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PRONOSTIC ET COMPLICATIONS DELA PÉRICARDITE

lions en particulier. Il semblerait, au premier abord, qu’une telle adhérence doit entraver le jeudu diaphragme, et que, réciproquement, les mouvements de ce muscle, doivent plus ou moins déranger alors la systole et la diastole du cœur. Peut-être en est-il ainsi quelquefois. Mais il est bien certain que j’ai trouvé et que d’autres observateurs ont rencontré de complètes adhérences du péricarde au cœur, chez des individus dont la circulation et la respiration n’avaient éprouvé aucune espèce d’obstacle provenant de la présence de ces adhérences. Disons toutefois ici, que les adhérences générales et complètes sont moins communes peut-être à la suite de la péricardite qu’à la suite de la pleurésie, ce qui pourrait dépendre des mouvements forts et continuels dont le cœur est incessamment agité. Aussi les plaques fibreuses, fibrocartilagineuses, etc., sont-elles plus communes que les adhérences proprement dites à la suite de la péricardite (i). Ces plaques, quand elles sont saillantes, inégales, rugueuses, les granulations et les végétations plus ou moins dures qui peuvent hérisser la surface du péricarde, rendent moins libre et moins facile le glissement du cœur, et l’on entend quelquefois, ainsi que j’en ai cité des exemples, un bruit particulier, indice de ce frottement accidentel ; mais aucun fait ne me porte à croire qu’il en résulte , dans les cas ordinaires, un obstacle notable aux fonctions du cœur.

La péricardite chronique , avec épanchement puru-

(i) Corvisart est réellement et heureusement tombé dans l’erreur (erreur déjà relevée par M. Laënnec), en disant : « De même que je ne crois « pas qu’il soit possible de vivre et de vivre sain , avec l’adhérence com- « plète et immédiate des ponmonsaux surfaces adjacentes; demême je pense « que l’adhérence totale du péricarde au cœur est nécessairement accom- « pagnée d’un dérèglement dans les fonctions de cet organe , que la « mort en est la suite inévitable , plus prompte ou plus tardive suivant « 1 âge , le sexe , le tempérament , la profession , les dispositions « raies, «

mo-

histoire générale de la péricardite.

lenL , scro-sanguiuolent , ou siTO-pscuJo-membraneux , doit inspirer de sérieuses Inquiétudes , au moins dans l’état actuel de nos moyens thérapeutiques. On ne saurait donc trop s’appliquer à reconnaître de bonne heure la péricardite, et à la combattre par ces méthodes vigoureuses qui préviennent si heureusement le passage de la maladie à l’état chronique.

La marche et la durée de la péricardite varient suivant un grand nombre de circonstances , telles que le genre de cause qui a produit la maladie , l’âge, le tempérament , l’état de simplicité ou de complication, le traitement , etc.

Quelques péricardites marchent avec une rapidité si effi’ayante, qu’elles foudroient, pour ainsi dire, les malades. C’est ainsi que le sujet de la première des observations de péricardite rapportées dans la Clinique médicale de M. Andral , fut emporté en 27 heures. On sait aussi que la péricardite à laquelle succomba le grand Mirabeau, produisit des accidents si rapidement mortels, qu’on fit courir le bruit d’un empoisonnement.

Les péricardites si rapidement mortelles sont presque toujours compliquées , soit d’une violente pleurésie, soit d’une endocardite sur-aiguë, etc.

Lorsque la péricardite est chronique, elle peut durer plusieurs mois. Quant aux produits organisés qu’elle amène â sa suite , ils persistent , comme nous l’avons vu, un temps indéterminé , sans troubler notablement la santé.

Une péricardite de moyenne intensité, traitée par notre méthode , se termine , en général , d’une manière heureuse, du septième au quatorzième jour; il y a quelques exceptions è cette règle.

Nous avons déjà tant de fois été forcé de parler des complications de la péricardite, que je n’ai pas cru de^

voir consacrer ici un article particulier a ce sujet. Les

TRAITEMENT DE LA P:6r1CARDITE. 4j9

faits consignés dans ce chapitre prouvent jusqu’à l’évidence, que la péricardite est le plus souvent coippliquée d’une inflammation soit aiguë, soit chronique , dé la membrane interne du cœur j de la plèvre , du péritoine et des membi’aues synoviales des articulations. J’ai cité un cas bien remarquable où la rate elle-même avait été prise d’une inflammation avec suppuration : il existait dans cecas une pleurésie diaphi’agmatique du côté gauche.

Ne nous étonnons donc pas, si Corvisart a dit : Qu il ri avait poirit d’observations propres d’une péricardite aiguë , sans complication.

ARTICLE CINQUIÈME

DU TRAITEMEKT De’lA PERICARDITE.

§ T. Préceptes ge'néraux.

Comme toutes les autres phlegmasies en général , la péricardite aiguë réclame l’emploi des émissions sanguines , du repos, de la diète, des boissons adoucissantes, rafraîchissantes et des applications émollientes.

Jusqu’ici cette méthode a été bien rarement mise en usage dans toute sa plénitude , ce qui tient surtout à ce que la péricardite a été souvent méconnue ou reconnue trop tard. Aujourd'hui que le diagnostic de cette maladie repose sur les signes les plus certains, j’ose affirmer qu’en appliquant , avec une hardiesse éclairée , la grande méthode des émissions sanguines au traitement de la péricardite aiguë , on obtiendra des succès vraiment inespérés. Tel est du moins le résultat auquel me conduisent les deimières années de ma propre expérience. J’ai vu céder rapidement à des émissions sanguines généreuses , réitérées plusieurs fois dans l’espace de trois ,

48o HISTOIRE GÉNÉRALE DE LA PÉRICARDITE.

quatre et cinq jours, presque toutes les péricardites que j’ai rencontrées (i).

Il n’est pas nécessaire de dire que les saignées, tant générales que locales, doivent être proportionnées à l’intensité de la maladie , à l’âge , â la force , au tempérament , au sexe du sujet , aux complications , etc. Règle générale : chez un sujet dans la force de l’âge , atteint d’une péricardite intense , trois ou quatre saignées du bras , de trois à quatre palettes , dans les trois ou quatre premiers jours, secondées par l’application de vingt-cinq à trente sangsues ou de ventouses scarifiées , réitérées deux ou trois fois, suffiront à la guérison de la maladie (2). Nous laissons à la sagacité des médecins instruits le soin de déterminer les cas dans lesquels on doit rester en deçà ou bien aller au delà de la mesure , et pour ainsi dire , de la dose que nous venons de fixer.

Peu de péricardites résisteront à cette méthode, si elles sont saisies à leur origine.

Que si , malgré les secours de Part, convenablement administrés, la péricardite se prolongeait ou passait même à l’état vraiment chronique, il faudrait combiner sagement les émissions sanguines locales modéi*ées, soit au moyen

(1) Aux cas de gue'risou, recueillis à la Clinique , qui seront rapporle’s plus bas , on peut ajouter celui d’un jeune liomnH*- auprès duquel me lit appeler l’un de nos plus savants confrères de la ville, M. le docteur Forget, aux soins duquel il était confié. Trois fortes saignées du'i^bras et deux applications de sangsues sur la région précordiale triomphèrent d’une péricardite, annoncée entre autres signes pathognomoniques , par la matité de la région précordiale et le bruit de frottement péricardiqne ( une très violente réaction fébrile existait chez ce jeune malade ).

(2) Depuis quelque temps, nous avons remplacé, à la Clinique,' l’usage des sangsues par les ventouses scarifiées, appliquées suivant la méthode allemande, par M. Buchel, et nous en avons obtenu les plus heureux succès. Par cette méthode des émissions sanguines locales, nous connaissons exactement la quantité de sang retiré ( chaque application est de deux il quatre palettes ).

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