TRAITEMENT DE LA PÉRICARDITE
lies saDgsues, soit au moyen des ventouses avec
]es divers révulsifs, tels que les vésicatoires, les Cautères, les moxas, les sétons , la pommade slibiée , l’huile de croton tiglium, etc. Les frictions mercurielles pouivront également être employées.
Un régime sévèi’e, des bains tièdes, répétés de temps en temps , favoriseront l’action des autres agents curatifs.
L^épancheraent qui s’est opéré dans le péricarde est-il rebelle à toutes ces pratiques ? le cas devient on ne peut plus embarrassant. L’évacuation du liquide au moyen d’une opération chirurgicale ést un de ces problèmes thérapeutiques dont l’expérience n’a pas encore donné- Ja solution. Nous ne pouvons nous prononcer formidlément ni pour ni contre une tentative tle ce genre (i).
En attendant de nouvelles lumières , nous ne pouvons qu’engager le praticien, dans un cas de ce geni’e, à se conformer aux préceptes généraux du traitement des inflammations chroniques. Si les battements du cœur étaient tumultueux, irréguliers , que la péricardite, en se prolongeant, eût entraîné une hypertrophie de cet organe , il conviendrait de faire usage de la digitele. Dans les cas, au contraire , où un épanchement abondant, des couches multipliées de fausse membrane ont déterminé par leur compression une sorte d’atrophie du cœur, il ne serait peut-être pas prudent de ralentir la circulation par l’ad. ministration de la digitale.
(i)Nous reviendrons sur ccU,e question, quand nous traiterons de Fhydro-pe'ricarde.
§ II. Obseryations de péricardite terminée par la guérison.
observation 27".
Femme de 27 ans. — Péricardite et rhumatismejarticulaire aigus.— Quatre saignées de trois pal., quatre-yingt-six sangsues en ^quatre fois^ thrid., opium , poud. de Dow, — Convalescence le dixième jour. — Le douzième jour la malade mange le huitième de la portion.
Victoire Chaudron, âgée de 2 7 ans, fille, d*^une constitution délicate, peau fine, cheveux chalâins , jouissant hahituellement d’une assez bonne santé, bien réglée depuis l’âge de 19 ans, fut reçue à la Clinique (no 4 7 salle S" Madeleine), le 10 mai i834» Elle était accouchée à la Maternité, le 24 mars delà même année. Elle a nourri son enfant pendant quatorze jours, après lesquels il a succombé. jVers le 9" jour de ses couches, elle éprouva de violents maux de tête , de la fièvre j dix sangsues lui furent appliquées derrière les oreilles.
Environ 20 jours après son accouchement, elle s’est refroidie eu la’^r^nt du linge, et ses lochies se sont supprimées (i). Quinze jours avant son entrée, elle avait repris ses fonctions de domestique et s’était beaucoup fatiguée. Pendant huit jours, elle ne fit son ouvrage qu’avec une grande peine. Une huitaine de jours avant son admission à la Clinique, les pieds s’étaient enflés et étaient devenus douloureux. Le 4 mai , elle fut obligée de s’aliter, et le 8, presque toutes les articulations étaient le siège d’un rhumatisme aigu.
20 sangsues aux cuisses, dans l’intention de rappeler les lochies, des cataplasmes sur les articulations, tels fu-
(i) CeLtc femme attribuait aussi en partie la ^suppression des lochies à ce qu’elle ayait bu une quantité cousidcroblc de tisane d’orge très froide.
OBSBRV. DEPÉRIC. TERMmÉE par T.A guérison. 4^3 reut les moyens employés ayant l’entrée de la malade à l’hôpital.
Quelques nausées et des vomissements^, accompagnés de constipation, unjpeu de dyspnée s’étaient joints, dans les derniers jours, aux douleurs rhumatismales.
lo et 11 mai. Plusieurs articulations, et spécialement celles des mains , des pieds et des genoux, sont très douloureuses, gonflées; la peau est luisante , tendue, un peu rouge : le moindre mouvement est impossible.
Peau chaude , sèche ; visage pâle ; un peu d’anxiété ; insomnie.
Pouls assez développé, souple, régulier, à joo par minute; respiration accéléi’ée (à 48-52 par min.); peu de toux; quelques crachats séro-muqueux.
Matité fort étendue dans la région précordiale (3 p. 5 lig. verticalement, 3 p. 7 lig. transversalement); la main appliquée sur cette région sent à peine l’impulsion du cœur.
Les bruits du cœur , éloignés , obscurs, sont accompagnés d’un souffle très prononcé pendant la contraction ventriculaire; point de souffle dans les carotides.
Sentiment de tiraillement vers l’extrémité du sternum et la région épigastrique ; douleur médiocre dans les mêmes points pendant la toux et les larges inspirations.
Résonnance normale à la partie antérieure de la poitrine ( la région précordiale exceptée) et râle sibilant; en arrière, la résonnance et le murmure respiratoire sont à l’étal normal , si ce n’est à la partie inférieure où la respiration est un peu obscure. Point de souffle bronchique ni d’égophonie.
Bouche amère (la bile lui remonte toujours, dit-elle, dans cette partie); langue blanche, médiocrement humide/[inappétence; soif vive; nulle douleur dans le ventre.
Djag-kostic. Rhumatisme articulaii'e aigu; endo-péricardite.
484 maladies du coeur en particulier.
PRESCRIPTION* Unù saignée de 3 paL ; 20 sangs, rég, précord.; catapL; viol. sir. degomm.; lav. cmoll.; diète,
12, Le sang offre un caillot à bords retroussés, recouvert d’une couenne très dense , élastique.
Soulagement : le léger sentiment de douleur vers l’extrémité du sternum et la région épigastrique n’existe plus; les battements du cœur sont plus superficiels, plus faciles à distinguer; les deux bruits sont plus rapprochés de l’oreille, et le souffle qui accompagne le premier, moins prononcé.
Les mains et le genou gauche sont encore fort douloureux.
Pouls à 96, assez fort et développé , mais sans dureté; peau un peu sèche.
Une saignée de 3 pal; 12 sangs, rég. précord.
Le soir, sentiment d’étouffement vers le creux de lestomac, pouls à 108 , plus tendu que le matin.
28 sangs, rég. précord.
J 3. Les battements du cœur sont très forts, repoussent la main, etlèbvuitde soufflet a disparu; la matitéa 3p. lolig. verticalement, et 3 p. 3 à 4 üg* transversalement. Oppvession^moindre, ausentimentdelamalade(i); poulsà ^6.
Les membres inférieurs sont dégagés', les supérieurs commencent à se mouvoir.
Looch hlanc avec thrid. ; le reste ut suprà.
14. Battements du cœur de plus en plus superficiels , sans bruit de souffle distinct; pouls à 88 , assez plein ; inspirations à 32-36.
2 pii. d’ext. gomm. d’opium (1/2 gr. ).
15. Légère récrudescence de la fluxion rhumatismale; mais les battements et les bruits du cœur conservent les Caractères indiqués plus haut , et la respiration n’est ])oint gênée.
(1) Le nombre des insiilralious sVlcvc ccpcndmil à 4o j ar miiiuie.