi’eraier cas que dans le second : ce qui est l’inverse de ce qu’on observe ordinairement. '
Ainsi donc, nous déduirons des faits que nous avons recueillis sur l’étendue de la circonférence des orifices du cœur, que l’orifice auriculo-ventriculaire droit l’emporte sur l’orifice ventriculo-pulmonaire ; que l’orifice auriculoventriculaire gauche l’emporte sur l’orifice ventriculoaortique: mais nous ne prétendons pas appliquer à tous les cas le chiffre qui exprime cette différence dans ceux que nous avons rapportés. Il nous faut, pour arriver à quelque chose de plus exact, répéter les mesures sur une plus grande masse d’individus.
Rapport entre la circonférence de Vorifice ventriculopulmonaire et celle de Vorificè ventriculo-aortique. Le chiffre moyen de l’étendue de la première ayant été de 2 p. 7 1. 3/4, et celui de la seconde de 2 p. 5 1. 1/2, on voitque l’une l’emporte sur l’autre de 2 1. i/4. Toutefois,
ANATOMIE DU COEUR
quelque petite que soit cette ditrérence, il ne faudrait pas croire qu^elle s’élève toujours jusques là. Il y a même des cas où ces deux orifices ont exactement la même grandeur. Ainsi, par exemple, chez le 5' sujet, ils avaient Tua et l’autre, 2 p. 6 1. de circonférence.
Dimensions des valvules du cœur , et rapport entre ces dimensions et celles des orifices du cœur. Connaissant l’étendue de la circonférence des orifices du cœur , nous connaissons aussi la longueur des valvules qui s’y trouvent adaptées. Il ne nous reste donc plus qu’k parler de leur hauteur et de leur épaisseur.
1'’ Hauteur et épaisseur de la valvule tricuspide hauteur ou la largeur de cette valvule a été mesurée chez trois des quatorze sujets de la première série. ( 5', 6', 8*. ) • . '
Moyenne 9 ligues.
Maximum 9 I. 1/2 ( 6<^ cl 8® cas).
Minimum 8 1. (5* cas).'
L’épaisseur de la valvule tricuspldea été indiquée ainsi qu’il suit, dans trois cas. Chez le 2® sujet, cette valvule était transparente, mince comme une feuille de papier joseph ; chez le 4* et le 8®, elle était mince comme une toile d’araignée. On conçoit qu’il est difficile de mesurer par les procédés métriques ordinaires un objet aussi mince.
20 Hauteur et épaisseur de la valvule hicuspide ou mitrale. La hauteur ou la largeur de la valvule mitrale a été indiquée ainsi qu’il suit chez les trois sujets dont il a été question à l’occasion des dimensions de la valvule tricuspide ( 5*, 6% 8* ).
(i) Il ne s’agit ici que de la mesure de la partie de la valvule qui est la jilus large. Cette mesure est reprc'senlëc par une perpendiculaire abaissée de l’une des pointes de la valvule à sa base.
RÉSUMÉ DES FAITS UELATlFS AU POIDS DU COEUR. 6l
Moyenne 8 I. ■ .
Majwimiim g 1. l a ( 6* cas).
Minimum 5 1. ( 5® cas). .
Dans les failsque nous résumons, il y a donc eu une différence d’une ligne entre la moyenne de la hauteur de la valvule tricuspide et celle de la hauteur de la valvule bicuspide. L’avantage, a été pour la tricuspide. Mais je n’oserais assurer qu’il ,en fut toujours ainsi, si l’on multipliait les faits. Je crois qu’en général il y a peu de différence entre ces deux valvules sous le rapport qui nous ( occupe. Chez les 6* et 8® sujets, la valvule tricuspide avait 1 la même hauteur que la A'alvule bicuspide chez le 6® suj jet. Il y a des cas, et ce sont peut-être leA plus nom- ] breux, où celle dernière valvule a une largeur qui surj passe un peu celle de la valvule tricuspide.
L’épaisseur de la valvule mitrale a été mesurée chez les 1 mêmes sujets que l’a été celle de la tricuspide. Chez le i a* sujet elle nous parut l’emporter d’un tiers sur l’épaisisseur de la valvule tricu.spicle; chez le 4“ sujet, la valvule |1 bicuspide était moins mince que la tricuspide; chez le i8e sujet, elle était plus épaisse, moins transparente que jeeette dernière.
On peut affirmer, en résumé, que la valvule bicuspide e est généralement plus épaisse, plus^orfe que la valvule ttricuspide. Mais il est bien difficile, sinon impossible, de nmesiirev rigoureusement cette différence.
\ Répétons que les colonnes charnues et le.s tendons deslltlnés au mouvement île la valvule bicuspide , ont égaiilement j)lus de grosseur , plus de force que les colonnes charnues et les tendousvle la valvule tricuspide.
3" Hauteur et épaisseur des valvules semi-lunaires de l’artère pulmonaire. La hauteur de ces valvules a été mesurée chez trois des sujets de la première série ( 5®, 6®, 8‘ ).
62 ANATÔMIIJ DÜ COEÜK.
Moyenne. 5 1. t/a.
Maximum. 6 1. ( 6“ cas)*
Minimum. 51. (5' ).
L'épaisseur des valvules semi-lunaires de Tarière pulmonaire a été comparée, chez les sujets 2,, 4e et 8% à celle de Tarachnoïde.
4° Hauteur et épaisseur des valvules semi- lunaires de l'aorte. La hauteur de ces valvules a été mesurée chez trois des sujets de la première série ( 5% 6% 8*. )
Moyenne 5 1. a/3.
Maximum ^ 6 1. 1/2 ( 6« cas).
Minimum 5 1. (5* cas).
On voit que la moyenne de la hauteur des valvules semi-lunaires de l’aorte l’emporte d’un sixième de ligné sur celle Je la hauteur des valvules semi-lunaires de Tarière pulmonaire. Dans beaucoup' de cas, les valvules aortiques et pulmonaires ont une hauteur parfaitement égale : celte égalité existait, par exemple , chez les 5, et 8« sujets. Celle hauteur, terme moyen, est de 6 lignes.
Ce chiffre est moins élevé que celiii de la hauteur des valvules tricuspide et bicuspide , jeu sorte qu’ici l’étendue de la surface des valvules est réellement pi’opor lion née à la grandeur de l’orifice auquel elles sont adaptées pour y remplir l’office de soupapes.
Etant données les dimensions de chacun des orifices du cœur et celles de l’aire des valvules; étant donnéesen même temps les figures où les formes de ces orifices et de ces valvules , il est facilé de prouver par les procédés de la géométrie, que les dernières peuvent obturer exactement, et pour ainsi dire hermétiquement, les orifices auxquels elles sont respectivement annexées. On peut, d’une autre part,
RiSUMÉ DES FAITS RELATIFS AU POIDS DU COEUR. 63
prouver, par voie expérimentale, la vérité de cette assertion, au moins en ce qui concei’ne les orifices aortique et pulmonaire , et les valvules dont ils sont munis. Si l’on verse, eneflfet, de haut en bas, une certaine quantité d’eau dans l’aorte ou l’artère pulmonaire, on voit bientôt les trois valvules s’adosser l’une à l’autre et s’opposer, par ce rapprochement , a ce que le liquide puisse pénétrer dans les ventricules. Nous verrons plus loin que, sous l’influence de certaines conditions pàthologiques, soit des valvules, soit des orifices, soit des ünfes’et dés au très, cette occlusion ne peut plus avoir -lieu i Géttè des
valvules entraîne, quand elle est très prononcée, de graves accidents (i). ' ’ '
Les valvules semi-lunairès ou sigmoïdes , en s’adossant comme nous venons dé lé'dire ,’ pour fermèr les orifices aortique et pulmonaire, circonscrivent , par leurs bords libres , un espace de figure triangulaire qui ressemble assez exactement à celle que présente la morsure d’une sangsue.
La manière dont les valvules semi-lunaires sont 'fixées
(i) Il est bien extraordinaire, apres ce que nous venons de faire voir', de lire dans l’^nato/m'e descriptive de Bichatj le'pâssagé'suivant , où se
I trouvent presque aulant'd’erreurs que'de-, lignes." ic Les.valvules sigmoïdes » ne peuvenLni s’abaisser jusqu’à devenir horizontales., ni ,, en, supposant » même ce degre d’abaissement, fermer toul-à-faitTouverture del’aorte. I J) Je suppose ici leur état parfaitement sain 5 mais j’ajoute que lés valvules I U aortitjues , très souvent ossifie'es dans ‘toute léur-ctendiie, sont alors j> constamment dans l’état de disten'sion le plus grand dont elles soient » susceptibles, et écartées des parois de l’aorte autant- qu’elles peuvent U l’être ; qu’il reste cependant encore entre elles' un espace considérable » et uüe communication libre de l’aorte au ventricule. Or, ces cas ne peu- « vent point être regardés comme des causes nécessaires de trouble pour » la circulation , puisque l’ossification des valvules aortiques se trouve j> chez toute sorte de sujets , quelle qu’ait été la cause subite ou lente de » leur mort !!!1 u
64 AWATOMIE DU COEUU.
au contour intérieur des artères puJmoualre et aorte ne leur permet pas de se i-enverser du côté des ventricules.
Les filets tendineux qui s’insèrent au pourtour des valvules auriculo-ventriculaires, et les colonnes charnues qui i leur donnent naissance, permettent bien moins encore a i ces valvules de se renverser du côté des oreillettes.
En dernière analyse, si l’on étudie les dilïérentes par- f ties dont se compose le cœur , en rattachant chacune d’elles au rôle qu’elle doit remplir, on voit que la nature, ce suprême mécanicien, a suivi dans la construction de cette merveilleuse machinejjles lois de la plus sublime géométrie et de la mécanique la plus savante.
Ici se termine le résumé de nos recherches sur le poids et les dimensions du cœur eugénéral,etsurlesdimensiousde * cbacunedesesdîversespartiesenparticulier (l’organe étant à l’état normal). Nous faisons des vœux pour que d’autres
observateurs s’appliquent à l’étude d ’un sujet dont l’impor-
t ance n’est peut-être pas assez généralement sentie, et véri fientainsi lesrésultals quenousavonsobtenus. Nous nous empresserons deles modifier, s’il yalieu; mais nous aimons à croire que si nos principaux résultats sont susceptibles de quelques rectifications, ces rectifications seront infiniment légères. Toutefois, nous avouons qu’on pourra porter plus loin encore la précision, mais il faudra pour cela ne manquer ni de patience , ni de zèle pour les progrès de cette médecine , qu’il nous sera bien permis d’appeler e xMte ,et la seule que doive cultiver quiconque est doué d’un esprit juste et sévère.
Nous n’avons indiqué , dans les faits que nous avons rapportés, que le poids absolu du cœur, et nous avons passé sous silence son poids spécifique (i). Il est cepen-
(i) Ce poids clail de i,o433 , pour le cœur du quuiricmc sujet.
hESUMi: DÉS ÉAITS ÉÈLAÎIPS AÜ FOlDS DÛ COEÜÉ. ùB
dant bon de savoir que, comme nous l'ont appris quelques expériences faites par M. le docteur Jules Pelletan , le poids spécifique du cœür peut varier selon les individus : par conséquent, ce serait s’exposer à commettre quelques erreurs que de juger toujours du poids du cœur, par son volume, et réciproquement. Ai^si donc, outre qu’un cœur, dont le volume tient à la dilatation et' non à l’hypertrophie, peuPpeser beaucoup moins qu’un cœur de plus petites dimensions^, mais dont les parois sont très épaisses et les cavités fort étroites, il est également certain que la substance du cœur, -sous ûn volume donné, n’a pas le même poids chez tous les sujets.
Au reste, nous ne saurions trop le redii’e , comme les difierentes parties du cœur peuvent varier de proportions enti’e elles , ‘que l’une pevxt être dilatée, hypertrophiée, tandis qu’une autre sera amincie et rétrécie, elc., c’est la plus vicieuse des méthodes que, de juger de l’état du cœur d’après des meures de cet organe en bloc ou en masse; il est indispensable de mesurer individuellement chacune des parties dont il sè compose.
Mais il est temps de passer à nos deux autres séries de faits. Comme ce ‘sont des faits de l’ordre pathologique, dont nous aurons a nous bccuper'longuement dans le cours de cet ouvrage, nous les résumerons ici avec moins de détails, que ceux de la précédente, série.
ANATOMIE T>U COEUR
§ II. Resnmd des faits de la secpnde se'rie -, relatifs a l’atrophie ou à la diminutiou àa poids et de^ dimensions du cœur (i).