BRUITS DU COEUR DU FOETUS ET SOUFFLE PLACENT
forinalion originels, on sail aujourd’hui -que le cœur du fœtus est susceptibhî d’éprouver presque toutes les maladies qui l’atteignent après la naissance); mais malheureusement jusqu’à ce moment, elles ne se sont point présentées. li me paraît extrêmement probable qu’une pratique assidue de l’auscultation du cœur du fœtus pourra faire reconnaître ou du moins faire soupçonner quelques-unes de ses maladies.
J’ai rencontré quelques cas où les bruits du cœur fœtal se rapprochaient un peu du bruit de souffle. M. le professeur Paul Dubois dit que les pulsations de cet organe, lorsqu’elles sont bien distinctes, font très souvent entendre un bruit de soufflet qui a une grande analogie avec celui que l’on observe dans certaines maladies du cœur. On pourrait, au premier abord , attribuer ce phénomène au passage du sang à travers le trou botal ; mais M. Paul Dubois considérant que le sang ne passe (ï une oreillette dans V autre que pendant Vabsencede contraction de ces cavités , pensequil n est pas présumable que la communication qui existe entre elles , soit pour quelque chose dans laproduction de ce bruit quil lui paraît plus naturel d' attribuer au mélange des deux colonnes de sang de C artère pulmonaire et de l'aorte. S’il est difficile de démontrer l’exactitude de cette hypothèse , on ne saurai^ nier du moins qu’elle ne soit fort ingénieuse.
L’existence du double bruit du cœur du fœtus est d’une haute Importance tokologique. C’est le signe pathognomonique de la grossesse ainsi que de la vie du fœtus. Je me rappelle un cas qui mérite d’être ici mentionné. Une ftmme à peine parvenue vers le 7" mois de sa grossesse, est prise d’une violentepueumonie. Depuis plusieurs jours elle avait cessé de sentir remuer le fœtus. Je pratiquai l’auscultation , et c’est un des cas où je comptai 170 doubles battements à la minute. Cependant des signes d’avortement ne tardent pas .à se manifester, et bientôt nous re-
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lirons un fœius qui ne donne auciui signe de vie. La malade ayant cessé de sentii’ remuer son enfant depuis plusieurs jours, on aurait pu croire qu’il était réellement inortavant sanaissance, et négliger loutecspèce de moyens propres à le rappeler à la vie. Mais comme quelques minutes encore avant son expulsion , j’avais entendu les battements de son cœur, je m’empressai de le frictionner, de le plonger dans un bain légèrement excitant, d’insuftler de l’air dans sa bouche, et après avoir prolongé assez long-temps ces manoeuvres, je ramenai enfin l’enfant à la vie : il s’agita, cria et vécut jusqu’à la fin de la journée. Si jé n’eusse pas entendu les battements du cœur presque immédiatement avant l’avorlemeut , il est très probable que je n’aurais pas assez insisté sur les moyens, précédents pour ressusciter en quelque sorte ce foetus, car l’absence des. raouvemeuts depuis que la mère était dans un état des plus graves , m’aurait fait regarder comme probable que l’enfant avait cessé de vivre queiejne temps avant son expulsion.
L’auscultation des bruits du cœur du fœtus pourra a ssi, comme l’a déjà dit M. T^aënnec, jeter uue précieuse lumière sur le diagnostic de la grossesse multiple.
Le second bruit que l’on entend cnéz les femmes arrivées H l’un des quatre ou cinq derniers mois de la gestation, a été désigné par M. Kergaradec sous le nom de souffle placentaire, parce qu’il a cru qu’il se passait dans le placenta. Ce bruit , simple et non double comme le précédent, est isocbronc au pouls de la mère et ressemble exactement au bruit de souffle que l’on prq,- (luit eu comprimant uue grosse artère, telle que la crurale, la sous-clavière , la carotide ou l’aorte elle- même. C’est particulièrement vers les parties latérales de l’ab- «iomen, vers les flancs, qu’il se fait entendre à son maximum. Il existe quelquefois des deux côtés, mais ordinairemeul on nel’cnt(Mi(l l'orlenu'n! (fued’nn seul côté, et alors,
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comuieüacLé déjà dit, c’csllc; plus souvent du côté opposé à celui où se reucoalreuL les bruits du coeur du fœtus.
Le souffle dit placentaire n’a pas la meme valeur tokologique que le double bruit du cœur. J’ai rencontré quelques cas de grossesse où il était très faible ou même impossible h entendre; et , d’un autre côté, comme; j’en rapporterai ci-dessous un remarquable exemple, il peut exister dans des cas où il n’y a pas de grossesse,
Le bruit de souffle ou de soufflet placentaire devient quelquefois un peu sibilant; mais jeneluiai jamais vu revêtir les caractères de ce bruit de soufflet sibilant continu dont nous avons étudié plus haut les diverses nuances* M. Laënnec dit également l’avoir observé avec toutes les variétés du bruit de soufflet, excepté le sifflement sur deux ou trois tons divers.
Il a été dit tout-à-riieure que M. Kergaradec plaçait le siège du bruit de souffle qui nous occupe au point d’insertion du placenta : cest à la circulation du sang de la mère dans cette partie qu’il attribuait ce bruit. M. Laënnec, s’appuyant sur la]}arfaite similitude qui existe entre le souffle placentaire et le bruit de soufflet des grosses artères, pose en fait qu’il doit Se passer dans les artères hypogastriques , iliaques primitives ou utérines. Il lui jtaraît certain que les artères hypogastriques et iliaques externes ne peuvent être le siège du phénomène. D’un autre côté, dit-il, ioutex les artères utérines pouvaient indifféremment donner le bruit de soufflet , on le sentirait dans des points divers et dans plusieurs à la fois , et probablement même on sentirait distinctement lecalibre de V artère soufflante. Ce qui semble le plus probable àM. Laénncc ,c est que le bruit est donné par la branche nrtévièllo qui sert principalement à la nutrition du placenta. Comme M. Laënnec, je pense que le souille dit placentaire n est autre chose qu’un bruit de soufflet de grosse