Y L' E FÎT ENSI 0 N ART É RIE LL E
mètre antéro-postérieur qui doit s'accroître plus que le diamètre vertical ». Ce sont là des faits, trop souvent méconnus.
Ce qu'il y a d'intéressant dans cette fausse hypertrophie, c'est qu'elle peut ensuite devenir réelle, comme Ollivier l'a judicieusement pensé, quoiqu'il n'en ait pas montré le complet mécanisme. Le cumr, à l'étroit dans la cavité thoracique, lutte contre cet obstacle d'un nouveau genre, il palpite et s'hypertrophie ensuite parce qu'il lutte. Mais, cette hypertrophie est bien distincte, au point de vue de sa pathogénie, de celle qui constitue un accident de croissance et qui ne serait autre chose que l'exagération d'un phénomène physiologique, l'accroissement du volume du cœur se produisant surtout jusqu'à 8 ou 10 ans, pour reprendre ensuite de 15 à 20 ans.
Dans les deux cas, il est vrai, il y a disproportion entre le volume du cœur et du thorax. Mais, dans la fausse hypertrophie, c'est le thorax qui se développe trop en longueur ; dans la vraie, c'est le cœur qui se développe outre mesure. Là, il faut agir mécaniquement par la gymnastique sur le thorax et les muscles; ici, il faut bannir tout effort et toute gymnastique un peu active, agir principalement sur le cœur par le repos, peut-être par la médication iodurée.
2° Croirait-on que chez les jeunes collégiens, la myopie devient parfois une cause indirecte de troubles fonctionnels du cœur, pouvant en imposer pour une hypertrophie cardiaque de croissance ? Rien n'est cependant plus vrai, et j'ai observé à ce sujet une dizaine de faits concluants. Ils sont la reproduction de celui d'À. Ollivier, dont voici la relation abrégée :
Un jeune collégien avait l'habitude de manger beaucoup trop vite; en outre, comme il était myope, il était obligé de se courber sur la table pour travailler. 11 comprimait ainsi son estomac déjà distendu et provoquait des accidents cardio-pulmonaires. Les parents inquiets revenaient sans cesse sur une prétendue hypertrophie du cœur ; on accumula les consultations, et presque tous les médecins en renom furent appelés à donner leur avis. L'enfant grandit, son affection du cœur s'atténua si bien qu'il put faire son volontariat dans l'artillerie ; aujourd'hui, il est aussi vigoureux que possible, apte à tous les exercices physiques, et sans le moindre indice d'un trouble circulatoire.
3° A côté de la « dyspepsie des diplomates », comme on peut l'appeler, c'est-à-dire des gens qui vont beaucoup dîner en ville, il y a la « dyspepsie des jeunes collégiens » qui mangent trop, ou trop vite.
On connaît, surtout depuis Sénac, Chomel et Stokes, les troubles cardiaques réflexes ou toxiques qui, se produisant sous l'influence des affec-