Le pouls radial droit a cessé de se faire sentir
, l’hémoplisie a été moins abondante : la face, d’une teinte jaune assez raai’quée dès le moment de l’entrée , offre
! maintenant cette teinte à un plus haut degré ; persistance du râle muqueux en arrière; les jambes et les cuis- -ses sont douloureuses. Soif médiocre, un peu d’appétit; pouls de 88 à 92. (3 houil.; 3 potag. )
I 32. Le malade a très peu craché de sang ,. mais il a eu t une épistaxis; teinte jaune paille de la peau. On note une il légère voussure de la région du cœur ; celui-ci bat touij jours deux pouces plus bas qu’à l’état normal. Vers la • pointe du sternum, et les cartilages gauches voisins , on ! entend toujours un bruit de râpe très distinct. En tirant *' vers le côté gauche du cœur, le bruit devient plus clair ! et est toujours accompagné du râclement indiqué précéi demment.
23. Le malade sent de nouveau une douleur vive dans ' la partie inférieure antérieure du côté droit delà poitrine^
4oo MA.LADÎES DÛ COEUR EN PARTICULIER.
et dans l’hypochondre correspondant. Nulle douleur dans le côté gauche. Dans l’endroit douloureux , à droite du sternum, on entend un bruit semblable à celui que pro- i duiraient deux plaques de parchemin frottées l’une contre l’autre. Ayant fait mettre le malade à son séant, le bruit i de frottement a disparu dans la région indiquée , où l’on n’entend plus que du râle muqueux , comme à la partie postérieure de ce même côté. Le bruit de frotte- n ment a reparu aussitôt que le malade s’est recouché sur u le dos : ce bruit a lieu pendant les mouvements d’inspiration et d’expiration. {Viol, édulc.; saignée 2 p.; vésicat. a sur le point douloureux; cat.; diète. )
24. Le malade a craché abondamment du sangnoirâtre , > présentant l’apparence du jus de pruneaux foncé. La J respiration est précipitée ( 60 inspirations par minute); [; pouls petit, fréquent (112)/ peau sèche d’une teinte ii jaune plus marquée. Il n’y a plus de douleur dans la I poitrine; on entend seulement dans le lieu où existait le craquement ou frottement, quelques bulles de râle mu- a queux. La résonnanceest bonne, ainsi que la respiration, :i si ce n’est dans le tiers inférieur du côté droit où existe un r| râle muqueux à bulles plus ou moins grosses ; respiration très bruyante à gauche, ce qui tient à l’entrée brus- M que et saccadée de l’ait* dans les canaux aériens. '
On ajoute à la feuille du diagnostic : foyers apoplec- d tiques dans le tiers inférieur du poumon droit.
Le malade est très inquiet sur son état. {Viol, édulc.; \ garg. chlor. ; un demi-grain acét. morph. sur lexésicat.; .1 pot. avec ratan.; 3 bouil.)
26. — 64 inspirations; crachats jus de pruneaux 1 comme hier. Battements du cœur violents (à ii6);â deux I pouces au-dessous et en dehors du mamelon , bruit de I frottement très prononcé, assez semblable à celui du par- | chemin; mais telle est la rapidité des mouvements respi- 1 ratoires, qu’il esldifficilede déterminer si ce bruit corres- 1
TROIS. CATÈG. p’OBSERVATIONS DE PÉRICARDITE. 40l
pond aux mouvements du cœur ou à ceux de la respiration.
Bruit de soufflet toujours très fort dans la région pré
cordiale. — Matité dans le tiers inférieur du poumon droit en arrièi’e. ( Viol, édulc.; potion rathania^ i gros', sinapismes à la partie postérieure de la poitrine et aux jambes-, lav. huit. trois bouillons. )
Mort le même jour à cinq heures du soir.
Autopsie cadavérique quinze heures après la mort.
Habit, extér. — Point d’infiltration -, pâleur extrême des téguments ; couleur violacée des lèvres.
2° Org.circulat. et respirât. — Le cœur, contenu dans le ] péricarde, est énorme, etsituépresque transversalement; sa ] pointe répond au septième espace intercostal ; il a 8 pouces t et demi de largeur’ sur 5 pouces de hauteur (r).
Le péricarde est généralement épaissi ; la plèvre qui 1 recouvre la partie inférieure du poumon gauche , dans 1 le tendue de deux pouces environ, adhère avec la portion ’ voisine du péricaroe par des productions cellulo-fihreuses anciennes , et légèrement infiltrées. Les veines du cœur ! sont énormes, surtout inférieurement. La surface du I feuillet viscéral du péricarde est pâle et parsemée de ta~ . ches blanchâtres, assez minces, s’enlevant facilement, laisi sant voir au-dessous d’ elles le feuillet du péricarde sain.
Poids du cœur, non vidé de ses caillots, 848 grammes.
Poids du même organe vidé et lavé , 535 grammes ^ (( 1 liv. 1 once i gros ).
En palpant le cœur , on sent dans la région de la > valvule mitrale une tumeur grosse au moins comme un cœuf de pigeon , et dure comme une pierre.
Le ventricule droit contenait des caillots de sang dé- V colorés , ambrés et une petite quantité de sang liquide. tCes caillots se prolongeaient dans Toreillette droite et dans les veines qui s'y dégorgent ; ils avaient en tout le
CO y^oyez la planche F',
4o2 maladies du coeur en EARTTCULTER.
volume d’un gros œuf d’oie , er. quelques-uns étaient entortillés autour des colonnes charnues. Le sang contenu dans les cavités gauches , principalement dans loreilletle^ est noir, et ressemble à dé la gelée de groseille ,
Hauteur ventricule droit, 4 pouces et demi. — Hauteur du ventricule gauche, 6 pouces.
Diamètre transversal du cœur, 5 pouces 3 lignes. —Circonférence , 10 pouces et demi.
La cavité du ventricule droit est d’un bon tiers plus grande que dans l’état normal ; celle du ventricule gauche est dilatée dans la même proportion.
L’épaisseur des parois du ventricule droit , à peu près partout la même , est de 5 à 6 lignes ; celle des parois du ventricule gauche est de 12 lignes à la base, et va en diminuant vers le sommet. La ^cloison interventriculaire a 8 lignes d’épaisseur.
La substance musculaii’e est généralement ferme; elle est d’un rouge un peu faible. Sa consistance est surtout notablement augmentée dans le ventricule droit.
L’oreillette droite, généralement hypertrophiée, a 3 lig. d’épaisseur dans la portion correspondante aux colonnes de l’auricule j elle communique librement avec le ventriculej la valvule tricuspide , un peu épaissie, bien conformée, a 4 pouces et demi de eircouférence. L’orifice ventriculo-pulmonaire a 3 pouces et demi de circonférence. — Valvules semi -lunaires , saines.
Les parois de l’artère pulmonaire sont épaissies et ressemblent à celles de l’aorte.
L’oreillette gauche forme une poche d’un tiersplus volumineuse que la droite; ses parois sont aussi pluscliarnues : elles ont partout 3 lignes d’épaisseur. L’orifice auriculo-venlriculaire gauche est considérablement rétréci, ce qui tient h la transformation des deux lames de la valvule mitrale en une concrétion pierreuse^ du volume d un petit œuf de poule, formant une espèce de tumeur dont
TROIS. CATÉG. d'obSERVATTONS DE PÉRICARDITE 4o3
le grand diamètre a 2 pouces (i), — L’orifice n existe cju a la parlieinlerne : il reçoit assez facilement le boutdudoigt auriculaire. En dehors, les deux lames valvulaires se sont rapprocliées , confondues. Du côté du ventriculç , la tumeur reçoit à sa circonférence les tendons multipliés et forts des colonnes charnues (les tendons principaux sont au nombre de 1 2 à i5 ). — Cette valvule rend à la percussion un son semblable à celui d’une pierre. La concrétion accidentelle, hérissée d’inégalités et d’aspérités , est pour ainsi dire, uiu/'tife,’ une portion a envahi la substance du ventricule et s’étend jusqu’h la surface externe , où elle forme une saillie qui soulève le péricarde.
L’orifice aortique est généralement très rétréci par rinduralion de ses valvules , qui est fibro-cartilagineuse pour une d’elles, et crétacée pour les deux autres. Le diamètre de cet orifice est à peu près le même que celui de l’orifice auriculo-venticulaire gauche (sa circonférence est de 2 pouces 5 lignes).
Les artères coronaires sont parfaitement saines , si ce n’est que leur volume est augmenté dans tout leur trajet. L’aorte pectorale et abdominale est blanche îi son intérieur et tout-à-fait saine.
Les grosses veines sont gorgées de sang demi-liquide.
A un pouce au-dessus de sa division en radiale et en cubitale, Tarière brachiale est oblitérée par un caillot mou, occupant ses deux divisions, dans l’étendue d’un pouce(2). Les parois de l’artère sont d’ailleurs saines.
Le côté droit de la poitrine continent trois quarts de litre de sérosité d’un jaune citrin foncé. Des fausses membranes fibrineuses, friables, infiltrées de sérosité, unissent au péricarde la plèvre qui recouvre la portion voisine du poumon droit. Ces adhérences sont récentes et faciles
(•i) V^oyez la planche Jig. i et 3,
igi) C’claii-là évidemment la cause de l’absence du pouls au pdijnet droit.
2fi.
4o4 maladies du coeua en particulier. !
à détruire. Le poumon droit est bosselé vers sa région i moyenne et antérieure : les bosselures ont nne grande lu consistance , et sont ecchymosées extérieurement ; inci- j sées , on voit qu’elles sont formées par du sang infiltré, ! ayant la consistance d’une truffe, et s’écrasant assez difE- i cilement. — L’bémorrbagie a envahi la moitié du lobe i moyen et une partie de l’inférieur ; le supérieur est sain.
Les bronches offrent une rougeur violacée ; la pression i‘' en fait sortir un peu de liquide rougeâtre. *
Le poumon gauche, d’un blanc mat, là où la plèvre a été ^
anciennement enflammée, est ailleurs rosé et crépitant: il i est gorgé de sérosité écurneuse et présente un foyer apo- I» plectique à l’union du lobe inférieur avec le lobe moyen (ce foyer a le volume d’un œuf de pigeon):
Les bronches gauches ont la même teinte que les droites.
3" Organes digestifs et annex. — Le foie a un volume d’un bon tiers trop considérable: il est gorgé de sang. Son tissu est plus jaune, plus dense qu’à l’état normal; l’induration est surtout prononcée à la face convexe.
Rate hypertrophiée et dense : sa membrane externe d’un blanc mat.
L’estomac, placé perpendiculairement dans l’hypochondre gauche, forme un angle droit avec la portion pylorique. Sa membrane interne est rosée , d’une bonne consistance. Il en est de même de celle du tube intestinal.
Les reins et la vessie n’offrent aucune lésion notable :
4° Organes de Vinnerv. — Le cerveau , d’un volume médiocre (i) , humide de sérosité; la pie-mère est infiltrée du même liquide : on en trouve trois à quatre cuillerées à la base du crâne; les ventricules en contiennent aussi une petite quantité. En dehors de la couche optique droite , on trouve la trace d’un ancien épanche-
( i) Il ne pèse que 1,179 grammes.
TROIS. CATÉG. d’obsERVATIONS DE PÉRICARDITE. 4o5
ittient ; c’était une petite cavité, à bords ramollis et greinus, remplie d’un liquide jaunâti’e (i).
Homme de 45 ans. — Pasde renseignements sur l’eialaute'rieur. — Symp- I tômes d^une maladieaiguë des poumons el du coeur(bruit de soufflet). — I Mort rapide à la suite d’une congestion pulmonaire, et probablement d’une t affection aiguë delà membrane interne du cœur (endocardite)? — Plat ques fibreuses , taches laiteuses sur le péricarde ; induration et épaissis- I sement de plusieurs valvules avec rétrécissement de l’orifice auriculo- ' ventriculaire gauche. — Hypertrophie et dilatation du cœur. — Dévelop- ] pement de gaz dans les cavités droites de cet organe et dans les vaisseaux t du foie, etc. |j
Antoine Marin , âgé de ROS) terrassier, jouissant ortdinairement d’une bonne santé, malgré les fatigues de son létat, menant une conduite régulière , sujet à quelques (étourdissements, fui reçu, le i5 juin i834, dans le service (clinique (no aS, salle Saint-Jean-de-Dieu). Il assurait m’être malade que depuis une huitaine de jours, époque là laquelle il éprouva, sans cause qu’il puisse détermiiner, une douleur dans la région précordiale, assez forte pour l’empêcher de marcher. Il s’efforça de continuer ses travaux ; mais , dans la nuit dü i o au 1 1 de juin , il fut jpris d’une fièvre avec agitation extrême, qui l’obligea de [garder le lit les jours suivants. Il toussait et expectoi’ait (des matières dont il ne put nous donner une idée exacte. La toux augmentait la douleur précordiale; il ne sentait ]pas, d’ailleurs, des battements de cœur beaucoup plus forts qu’à l’ordinaire.
Il prit du bouillon et du vin chaud , et sua copieusement. Il s’est rendu , à pied, à l’hôpital.
(i) La paralysie occupait spécialement le membre supérieur gaucho. ( Ce fait militerait donc en faveur de l’opinion qui fait résider dans les cou- (chei optiques le principe des njouvcmeols des membres supérieurs.
i6 juin. Face (l’un jaune terne , si ce n’est aux pommelles qui présentent une couleur d’un rouge sombre; lèvres violettes; dilatation des ailes du nez pendant l’inspiration; gonflement des veines jugulaires qui sont soulevées par les mouvements tumultueux des carotides. Pouls inégal , irrégulier, intermittent, difficile à compter tant il est faible, et fuyant sous le doigt.
Persistance de la douleur de la région précordiale, quoique à un moindre degré; oppression considérable (28 inspirations par minute).
La région précordiale est agitée de mouvements tumultueux, très irréguliers et inégaux, sensibles -à la vue , comme au toucher. La pointe du cœur vient frapper la poitrine à un grand pouce en dehors du mamelon et dans le sixième espace intercostal : à partir de ce point jusqu’aux cartilages des dernières vraies côtes droites, la percussion donne un son mat; dans le sens vertical, U y a de la matité depuis l’eXtrémité inférieure du sternum et le sixième espace intercostal jusqu’à la troisième côte gauche (l’étendue de la matité est de 5 pouces et demi verticalement , et de 4 pouces 8 lignes transversalement).
Les battements du cœur , irréguliers, intermittents, tumultueux , sont d’une telle fréquence, que cet organe semble palpiter continuellement , plutôt que se contracter : on a compté i36 battements pour 100 pulsations des artères radiales; d’où il suit que pendant quelquesuns de ces battements, le sang n est pas lance jusque dans les artères indiquées (i).( Le pouls des artères radiales dilfère d’ailleurs pour le nombre des pulsations , de celui des artères carotides et des sous-clavières.) Les battements du cœur se font sentir jusque dans la région épigastrique.
(1) Dans un iiuU'C momeul on a compl(i 176 batlcnicnls du coeur en une ininule.
TROIS. GATÉG. d’OBSERVATIONS DE PÉRICARDITE. 4®?
La région précordiale ofli*e une voussure légère , que ] plusieurs assistants ont constatée avec nous.
Les deux bruits du cœur sont remplacés par un bruit ide soufflet très fort et continu (i), ayant son maximum . d'intensité dans la région des cavités gauches. On ne sent pas de frémissement vibratoire bien distinct dans la région précordiale j sorte de bruissement dans les artères carotides et sous-clavières.
La poitrine résonne très bien en avant ( la région précordiale exceptée). En arrière, à gauche, la résonnance diminue à partir de* l’angle de l’omoplate jusqu’à la base ; râle crépitant Arès gros} léger retentissement de la voix sans souffle bronchique notable. En arrière , à droite , peu de résonnance à la base , respiration presque nulle, râle crépitant ti’ès ün.
Crachats demi-transparents , rouillés, mêlés de bulles d’air, sales, adhérant fortement au vase, peu abondants.
Céphalalgie, agitation , tendance à se découvrir pour trouver le frais.
Langue humide, rosée; ni nausées, ni vomissements, ni diai’rhée ( constipation, au contraire, depuis deux jours)} ventre souple.
Le sang d’une saignée de quatre palettes pi’aliquée la veille, offre un caillot mou, sorte de magma analogue à une bouillie épaisse , recouvert d’une matière floconneuse ressemblant à des lambeaux de tissu cellulaire.
Diagnostic. — Induration des valvules , avec rétrécissement d'un orifice ; engouement à la base des deux poumons.
Prescription. — Saignée Je 5 « 4 palettes; vent.
(i) Par celle expression on veut dire qu’il n’y a pas d’inlervalle appréciable entre le souffle qui remplace le premier bruil et celui 'qui remplace le second.
scarif.^ ?'ég du cœw’ ( 2 pal. ) ; sol. sir. de gomme j pot. oxym . 1 once; sinap. sur la poitr. ; diète.
Le soir, il surviut des accidents apoplectiques ; parole difficile ; pupilles inégales ( la gauche est énormément dilatée )j un peu d’écume à la bouche , qui est déviée à gauche ; mouvements du bras droit presque entièrement abolis; respiration stertoreuse ; battements du cœur à j44-
Nouvelle saignée ; sinap. aux moll. '
17. Râle des agonisants ; état désespéré; les deux pupilles sont moins inégales : on compte i4o battements du cœur , contre 92 pulsations de l’artère radiale.
Le sang des deux saignées et des ventouses' est mou.
p^és. au COU’ 710UV. sinap.