‹ Traité clinique des maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 56 sur 88 · ET DE SUPPURATION · texte numérisé non relu

ET DE SUPPURATION

OBSERVATION i”

Jeune liobmiede 21 ans. — Infiltration ge'nérale. — Battements du cœur tumultueux; bruit de cuir neuf cl Je soufflet; accès apoplectiformes.—Mort le deuxième ou troisième jour après le développement des premiers signes de la péricardite. — Fausses membranes rugueuses, rudes comme la langue du chat, à la surface du péricarde, avec vive iiijection. — Concrétions fibri^ neuses, à demi-organisées, dans les cavités du coeur, entortillées autour dts valvules tricuspide et mitrale.

Ménard (Frédéric), âgé de 2t ans, né æPariç, peintre en bâtiments , d’une conslilulion molle. et lymphatique, fuladmis dans le service delà Clinique, le i,4 marsi834 (i)- Depuis huit jours, il existait une infiltration générale avec

(i) Quelques mois auparavant , il était entré dans le même service pour une affection gastrique , dont il fut assez promptement guéri. Nous avions remarqué , à cette époque , que la peau de l’abdomen de ce jeune homme était plissée , éraillée , comme chez une femme qui a eu un ou plusieurs enfants. La cause de cette disposition de la peau de l’abdomen tenait à ce que le malade avait eu autrefois une énorme ascite , à la suite de laquelle la peau resta plissée, comme il arrive à cette membrane apres la distension qu’elle éprouve dans la grossesse.

320 maladies pu coeur en particulier.

ascite commençante. Il s’était manifesté en même temps un peu (le toux. Ce Jeune homme attribuait l’infiltration qu’il présentait, à ce qu’il travaillait hahiluellenient dans un endroit humide. Il était d’une gloutonnerie qui l’exposait à de fréquents dérangements des fonctions digestives , et particulièrement à une diarrhée assez]abondante, maladie qu’il cherchait à dissimuler , dans la crainte qu’on ne lui donnât pas à manger.

Lorsque nous examinâmes ce malade pour la première fois, il nous fut assez difficile de trouver, soit dans le cœur, soit dans les gros vaisseaux , la cause de l’hydropisie ; les bruits du cœur étaient plus clairs qu’à l’état normal ; les battements de cet organe étalent réguliers, d’une force et d’une étendue médiocres ; le pouls était petit , à 1 20 puis, par minute; il y avait de l’étouffement et de légères palpitations , lorsque le malade faisait quelques efforts.

Quoi qu’il en soit, au moment de l’entrée, l’infiltration était générale et très prononcée au visage; les paupières • gonflées recouvraient le globe de l’œil; le ventre était volumineux et l’endait un son mat dans la région des flancs; la fluctuation n’existait que dans les parties les plus déclives. Un peu de râle sous-crépitant, humide , se faisait entendre dans la partie inférieure du côté gauche de la poitrine.

La langue était large, épaisse, blanche, et le malade éprouvait une soif des plus vives. Le dévoiement existait à un assez haut degré.

Nous employâmes les diaphorétlques eu boissons, les bains de vapeur, la digitale, le sirop de pointes d’asperges, les frictions mercurielles, un régime assez sévère. L’hydropisie avait un peu diminué , lorsque survinrent des vomissements et un gonflement de la langue , qui nous obligèrent de sus^DCndrc toute médication active.

Dans la nuit du 25 au 26 mars, le malade éprouva des étourdissements et un élouflem^înt, pour lesquels on fit

PREM. CATÉG. d’obsERVAtIONS DE PÉRICARDITE .3a l

appeler M. Donné , chef de clinique ; des sinapismes furent appliqués et les accidents se calmèrent. 11 n’en restait presque aucune trace le matin au moment de la visite; mais à peine avais-je quitté ce malade^ que l’on vint me prévenir qu’il avait tout-à-coup perdu connaissance. Ses yeux étaient tournés en haut, la respiration était stertoreuse, la bouche couverte d’écume; les membres, au lieu d’être agités de mouvements convulsifs , étaient dans un état de résolution complète.

Bruits- du cœur très clairs.

Sinapismes, suivis de V application de deux 'vésicatoires aux mollets.

Dans la journée du 26 , il survint deux ou trois accès semblables à celui qui vient d’être décrit, et qui ne se prolongea que pendant quelques minutes.

27. La connaissance est tout-à-fait revenue. La langue, énormément gonflée, sort de la bouche , et la parole est presque impossible; le pouls est petit, à 100 puis.; l’infiltration fait de nouveaux progrès. '

Eau de poulet, limonade citr.

28. Peu de changement. La bouche exhale une odeur fétide, mercune//e (1).

29. Des plaques couenneuses recouvrent la langue et une partie des parois buccales. Il n’est pas survenu d’ac-

I cès depuis le 27. '

00. Le malade a donné hier quelques signes d’un léger délire pendant lequel il s’est levé. Pouls petit, à 88 puis.;

I abattement. , v

Garg. ; même tisane , 2 bouillons.

3i. A peu pi’ès même état. L’hydropisie générale, les accidents survenus bi'usquement les jours précédents, m’engagèrent à exploi’er le cœur avec une nouvelle atten- * lion. Je soupçonnais vaguement la formation de quelque

(1) Oii a vu que le malade avait fait des l'rictioiis mercurielles.

3?. 2 MALADIÈS DU COEüil ËN ï»AP.TldULlEU,

cohci-élion sanguine, soit dtias le cofeur, soit dans les gros vaisseaux.

Il existait ce jour là , dans la région 'précordiale , un bruit de cuir neuf, mêlé d’un bruit de soufflet très fort. Ce bruit fut entendu par un grand nombre d’élèves et quelques médecins présents à la s\s\\.e.~On distinguait encore ce bruit y en éloignant l’oreille à une distance d’un pouce de la région précordiale. Le bruit de cuir neuf, criard, existait à son maximum dans la région des cavités droites ( 1 ) . Les battements du cœur étaient tumultueux. Le pouls était petit et en disharmonie avec la violence des battements du cœur, mais sans irrégularité, ni intermittence.

Le visage était sensiblement altéré.

Le bruit respiratoire était faible à la partie inférieure du côté gauebe de la poitrine, et cette partie résonnait mal. Depuis la dernière visite, des saignements de nez avaient eu lieu à diverses reprises (sang ténu, aqueux, très fluide )é

Diagnostic : péricardite avec fausses membranes. Prescript. Eau vineuse Sucrée, et sol. de sirop de gomme) des bouill. ; un biscuit [Vea.u vineuse fut près- i cri te, en raison de la faiblesse extrême du malade). |

i" Avril. Persistance du bruit de cuir neuf et de soiif- H flet ou de scie; dyspnée, respiration profonde, sterto- J reuse (20 à 24 iiispir.), pouls à 108 puis. — L’oppression | augmente dans la journée, le visage se décompose, la J peau se refroidit, les yeux se renvÈrsent , et la mort ar- j rive à dix heures du soir.

Autopsie cadavérique^ 36 heures après la mort. |

lo Habit, extér. — Infiltra lion générale , visage gonflé , ,è pâleur générale 1 la sérosité dos membres est parfaitement I4

(i) II n’esl pas fait mcnlion , clans mes noies; des resultaU de la per- P. cussion : elle fut cependant praliciucc , et nons rccoumîmes uuc matité de \ médiocre éleodue.

PREM. CATÉG. ü’OBSERVATIOlSS DE PÉRICARDITE. 3a3

transparente ; le tissu cellulaire des bourses cdulient peu de ce liquide.

‘JO Org, circulât^ èt fespiràt. — Lè péricarde adhère à la plèvre voisine; le qüàrt gauche du cœur èl du péricardè est récouvert par le pOumon , lé reste est à nu. Le péricàrde contient environ dëùx cuillérëeë d’ün liquide roussâtre. La portion du péricarde qui revêt lé sac fîbreul, ainsi que celle qui se déploie surlecœüt, sont recouvertes de fausses membranes granüléès , aréolées , ayant la rudesse de la langue du chat; la faussé membrane s^étend à l’origine des vaisseaux sur laquelle sé réfléchît le péricarde; une vive injection règiié dans toutè l’étendue de .ce dernier. C’est surtout à la pointe du cœur , que la fausse membrane , rougeâtre , granulée, présente l’aspect de la langue du chat ; elle se détache avec facilité, laissant au-dessous d’elle le péricarde intact, seulement un peu plus opaque qu’à l’état normal.

Lè volume du cœur est augmenté d’uU bon quart ; la pointe est un peu plus tournée à gauché qué dans l’état normal. Le ventricule gauche est rebondi, très sensiblement plusépais qu’à son état nor mal . Le vén tricule droi l à dés parois de trois lignés d’épaiss eur; il contient des concrétions fibrineuses décolorées , teSsetnblanlà delà chair, et présentant plusieurs embranchements qui sont intriqués les colonnes charnues. — Orifice auriculo-ventricülaire droit parfaitement libre. La valvule tricUspide ëst roUgeâtre , mais pas notablement épaissie. L’orifice de l’artère pulmonaire est libre; ses valvules sont rougeâtres, sans épaississement. L’origine de l’artère pulmonaire présente quelques taehes d’un rouge-violet. — La veine-caVe supérieure contient du sang liquide; sa membrane interne conserve son épaisseur et sa coloration normales.

Un caillot fibrineux s’étend depuis la partie sous-slernale de l’aorte jusque dans le ventricule, et est Intriqué dans les colonnes de la valvule mitrale; la cavité

3‘i4 MALADIES DU COEUR EN PARTICULIER.

du venti'icule gauche est sensiblement normale; Tépalsseur de ce ventricule, à la base, est de lo à ii lignes et de 5 à 6 lignes au sommet; sa substance est d’un rouge un peu pâle, d’une bonne consistance. — Les valvules aortiques présentent la même rougeur que celles de l’arlère pulmonaire. La membrane interne de l’aorte, à son origine, ainsi que tout le pourtour de l’ouverture, offre des taches d’un blanc jaunâtre, s’étendant au bord adhérent de la lame voisine de la valvule bicuspide (i). Le caillot, qui est comme roulé autour de la valvule bicuspide, augmente d’épaisseur dans l’oreillette, et présente à sa surface du sang moins ancien , d’une couleur noire. Ce caillot commençant à s’organiser, est enveloppé, â l’extérieur, d’une espèce de couche membraneuse qui se détache facilement: il devait nécessairement gêner le cours du sang. La valvule mitrale, plus développée et plus éjDaisse qu’à l’état normal, présente, vers la lame qui correspond â l’ouvertux*e aortique, une espèce de boursoufflement fîbro- cartilagineux , rougeâlre , criant sous le scalpel. Les tendons qui meuvent la valvule sont sensiblement hypertrophiés. L’oreillette gauche est â l’état normal sous le rapport de sa capacité. Sa membrane interne offre une teinte un peu opaline. On peut en détacher une large couche au-dessous de laquelle apparaît la substance musculaire. Celle-ci est formée de faisceaux très rapprochés les uns des autres, d’une couleur moins rouge que celle des ventricules.

Deux ou trois verres d’un liquide sanguinolent dans la cavité gauche de la plèvre.

Le poumon gauche est léger, élastique, crépite à la pression, contient une médiocre quantité de sang et ne

(i) Rou[jcur à hi pariic la jilu.i diiclivc i!c l’aorlc ilcscei! Jaiitc, lUîcUiralc cl aliilumiiialc.

PREM. CATÉG. d’observations DE PÉRICARDITE. SaS

sérosité , et ne présente aucune altération notable. La membrane interne des bronches de ce poumon est rouge et comme imbibée de sang. Le poumon droit, plus lourd que le poumon gauche , adhèx’e à la plèvre pariétale par un tissu cellulaire infiltré de sérosité à son sommet. Il offre une splénisation bien caractérisée ; il s’en écoule , quand on l’incise, une sérosité sanguinolente; la substance pulmonaire est rouge et friable, et se précipite au fond de l’eau.

3® Centres nerveux. — A l’ouverture du crâne, il s’est écoulé peu de sérosité; la surface du cerveau est légèrement humide; une petite quantité de sérosité abreuve les mailles de la pie-mère. Substance cérébrale d’une bonne consistance , eu égard au temps écoulé depuis la mort. Les ventricules ne contiennent que quelques gouttes de sérosité.

La substance du cervelet et de la moelle alongée présente sa consistance normale.

4® Organes digest. et annex. — A l’ouverture de l’abdomen, il s’est écoulé une grande quantité d’une sérosité tout-à-fait limpide, et le péritoine est parfaitement sain.

La membrane interne de l’estomac, recouverte de mucus, offre une teinte rouge, violacée, plus prononcée vers le grand cul-de-sac.

La rate et le foie présentent, à l’extérieur, une teinte légèrement azurée.

La partie supérieure du tube digestif a ses pai’ois épaissies, légèrement infiltrées. Il existe une certaine quantité de bile jauneou verdâtre vers la partie moyenne de l’intestin. Les plaques de Peyer n’offrent pas de développement insolite. Matières fécales d’une assez bonne consistance dans le cæcum et le colon : la valvule iléo-cœcale est épaissie , d’un rouge brunâtre, coloration qui se prolonge dans le colon ascendant , où l’oii rencontre des ulcérations évidemment anciennes, à bords frangés, tendant à la ci-

c^trisation. Cette altération s’étend au colon transverse, qui offre un aspect comme tigré: là, les ulcérations sont innombrables, confluentes, et elles sont accompagnées d’iin épaississement du tissu cellulaire sous-muqueux.

La vessie est distendue par une grande quantité d’urine limpide; ses parois sont assez épaisses malgré la distension. La membrane interne est d’un blanc parfait.

RÉFLEXIONS

Rien n’annonçait l’existence d’une péricardite au moment où le malade fut conduit à l’hôpital. Les accidents nerveux qui survinrent quelques jours après, furent passagers et ne se liaient point à une inflammation actuelle du péricarde. ^

Il est donc infiniment probable que l’origine de la péricardite date réellement de l’époque que nous lui avons assignée, c’est-à-dire du 3i mars. Par conséquent, le malade , déjà profondément affaibli par la longue diarrhée qui le consumait, a succombé en moins de quarante-huit heures à une péricardite aiguë (i). Déjà cependant une exsuda lion pseudo- membraneuse recouvrait de toutes parts le cœur , et deux cuillerées environ d’un iquide roussâlre s’étaient épanchées dans la cavité du péricarde.

Une exsudation de ce genre peut se former avec plus de rapidité encore, comme le prouve la première des observations de péricardite contenues dans la Clini(^ue médicale de M. le professeur Andral. Le sujet de cette observation fut enlevé en vingt-sept heures par une péricardite sur-aiguë , survenue pendant le cours d un

(i) Il me paraît probable que raffaiblisscment cachectique, e'iait, sinon la cause unique, au moins la principale cause de l hydropisie générale.

PREM. CATÉG. d’obSERVATIONS DE PÉRICARDITE. '62^

rhumatisme articulaire aigu , et déjà « la totalité de la « surface interne du péricarde était tapissée par une ex- « sudation blanchâtre , molle , membraniforme , et of- « frant un aspect comme aréolé. Au-dessous de cette « exsudation, on observait une vive rougeur du péri- (c carde. Il n’y avait pas, à proprement parler, de V liquide épanché dans son intérieur; on en retira tout « au plus une once de sérosité verdâtre. >>

Sans les signes fpurnis par la percussion et l’auscultation, il nous eût été complètement impossible de diagnostiquer une péricardite dans le cas précédent. Mais la matité , le bruit de frqt{,eipent péricardique et spécialement le bruit de cuir neuf , survenus lout-à-coup chez un homme dont les battements violents et tumultueux du cœur coïncidaient avec un pouls petit , ne pouvaient réellement être rapportés qu’à une péricardite aiguë.

Nous n’avons aucune donnée précise sur la cause de la péricardite de Ménard : il nous paraît probable que le malade se sera exposé au froid , soit en se levant pour aller à la garde-robe, comme cela lui arrivait plusieurs fois le jour et la nuit , soit en se levant pendapt le délire passager de la nuit du 3o , et que cette circonstance, chez un individu prédisposé , aura pu faire éclater la péricardite. Au reste , nous rapporterons plus loin des observations propres à démontrer quelle est l’influence des alternatives de chaud et de refroidissement dans le développement de cette phlegmasie.

Le traitement a été nul. Nous n’qsâmes point recourir à des émissions sanguines chez un sujet, qui n’avait, pour ainsi dire, que de l’eau dans les veines, et dont la faiblesse radicale était te|le , qu’à chaqup inst^iut, indépendamment de la péricardite, il était menacé de tomber en défaillance. D’ailleurs, il lui était survenu de copieuses hémorrhagies nasales passives, qui nous parurent une nouvelle cqntre-indic^tiou aux émissions sanguines.

On verra, d’ailleurs, plus loin, si nous sommes avare de ce moyen, quand il convient de remployer. '

L observation qui suit vient elle -même à propos jiour donner au lecteur une idée de la vigueur avec laquelle nous pratiquons les émissions sanguines dans les cas de violente et très grave inflammation.

Il existait chez Ménard une complication à' endocardite.

Le fait que l’on vient de lire offre , sous plusieurs rapports , une grande analogie avec la première observation que nous rapporterons au chapitre de l’endocardite.

ORSERVATION 2'.

22 ans. — Pleuro-pnenmonie compliquée de péricardite.. — Guérison,

— Nouvelle pleuro-pneumonic également compliquée de péricardite. |

Mort le cinquième jour. — Épanchement séro - purulent et fausses n membranes récentes dans le péricarde ; fausses membranes anciennes, 1 bien organisées, séro - fibreuses. — Ramollissement gris de tout le poumon droit ( suppuration ). — Fausses membranes organisées de la plèvre.

Guyot(Jean), âgé de 22 ans, boulanger, d’une constitution robuste et sanguine, fut admis à la clinique (no 7, salle St.-Jean-de-Dieu), le 21 avril i834- Dans la nuit du 19, à 2 heures du matin, il sortit pour travailler, étant en sueur et vêtu comme on l’est dans sa profession. Un violent frisson, un point de côté droit des plus douloureux le forcèrent bientôt à quitter son ouvrage et à se recoucher.

Lorsque nous le vîmes pour la première fois , à la visite du 22 , il offrait tous les symptômes de l’une des I plus violentes pleuro-pneumonies qui se soient présentées I à la clinique. Huit saignées du bras, diverses appllca- < tiens de sang.sues et de ventouses scarifiées , des vésica- ^

toires, plus tard quelques légers purgatifs, firent enfin 1

justice de cette terrible maladie, que plusieurs assistants 4 avaient jugée au-dessus de toutes les ressouces de l’art , et i

PKEM. CATÉG. d’OJBSERVATIONS DE PÉRICARDITE. 329

dont je ne rapporte pas les longs détails, dans la ciaiute de donner trop d’étendue à cette observation.

Guyot, très bien guéri, mangeait la demie depuis près de quinze jours et aidait la sœur dé la salle dans le service des autres malades, lorsque le 3 mai, dans la soirée, il fut pris de frisson , de lièvre, de céphalalgie, d’oppression , de toux suivie de crachats rouillés.

4 mai , à la visite. Des crachats visqueux , adhérents, rouillés, une grande oppression, un point de côté à droite , le râle crépitant , le souffle bronchique et une broncho -égophonie très forte , la matité, ne permettaient pas de méconnaître le développement d’une nouvelle pleuro-pneumonie. Il y avait 4^ à 5z inspirations par minute; le pouls était plein , à 120 puis, par min.; la peau brûlante, un peu lialitueuse; l’anxiété extrême ; le visage grippé.

Nous négligeâmes l’exploration de la région précordiale, le malade n’accusant point de douleur dans cette région, et la pleuro-pneumonie nous paraissant , d’ailleurs , suffisamment expliquer tous les accidents.

Prescription. Saignée de trois palett. - 3o sangs, poit.; calapL; looch-thrid.; diète.

5. Peau sèche, aride, brûlante; pouls à 120-124 , dur et tendu; persistance de la dyspnée, de l’anxiété et des signes caractéristiques de la pleuro-pneumonie.

Les bruits du cœur sont tellement sourds , qu’on a de la peine à les distinguer

Je prescris une nouvelle saignée et des ventouses sca-

) Nous û’avions qu’à pratiquer la percussion de la région précordiale, et nous eussions reconnu l'existence d’une péricardite , sur-ajoutée à la pleuro-pneumonie. Mais cette dernière maladie absorbait tellement toute notre attenti#n, que l’état des bruits du cœur ne put nous engager *à chercher autre chose. Aujourd’hui que nous examinons toujours avec soja la région précordialc, la péricardite ne nous échappe plus.

33o MALADIES DU COEUR EN PARTICULIER.

rifiées sur la poitrine. Mais ce malheureux, qui a déjà du la vie une première fois à ces moyens, les refuse opiniâtrement.

Le soir, le pouls est à 14.0, et s^est rapetissé. Il est survenu du dévoiement.

6 et Les accidents continuent à s’aggraver; la suffocation est imminente (52 inspirât.). Le malade persiste dans son refus des émissions sanguines : en conséquence, huit grains d’émétique dans six onces d’une potion gommeuse lui sont administrés.

8. Le malade, vaincu par la force du mal, me fait dire qu’il consent à ce qu’on le saigne. Mais, hélas! il était trop tard : pouls miséi’able , décomposition des ti'aits, refroidissement des extrémités, étouffement. On se borne à faire couvrir les membres inférieurs de sinapismes , et la mort arrive dans la journée.

Autopsie cadavérique , quatorze heures après la mort.

lo Organ. cù'cuL et resp. — Le péricarde contient un verre environ d’un liquide .séro-puimlent. Sa face interne est tapissée d’une fausse membrane aréolée, molle , friable, non encore organisée , et se détachant à la manière d’une pulpe de consistance médiocre. Au-dessousde cette membrane amorphe , existent d’autres membranes accidentelles, anciennes , bien organisées, ofl'rant un aspect blanchâtre , laiteux , et recouvrant le cœur dans presque toute son étendue. Une rougeur vive, pointillée , sanglante,- se remarque dans les deux feuillets du péricarde.

L’intérieur des cavités du cœur est plutôt décoloré que rouge, même dans la région des valvules. Les cavités gauches contiennent des caillots ambrés , entortillés autour des tendons de la valvule mitrale.

Fausses membranes molles, fibrineuses, récentes, dans le côté droit de la poitrine , où l’on trouve, de plus, des adhérences anciennes, orgauisée.s eu tissu cellulo* fibreux.

PREM. CATÊG. d’OBSERVATIONS DE PÉRICARDITE. 33 1 — Poumon droit gorgé de sang et de sérosité, encore un l'peu crépitant.

Le côté gauche contient un vei*re environ desang,niêlé lide pus : on y voit aussi des couches fibreuses accideniilelles superposées, et dont quelques portions sont déjà ^passées à l’état cartilagineux. La scissure a complètement lidisparu par l’effet de ces adhérences anormales. Le pou-^nmon gauche ne crépite nulle part , si ce n’est à son somnmet; partout ailleurs, il est le siège d’un ramollissement igris ou d’une infiltration purulente.

20 Organ. digest. — L’estomac, vers sa petite courbure, coffre des stries rouges , des raies comme sanglantes, anallogues à celles que l’on rencontre à la suite de l’admimistration de l’émétique chez les animaux qu’on empêche een même temps de vomir; on remarque des vergetures ddans la région pylorique. La consistance de la membrane iimuqueuse n’est pas très notablement altérée.

Le gros intestin contient un énorme ver lombricoïde ; lia muqueuse du cæcum est rouge et injectée.

Réflexions.

Celte observation offre de l’intérêt sous un double 'point de vue. Deux fois, dans l’espace de six semaines, lie jeune homme qui en fait le sujet a été frappé de fpleuro- pneumonie compliquée de péricardite, et deux Ifois la péricardite a été méconnue, parce que nous avons cconsacré presque exclusivement notre attention à l'exploration des organes de la respiration.

Le fait qui précède et plusieurs de ceux qui suivent, démontrent que chez ce malade, la péricardite eût été ! facilement diagnostiquée , si l’on eût songé à mettre en I usage les méthodes d’exploration convenables. L’éloigneiment et l’obscurité des bruits du cœur, constatés comme en passant, pendant la seconde maladie, auraient bien dû ' nous mettre sur la voie du diagnostic de la péricardite,

IT

33a MALADIES DU COEUR EN PARTICULIER.

si , encore une fols , nous u’eussions trouvé dans Ja violente pleuro-pneumonie que nous avions sous les yeux , de quoi nous rendre raison de tout ce que nous observions. Notez que les mouvements du cœur ont conservé i leur régularité, et que le malade ne s’est jamais plaint de ti douleur dans la région précordiale elle-même.

J’ai avancé que le malade avait deux fois été atteint u de péricardite : je ne pense pas qu’on puisse me contre- ;i dire à cet égard. Il est , en effet, par trop probable, pour i ne pas dire plus, que les fausses membranes fibreuses, ; laiteuses, sous-jacentes aux fausses membranes molles et o récentes du péricarde, étaient les traces de la péricardite tj qui existait lors de la première maladie, comme les faus- u ses membranes organisées de la plèvre, sous-jacentes aux ;c productions pseudo-membranes récentes, étaient les Ira- £ ces de la double pleuro-pneumonie qui fut constatée au moment de l’entrée. D’où il suit , et c’est là un point ti d’une haute importance, que nous n’avons pas guéri seu- u lement, d’abord, une double pleuro-pneumonie , mais i» aussi une péricardite générale qui la compliquait. Or, si î l’on peut triompher ainsi d’une péricardite aiguë' greffée V sur une double pneumonie également aiguë , certes , on ;c peut espérer que la péricardite simple cédera, dans la plu- u part des cas, à une saine et vigoureuse thérapeutique, n C’est là une précieuse vérité que nous croyons pouvoir i< démontrer à nos lecteui’s par les faits qui seront rappor- m tés dans notre troisième article. Ce n’est, d’ailleurs , que u le témoignage des faits qu’il nous fut ainsi permis d’oppo- > ser aux désolantes assertions de Corvisart et de quelques autres.

Une question se présente maintenant : Le malade eutil été sauvé une seconde fois , s’il ne se fut opiniâtrement refusé à la méthode des émissions sanguines? 11 est difficile de répondre, d’une manière positive, à celte question. Il est bien certain que la première maladie était

PREM. CATÉG. d’OBSERVATIONS DE PÉRICARDITE. 333

pour ]e moins aussi grave en elle-même que la seconde. Mais le malade avait alors une foi’ce de résistance et une plénitude de sang qui lui manquaient en partie lors de la dernière maladie, véritable pendant de la précédente.

OBSERTATION 5".

i6 ans. — Contractions générales tétanif ormes ; accès fréquents de suffocation, par suite de la contraction spasmodique des muscles de la glotte.

— Disparition presque complète de tous les accidents, sous l’influence de larges émissions sanguines et de l’opium à haute dose. — Mort le sixième jour, à la suite d’une rechute produite par un bain froid.— Augmentation de consistance de la moelle dans toute son étendue,’ si ce n’est dans un point de sa portion cervicale où l’on trouve un foyer de ramollissement.

— Pus dans le péricarde.

Gonles.se ( Michel ) , âgé de i6 ans , fortement constilué , visage coloré, fut admis à la clinique ( n« i8, salle St.- Jean-de-Dieu ) le mars i834* Pendant six mois , il avait couché sur un matelas étendu sur le plancher d’une chambre humide et nouvellement bâtie. Le 1 1 février, il se trouva assez indisposé pour être obligé de cesser son travail habituel ( orfèvrerie ). Une saignée etdessangsues( 6 à chaque cuisse) amenèrent une prompte guérison. Deux jours après avoir repris ses travaux , ses bras s’engourdirent ainsi que ses mains , au point qu’il ne pouvait tenir ses outils. Le lendemain ses doigts étaient fléchis convulsivement. Sa maladie fat prise pour une épilepsie ( un purgatif, le a4 et le 25 février; puis, potion calmante avec i2 gouttes de laudanum de Sydenham ; frictions avec baume tranquille ). — Les 26 , 27 et 28 , violents accès de suffocation , accidents qui se renouvelèrent plusieurs fois dans la nuit et Je jour suivant , <5ù il fut reçu à l’hôpital.

Depuis le 20 février, jour de l’invasion de la maladie, le malade ressentit de temps en temps des palpitations.

2 mars. Face colorée; pupilles dilatées ; yeux fixes et

hagards , comme si le malade pi’essentait un grand in danger ; intégrité parfaite de l’intelligence ; réponses ii nettes et claires, articulées d’une voix tremblante , s précipitée et eutrecoupée par les cris : au secours ! et i les sanglots que lui arrachent les crampes qu’il ressent pj dans les membres ; menace de suffocation presque !j continuelle. Doigts, mains et avant-bras fortement li fléchis , ainsi que les orteils et les pieds. Les muscles Ii des membi’es , ceux de l abdomen , les masséters étaient lo tellement durs, qu’en les touchant , on croyait toucher id une pierre , surtout pendant les accès. Les mâchoires n s’écartaient difficilement. Tout le corps , mais princi- |)x paiement le visage et le thorax, ruisselaient d’une sueur o que les accès rendaient plus copieuse encore. Quand on j> lui étend les membres convulsivement fléchis , et qu’on \> lui frotte le larynx pendant les accès de suffocation , |d le malade en éprouve un soulagement inexprimable ; les |1 battements du cœur sont forts et précipités; pouls â H2,* D peau chaude.

Prescription : saignée de trois palettes, cinquante sarig- jr sues sur le rachis ; deux demi-lav . avec douze gr. de musc a pour chacun ; un quart de grain d'ext. gom. d'opium, ir toutes les deux heures ; pot. éthér. ; bain tiède avec affu~ ^ sions froides.

■ En sortant du bain , le malade s’est trouvé beaucoup u soulagé, et une demi-heure après, lés douleurs et les »l accès de suffocation avaient complètement cessé.

3 mars. A 7 heures du matin, retour de la suffocation e et des crampes dans les membres supérieurs , mais à un moindre degré. Les membres inférieurs sont assez souples, et le malade peut les tirer hors de ses couvertu- . res; pouls à 96-100 ; persistance de la chaleur et de la i sueur ; constipation.

Saignée de trois palettes. Trente sangs, rachis , bain tiède et ajf. froid. , le reste ut suprà.

PBEM. CATÉG. d’observations DË ËÉRICARDITE. 3.^5

Le soir aucune souffrance ; le malade passe une bonne nuit et urine abondammen t.

4 , à l’heure de la visite. Cessation de la rigidité musculaire des membres ; mâchoires peu serrées , 'point d’accès de suffocation. Etat des plus satisfaisants ; tout semble présager une heureuse issue. ,

Bain tiède ; catap. laudan. sur le rachis ; continuation du musc et de l’opium comme les jours précédons.

Le soir , léger retour des étouffements , lorsque le malade boit plus vile qu’à l’ordinaire ; il passe une bonne nuit.

5. Avant et pendantla visite , les étouffements devienrent plus fiéquents , surtout quand le malade Taoit. Il éprouve par intervalles quelques crampes dans les membres supérieurs , mais point de contractions permanentes ; membres inférieurs , souples; cessation des sueui’s ; langue sèche et blanche ; soif ; plus de selles depuis trois jours ( les lavements ne sont pas rendus) ; io8 puisât. ; visage sensiblement altéré. ( vent, scarif. sur le rachis, le reste ut suprà. )

Dans la journée, le malade prend, par erreur, un ba in d’eau froide, sortant immédiatement de la fontaine ( un bain tiède avait été prescrit ) ; il y reste d’une demiheux’e à trois quarts d’heure , éprouvant un froid' 1res vif. Les crampes et les étouffements se renouvellent pendant toute la durée de 'ce bain. Aussitôt qu’il a été couché j on lui a mis aux pieds des boules l’emplies d’eau chaude , et il a été plus calbie deüxou trois heures après , bien qu’il se sentît encore comme glacé.

Le soir, il ne put rendre ses urines , et ou fut obligé de le sonder.

•6. Les contractions spasmodiques et les accès de suffocation sont revenus avec la même intensité que les premiers jours, et la déglutition des liquides les re-

double en quelque sorte ; vessie distendue par Turine; sueurs j pouls à 120-124 5 soubresauts des tendons.

Saignée de trois palettes ; vingt-quatre sangs, sur les Is cotés' du cou ; contiri. du musc ; suppress. de l’opium, a Mort à onze heures du matin , au milieu d’un accès de suffocation. ^

Autopsie cadavérique, vingt-deux heures après la mort, j I» Org. circulât, et respirât. — Le péricarde contient 3i deux onces d’un véritable pus , homogène , crémeux , 1»

un peu verdâtre ; il est généralement Injecté, mais à un |b degré médiocre. Les cavités du coeur contiennent une m petite quantité de fibrine décolorée. — Anciennes adhé- k rences entre les plèvres des deux côtés. Congestion w iatique des'deux poumons. — Aucune lésion notable dans u le larynx. ,

2» Centres nerv^eux. — Le système veineux eucéphalique est gorgé de sang. La substance cérébrale , sablée m de sang , est d’une bonne consistance ; la substance grise M est d’une teinte lilas ; peu de sérosité dans les ventri- d cules; injection des plexus choroïdes. — La consistance du |A cervelet est normale ; rigidité de la proturbérance annulaire et de la moelle alongée ; un peu de sérosité daus le quatrième ventricule.

Injection assez marquée de la dure-mère rachidienne, .t A l’ouverture du canal dans lequel la moelle épinière j»’ est immédiatement contenue, il s’est écoulé une quantité de sérosité (fluide rachidien de M. Magendie ) bien plus ii considérable qu’à l’état normal , surtout à la région cer- i-' vlcale. Teinte rosée des cordons nerveux de la queue de i>i cheval. Injection des deux laces de la moelle , plus ü prononcée toutefois à la face postérieure. I-e cordon ra- chidien , principalement dans ses faisceaux antérieurs , a t beaucoup augmenté de consistance , excepté vers le ren- -i llement supérieur. Là , dans la moitié antérieure , on |i trouve un ramolllsseinentdc huit à neuf lignes d’étendue, i

P1\EM. CÀTiÎG. d’observations DE PÉRICARDITE. Sd']

assez régulièrement circonscrit ; la portion de moelle qui en est le siège est déchiquetée , convertie en une sorte de crème, d’une couleur jaune rougeâtre.

Réflexions.

La péricardite a été méconnue par les mêmes raisons que nous avons exposées dans nos réflexions sur la précédente observation. En supposant que nous eussions fixé notre attention , d’une manière toute spéciale , sur l’état du cœur, il nous eût , sans doute, été difficile de reconnaîti'e la péricardite , vu la petite quantité de réparichement et l’absence de fausses membranes propres à donner lieu à quelque bruit anormal pendant les mouvements du cœur.

C’est duvérltable pus qui avait été sécrété, dans ce cas, par le péricarde enflammé. Il n’est pas très commun de rencontrer du pus dans le péricarde , indépendamment de toute production pseudo-membi*aneuse j mais ou en trouveassez souvent en même tempsque desexsudations de cette dernière espèce. La quantité de ce liquide peut même être assez considérable. Nouscnrecueillîmes, par exemple, unbon verre chez un individu qui succomba, en i83a, à unepéricardllc , compliquée de pleuro-pneumonie droite.

OBSERVATION 5' (ij.

45 ans. — Péricardite aiguë, ente'e sur une ancienne affection du cœur. — Douleur à la re'gion du cœur avec fre'ojissement cataire ; bruit de cuir neuf avec ses différentes phases de décroissemei^. — Pleurésie incidente à droite. — Mort le huitième jour. -^Fausses membranes sur toute la surface du cœur. — Hypertrophie considérable du ventricule gauche.

Une femme, âgée de 45 ans, avait éprouvé, en i83a>

(1) Celte observation m’a été 'communiquée par M. Fournet, l’un des nternes les plus distingués de nos hôpitaux.

une forte attaque de choJéra , tiouL elle ne s’était relevée i qu’avec peine. Dej)uis celte époque , restée dans un étal , de soulfrance continuelle, elle avait été sujette à beau- ; coup d’oppression, à delà douleur dans la région du cœur, r et à des palpitations , que du reste, elle disait avoir res- | senties dès l’âge de i8 ans , mais à un moindre degré.

Sujette à des récrudescences de douleur précordiale , •

d’oppression , de palpitations plus fortes, elle était ^ !; pour celte cause, entrée en i833, à l’hôpital Saint-An- ju toine, dans le service de M. Kapeler , et c’était la même je raison qui l’amenait dans celui de M. Mailly , le 3o octobre i834- C’était dans la matinée de l’avant- veille,

28 octobre, que se réveillant tout-à-coup, elle se trouva, sans aucune raison à elle connue , prise de cette dernière récrudescence , qui était , comme on le verra , une maladie toute nouvelle.

3o octobi’e. A la visite du soir, j’observai les symptômes suivants; face pâle, blafarde 5 oppression poussée jusqu’à l’orthopnée; douleur assez forte à lai’égicn du cœur, [i mais encore plus prononcée au creux épigastrique; il y 1 a eu des vomissements fréquents; la langue est blafarde &• et chargée d’un enduit muqueux décoloré; de très légères p rongeurs phlébectasigues se remarquentsur les pommettes, a — Frémissement cataire bien marqué à la région pré- w cordiale; les deux battements du cœur sont confondus en p un large bruit de froissement, qu’on reconnaît aussitôt h pour être le bruit de cuir neuf signalé par M. Collin; ti il est fort intense, dénué de tout bruit accessoire, et oc- »cupe également toute la région précordiale; il rappelle 11 parfaitement le bruit produit par une semelle large, ■ épaisse et criant sous l’eflbrt que lait le pied pour la fié- :i chir; région du cœur, male dans une assez grande étendue; absence de ]iouls veineux aux jugulaires; pouls as- f sez jjetit; congestion judmonaire assez loiTe à la j)artie ’ postérieure et inréricnre des poumons; membres infé-

PllEM. CA.TÉG. d’observations DE PÉRICARDITE. 339

rieurs fortement œdématiés; membres supérieurs s’œdématiant facilement par la compression du bandage circulaire de la saignée.

Diagnostic. Rien aux ^valvules des orifices du cœur; fausses membranes épaisses , répandues sur la surface des deux feuillets du péricarde , déterminant par leur froissement , loj's des mouvements de diastole du cœur , le bruit que l’o/i entendait. [Ce diagnostic y que je pensai pouj voir porter, fut adopté le lendemain par M. Mailly.)

Prescription. Sinapismes aux pieds ; potion avec i6 gouttes de teinture de digitale ; 2 5 sangsues sur le cœur.

3i octobre. Le lendemain malin, ou trouva une amélioration notable: un peu moins d’oppression, bien que la congestion pulmonaire occupe aujourd’hui toute la face postérieui’e des poumons. Cessation des vomissements; diminution de la douleur précordiale; point de frémissement cataire ; bruit de cuir neuf moins fort. (M. Mailly prescrit une saignée de 5 palettes', 20 sangsues au bas du sternum; sinapisme} potion avec teinture de digitale. ) ^

Le défaut de circulation dans les membres supérieurs qui étaient presque froids , a obligé de revenir 3 fois à la saignée: on a cependant obtenu 3 palettes de sang (caillot assez solide, mais petit, nageantau milieu de beaucoup de sérosité, et recouvert d’une couenne retroussée). Après la saignée, la malade éprouve beaucoup de calme, et se trouve bien le reste de la journée.

novembre. Presque plus de douleur au cœur: les deux bruits du cœur, jusque là confondus dans le bruit de cuir, commencent à se dégager de ce dernier ; ceci cependant n’a lieu qu’à la pointe du cœur, où le premier battement arrive à l’oreille accompagné encore d’un frémissement/ à la base du cœur, on ne peut poin t faire celle distinction; seulement le bruit de cuir ayant perdu de son intensité, ressemble à celui qui serait produit par un cuir moins

épais et plus pliatil. (i8 .sofigsues au bas du sternum; sinapismes à la partie interne des genoux, etc. La 'veille, un sinapisme appliqué à la région sternale gauche avait diminué beaucoiip la douleur qu’ elle y éprouvait. )

2 novembre. Le mieux est encore plus prononcé aujourd’hui; les deux battements du cœur sont distincts à la pointe, seulement un peu froissés; à la base, le bruit de cuir est réduit à peu de chose, et commence à laisser distinguer un peu les bruits du cœur. La congestion pulmonaire a diminué considérablement. ( On prescrit un 'vésicatoire sur la région sternale.)

3 novembre. La nuit a été fort agitée, et le lendemain , sans cause appréciable, la malade est dans un état de très grande dyspnée. Face très pâle; douleur très vive dans le côté droit et inférieur de la poitrine: l’auscultation montre. l’existence d’une pleurésie avec léger épanchement. Les bruits du cœur sont les mêmes que la veille, seulement l’état de la respiration empêche qu’on puisse les distinguer aussi bien. Pouls très fréquent. (20 sangsues loco dolenti.)

L’état de la malade s’aggrave rapidement , et elle meurt le lendemain à 6 heures. J’avais constaté que la matité d’abord observée à la région précordiale, avait été un peu en diminuant jusqu’à la mort, sans pour cela disparaître entièrement.

Autopsie cadavérique , 28 heures après la mort, lo Organes circulât, et respirât. — Le péricarde, accolé dans toute son étendue à la surface du cœur par une fausse membrane , ne contient point de sérosité. Une seule fausse membrane commune au feuillet vlscéi’al et au ieuillet pariétal du péricarde , se trouve appliquée sur toute la surface du coeur; adhérente par ses deux surfaces , d’une part au cœur , et de l’autre au péricarde , elle peut ce|>endant encore , à cause de son peu d’adhérence au feuillet pariétal, permettre à ce dernier quelques frottements lé-

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l'lUîM. CATÉG. d’observations Di^ rÉRICARDITE. 34 i

gei’S sur le cœur, lors du soulèvement et de rairaisseiuenl de celui-ci. Blanchâtre, peu résistante, d’une texture aiéolaire à ses deux surfaces, de l’épaisseur d’une ligne ( au plus ) vers la base du cœur , vers les oreillettes surtout, d’un sixième ou d’un huitième de ligne seulement vers la pointe de cet organe, cette fausse membrane, détachée du cœur de toutes parts, offre le poids de 4 gros. Examinée au microscope avec un grossissement considérable, elle offrait une ai'horescence extrêmement touffue, irrégulière, très riche et très ténue, comme serait la projection , sur un lableau blanc , de l’ombre d’une mousse très fine et très touffue. Du reste , on ne pouvait y reconnaître aucun vaisseau distinct.

Après l’enlèvement de la fausse membrane, on voit sur la surface du cœur, surtout dans sa portion ventriculaire gauche , une injection rosée et arborescente, très riche et très ténue. J’enlève dans ce point un petit lambeau de la membrane séreuse, qui, placé au foyer du microscope, laisse voir bien manifestement des vaisseaux d’une assez grande longueur , croisés dans différents sens, abondants et cependant peu ramifiés. (Bien que d’une très grande minceur, je pense que le lambeau de membrane séreuse avait entraîné avec lui une légère couche de tissu cellulaire, et que c’était à ce dernier qu’appartenaient les vaisseaux que me montrait le microscope.)

Le cœur est, dans sa totalité, d’un volume considérable. Bien lavé, dépouillé de tous ses caillots, ne conservant que l’origine des gros vaisseaux j il pèse i3 onces. Son tissu dense, d’un i-ouge très charnu, est considérablement hypertrophié, à la fois concentT'lquement , car sa cavité est réduite â peu de chose , et excentriquement.

Ventricule gauche: pour la plus grande épaisseur de ses parois , 5 centimètres et 2 millimètres , et pour la plus petite épaisseur, 2 centimètres. Paroi inter-ventriculaire, 2 centimètres également. Diamètre transversal du ven-

34 2 MALADIES DU COEUfl EN PAETICULIEU.

Iricule gauche, 7 cenûmèlres. Si l’on comprend dans celte dernière mesure le ventricule droit accolé au gauche, on a 9 centimètres 1/2. Diamètre de la cavité du ventricule gf|uche, un peu plus d’un centimètre 1/2. — Colonnes charnues de ce ventricule extrêmement robustes. Par une pression assez forte de ses parois , on n’en diminue que très peu l’épaisseur , et si l’on veut aller plus loin, on en produit le déchirement.

Epaisseur de la partie la plus mince de la pointe du ventricule gauche , 1 millimètre.

V entricule droit. La plus grande épaisseur de ses parois est seulement de S millimètres.

Membrane interne du coeur un peu rouge dans quelques points limités. Beaucoup de caillots dans l’oreillette droite, presque pas dans le ventricule droit, qui apparaît à peine à côté du ventricule gauche. Rien aux orifices du cœur , rien aux valvules.

Les deux poumons un peu congestionnés en bas et en arrièi’e , mais d’ailleurs sains; coté droit contenant une assez grande quantité de sérosité dans laquelle nageaient quelques fragments de matière pseudo-membraneuse.

20 Organes digest. etannex. — La membrane muqueuse de l’estomac est un peu ramollie vers le grand cul-desac, et colorée de différentes nuances, en brun , en rouge, on bleu même dans quelques points, sous forme de taches, de marbrures , etc.

Foie d’un brun fauve : son tissu , ramolli et beaucoup plus friable qu’a l’ordinaire, se réduit en une pulpe ])resque purlforme sous la pression du doigt.

Rien aux autres organes.

ré:flexions de l’auteur de cette observation.

1 '> Il paraissait téméraire, du vivantdela malade, de prononcer qu’il n’y avait aucune lésion aux valvules; l’œdème des membres inférieurs, runcieimeté de la maîadi

PREM. CATÉG. n’OBSCRVATIQNS DE PERICARDITE. 34*5

et quelques autres raisons semblaient, en effet , inspirer cette idée , sans cependant pour cela exclure celle de la péricardite; mais d’autre part l’absence de pouls veineux aux jugulaires, l’absence de la couleur violacée de la face, de l’irrégularité du pouls , de rougeurs plilébectasiqiies considérables aux pommettes , du bruit de soufflet, suffisaient pour éloigner l’idée d’une lésion ^valvulaire. Le diagnostic, comme on l’a vu, a été confirmé par l’autopsie cadavérique.

20 Si nous portons sur les symptômes observés l’œil pé-* nétrant de l’analyse, il nous sera facile de leur attribuer à cîiacun la place qui leur convient. 11 existait ici deux maladies: l’une ancienne, l’hypertrophie du cœur, qui expliquait tous les antécédents que nous avons rapportés, et à laquelle se rattachaient , et l’œdème des membi*es inférieurs, et les palpitations, et les oppve.ssions, antérieurement éprouvées par la malade, réapparaissant de temps en temps, et enfin la matité récemment observée (i): l’autre , au contraire , toute nouvelle , la péricardite , à laquelle appartenaient en propre, et la douleur précordiale et le bruit de cuir neuf. Nous n’avons, en effet trouvé sur le cœur ou le péricarde rien qui témoignât de l’existence d’une péricardite chronique. Il n’est pas aussi facile d’attribuer sa véritable origine au frémissement cataire : il est pi’obable qu’il a été sous l’influence de la péricardite, puisqu’il a disparu aussitôt qué l’amélioration des symptômes de cette dernière s’est décidément prononcée (a).

(i) Les phcnotnènes ci-dessus exposés, ainsi que je crois l’avoir dpnioutré depuis plus de dix ans , n’appartiennent point tous à gne hypertrophie pure et simple du cœur. Nous discuterons en son lieu cette importante (luestion.

(a) L’explication du frémissement vibratoire observé dans ce cas , se trouve dans ce que j’ai dit des causes de ce phénomène dans les prolé{>omène* de cet ouvrage. Un Irottement assez considérable pour produire Je bruit de cuir neuf ou de semelle, devait naturellement être accompagné do quelque frémissement vibratoire.

3» Tout en considérant, à l’exemple de M. Bouillaud, , le bruit de cuir neuf comme une simple modification des i bruits de frottement , de raclement, que ce professeur a j .si heureusement rattachés à l’existence de fausses membranes plus ou moins épaisses sur les feuillets du péricarde, il importe cependant de fixer avec le plus d’exactitude possible J les caractères qui le distinguent et la marche qui lui est propre , c’est-à-dire les dégradations successives qu’il peut éprouver dans le cours de la péricardite où II apparaît. L’analyse d’une portion de l’observation précédente, va nous offrir ce tableau. lo D’abord, dans ♦

toute sa force, il ressemblait ])avfaitement au bruit que f

fait, en pliant sur le sol,une semelle large, formée d’un cuir |

neuf et épais : à ce degré il couvrait entièrement les batte- |

ments du cœur, a» A un degré moins élevé , quoique i

moins fort,, il couvrait encore les battements du cœur à la 1

base de l’organe ; tandis qu à la pointe où ramélioralion \

était encore plus sensible , on entendait d’abord le pre- }

mier battement du cœur , et ensuite un léger bruit de |

cuir neuf ; de manière que la sensation qui arrivait à l’o- 'j

reille était parfaitement semblable à la sensation complexe ||

du bruit produit, lo par l’application du pied sur lesol, \

20 du bruit qui résulterait de la flexion d’une semelle 1

moins épaisse et plus pliante que la première ; 3« enfin |i

dans un troisième degré, le premier bruit du cœur, plus ji

dégagé encore que la veille , imitait parfaitement le bruit ' ; d’une application plus certaine, plus pesante du pied sur le sol , tandis que le petit bruit de froissement, lui succédant immédiatement, correspondait au temps de la j flexion de la semelle mince et souple d’un escarpin.

En voyant ainsi le bruit de cuir neuf passerpar des phases :

de décroissement plus rapides à la pointe du cœur qu’à > la base , on avait présumé que la fausse membrane avait perdu plus vite, dans le premier de ses points, et de son épaisseur, et de sa rugosité ; ce n’était là qu’une consé-

PREM. CATÉG. d’obSERA^TIOJNS DE PÉRICARDITE- 345

quence du principe admis d’abord , qui rattachait le bruit de cuir à l’existence de la fausse membrane ; aussi la conséquence , comme le principe , a été confirmée par l’autopsie cadavérique (i).

Jeune homme de 28 ans. — Matité à la re'gion précordiaie ; le'gère voussure; hrml âL^Jrélement péricardique ^ bruits du cœur sourds, éloigne's ; impulsion du cœur difficile à sentir. — Signes de pleuro-pncumonie. — Plus tard, érysipèle au visage. — Mort le dixième jour après les premiers accidents. — Adhérence du péricarde à la plèvre ; épaississement des parois du péricarde , qui est très injecté et contient deux cuillerées d’un liquide rougeâtre , légèrement floconneux. — Concrétions fibrineuses dans les C2vités du cœur ; rougeur foncée de la membrane interne des cavités droites. — Fausses membranes sur la plèvre costale , pulmonaire et diaphragmatique. — Splénisation des poumons. — - Ramollissement et suppuration de la rate.

Barrie (J.-Bapt.), âgé de 28 ans, brun, d’une assez forte constitution , fut admis à la Clinique (n" lo, salle S.-Jean-de-Dieu ), le 12 septembre i834- Il nous assura qu’il n’était malade que de la veille , jour où, à la suite de fatigue et d’un refroidissement après avoir eu chaud, il fut pris d’un point de côté à gauche , de frissons suivis de fièvre , et d’un malaise universel.

Le 1?. , à la visite voici quel était son état :

Fièvre vive avec chaleur et sécheresse delà peau ; visage abattu , mais exprimant une vive anxiété, légèrement grippé , offrant une teinte jaune assez prononcée; narines

(i) J’applaudis très volontiers à toutes les remarques de M. Fournet sur les modifications du bruit de cuir neuf dans le cours de la péricardite dont on vient de lire le récit, Dans les observations que nous avons déjà rapportées et dans plusieurs autres que nous rapporterons dans ce chapitre, nous avons tâché de décrire avec précision les nuances principales du bruit de glissement , de frôlement , de tiraillement , qui a lieu pendant le cours de la péricardite.

agitées d’un mouvement rapide de dilatation et de resserrement , comme pulvérulentes à leur entrée; langue assez humide , un peu rouge; salive rougissant le papier bleu de tournesol: soif; inappétence; ventre souple, indolent; quelques envies de vomir; constipation.

Dyspnée considérable (4oà 44 inspirations par minute); crachats muqueux, demi -Iraii^parents , visqueux, peu abondants; toux assez rare.

Matité dans toute la moitié inférieure gauche de la poitrine; souffle bronchique dans la même région avec un peu de crépitation diffuse en bas et en dehors ; égophonie des plus évidentes au-dessous et en dehors de l’angle inférieur de l’omo.plate ; absence d’ébranlement vibratoire (quand le malade parle) dans toute l’étendue de la matité. — En faisant coucher le malade sur le ventre, la matité diminue à la partie postérieure; le niveau de cette matité s’abaisse, le souffle bronchique perd beaucoup de son intensité , l’égophonie disparaît presque entièrement , et l’on entend la respiration vésiculaire. — Retour des phénomènes indiqués plus haut , lorsque le malade a repris la position assise.

Son mat dans la région préeordlale , occupant 5 poU' ces 9 lignes d’étendue verticalement, et 4 pouces 3 lignes transversalement ; point de voussure notable dans celte région. Si l’on percute la région précordiale , le malade étant assis dans son Ht , le niveau de la matité descend notablement. — Les battements du cœur ne se font presque nullement sentir à la main, dans le décubilus horizontal ; mais lorsque le malade est à sou séant et légèrement incliné en avant, ou sent distinctement ces battements.

Les bruits du cœur sont un peu éloignés et obscurs , exempts de souffle. En apj)llquant fortement l’oreille contre la région précordiale , on entend, pendant le choc

PREM. CA.TÉG. d’OBSEUVATIONS DK PERICARDITE. 347

(le la pointe du cœur, un tintement clair, argentin, imitant un véritable bruit de timbre.

La percussion est douloureuse dans toute la partie inférieure externe du côté gauche.

Le côté droit de la poitrine est sain.

Pouls plutôt serré que développé, x’égulier, à 120 pulsations par minute. ’

Insomnie causée par l’état d’anxiété ; céphalalgie.

Diagnostic. P leuro péricardite grave.

Prescription. Deux saignées dubrasde 3^4 palettes; 'ventouses scarifiées sur le côté ( 3 pal. ); infus. héchique à discrétion ; lavement; diète.

Le 1 3 , le malade ne se ti'ouve que médiocrement soulagé , mais il ne se plaint en particulier que de la tête et de la gorge (1) ; crachats presque nuis, insignifiants ; respiration moins fréquente ( vingt-quatre à vingt-huit inspirations par minute), entrecoupée de temps en temps de légers soupirs involontaires ; il n’y a plus d’égophonie bien distincte; la matité n’occupe que le cinquième inférieur du côté gauche, où l’on entend un râle fin, ténu , humide; le murmure respiratoire revient dans le reste de ce côté , surtout en dehors et en avant , vers la région précordiale , où la résonnance est beaucoup moins obscure qu’hier.

Bruits du cœur moins sourds, sans trace de souffle.

Pouls à 108-116; moins de chaleur et d’anxiété.

Le sang des saignées est riche en fibrine , recouvert d’une couenne mince , vei’dâtre , assez facile à déchirer. La consistance du caillot tient le milieu entre celle du caillot des inflammations franches , et celle (ïu caillot des inflammations compliquées d’un état typhoïde.

(1) Nous avons examiné la gorge avec altention et nous n’y avons vu ({u’un peu de rougeur, sans gonflement des amygdales. La déglutition n’es| pas sensiblement gênée,

348 MALADIES DU COEUR EN l’ARTlCULlER.

Prescription. — Saignee de 4 palett.; vent, scarif.

3 paL sur la rég. du cœur. — Le reste , ul suprà.

Dans la soirée, à la suite de ces nouvelles émissions | sanguines, le malade se sentait si bien , qu’il se croyait guéri. Cependant, dans la nuit, il s’agite beaucoup, j’ se découvre, se refroidit d’àutant plus facilement, que | l’atmosphère , à cette époque, était fraîche et agitée de i vents.

i4. Récrudescence des plus graves; fièvre très vive; j visage anxié; douleur dans la région précordia ie , avec irradiation dans l’hypochondre gauche; angoisses telles que le malade remercierait , dit-il , celui qui lui tirerait un coup de pistolet.

Pouls régulier, à io8; peau chaude, brûlante , légèrement moite en quelques points seulement.

Le sang retiré la veille est franchement inflammatoire : le caillot remplit presque tout le vase; il est recouvert d’une couenne pseudo-membraneuse de deux lignes d’épaisseur, assez ferme, moins élastique cependant que dans le rhumatisme fébrile très aigu. Le peu de sérosité dans laquelle baignait le caillot, était parfaitement claire, citrine.

La percussion augniente la douleur de la région précordiale; battements du cœur, obscurs; bruits un peu plus éloignés qu’hier, et confus. Pendant les mouvements de glissement du cœur dans le péricarde, on entend un j bruit de frôlement ou de parchemin ; un bruit semblable | existe dans la région postérieure inférieure du côté gauche, isochrone aux mouvements respiratoires et non aux mouvements du cœur, comme celui de la région précordiale. La matité de celte dernière région persiste. — Retour de l’égophonie. Le malade implore un prompt secours.

La pleuro-péricardite n’est plus douteuse pour aucun i

PREM. CATÉG. d’OBSERVATJONS DE PÉRICARDITE. 349

des assistants (i). Nous redoutons l’extension de l’inflammation à la plèvre diaphragmatique gauche.

Presc. Nouvelle saignée de 3 à 4 palettes; ao^ sangs. sur la région précordiale^ le matin, et large vésicat. sur la même région, le soir.

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