OBSERV. DE PÉRTC. TERMINÉE PAR LA GUERISON
pas un ou plusieurs mois. Dans les deux observations suivantes, on verra deux péricardites compliquées de pleurésie guérir plus rapidement encore que la précédente , bien qu’elles n'aient pas été attaquées aussi vigoureusement que cette dernière.
Jeune homme de 19 ans. — Pe'ricardite aiguë, complique’e de pleurésie gauche ( matité de la région précordiale , bruit de Jlrôlement péricardique; le'gère voussure de la région précordiale). — Deux saignées de trois pal.; deux applic, de vent, de deux à trois pal. chacune. — Convalescence dès le cinquième jour. Le malade mange le quart , le huitième jour après son entrée.
Un jeune homme de 19 ans, domestique , ayant essuyé de grandes fatigues depuis quelques jours, était indisposé depuis une quinzaine de jours, lorsqu’il fut admis à la Clinique (n. 12, salle St.-Jean deDieu),le2i septembre 1 834- Malgré son état d’indisposition , il avait continué à travailler jusqu’à la veille de son entrée qu’il fut obligé de s’aliter ; vingt sangsues avaient été appliquées sur le côté gauche, qui avait été douloureux depuis le commencement de la maladie, mais surtout dans les derniers jours.
État du malade , à la visite du 22. Face pâle, abattue; peau assez chaude et moite ; pouls peu développé, facile à déprimer, régulier, à 112; 28 à 3a inspirations.
Légère voussure de la région précordiale; matité fort étendue dans la même région (6 pouces transversalement et 4 pouces et 172 verticalement) ; dans toute cette région, on entend distinctement un bruit de frôlement, analogue au froissement du parchemin , isochrone aux mouvements du coeur . A ce bruit s’en joint un autre qui se rapproche beaucoup du bruit de soufflet, et de plus un tintement argentin dû au choc du cœur contre le thorax; plus en dehors, bruit de tiraillement ou de craquement, qu’au
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premier abord on aurait pu rapporter au péricarde , mais qui se passait réelîement dans la plèvre voisine, puisqu^ü était isochrone aux mouvements respiratoires.
- Dans toute l’étendue de la région précordiale, les bruits normaux du coeur sont éloignés, profonds, presque entièrement éclipsés par les bruits accidentels indiqués. Dans le décubitus en supination, l’impulsion du cœur se fait à peine sentir ; cependant la région précordiale est ébranlée sensiblement pendant la contraction du cœur. En pratiquant l’auscultation sur les parties latérales du cou, on entend moins confusément qu’à la région précordiale le double bruit du cœuiv
Matité dans presque toute l’étendue du côté gaucbe ; souffle bronchique s’étendant de la base de ce côté jusque vers le sommet de la poitrine; ég'op/ïom'e criarde, aigre comme la voix du peiToquet, à son maximum vers la pointe de l’omoplate et dans les environs; absence de la respiration vésiculaire; décubitus sur le côté gauche. Lorsqu’on fait pai’ler le malade, les parois du côté gauche n’éprouvent aucune vibration perceptible à la main. Le rebord cartilagineux des fausses côtes gauches est manifestement déjeté en dehors. Point de toux ni d’expectoration.
Le malade a dormi une heure la nuit dernière et a sué.
Les fonctions digestives n’offrent rien de notable ; soif et inappétence comme dans tout état fébrile.
Le malade éprouve un sentiment de faiblesse profonde.
Diagnostic. ^Pleuro- péricardite avec épanchement pseudo-membraneux . <
Prescription. Une saignée de 3 ^.paL; vient, scarif. région précor. et côté gauche de la poitr. (6 pal.); catapL; vioL-guim. édulc. ; lav. ; diète.
23. Soulagement; pouls à ç)6-ioo; 32 inspir.; persistance de la matité , de l’égophonie et du souffle bronchi- (fue , mais à un moindre degré; persistance du double bruit de frôlemcul, alternatif comme les mouvcmènls du
OBSERV. DE PÉRIC. TERMINÉE PAR LA GUÉRISON. 4^9 cœur. — Caillot recouvert d’une couenne d’une médiocre consistance.
Une saignée de 2 pal. ip à 3 pal.
24. - 80 à 84 puisât. ; on distingue encore mal l’impulsion du cœur; le double bruit du cœur se dégage sensiblement du bruit de frôlement péi’icardique. — La respiration vésiculaire revient dans plusieurs points , et le frottement pleural diminue. La matité n’occupe plus que la partie inférieure de la région postérieure gauche.
V ent. scarif. région précord. (2 pal.).
25et26. Continuation de l’amélioration; bon sommeil j pouls à 84 , régulier, assez plein.
La matité de la région précordiale a diminué de moitié ; l’impulsion du cœur est plus facile à sentir; la voussure est à peine marquée ; les deux bruits du coeur sont faciles à distinguer à travers le bruit de frôlement péricardique, qui est beaucoup moins prononcé que les jours précédents.
On entend la respiration vésiculaire dans tout le côté gauche; cessation du souffle bronchique, de l’égophonie et de la matité.
27. Fièvre nulle (pouls à 76 , point de chaleur anormale de la peau); 24 inspirations; nul sentiment de dyspnée , ni d’anxiété ; bon sommeil ; retour de lappétit.
Les bruits du cœur sont revenus à l’état normal, et le bruit àe frôlement ou de rdclement a presque complètement disparu ; la région précordiale n’offre plus que 2 pouces de matité en travers et verticalement.
Bouill. • potag. ; lait ; raisin.
28 et 29. La convalescence marche très bien. Les battements du cœur sont lout-à-fait normaux (on les entend , et on les sent avec la main, comme chez l’individu sain). Nulle oppression; point de matité dans le côté gauche, ni d égophojiie, ni de souffle bronchique; le bruit
de râclement pleural s’est changé en un bruit de léger froissement de taffetas.
Expression delà physionomie tout-à-fait naturelle.
Le malade est successivement mis au demi-quart et au quart.
Dans les premiers jours d’octobre , le malade n’éprouve plus rien qui annonce un état morbide. Cependant il reste encore un léger bruit de taffetas à la partie postérieure du côté gauche. — Le malade mange la demie.
Le 4 octobre, sortie. Les battements et les bruits du cœur n’offraient rien d’anormal. La matité anormale de la région précordiale avait complètement disparu.
RÉFLEXIONS
La rapidité et la facilité avec lesquelles la pleuro-péricardite s’est dissipée dans le cas précédent, ont assurément de quoi surprendre ceux qui partageraient encore aujourd’hui l’opinion de plusieurs médecins sur l’immense gravité de la péricardite, même dégagée de toute complication. Mais chaque jour nous voyons les faits donner un heureux démenti à cette opinion (i).
La péricardite , il faut le répéter, n’est réellement une maladie très grave et prochainement mortelle , que dans les cas où elle se trouve compliquée d’une cardite , d’une endocardite très intense, ou d’une violente pleuro-pneuraonie (2). Mais alors le danger principal vient plus de la
(i) On dira, sans doute , que nous exagérons beaucoup en affirmant que chaque jour nous voyons des faits de ce genre. On le dira , parce qu’on ne sait pas combien la péricardite est plus fréquente qu’on ne l’avait cru jusqu’ici. Mais ceux qui ont suivi avec quelque assiduité notre service , ne nous adresseront pas le même rcproclie, car ils savent , comme nous l’avons déjà dit, que dans la moitié, environ, des violentes et^vastes pleuropneumonies et des rliumatismes articulaires sur-aigus, il existe quelque complication de péricardite ou d’endocardite.
(a) La formation rapide d’un éj)anclicmcnt fort abondant dans le péricarde est aussi un actident très redoutable.