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II. Huchard. — Maladies du cœur, 3e édition. S

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Comme l'hypertension s'accompagne le plus souvent d'un état spasmodique de tout le système artériel, il faut veiller aussi au fonctionnement de la peau, combattre la tendance aux algidités périphériques, et pour cela, prescrire des bains fréquents, du massage, des frictions sèches sur le tronc et sur les membres. Nous en parlerons plus loin.

L'hypertension artérielle étant souvent une des conséquences de la vie sédentaire, il importe de modifier celle-ci, tout en défendant la vie agitée, les grandes fatigues, les émotions, les exercices violents, l'abus de la chasse à courre, les efforts, etc.

b). Médications nuisibles. — Employez avec circonspection les médicaments qui ont pour effet d'élever la pression vasculaire ou de produire la vaso-constriction. Dans ce nombre se placent le seigle ergoté, X atropine et la belladone, Vitrée1, etc. Quant aux médicaments cardiaques, aux préparations de digitale en particulier, on ne doit jamais en abuser, quoique la digitale porte en elle-même son correctif, par la diurèse qu'elle détermine en abaissant la pression artérielle après l'avoir d'abord élevée. La plupart des auteurs qui ont étudié l'action du café et de la caféine (Méplain, Binz, Giraud, Stewart, Huchard, Leblond) ont été d'avis que ces substances excitent la contraction vasculaire et élèvent la tension sanguine, quoique Gentilhomme et Aubert aient prétendu le contraire. Les recherches récentes de Gaetano Vinci viennent de mieux fixer encore ce point de physiologie thérapeutique ; elles ont démontré qu'à doses fortes et prolongées, la caféine élève très nettement la tension artérielle, et, pour le prouver mieux encore, cet expérimentateur, après avoir soumis des chiens et des lapins a des saignées abondantes et répétées dans le but d'abaisser la pression sanguine, a pu la ramener à son état presque normal par l'administration d'assez fortes doses de caféine. Donc, ce médicament dont on a tendance à abuser, devra être prescrit avec une certaine prudence à tous les hypertenseurs2.

Comme la dépuration urinaire joue un grand rôle dans le traitement de l'hypertension artérielle, il y a lieu de s'abstenir de tous les médicaments capables de porter atteinte à cette dépuration et d'augmenter

de poulet, parce que l'excrétion urinaire des oiseaux renfermant beaucoup d'acide urique, leur chair devrait servir à son élimination ! L'auteur anglais qui traite cette idée « d'absurde », a dû certainement mal comprendre ou mal interpréter ce qu'il a lu.

1 D'après Chubùttini (Rivista veneta di scienze med., 1895), l'urée que l'on emploie parfois à titre de diurétique (10 gr. pour 300 gr. d'eau) diminue la fréquence du pouls, fait contracter les artères périphériques et élève la tension artérielle.

2 Gaetano Vinci. Azione délia cafeina sulla pressione sanguina (Arch. diformacologia e therapeulica. Palermo, 1895).

HYPERTENSION ART É Iî I E L L E

encore l'insuffisance rénale. Tels sont : Vantipyrine, V atropine, la morphine. Cette dernière est cependant moins contre-indiquée parce qu'elle contribue souvent à abaisser la tension artérielle. — Les eaux sulfureuses, les bains 'Pair comprimé, les bains carbo-gazeux , les eaux chlorurées trop fortes sont également contre-indiqués. 11 en est de même du séjour à de hautes altitudes. Supprimer l'usage du tabac qui détermine la vaso-constriction et l'hypertension artérielle. , Nous répétons que la qualité des boissons a aussi une grande influence sur la production de l'hypertension artérielle, et c'est ainsi que, pour combattre ou prévenir celle-ci, il faut proscrire l'usage de l'alcool, des boissons spiritueuses, du thé en excès, etc.

2° Il faut combattre l'hypertension artérielle dans ses conséquences.

C'est ici que le traitement médicamenteux, fait son apparition et qu'il faut avoir recours aux médicaments possédant une action spéciale sur le système vasculaire, c'est-à-dire aux. médicaments artériels. Ils sont de deux sortes.

Les uns agissent en produisant la vaso-constriction et l'augmentation de la tension artérielle ; ils ne peuvent donc pas être employés pour combattre celle-ci. Dans cette catégorie de médicaments artériels vasoconstricteurs, dont il a déjà été fait mention, se placent : l'ergot de seigle, la belladone, l'hydrastis canadensis, la cocaïne, la strychnine, etc.

Au sujet de la strychnine, qui est le type des poisons convulsivants, Richter a cru voir (18G3) qu'elle détermine une augmentation considérable de la tension artérielle et une forte contraction des vaisseaux de la membrane interdigitale des grenouilles en expérience. Sigmund Mayer partage cette opinion qui n'est pas acceptée par Vulpian. Pour ce dernier, la strychnine n'agit pas d'une façon spéciale sur les vaso-moteurs et sur le centre vaso-moteur. 11 s'agirait alors du resserrement réflexe d'un grand nombre de vaisseaux périphériques, resserrement réflexe dû probablement aux stimulations excito-motrices de la substance grise bulbo-médullaire modifiée par cet agent toxique. En voici la preuve : à un chien chloralisé, on injecte de la strychnine ; dans ces conditions, la pression artérielle ne change pas, et cependant l'excitation des vasomoteurs peut produire des constrictions vasculaires chez les animaux chloralisés. Si la strychnine déterminait une excitation directe des centres vaso-moteurs, on devrait observer chez cet animal strychnisé une élévation de la pression vasculaire. Or, si ce resserrement ne se produit pas, c'est parce que le chloral abolit la réflectivité vaso-motrice de la moelle.

Les autres médicaments artériels, parmi lesquels les iodures, les

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nitrites, la nitrô-glycérine , le tétranitrale d'érythrol (ou tétranitrol) agissent en déterminant plus ou moins rapidement la vaso-dilatation et l'abaissement de la tension artérielle1.

a). Médications utiles. — Si les médicaments cardiaques (digitale, strophantus, caféine, etc.) agissent comme soutiens du cœur en tonifiant directement le myocarde et en élevant la tension vasculaire, les médicaments artériels se comportent comme des agents de soulagement du cœur. Ils agissent indirectement sur l'organe central de la circulation en favorisant ou en facilitant son travail par l'abaissement de la tension artérielle, par la dilatation vasculaire et par la diminution consécutive des obstacles périphériques. Ils activent encore l'irrigation sanguine des parois du myocarde en produisant la dilatation des coronaires. Ils possèdent également une action spéciale sur les parois artérielles, ce qui rend compte (avec l'abaissement de la pression vasculaire) des améliorations et des guérisons des anévrysmes aortiques non syphilitiques au moyen de la médication iodurée.

Un de mes anciens internes, P. Binet (de Genève) a étudié à nouveau l'action des iodures sur la tension artérielle (1890). D'après lui, les expériences ne permettent pas d'attribuer à l'iode et aux iodures une influence bien manifeste sur la pression quand ils sont ingérés à dose faible, non toxique, et par voie stomacale, dans les conditions physiologiques. « On ne saurait nier cependant, ajoute-t-il, les heureux effets du traitement ioduré dans l'artério-sclérose et certaines cardiopathies. 11 est possible qu'une pression pathologiquement modifiée soit plus accessible à l'action des iodures. » J'ai soutenu la même idée2, lorsque j'ai comparé l'action différente des médicaments à l'état sain ou à l'état pathologique. Quoi qu'il en

1 L'action vaso-dilatatrice de la nitro-glycérine, ou trinitrine, explique quelques succès obtenus par quelques auteurs, et en particulier par Ch. Weill (Thérap. gaz., 1885) par l'emploi d'injections sous-cutanées de trinitrine dans le stade de frisson de la fièvre intermittente.

On a cherché des médicaments vaso-dilatateurs ayant une action plus prolongée que le nitrite d'amyle ou la nitroglycérine. Le nilrile de sodium, le nitrate d'éthyle et la nitrocellulose expérimentés par Matthew Ha y, sont des médicaments infidèles et dangereux. Les éthers nitriques de la série grasse étudiés par Leech occasionnent de violentes céphalalgies. Le chlorhydrate d'hydroxylamine expérimenté par Lauder-Brunton, donne lieu à des troubles gastriques sérieux qui en ont fait cesser l'emploi. En 1895, Bradbury (de Cambridge) étudia l'action des nitrates d'alcool, en particulier des nitrates d'érythrol et de mannitol. (The Lancet, 1895). Il résulte de ses expériences, que les nitrates d'érythrol et de mannitol ont une action moins marquée, mais plus prolongée que ceux de glycol ou de glycérine. L'effet vaso-dilatateur de la trinitrine est transitoire et ne persiste que quinze à vingt minutes. Le tétranitrate d'érythrol n'agit qu'au bout de cinquante ou soixante minutes, mais son action persiste pendant une heure et demie. Le pentanitrate de quercite, préparé par notre interne en pharmacie, M. Brissemoret, devra être expérimenté comme agent vaso-dilatateur.

2 L'action thérapeutique des médicaments comparée à leur action physiologique. (Soc. de thérapeutique, 26 mars 1890. Revue yen. de clin, et de thérap., 1890, n° 34.)

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