‹ Traité clinique des maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 42 sur 88 · BRUITS DU COEUR DU FOETUS ET SOUFFLE PLACENT · texte numérisé non relu

BRUITS DU COEUR DU FOETUS ET SOUFFLE PLACENT

artère ; mais au lieu de le localiser dans l’artère qui sert principalement h la nutrition du placenta, artère que je ne connais pas et qu’aucun anatomiste n’a , je crois , décrite, il y a long-temps que je lui assigne pour siège au moins très probable, les gros' troncs artériels sur lesc{uels pèsent en quelque sorte l’utérus et le produit de la conception ; de telle sorte que le bruit de soufflet s’opérerait ici à l’instar de celui qui al ieu quand on comprime une grosse artère extérieure , la crurale , par exemple. Les objections de M. Laënnec n’ont pas toute la valeur qu’on pourrait leur supposer au premier aperçu. Le llélèbre observateur dit que si la théorie que nous soutenons était vraie , le bruit de soufflet existerait des deux côtés de l’utérus à la fois , ou tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, chez le même individu, et qu’on pourrait même le déterminer d’un côté ou de l’autre en variant la position du sujet, et que tout cela nest pas. Nous répondrons, i« qu’il est fort possible que les artères hypogastriques et iliaques externes , ne soient pas également comprimées à droite et à gauche, et que celles d’un côté peuvent par conséquent donner le bruit de soufflet , tandis que les autres ne le donnent point; 2" qu’il est, d’ailleurs , des cas où l’on entend effectivement le bruit de soufflet des deux côtés de V utérus à la fois, et qu’enfin dernièrement , en présence de plusieurs personnes, nous avons , chez une femme couchée dans le service de la Clinique , déplacé le bruit de soufflet en la faisant alternativement coucher à droite et à gauche, expérience que nous engageons , d’ailleurs , vivement les observateurs à répéter, puisqu’elle se trouve contradictoire à l’assertion de M. Laënnec.

M. Paul Dubois, dans le rapport que nous avons cité, s’est appliqué à dévelopj)er, avec l’élégante sagacité qu’on lui connaît, les raisons qui lui font placer, dans l’appareil vasculaire des parois utérines exclusivemeul, les bal*

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lemeuts avec souffle. Ces raisons, malgré Tart et la savante habileté avec lesquels elles sont exposées, nous ont paru plus spécieuses que solides, et ne sont du moins pas aussi péremptoires que le pense notre ingénieux confrère. Nous regi’ettons qu’avant d’avoir ainsi localisé le souffle dit ])lacentaii’e {souffle utérin de M. Dubois) ^ notre confrère ail cru pouvoir se dispenser de prpuver que ce bruit ne saurait résulter de la compression exercée par l’utérus sur les vaisseaux de l’abdomen et du bassin , sous prétexte que cette dernière hypothèse avait été trop judicieusement réfutée d’avance par M. le docteur Kergaradec. Le motif sur lequel s’est fondé M. Paul Dubois pour refuser à l’opinion que nous défendons comme la plus probable , les honneurs du combat, est plus flatteur pour M. de Kergaradec qu’il n’est utile aux progrès de la science. Nous espérons done]que M. Paul Dubois^ finira par penser que M. Kergaradec n’a pas remporté une victoire complète, et qu’il se décidera à porter le dernier coup à ïhypothèse encore vivante qui place dans les grosses artères du bassin le siège du souffle utérin. M. Paul Dubois convient d’ailleurs queson explication àxisouJfLe utérin, n’est, à la vérité, comme nous l’avons dit, à l’époque de la discussion de son rapport à l’Académie , qu’une hypothèse. En attendant que de nouvelles recherches aientconverti en proposition démontrée l’assertion encore hypothétique de M. Paul Dubois , il nous sera permis de persévérer dans l’opinion que nous avons adoptée , et en faveur de laquelle nous «lions exposer un nouvel argument. Voici cet argument qui , en même temps qu’il vient militer en quelque SQrte pour notre système , dépose formellement contre celui de MM. Kergaradec et Paul Dubois.

S’il est bien vrai que le souffle dit placentaire ait son siège dans les grosses artères du bassin (iliaques externes et hypogastriques) comprimées par l’utérus chargé du

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produit de la conception, il s’ensuit que toute autre compression analogue exercée sur ces mêmes vaisseaux pourrait produire un bruit semblable. Que si , au contrairè, c’est dans le tissu vasculaire des parois utérines ou dans le point d’insertion du placenta que résident les battements avec souffle , il est difficile de comprendre comment la compi’ession dont il s’agit pourrait donner lieu à un souffle* tout-à-fait semblable. Hé bien, les faits prouvent que la compression des grosses artères du bassin par une tumeur développée dans leur trajet , peut donner lieu à un bruit de soufflet qùi simule parfaitement le souffle dit placentaire ou utérin ^ à tel point qu’il a été pris pour ce dernier : c’est ce que va démontrer l’observation suivante, qui nous paraît en même temps d’une immense portée sous le point de vue de la pratique de l’art des accoucbements (i). Cette observation a été publiée dans la Lancette française (no du b mai i834)> sous ce titre : Kyste de V ovaire droit, siniu~ lant une grossesse extj'à-utérine; opération césarienne vaginale ÿ mort.

Une femme de 47 ans, mariée depuis long- temps , sans enfants , fut admise à l’hôpital Necker ( service de M. Bricheteau), dans le courant du mois de juin ] 833. Elle n’avait pas eu ses règles depuis neuf mois , et croyait toucher au terme de la grossesse. Elle racontait qu’au moment de la conception présumée , il s’était élevé entre elle et son mari une rixe violente. Elle avait , du reste, un abdomen proéminent comme une femme à la fin

(1) Le lecteur n’a pas^oublic , je pense , <[u’en traitant de 1 influence de la comprcisiou sur la production du bruit de soufflet artériel , j ai cite’ un cas dans lequel une tumeur de l’ovaire, assez volumineuse pour pouvoir exercer une certaine compression sur les artères iliaque externe et interne , coïncidait, wvf'.o un bruit de souffle (oul-à-fait semblable a celui <jui a lieu dans la grossesse.

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de sa grossesse, el éprouvait des douleurs qui semblaient annoncer un prochain accouchement. Ou sentait dislinc- I lement dans lé flanc droit une tumeur inégale , qui avait lia forme d’une tête d’enfant d’un côté, et de l’autre t offrait une saillie qu’on pouvait croire formée par le pied id’un fœtus. Cette tumeur se déplaçait au moyen de la ] pression , par un mouvement de létalité. La malade disait . sentir distinctement les mouvements d'un enfant.

Il y avait dans la tumeur un bruit de souffle

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