‹ Traité clinique des maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 55 sur 88 · CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES

Malgré les beaux travaux de Corvisart et de M. Laèn- • nec sur la péricardite, plusieui*s points de rhlstolre de cette maladie restaient environnés des plus épaisses ténèbres. Le diagnostic et le traitement réclamaient surtout de nouvelles recbercbes.

Suivant Corvisart, l’inflammation très aiguë du péri-

de la péricardite. 317

carde se dérobe souvent au diagnostic du médecin, et y histoire de la péricardite chronique est enveloppée d'une obscurité extrême. « J'en ai toujours trouvé , dit-il , le diagnostic difficile , et quelquefois très obscur. »

Corvisart avance aussi , d’après son expérience , que si le pronostic peut être favorable , ce ne doit être que dans la péricardite qu’il appelle sub-aigue, et que la péricardite aiguë et chronique, au contraire, conduisent à une mort rapide ou lente , mais presque, toujours certaine.

M. Laënnec déclare qu’il est peu de maladies plus difficiles à reconnaître que la péricardite. Il avoue qu’il est souvent tombé dans la double erreur , ou de ne pas avoir diagnostiqué une péricardite qu’il avait trouvée à l’ouverture du cadavre , ou d’avoir diagnostiqué une péricardite dans des cas où l’on n’en trouvait aucune trace à l’ouverture du cadavre. 11 ajoute qu’il a vu commettre celte double erreur par les plus habiles praticiens , et il conclut finalement qu’on peut deviner la péricardite , mais non la l’econnaître. Citons ses propres paroles: «J’ai « vu quelquefois aussi deviner des péricardites , et j’en « ai deviné moi-même ; car je ne crois pas qu’on puisse « employer le mot reconnaître , quand on n’a pas de si- (c gnes certains, et qu’il arrive aussi souvent de se trom- « per que de rencontrer juste (i). »

Dans un mémoire fort remarquable sur la péricardite, publié il y a quelques années , M. Louis a protesté , en quelque sorte , contre l’affligeante assertion de M. Laënnec, et a cru pouvoir établir « que la péricai'dite n’est « pas toujours une maladie très difficile à reconnaître, « et que si jusqu’alors on a été réduit à la deviner, « comme le dit M. Laënnec, on doit moins l’attribuer à

(i) Quant au traitement, je ne jais pour quelle rmson M, LaÉnnec n’en a pas (lit un seul mot.

« la nature même de l’alleeliou, qu’à la manière iucom.- « plète dont elle a été observée, w

Nous partageons^ dans toute sa plénitude, l’opinion de M. le docteur Louis, et il nous est d’autant plus permis de l’adopter, que , depuis la publication du travail de M. I jOuis , la méthode de l’auscultation nous a fourni des signes précieux que eet habile observateur n’avait pas encore constatés.

Nous diviserons en deux sections le chapitre que nous consacrons à la péricardite. Dans la première, nous rapporterons vingt- cinq obsei'vations particulières de péricardite terminée par la mort , à une époque plus ou moins éloignée de son début. Nous tracerons , dans la seconde section, l’histoire générale de la péricardite.

Pour mettre autant de clarté que possible dans la première section de notre travail , nous avons partagé nos vingt-cinq observations en plusieurs catégories, caractérisées par les modifications que présentent les lésions anatomiques produites par la péricardite, selon qu’on les observe à telle ou telle période de la maladie. Cette division nous a paru moins vague que celle de péricardite aiguë et de péricardite chronique qui s’y trouve d’ailleurs implicitement comprise.

Dans la première catégorie se trouvent placées les observations relatives à la période de congestion inflammatoire^ et d’épanchement ou de suppu/'ation. La seconde catégoriè comprend les observations relatives à la période jOÙ commence le travail organisateur de la matière plastique de l’épanchement et la résorption delà partie liquide, période qui répond à celle que l’on désigne en chirurgie sous le nom de période de cicatrisation. la troisième et dernière catégorie est affectée aux observations relatives à la période d’organisation complète de la matière plastique et de sa transformation en tissu libro-carlilagineux, osseux, etc.

OBSF.RVATKiNS DE PÉRICARDITE. 3l9

A rappiii des préceples généraux sur le traitement, oa trouvera des observations de péricai’dile terminée par la guérison, espèces d’observations très rares dans la plupart des recueils modernes.

SECTION première. ' .

«BSEI'.VATIONS PARTICULIERES SUR LA PERICARDITSW.

^ première catégorie.

OBSERVATIONS DE PÉRICARDITE PENDANT LA PÉRIODE DÈ CONfeESTION SANODINE

Page 1