On fait une saignée de 2 palettes
1 1 . On commence l’usage des purgatifs doux ( huile de ricin).
i3. 20 nouvelles sangsues sont appliquées sur la région du sein gauche. — Je n’ai pu avoir de renseignements précis sur cette période de la maladie, cependant il ne paraît pas du tout que jusque là on ait rien observé, ou du moins soupçonné du côté du péricarde; les saignées , les sangsues J les vésicatoires qui ont été employés, n’ont été dirigés que contre les accidents de la double pleuro- pneumonie, et surtout de la pleurésie du côté gauche.
Plus tard , il est survenu une péricardite dont il importerait de fixer Je début. 11 ne me paraît pas qu’on puisse le faire remonter plus loin qu’au 16 ou 17 juillet.
17 juillet. Tis. de digitale^ 25 sangsues sur la région précordiale.
18 juillet. Lavement et potion purgatifs', i5 sangsues au cœur,
19 juillet. Sinapismes aux mollets', vin de Malaga*^ renouvellement de la potion purgative , et vésicatoire sur la région du péricarde.
A cette époque, M. Dalmas avait reconnu à la région du cœur un bruit de soufflet distinct; oppression et fréquentes défaillances; délire. ( C’est pour combattre ces phénomènes ataxiques que l’on avait prescrit du vin de Malaga et des sinapismes, etc.) r.
4g8 maladies du coeur en particulier.
20 juillet. M. Barth , interne du service, s’est aperçu que le bruit de soufflet qui avait été très bien constaté les jours précédents , avait disparu , et il a reconnu dès ce moment une voussure manifeste à la région précordiale.
Le bruit de soufflet qu’on avait vu disparaître le 20 juillet sous l’influence de l’augmentation de l’épanchement du péricarde, a reparu le 26 juillet. C’est à partir du 28 que j’ai commencé à observer moi-même le malade. Il était alors dans l’état suivant : il n’y a plus d’oppression apparente, seulement encore un reste de douleur sourde, profonde , augmentant dans le décubitus à droite, et qui a son siège à la région péricardienne. Le faciès est tranquille ,mais^ pâle et affaissé / il n’y a rien du côté du ventre ni de la tête.
La région du péricarde est soulevée d'une manière frappante f sous foi'me d’une voussure à base large, étendue depuis la 2'^^ jusqu à la 5"**^ côte, et dont le centre ou le sommet est élevé au moins à 1 1-2 pouce au-dessus du niveau dti reste de la poitrine sur cette voussure les espaces intercostaux sont légèrement agrandis , et la maigreur du sujet permet aussi de constater que les parties molles intercostales de cette région ont subi un léger refoulement en dehors. Mesurée un peu au-dessous du sein, la circonférence ducôté gauche droitde la poitrine l’emporte d’un 1/2 pouce sur celle du coté gauche. Une matité complète existe dans toute l’étendue de la voussure. — Les battements du cœur sont forts, étendus, mais sans irrégularité, et en même temps sourds et comme profonds. — Appliquée sur la région du cœur, la main n’y éprouve pas de frémissement vibratoire, ce qui est dû sans doute à l enorme épanchement duliquide. — Enfin, on entend daus la région du cœur et aux deux artères carotides primitives un bruit de soufflet très prononcé.
La percussion et l’auscultation s’accordent pour dé-
OBSERV. DE PÉBIC- TERMINÉE PAR LA GUÉRISON. 4g9
montrer que la résorption de l’épancliement pleurétique n’est point encore achevée. — La respiration se fait 28 fois par minute , et le pouls qui bat 102 fois, est encore fort, dur et vibrant.
Les jours suivants, leraalade éprouvait un peu de mieux, quand le 3i juillet des Imprudences de régime ont déterminé une recrudescence. — Pouls de ii4 à ii5 pulsations , extrêmement fort et large; oppression manifeste ; 3o inspirations par minute. Face plus altérée , yeux cernés, chaleur générale, région abdominale douloureuse, langue rouge et sèche, conslipalion. Les battements du cœur sont plus tumultueux. ( Le malade est mis aune diète sévère.)
Les jours suivants , l’influence de la diète s’est rapidement fait sentir. Dès le 4 août , la respiration est tombée à 20 Inspirations, et le pouls à 96 ou 98 puisât. — Les battements du cœur sont beaucoup moins forts et moins profonds ; le bruit de souffleta diminué; la matité précoi’dlale n’est plus aussi étendue , et la voussure est manifestement moins prononcée. Mesurée, la poitrine n’offre plus qu’une différence de 3 lignes en faveur du côté gauche. Déjà le décubitus est indifférent, et la résorption de l’épanchement pleurétique s’opère d’une manière très sensible.
Le 7 août, tout est mieux encore, les forces du malade se refont; onn’aperçoit plus qu’une légère voussure de la région précordiale ; la matité n’occupe plus qu’un bon pouce de rayon. Le bruit de soufflet du cœur et des artères n’est plus que faible ; les battements du cœur beaucoup plus calmes conservent encore queh[ue chose de sourd et de profond ; et avec de l’attention, l’oreille appliquée à la région précordiale , perçoit de temps en temps une sorte de gargouillement , de flot de liquide ,
phénomène dont l’apparition est due sans doute à la diminution considérable de l’épanchement (i).
Le 1 1 , le malade a mangé la i/a , et une légère récrudescence est aussitôt apparue ; mais un régime plus modéré en a fait justice dès le jour même.
Enfin le malade est sorti le 12 août, la face ayant une teinte plus vitale; la peau plus colorée; les forces presque entièrement revenues; n’éprouvant aucune douleur, aucune oppression, aucune gêne précordiale. La voussure n’était presque plus appréciable , la matité presque réduite à l’état normal , le bruit de soufflet à peu près nul, tant dans le cœur que dans les artères carotides ; les battements du cœur entièrement calmes et redevenus superficiels; et la respiration, ainsi|qùe lasonoréité, reviennent progressivement dans la partie I inférieure et postérieure de la poitrine, sans toutefois avoir encore atteint le degré normal.
Homme de 3g ans. — Rhumatisme articulaire aigu. — Péricardite et probablement endocardite, — Saignées générales et locales ■ tartre stibié à liautc dose ; convalescence vers le vingtième jour. — Guérison complète les jours suivants , si ce n’est qu’il reste un léger bruit de souffle dans la région précordiale.
Etienne Brunei, âgé de 3g ans , fortement constitué , journalier , cheveux châtains , jouissant habituellement d’une bonne santé , malgré les fatigues et les vicissitudes atmosphériques auxquelles l’expose sa profession , disait être malade depuis une vingtaine de jours, lorsqu’il lut admis à la Clinique (n« 4 , salle Saint-Jean-de-Dieu) , le 19 janvier i833.
(0 Ce bruit SC passait dans l’estomac ou les intestins, et non dans le péricarde. Pour-qu’il eût eu lieu dans ce dernier , il aurait fallu un épanclieinent simultané de gaz et de liquides. (J. R.)
OBSERV. DE PÉRIC. TERMINEE PAR LA GUERISON. 6ol
Il y a dix ans , cet liomrne , après s’ètre baigné à l’eau froide dans un moment où son corps était fortement échauffé , fut affecté d’un rhumatisme pour lequel il passa six semaines à l’hôpital. Depuis cette époque ^ il a éprouvé , à diverses reprises , des douleurs rhumatismales; et c’est pour une maladie de ce genre qu’il est entré dans notre service. .
20 jaîiuier. Presque toutes les articulations des membres supérieurs et inférieurs sont douloureuses , et les mouvements de ces parties très difficiles.
État de prostration et d’immobilité générale ; visage animé ; pouls à 98, assez fort ; température de la peau à 37°; sueur assez abondante ; point de gêne dans la respiration; insomnie; sens et facultés intellectuelles à l’état sain ; soif médiocre ; langue humide et rosée.
Saignée de 3 i» 4 paleit. ; bour. et sir. miellés ; lav, j diète.