‹ Traité clinique des maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 51 sur 88 · CLASSIFICATION DES MALADIES DU COEUR · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION DES MALADIES DU COEUR

adhérences du péricarde au coeur, etc. Mais si cet auteur a fait preuve d’une saine doctrine en l’apportant à l’inflammation les adhérences celluleuses ou fibreuses , les plaques laiteuses, les productions fibro-cartilagineusesqui se rencontrent à l’extérieur du cœur , ou dans le péricarde , chez certains sujets, il est tombé dans une contradiction manifeste en considérant les mêmes lésions organiques comme essentiellement indépendantes d’une inflammation , quand elles occupent la membrane interne du coeur ou l’endocarde , qui constitue un vrai péricarde interne. D’après une telle méthode, il suffirait de retourner eu quelque sorte le cœur pour voir M. Hope placer les lésions organiques de V endocarde parmi les conséquences de l’inflammation , et ranger, au contraire , parmi les lésions organiques spéciales ou non consécutives à une inflammation, les suites de la péricardite, telles que les adhérences, certaines végétations, etc.

Enfin, si ce n’est pas d’une manière tout- à-fait arbitra ire que M. Hope place l’hypertrophie dai^ les lésions niques et n’y range pas l’inflammation , nous aurions su quelque gré à notre confrère de no, us exposer les motifs de son système nosologique, et de bien nous définir ce qu’il entend par lésions organiques. 1

La classification que j’ai cru devoir adopter dans cet ouvrage , repose entièrement sur les principes que nous avons développés en traitant de la nature des maladies du cœur. Je ne la donne que pour ce qu’elle vaut , et je serai toujours prêta la sacrifier à une meilleure. Celte classification n’étant au fond que la représentation même de la théorie ou de la doctrine que je me suis formée sur la nature des maladies du cœur, elle tombera sous les mêmes coups qui renverseront cette doctrine. Mais si cette doctrine et la classification qui en dérive sont, en effet, menacées d une chute prochaine, j’ose espérer du moins que les faits contenus dans cet ouvrage n’auront pas été en-

tièremeiit perclus pour les progrès de la pathologie du cœur.

Quoi c|u il en soit , voici donc la base fondamentale de notre classification.

Une premie/’e comprend toutes les lésions qui U. intéressent le cœur que sous le point de vue de ses conditions purement physiques et mécaniques ou de structure externe, telles que sa position, sa forme, sa coloration, son étendue, la disposition réciproque de ses différentes cavités, etc. , etc. De là les solutions de continuité ou de contiguité, les dilatations et les rétrécissements, etc. Les lésions de cette classe sout pour laplupart en quelque sorte passives ; on peut, à langueur, les reproduire sur le cadavre.

Dans une seconde classe se trouvent les maladies qui consistent en une altération quelconque des conditions vitales, des actes vitaux ou du cœur. Les lésions de cette classe sont essentiellement actives ; et , comme les actes<®vitaux eux-rnêraes se divisent en deux grands ordres, savoir , ceux que Bichat a compris sous le nom de vie organique o\x nutritive et ceux qu'il a désignés | sous le nom de 'vie animale , nous avons divisé aussi cette ji seconde classe en deux ordres: l’un affecté aux lésions des | actes de la vie dite organique , de la chimie vivante, ou, I si Ton veut encore , de la vie phjsico-chimique ; l’autre I consacré aux lésions des actes delà vie animale, excitatrice ou dynamique. Aux lésions du premier ordre appartiennent , sous des genres divers , l’hypertrophie du cœur, dans laquelle la nutrition est augmentée; l'atrophie, dans ) laquelle cette même nutrition est diminuée; l’hydi’opéri- i carde actif, dans lequel la sécrétion du péricai’de est aug- [ menlée ; rinflammatiou des^divers tissus du cœur , ma- « ladie dans laquelle la> nutrition, la secrétion , l’absorp- k lion, la circulation capillaire , en un mot tous les actes n de la vie orgatiique ou physico- chimique, sont plus ou

moins profondément altérés (ici , les produits sécrétés diffèrent des produits normaux non-seulement sous le rapport de la quantité, mais aussi sous celui de la qualité).

Les genres et espèces de maladies compris dans les deux grandes classes que nous venons d’indiquer, sont fondés sur les différents modes de lésions, étudiés successivement dans les divers tissus du cœur. 'Il serait superflu de les détailler tous ici , puiqu’ils ont été exposés dans le tableau nosologique placé à la fin de la préface.

Ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer plus haut, les divers modes morbides qu’on pourrait appeler élémentaires oxl générateurs, s àssocienl, se combinent entre eu*; et de là ces maladies compliquées du cœur, que^l’on renconti’e bien plus fréquemment que les maladies’ simples.Ces combinaisons morbidessont tellement nombreuses et diversifiées , qu’il serait vraiment impossible de les énumérer et de les classer. Presque toutes les observations contenues dans cet ouvrage sont autant d’exemples de maladies complexes du cœur , et dans chaque cas individuel, la complication offre quelque particularité qui le distingue des autres.

ARTICLE Cl5fQUIÈME.

CONBID^RATIONS GilrtRALES SUR LA MARCHE , LES TERMIHAISORS ET LA DURÉE DES MALADIES DU COEUR.

Le point de vue sous lequel nous étudions ici les maladies du cœur , diffère beaucoup suivant les diverses classes de ces maladies. Quelle différence n’existe pas, par exemple, entre la marche, la terminaison, la durée d’une péricardite ou d’une endocardite, et la marche, la lèrrninaison et la durée d’une solution de continuité de quelqu’une des parties du cœur, d’une affection pure- I. 19

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ment nervens^e, telle que les palpitations, la syncope, etc. ! Une rupture des parois du cœur n’a , pour ainsi dire , aucune durée; elle marche avec la rapidité de la foudre, et.se termine par la mort la plus subite qu’on puisse imaginer ; tandis que des palpitations nerveuses peuvent durer des années entières, en présentant ordinairement une marche intermittente, régulière ou irrégulière, et se terminent, tant qu’elles sont purement nerveuses, sans laisser à leur suite aucune altération dans la structure du cœur.

Au reste, les maladies physico ou chimico-'vilales (^i) du cœur sont les seules dont il importe réellement de faire connaître la marche , la durée et les terminaisons vai4ables.'Or, ces maladies, en cela semblables à leurs analogues dans tous les organes en général, affectent une marche tantôt rapide et tantôt lente, parcourent à pas précipités les divers degrés , les phases réglées de leur complète évolution, et ne durent que quelques jours, ou décrivent, au contraire, lentement le cercle de leur entier développement ; et leur durée occupe plusieurs semaines, plusieurs mois, même plusieurs années. Celles qui affectent la première marche portent le nom d'aiguës, et l’on désigne, sous le nom de chroniques , celles qui suivent la seconde: ces dernières sont très souvent conséfcutives aux premières , dont elles conStituent une des terminaisons qu’il importe le plus au vrai praticien de bien connaître. Parmi les différentes espèces dont se compose la classe de maladies que nous examinons', toutes n'affectent pas.

^i) Je dctnnncic au lecteur la permission de me servir de cette expression abréviative, pour désigner les maladies qui consistent dans une perturbation quelconque des actes pliysicjues, chimiques ou physico-chimiques par lesquels se révèle à nous la vie intérieure ou organique, et qui, comme tout le monde le sait, sont l'exhalation et l’absorption , la sécrétion et la nutrition , etc.

avec la même facilité, la marche aiguë ou chronique.

L’hypertrophie et l’atrophie du cœur (augmentation ou diminution de la nutrition des divers tissus de cet organe et spécialement de sa substance musculaire), en prenant ces dénominations dans leur rigoui’euse acception, ne se développent jamais d’une manière aiguë , et restent ainsi fidèles àcette marche mesurée, à ce mouvement lent et en quelque sorte chronique , qui constitue l’allure de l’acte nutritif à l’état normal. La diminution ou 1 augmentation de sécrétion obéit quelquefois à la même loi. Néanmoins il est des cas àhydropéricarde qui se font distinguer par une marche rapide et réellement aiguë.

Les ramollissements du cœur qui se manifestent, indépendamment de toute inflammation actuelle ou antécédente, pendant le cours de certaines affections générales, constitutionnelles (scorbut, scrofules, diathèse ou infection purulente, etc.), sont asservis à la marche que .suivent ces dernières affections , et s’ils sont quelquefois aî^s, ils sont bien plus souvent encore chroniques.

Les inflammations des divers tissus du cœur peuventrevêtirpresque indifféremment la marche ou la marche chronique. l’on réfléchit à la haute importance des fonctions du cœur, on comprendra sans peine pourquoi, lorsque les inflammations aiguës de cet organe sont très violentes à la fois et très étendues , elles peuvent entraîner la mort après une durée de quelques jours seulement. Le Démosthènes fi'ançais, Mirabeau, fut emporté de c.ette manière par une péricardite sur-aiguë. Faisons toutefois remarquer ici que la péricardite ne devient presque jamais si soudainement mortelle que dans les cas où elle se trouve compliquée d’une grave inflammation de la membrane interne du cœur [endocardite) ou de !a plèvre«et des poumons.

Gorvisart s’est trouvé fort embarras.sé lorsque , après

J 9?^ MALADIES DU COEUll EN GÉNÉRAL.

avoir dit que, rigoureusement parlant, il serait possible de distinguer les maladies même organiques du cœur, en aiguës et en chroniques , il a fallu appliquer celle division. La raison de cet embarras , c’est que le célèbre auteur avait cru devoir placer lesinflammationsdu cœur dans deux catégories essentiellement dllférenles, selon qu’elles étaient aiguës ou chroniques: je veux dire que Corvisart enseignait quon ne peut pas , à la vérité , nommer organiques la péricardite et l’in flammation du cœur a l’état aigu, et qu’on devait, au contraire, appliquer celle dénomination aux mêmes maladies à l’état chronique. En effet , si la péricardite et la, cardite aiguës ne méritent pas d’être rangées dans la classe des maladies organiques aiguës An cœur, à quelles autres maladies Corvisart réservera-t-ii celte place?» à quelques ruptures partielles, scin- « hlables à ceile dont il a donné un exemple, ou d’autres « analogues, u {Ouw. cïY., pag. ^o6.) Ypilà pourtant la singulièi-e conclusion à laquelle ce grand médecin a été logiquement réduit, pour avoir classé et défini comme Ü l’a fait les inflammations du cœur.

Un es])rit de celle trempe ne pouvait manquer de s’apercevoir qu’il y avait quelque chose de choquant à ne placer dans la classe des maladies organiques aiguës du cœur que quelques ruptures partielles de cet organe , telles que celle dont il a rapporté une observation, ou d’autres analogues. Aussi s’est-il empressé de citer deux cas de maladie organique du cœur, auti’es qu’une rupture, dans lesquefs lessymplômes ont affecté une marche aiguë. Malheureusement,. Corvisart ne s’explique point sur l’espèce ou la nature de* ces maladies, ainsi que le prouvera la citation du passage suivant de son ouvrage : » J’ai vu « dernièrenient, dit-il, un homme , d’environ 76 ans , Cf succomber .en quatorze jours à tous les signes cl à tous (( les symptômes d une véritable maladie organique du

DURÉE ET TERMINA ISONS DES MALADIES DU COEUR. '2ç)3

« coeur (i), sans le moindro indice antécédent de celle « affection.

tt JPaivu encore, poursuit-il , un homme âgé de 55 ans, fc qui avait toujours joui d’une bonne santé..., éprouver (( l’invasion subite d’une affection organique du cœur (2), « accompagnée sur-le-cbamp des symptômes les plus ma- « nifestes et les plus graves : il y succomba au bout de « cinq mois. » {Ouv. cit. , pag. 4o6.)

Corvisart n’ayant point exposé les symplôtnes observés dans les deux cas qu’il a cités, pour montrer des exemples de la marche aiguë des maladies organiques du cœur autres que les inflammations de cet organe, il est toutâ'fait impossible (il n’est pas fait mention de l’ouverture des corps) de Savoir positivement à quelle catégorie de maladies il faut rapporter ces deux cas. Mais les faits nombreux que j’ai recueillis, depuis quelques années, sur les maladies vraiment aiguës du cœur, me portent à croire qu’il existait chez les deux sujets observés par Corvisart, soit une péricardite ou une cardi te, maladies dont le diagnostic, de l’aveu de cet illustre auteur, était encore alors enveloppé d’épaisses ténèbres, soit d’une endocardite, maladie qui n’était pas alors connue, même de Corvisart.

D’un autre côté, en plaçant la péricardite et la cardile chi’oniques parmi les maladies organiques du cœur, et en excluant de cette catégorie les mêmes maladies à l’état aigu, Corvisart frappait d’un coup imprévu sa division des maladies organiques du cœur eu aiguës et en chroniques. Car comment la péricardite et la carditequi, pour avoir en quelque sorte le drok de siéger parmi les maladies organiques , doivent être nécessairement chroniques , auraient-elles pu revêtir les deux formes assi-

(1) Laquelle ?

(2) Laquelle encore ?

2g4 MALADIES DU COEUR EN Gi)NÉRAL.

gnées par Corvisarl aux maladies organiques du cœur(i)?

Les faits particuliers que nous rapporterons dans le cours de cet ouvrage , pourront seuls nous fournir quelques données approximatives sur la dui'ee des maladies aiguës et chroniques du cœur. Nous verrons alors que/ pour le calcul de cette durée, il faut prendre en sérieuse considération les moyens employés contre la maladie, lage, le tempérament du sujet, les complications, etc., etc.

Les différentes terminaisons que peuvent présenter les diverses espèces de maladies comprises dans la catégorie dont nous nous occupons , et spécialement les inflammations, constituent, à n’en point douter, l’une des questions les plus délicates , les plus intéressantes et malheureusement les plus controversées de la médecine clinique. Depuis plusieurs années, nous n’avons cessé de la discuter, pour notre part, avec toute la bonne fol et toute l’indépendance dont nous sommes capable, et nous avons la satisfaction de croire que ces discussions n’ont pas été tout-à-fait inutiles au succès de la bonne cause. Toutefois , la conviction n’a pas encore pénétré dans tous les esprits, et l’on ne saurait trop redoubler d’efforts pour le triomphe complet de la vérité.

(i) Au reste, je sui« obligé de relever ici une contradiction que la rapidité avec laquelle Corvisart a dû composer son ouvrage, ne lui a, sans doute, pas permis d’apercevoir. Apres avoir établi formellement, comme nous venons de le voir, que les maladies organiques du cœur peuvent être distinguées en aiguës et chroniques, il pose en principe, un peu plus loin, iilqfie les maladies aiguës du cœur ne peuvent pas être rigoureusement pla~ « cèes dans le rang des maladies organiques » ( p. 4 1 7 )• H ajoute que les maladies qu’il appelle aiguës , sont la pe'rica^ite aiguë et la cardite , et, dans une noie précédente, il déclare que « ce mo\. aigu ne doit s'entendre que <( par rapport à la rapidité de l’invasion ou de la marche, et non par rapport « à la nature itiflamma taire, (p. 4o6.)» On voit tpie Con'isart s’est un peu écarté ici de cet esprit de précision et de clarté, qu’il possédait à un si haut degré.

DURÉE ET TERMINAISONS DES MALADIES DU COEUR. ‘igS * Nous avons dit, et tout le monde en convient, que les inflammations aiguës du cœur, comme celles de tous les organes en général, pouvaient, dans certaines circonstances, se transformer en. inflammations c/irom^ues. Pour avoir une idée large et complète de toutes les terminaisons des inflammations aiguës des divers tissus du cœur, considérées sous le point de vue de l’anatomie pathologique, il est indispensable de suivre d’un œil attentif les altérations ou transfoi’mations vaiûables dont sont susceptibles , et les tissus frappés d’inflammation , et les produits sécrétés anormalement sous l’influence de cette sorte d’bpéralion morbide. C’est eu suivant ceUe méthode, à la fois pratique et philosophique; c’est en se conformant aux lois les plus évidentes de la saine observation, en se dégageant de tout esprit de système, que l’on parvient, sans rappi’ochement forcé, à rattacher aux effets d’une inflammation actuelle ou passée, certaines productions accidentelles ou organiques du cœur, qui, jusque là, avaient été regardées comme des maladies absolument indépendantes de tout travail inflammatoire, soit aigu, soit chronique (i). Certes, et cet ouvrage en fait foi, je n’ai point négligé l’étude des maladies qui ne sont nullement le résultat d’un processus inflammatoire quelconque , je n’ai point dit ni écrit, ainsi que l’a prétendu M. Laënnec, que maladie et inflammation fussent deux mots synonymes ,

(i) Je dis certaines productions accidentelles , et non pas toutes les productions accidentelles. Sans cette reserve expresse que j’ai faite en tout temps, on pourrait m’imputer l’absurde pensée de placer aussi au rang des productions conse'cutivcs à l’inflammation , non-seulêment les calculs urinaires, mais les vers, mais les insectes divers , qui se développent accidentellement dans certaines régions du corps.

Je n’ignore pas que quelques personnes m’ont, en ei'fel, accuse' d’avoir soutenu que toutes les productions accidentelles indistinctement étaient un résultat de l'inflammation. Mais qu’est-ce queftla prouve , sinon que. ce% personnes m'ont l’ait dire en celle occasion ce que je n’avais jamais dit ?

idciiliques; je crois même avoir multiplié autant que M. Laénnec les classes et espèces de maladies. Mais de ce que le cœur, de même que tous les autres organes, n est que trop susceptible de plusieurs modes morbides très dilï'érents , il ne s’ensuit pas nécessairement, je pense, que l’inflammation prolongée fle la membrane interne de cet organe et du tissu fibreux sur lequel elle se déploie en certains points, ne puisse donner lieu à l’épaississement, à l’indiu'ation des valvules, ainsi que je me suis efforcé de le démontrer, il y a plus de dix ans et comme je le démontrei’ai plus amplement encore dans ce nouvel ouvrage. Ce rapprochement, d’ailleurs, ou si l’on veut cette théorfe , n’a dû me coûter qu’un peu d’exercice du plus vulgaire esprit d’induction , et je suis loin de m’en glorifier. Mais j’ai du moins quelque droit d’être surpris de l’opposition qu’a fait éclater une doctrine si simple, si facile, et aussi claire en quelque sorte que la lumière du jour. Quoi ! ce rapport est si palpable, si évident, qu’il n’est point d’esprit assez dépourvu de pénétration pour ne le pas saisir immédiatement , et cependant ce n’est , au fond, que pour l’avoir signalé, que, de toutes parts, on s’est écrié que je voyais partout l’inflammation, et que je ne voyais rien ,aulre chose ! Que la paix soit doue signée désormais, et qu’il me. soit permis de ne plus craindre d’être accusé de vouloir substituer le mot inflammation à celui de maladie , lorsque je dirai qu’à la suite de l’inflammation du tissu séro-fibreux des cavités dü cœur, il peut s’opérer diverses productions accidentelles, analogues a celles que déterminent si souvent la pleurésie et la péricardite. J’ajoute, pour bien faire comprendre ma pensée, que les productions dont il s’agit sont, jusqu’à un certain point , pour les maladies indiquées, ce qu’est la cicatrice pour une plaie ^ un ulcère; et que conséquemment de même que la présence d’une cicatrice suppose l’exis-

' tence antt^cédenie d’une nlcéralion ou d’une plaie , de 1 même aussi , quand on rencontre les productions auxquelles nous faisons actueliemeni allusion, on peutavan- . cer qu elles ont été précédées d’une inflammation , dont L elles ne sont que les reliquats , et si j’ose m’exprimer ainsi , que la cicatmce.

Je ne puis entrer ici dans des détails qu’il faut réserver jpour l'histoire spéciale des inflammations du cœur. Mais ; je ne veux pas terminer ce sujet, sans citer cette sentence ( de Corvisart , que je conseille à nos adversaires de vouloir Ibien méditer : u Les maladies du cœur auxquelles je I Cf donne le nom de chroniques organiques, sont pjesque ttc tontes des^ produits, des. suites ou des dégénérescences Cl des inflammations aigues. (i)

Corvisart, il est vrai, et je m’empresse de le déclarer , in'd point placé parmi les lésions chroniques organiques , c’est-à-dire, parmi les suites des inflammations du cœur, lies adhérences de la membrane interne de ce viscère et 1 l’induration des valvules, mais il ne faut pas oublier, (encore une fois, que Corvisart ignorait complètement ! l’inflammation aiguë de l’enveloppe dont il s’agit (endo- ( carde). S’ill’eût bien connue , s’il l'eût bien ^ivie comme l ia péricardite dans toutes ses périodes , s’il en eût observé I toutes les terminais<3us , les rapports par lesquels les lé- ' sions organiques ci-dessus indiquées se rattachent à l’en- ( docardite n’eussent point échappé à sa profonde sagacité, • à son coup d’œil sûr et perçant , et il n’eût pas laissé à ses ‘ successeurs le facile accomplissement de ce nouveau pro- . gi’ès de clinique philosophique et rationnelle (2).

(1) Ouvrage cité, page

(2) Ainsi que je Fai dit uiétaphoriquement dans un autre ouvrage ; JiÜes de l’inflamniation , certaines productions accidentelles peuvent survivre à leur mère, et développer quelquefois, à l’inslar de corps étranger», une autre inflammation. En tout cas, une fois organisées, ces production»,

La marche de la plupart des maladies du cœur, considérées sous le point de vue du type, est le plus ordinairement continue. Quelques-unes affectent le type intermittent: ce sont les névroses de cet organe. Corvisart semble néanmoins porté à croir^que les maladies ( organiques de cet organe elles-mêmes peuvent revêtir ce ; type. Après avoir tracé les différents degrés par lesquels passent, d une manière continue , ces dernières maladies,

Il ajoute :« 11 est cependant des’ cas où elles sont mar- « quées par des paroxysmes semblables entre eux, et qui « se renouvellent avec une périodicité assez régulière « pour qu’on puisse les confondre avec Certaines affec- « tions, qui ont des accès périodiques, comme, par « exemple, l’asthme. » Corvisart rapporte à l’appui de son opinion l’observation singulière (je me sers de son expression) d’un anévrisme de l’aorte, dont les symptômes avaient beaucoup d’analogie avec ceux de l’asthme convulsif.

Je ne pense pas qu’on puisse rigoureusement admettre que les maladies essentiellement organiques du cœur soient susceptibles de marcher sous le type intermittent. Ce serait même une sorte de contradiction dans les termes que

abandonnées à felles-mèmes , vivent de lèur propre vie sur l’organe où elles se trouvent greffe'es , et s’il ra’est permis de continuer la nétaphorc dont je me suis servi plus haut, elles ressemblent , jusqu’à un certain point, au | produit de la conception qui , tout en empruntant à la mère les principes | de sa vie intra-ute'rine , ne les convertit pas moins en sa propre substance I en vertu d’un pouvoir qui lui est inhérent. Lorsque la matière plastique et pour ainsi dire viable , sécréte'e par l’effet de l’inflammation et féconde'c i par les tissus sur lesquels elle s’cst déposée, jouit décidément de la vie, | elle constitue un nouvel organe dont la durée n’a le plus souvent d’autre n terme que celui de laclurée de l’individu lui-même. Toutefois, ces organes n ou productions parasites sont soumis , dans leur nutrition et leur dévclop- i * pement , à quelques lois particulières qui peuvent , dans certains cas , en f» bâter la dcslructiou et la mort , saus que les grandes fonctions en éprou- .( vejit un notable dommage.

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