H YPOTENSI 0 N A HT KHI E LLE
Dans le cours de rhumatismes articulaires aigus et fébriles à sueurs très copieuses, le pouls prend quelquefois les caractères du pouls hémorrhagique (pouls fréquent, ample, dicrote, à montée très verticale) comme on le voit (fig. 14).
On observe une grande différence dans tous ces tracés, et cependant ils indiquent tous (sauf la figure 1 1) une tension vasculaire plus ou moins
Fig. 14. — Pouls ample du rhumatisme avec sueurs copieuses.
amoindrie. Pourquoi, dans certains cas, observe-t-on une grande ampleur de la pulsation avec ligne d'ascension haute et verticale (fig. 1,3, 4, 5, 12, 14), tandis que dans d'autres (fig. 7 à Kl), cette même ligne d'ascension est beaucoup moins accusée, à peine apparente (comme dans la figure 13) ? C'est parce que, pour les premiers tracés, la systole cardiaque n'avait pas encore perdu sa force, c'est parce que la chute de la tension a été subite, et que le système vasculaire n'avait pu encore % adapter à son contenu, ce qui a eu le temps de se produire pour les cas représentés par les autres tracés.
S P H Y G M 0 M A NOMÈTIUE . S PII Y G M 0 .M A M). M El II ES
La palpalion du pouls avec le doigt et la sphygmographie peuvent bien renseigner sur l'état de la tension artérielle, mais nullement sur sa mesure. Pf»ur celte dernière constatation, il faut faire usage d'appareils particuliers : les sphygmomanomètres.
La sphygmométrie, c'est-à-dire la mesure de la tension artérielle, n'a été usitée pendant longtemps qu'en physiologie. C'est Haies, le premier, qui eut l'idée de mesurer la pression sanguine sur la carotide d'un cheval. Un connaît les manomètres .de Faivre et de Poiseuille, l'hémomètre de Magendie, les appareils de Marey, Chauveau, Ludwig, Setschenow, etc. 11 n'y a pas lieu de les exposer ici, puisqu'il s'agit d'appareils de physiologie. Ceux qui vont être décrits, au nombre de sept (appareils de Basch, Potain, Verdin, Bloch) peuvent être employés dans la clinique journalière.
MALADIES DU COEUR ET DE l'aORTE
1° Premier sphygmomanomèlre de Base h. — Ce sphygmomanomètre est abandonné. Il se compose d'un manomètre à mercure, à deux branches (m), en communication
Fig. 15.
au moyen d'un tube en caoutchouc rempli d'eau, avec la pelote (p) destinée à être appliquée sur l'artère. En a, se trouve un tube en T communiquant avec le mano-
Fig. 16.
mètre par l'anneau b et par le caoutchouc c avec l'entonnoir de verre d, entonnoir que l'on peut séparer par un robinet, de l'appareil rempli d'eau (fig. 15). 2° Second sphygmomanomèlre de Basch. — Il se compose d'un manomètre métal-
HYPOTENSION ARTÉRIELLE
lique F communiquant à l'aide d'un tube en caoutchouc D avec la pelote A. Cette pelote, ici, est représentée à l'état d'affaissement.
Pour se servir de l'appareil, il faut avoir introduit, au préalable, de l'eau dans le tube D. Pour cela, on ouvre un petit robinet E avec une clé mobile G, et dès que l'eau a suffisamment distendu l'ampoule, on ferme ce robinet. (Ce liquide une fois introduit peut y rester longtemps et l'on n'a besoin d'en remettre que lorsque l'ampoule s'est de nouveau affaissée, et forme une surface concave au lieu d'une surface convexe.) La pelote est renfermée dans une enveloppe métallique B, mobile à l'aide du ressort C. Pour se servir de l'instrument, on prend la tige du petit tambour métallique auquel est fixée la pelote, et on appuie sur elle jusqu'à ce que le doigt fixé audessous de l'appareil, sur l'artère radiale, ne sente plus de battements. Il faut se rappeler qu'avec cet appareil, la tension artérielle normale est représentée par les chiffres 11 à 16 pour la tension radiale, et par celui de 9 à 12 pour la temporale. L'exploration de cette dernière est préférable ; car, l'artère repose sur un plan plus résistant, elle est plus superficielle, et elle est peu séparée du doigt par les tissus environnants (fig. 1C).
3° Sphygmomanomèlre de Potain. — Il se compose d'une ampoule en caoutchouc A, d'un tube de transmission B, d'un tube supplémentaire C avec son robinet, d'un manomètre E. J'ai ajouté une poire en caoutchouc D, que l'on adapte sur l'ajustage G' lorsqu'on veut se servir de l'appareil, et qui est destinée à faire pénétrer l'air dans les deux tubes G et B. L'ampoule A est en caoutchouc ; la partie qui doit être appliquée sur l'artère est en caoutchouc plus mince et moins résistant.
Avant de se servir de l'instrument, on insuffle de l'air dans les tubës B et C au moyen de la poire en caoutchouc D que l'on presse entre les mains après avoir au préalable ouvert le robinet du tube G. Quand, sous l'influence de cette injection d'air, l'aiguille du manomètre est arrivée à 4 ou 5 divisions du cadran, on ferme le robinet du tube C. Alors, l'ampoule gonflée par l'air est suffisamment résistante, et l'on applique le sphygmomanomètre sur l'artère radiale. Voici son mode d'application :
L'avant-bras est d'abord placé horizontalement et dans la demi-pronation, avec la main pendante vers le bord cubital. Puis, on place l'ampoule A, par sa partie mince, sur l'artère radiale, en ayant soin de l'appliquer dans le sens de son grand axe, correspondant à la direction du vaisseau. On met l'index de la main gauche sur la radiale immédiatement au-dessous de l'ampoule, de façon à bien sentir les pulsations de l'artère, et le médius au-dessous du doigt indicateur de façon à effacer complètement l'artère et à empêcher la récurrence palmaire. Les choses étant ainsi disposées, on commence à mesurer le degré de la tension artérielle. Pour cela, l'indicateur de la main droite qui tenait l'ampoule sur l'artère appuie progressivement sur cette ampoule, jusqu'à ce que le doigt indicateur gauche, appuyé sur la radiale, ne sente plus les battements de l'artère. Le moment précis de la disparition de ces battements est celui où l'on doit lire sur le cadran du manomètre la mesure exacte de la tension. L'état normal est mesuré par les chiffres 1 G et 18 ; au-dessous de ce chiffre, il y a de l'hypotension artérielle ; au-dessus, de l'hypertension (fig. 17).
(Une des maladies qui présente parfois une faiblesse très accusée de tension artérielle est la fièvre typhoïde, et c'est ainsi qu'on a vu l'aiguille du sphygmomanomètre descendre jusqu'à 7 ou 8 divisions. Les maladies qui s'accompagnent de la tension artérielle la plus élevée sont Y artériosclérose, la néphrite interstitielle, et c'est ainsi que l'on constate parfois le chiffre de 28 à 30.)
Quand on ne se sert plus de l'instrument, il est bon d'ouvrir le robinet du tube C,