‹ Traité clinique des maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 33 sur 88 · I. Force des battements du cœur · texte numérisé non relu

I. Force des battements du cœur

Ainsi que nous l’avons dit ailleurs (pag. gd), laForeedes battements du cœur a pour mesure la force du choc de cet organe contre les parois de la poitrine; et comme nous l’avons dit aussi , pour apprécier la force de ce choc ou de cette impulsion , les moyens que nous possédons sont Yinspeclio?i et rapplication immédiate ou médiale soit de la main, soit de l’oreille, sur la région correspondante aux battements du cœur (i)*

(i) M. Laiinnec veut qu’on apprécie le choc, ou la percussion du cœur contre la poitrine , parle soulèvement imprime à l’oreille appuyée sur le stéthoscope , et non par l’application de la main. Il est très ceriain que le procédé recommandé par M Laënnec , permet de juger", avec facilité, de la force de percussion réelle du cœur. Mais, et à cct égard j’en appelle à l’expérience la plus journalière, c’est à tort que M. Laënnec déclare formellement que l’applicalion de la main serait un moyen très infidèle pour celle évaluation, cl que le cylindre rend sensible le soulèvement produit par les battémcnls du cœur , dans le cas même où la main appliquée à la région du cœur ne sent absolument rien. Ici, comme d.nns quelques antres circonstances, M. Laënnec s’est , d’ailleurs, exagéré l’importance du cylindre, car, dans un bon nombre de cas (je ne dis pas dans tous ) , l’application immédiate de l’oreille est préférable à son application médiale pourj^’appi-écialion du eboe du cœur.

BATTEMENTS PU COEUfl A l’/:TAT ANORMAL. \ L'j

La force des conlraclions du cœur , ou mieux des hatlements de cet organe contre la poitrine, est susceptible de plus et de moins , d’augmentation et de diiuinxition , à des degrés vraiment indéfinis. Les cas extrêmes sont ceux qu’il est le plus facile de bien constatei'. Or, il est de ces cas où, ni l’inspection la plus attentive, ni le toucher le plus exercé ne peuvent nous faire distinguer les battements du cœur. Il en est d’autres , au contraire , où ces battements sont tellement violents, qu’ils imitent en quelque sorte des coups de marteau ou des coups de poings , et qu’ils ébranlent à la fois , non-seulement la région précordiale , mais toute la région du thorax, et le tronc tout entier, et la tête , et les vêtements des malades , et même , jusqu’à un certain point, diverses parties du lit dans lequel ces malades reposent.

Lorsque les battements du cœur augmentent , d’une manière notable , de force ou d’intensité , on leur donne le nom de palpitations ; à l’augmentation de force ou à’intensité, se joint presque constamment l’augmentation de vitesse des battements du cœur.

M. Laënnec enseigne que l’impulsion du cœur u’est sentie que dans le moment de la systole des ventricules, qu’elle est , par conséquent unique , simple et non double comme le bruit du cœur. Cela est très vrai dans l’immense majorité des cas, mais non dans tous, et, peutêtre, de nouveaux viendront- ils démontrer que la diastole ventriculaire produit plus souvent que nous ne l’avons encore observé nous-même , un mouvement distinct de choc ou d’impulsion contre la poitrine , sans que toutefois ce choc puisse jamais égaler^en force celui qui accompagne la systole. Un phénomène bien plus curieux encore , c’est que pour une seule impulsion de la systole , il peut y avoir deux impulsions correspondantes à la diastole. Entre autres exemples de celte particularité assez extraordinaire, je citerai le suivant. Chez une femme.

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dont k ioîigüé obgerVaiiôn sei‘,i Rapportée (îanS tiri autre endroit dè cet ouvrage, et qui fut examinée à plusieurs reprises, avec toute l’attention que méritait le cas, nonseulemeut par moi et les élèves de la clinique, mais encore par plusieurs de nos plus habiles confrères, la main appliquée sur la région précordiale distinguait trois mouvements, le premier et le plus fort correspondant au pouls et au premier bruit , h la systole , par conséquent, les deux autres succédant coup sur coup au premier et isochrones à la diastole. L’ceil fixé sur la région précordiale apercevait les trois battements indiqués, les deux derniers toutefois moins nettement que le premier. Enfin , si l’on regardait attentivement la tête d’une personne qui explorait les battements du cœur par l’application immédiate de l’oreille, on voyait qu’elle était agitée d’un triple mouvement pour nne seule pulsation de l’artère radiale.

Te n’iosisle pas plus long-temps ici sur le choc de la diastole ventriculaire , attendu que je serai obligé , dans le cours de ce traité , de i-evenir, avec tous les délaiîs*nécessaires > sur ce sujet non moins ncuj qu’intéressant.

Si la systole des oveiileUes n’est pas accompagnée d’une impulsion notable à l’état normal, il n’en éslpasdemêrae dans certains cas de maladie. M. Laënnec n’ignorait point cette circonstance 'et il l’a très bien signalée dans le passage suivant, où il s’est appliqué à distinguer le clioc des oreillettes de celui des ventricules. « Si la contraction }> des oreillettes, dil-il, produit, dans quelques cas rares, )) un phénomène analogue à l’inq)ulsion des ventricules JJ pendant leur systole, il est facile de l’en distinguer. JJ En effet, lors que la systole fies oreillettes est accomjj pagnée d’mi mouvement sensible , ce mouvement est » beaucoup plus profond^ il semble même que, dans JJ ce cas, le cœur s’éloigne de i’oreille.i.. Dans tous les » cas, il est très peu marqué , en comparaison de la sen-

BATTIvMEiSTS DU COEUR A l’ÉTAT ANORMAL. 1^9

w sation de soulivemeiit que produit la coiilvacLiou des M ventricules lorsque leurs parois ont une bonne cpais-

seul'. JJ . ' ..

Parmi les exemples que je pourrais v.ipporler à l’app'ui de ce qui vient d'être dit , je.ciioisirai le suivant : cliez une femme, couebée au no 8 de la saOe Sainte-Madeleine, aiïeclée d’une énorme hyper t'iiropli le du cœur avec indui’ation delà valvule mitrale, on voyait distinctement un mouvement d’impulsion communiqué à la région sus-mammaire gauebe, à uu pouce environ au-dessous de la clavicule f dans lès et d" espaces intercostaux 1; le

doigt appliqué sur cettd région était comme repoussé par un eboe très marqué.' Ce mouvement qui ne pouvait être attribué q'u’à la systole de roreillette gauebe dilatée et bypertropnice (i), alternait avec uu autre qui répondait à la diastole. Ce douille nmu veinent d’ondulation,, de contraction et de dilatation , qu’on apercevait en quelque sorte à travers la région pectorale soulevée et amincie , imitait parfaitement celui que présente le cœur mis à découvert.

Plus les sujets sont maigres et nerveux, et plus ,' toutes choses étant d’ailleurs' égales , l’impulsion du cœur est facile à sentir. Cbez les personnes ^ qui ont beaucoup d’embonpoint et le système musculaire très développé, les contraciloas des différentes parties du cœur en général et celles des ventricules en particulier ne sont bien souvent accompagnées que d’un eboe à peine sensible.

Les battements du cœur forts et violents, lorqu’ils sont jierrnanents , comme dans les grandes bypertropliles , déterminent, à la longue, une voussure très évidente de la région précordiaîe. Cette particularité , que j’ai rcucon’-

(i) Les baueiac»ts YciUdculaires sg Jfabajient sçRiir à deux pouces plus bas. • ’■ "

l5o PHYSlOLOGIJi: DU COliUR.

ti’ée plusieurs fois et que j’ai signalée particulièrement depuis environ deux ans, n’avait encore été notée , que je sache , par aucun des auteurs qui ont publié des ouvrages sur les maladies du cœur. On aux'ait pu l’admettre à priori, la deviner en quelque sorte, en réfléchissant à ce qui arrive à la suite des battements des tumeurs anévrismales.

Il serait, comme on le pense bien, beaucoup trop long d’examiner ici en détail quels sont les divers états morbides dans lesquels les battements du cœur sont augmentés ou diminués. L’hypertrophie et l’atrophie de cet organe méritent, sans contredit, d’êtx’e placées au premier rang de ces états morbides. Alors, l’augmentation ou la diminution d’impulsion sont permanentes. Mais combien de fois lès battements dix cœur ne peuvent-ils pas être plus forts ou plus faibles , d’une ma«ièx’e passagère ou temporaix’e? une fièvre violente, une coux'se prolongée, un exercice fatigaxit, une inflammation de la membx’ane interne ou de la membrane externe du cœur, une affection purement nerveuse, certaines émotions de l’ame , etc., sont autant de causes d’acci’oissement de la force des battements du cœur. Des conditions opposées celles-là entraînent une diminution plus ou moins notable dans ces battements.

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