‹ Traité clinique des maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 43 sur 88 · BIEN MANIFESTE QU’ON CRUT ÊTRE LE SOUFFLE PLACEN- TAIRE · texte numérisé non relu

BIEN MANIFESTE QU’ON CRUT ÊTRE LE SOUFFLE PLACEN- TAIRE

Dans une première tentative de loucher, on ne put trouver le col de l’utérus. Dans une seconde, faite le lendemain par M. Baudelocque ,Torifice utérin fut ren- I contré sous le pubis et n’offrant point de dilatation. Dans un troisième toucher, pratiqué simultanément par le rectum el le vagin, le même accoucheur constata l’existence d’une tumeur fluctuante qu’il put déplacer avec le I doigt, el qui faisait manifestement corps avec la tumeur

. abdominale extérieure Nonobstant l’emploi des bains,

des cataplasmes, de la saignée, les souffrances de la malade devinrent si atroces, qu’elle demandait à grands cris une opération pour extraire l’enfant dont elle se disait enceinte. Les médecins de l’hôpital , et M. Baudelocque ayant examiné de nouveau la malade, le 6 juillet , pensèrent qu’il y avait une grossesse extra-utérine de l’ovaire droit, et qu’on ne pouvait apporter du soulagement à la patiente, qu’en pratiquant une incision sur

les parois du kyste qu’on croyait contenir le fœtus On

demeura d’accord qu’une incision exploratrice par le vagin était le seul moyen qu’il convînt d’employer. Elle fut pratiquée par IVl. Laugier, en présence de MM. Dubois (d’Amiens), Piédagnel, deux médecins étrangers, et d’un bon nombre d’élèves. Avant de s’y déeider, ou avait de nouveau bien constaté l’état ae'la malade, et l’existence du

25o bruits du coeur du foetus et souffle placent. hruitqui simulait , à s’y méprendre , le souffle placentaire. I-es jours suivants , des symptômes de péritonite se maui- • festent; ils résistent à tous les moyens, et la malade succombe le sixième jour après l’opération. L’opérateur n avait point rencontré de fœtus, et le bruit de soufflet se fit entendre, le 8 juillet, comme avant l’opération.

Autopsie cadavérique. — La tumeur abdominale est très affaissée et descendue dans le bassin; elle était inégale, multilobulée. Sa partie gauche était pyriforme et assez semblable à une matrice amplifiée : c’était effectivement cet organe dans la cavité duquel s’était développée une tumeur de la grosseur d’une forte poire, de nature lardacée et un peu ramollie. Cette tumeur était recouverte paria matrice qui semblait s’être laminée pour lui fournir une enveloppe. Elle était d’ailleurs en communication avec le vagin et avec le col utérin, qui était tellement aminci, qu’il formait une petite ouverture membraneuse de deux lignes de diamètre seulement. La partie droite de la tumeur se composait de plusieurs lobes, dont la surface était inégale , raboteuse , ulcérée même , et recouverte çà et là de lambeaux membraniformes : on y trouvait plusieurs dégénérations organiques, savoir : les tissus carcinomateux et encéplialoïde , séparés par des cloisons cellüleuses , purulentes , ou de petits kystes remplis de sérosité brune et ichoi’euse; on ne trouva point de trace de Tovaire , qui avait été probablement envahi par les al térations indiquées, s’il n’en avait été lui-même le siège primitif,.... A la partie inférieure du bassin, en arrière, existait une autre tumeur, de deux ou trois pouces de diamètre, contenant des kystes, dans l’un desquels avait pénétré l’incision pratiquée a la pai'oii postérieure du vagin

Il n’entre pas dans mon plan de commenter sous tous! ses rapports cette curieuse et importante observation, li me sulHra de faire remarquer qu’on a, dans ce cas, prisi

BRUITS DUCOEUR DU FOETUS ET SOUFFLE PLACENT. a5l

■pour ainsi dire sur le fait la cause du bruit' faussement idésigné sous le nom de souffle placentaire, et qu’ass'u- ■ irément cette cause n’était rien moins que le passage .J-b- ■ sang, soit à travers le placenta, soit dans l’appareil vascculaire utérin. Evidemment ici, le bruit de soufflet avait l’élc le résultat de la compression exercée par la tumeur ,'sur les grosses artères avec lesquelles elle se trouvait en ccoulact (i).

(ï) M. Laënnec trouve, jusque dans le souffle des pulsations qu’il apf pelle p/acentairej, la confirmation de la nature spasmodique du bruit de % soufflet artériel. (Our. cil.; tom. II, p.

•fr ,

.rr j-vA..;

Jt.

-■Vl

itfi-

.i'’ frîïlijm

’ Vm; ri -

'ni.

ir \ 5

:.Ui >' • 1 • * , * *•

'•^.i[. !|’ ' -' KM '

. . 'u :.;.vT

. V 1 r - J’jK •ï ^ . r' V- '• '** ’ '

■ V^r^‘>‘V . tw'jp’&vVTfk ' ., ,.n* • Î3 U'. '; ' y: . X 4’.*r

■' ^ fr'V M. jîî 1-'! ■••

fl ^

Page 1