II. Huchard. — Maladies du cœur, 3e édition
MALADIES DU COEUR ET DE l'aORTE
4° Sphygmomètre de Verdin. — Il se compose d'un petit cylindre de cuivre contenant un ressort à boudin, qu'actionne une tige centrale terminée à une de ses extrémités par un patin perpendiculaire, au moyen duquel s'exerce la pression sur le pouce. Voici, d'après Verdin, comment on opère :
Le patient assis, le bras fléchi à angle droit, l'avant-bras en demi-supination, la main étendue sans effort, on saisit l'extrémité inférieure de l'avant-bras à pleine main, de façon à tâter le pouls avec le pouce. La main de l'opérateur doit s'appuyer sur le genou du patient ou sur le sien propre, ce qui évite les contractions volontaires ou non, des muscles de l'avant-bras ou de la main, que le poids du bras mis en expérience déterminerait chez l'observateur. On se sert de la main droite pour examiner le pouls droit, de la main gauche pour le pouls gauche. Quand la position est assurée, on cherche à bien saisir la radiale, à l'écraser avec le doigt et à apprécier quelle région de l'ongle du pouce paraît située directement au-dessus de l'artère que l'on comprime. Cela posé, on prend le sphygmomètre de l'autre main et l'on appuie son patin sur l'ongle du pouce, en s'efforçant de rendre ce doigt inerte, de façon à écraser le pouls radial par la seule action de l'instrument. On lit alors sur le piston quel nombre de grammes il a fallu pour obtenir ce résultat. Or, lorsque le pouls est bondissant et, en général, lorsqu'il a quelque intensité, son écrasement complet paraît difficile, parce qu'en amont de la pulpe du pouce compresseur la radiale vient battre le doigt, et qu'on ne sait exactement si l'effort qu'on effectue est
HYPOTENSION ARTERIELLE
réellement suffisant. D'autre part, on observe dans bien des cas, en aval du pouce, des battements récurrents qui inspirent la même hésitation; mais un peu de pratique fera disparaître bientôt ces deux causes d'erreurs.
Pour la lecture des divisions de ce sphygmomètre, l'on devra mettre la flèche qui est au sommet de l'appareil, en regard de soi.
Fiff. 18, représentant le fonctionnement du sphygmomètre.
5U Sphygmomètre de Ver din-C héron, à deux patins démontables. — Il n'est plus nécessaire avec ces deux patins de faire usage de l'ongle du pouce ou de tout autre doigt pour comprimer l'artère sous la pression du petit patin en métal du sphygmo-
mètre. C'est l'un ou l'autre de ces. deux patins que l'on applique sur l'artère pour obtenir son écrasement, tandis qu'avec l'index et le médius l'on s'assurera de l'arrêt du pouls (fig. 10).
6° Sphygmomètre à cadran de A. Bloch(ûg. 20).
7° Sphygmomètre à cadran de A. Bloch, modifié par Ch. Yerdin. — Dans ce sphygmomètre, le ressort de traction renfermé dans un tube de cuivre a été supprimé ; il est remplacé par deux ressorts extérieurs fixés derrière le cadran et reliés à chaque extrémité du fléau mobile articulé au bout de la crémaillère. Ce sphygmo-
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.mètre est muni également de deux aiguilles dont l'une entraine l'autre, qui reste
Fig. 20.
à la place impliquée par la pression, et devient ainsi indicatrice. L'usage de cet appareil est indiqué pour les démonstrations à distance (fig. 21).
Fig. 21.
Les sphygmomètres de Waldenburg et de Mosso sont assez compliqués et peu utilisables dans la pratique courante.
Tous les sphygmomanomètres cliniques sont défectueux; car ils ne donnent qu'une mesure approximative et infidèle de la tension artérielle. Par exemple, pour le sphygmomanomètre (fig. 17), la compression de la pelote ne s'exerce pas seulement sur le vaisseau, mais aussi sur les parties latérales, et les sphygmomanomètres ne permettent que de constater les grands écarts de la pression artérielle. Je persiste à croire que, sans le secours d'un appareil quelconque, il est permis, sinon de mesurer, au moins de constater l'état de la tension artérielle. En effet, le retentissement diastolique de l'aorte est un signe qu'il faut toujours savoir rechercher et trouver pour affirmer l'existence de l'hypertension artérielle. L'affaiblissement du ton diastolique de l'aorte est, au contraire, un signe d'hypotension artérielle.
Pour qu'un sphygmomanomètre clinique fût exact, il faudrait -qu'il fût construit d'une façon presque analogue au manomètre mis directement en rapport, chez les animaux en expérience, avec une artère ouverte. Or, quoique son application soit peut-être un peu longue et délicate, le