SYNDROME ARTÉRIEL
Le syndrome artériel a une grande importance, parce qu'il permet souvent dans certains cas douteux, d'établir fermement le diagnostic, etparce qu'il peut constituer à lui seul ce diagnostic lorsque le souffle diastolique fait exceptionnellement défaut, ou lorsqu'il y a lieu de le distinguer d'autres souffles diastoliques de la pointe et de la base.
Pouls. — Le pou/s a des caractères tellement nets et particuliers qu'il peut servir au diagnostic même avant la constatation du souffle diastolique. J'ai rappelé que le premier, Vieussens (1713) en a décrit presque tous les
INSUFFISANCE AORTIuUK
caractères : « pouls fort plein, fort vite, dur, si fort que l'artère de l'un et de Tautre bras frappait le bout de mes doigts autant que l'aurait fait une corde fort tendue et violemment ébranlée. » Plus tard, Selle avait relaté une insuffisance aorlique oîi il signalait un « pouls singulièrement grand, vite et dur, quoique régulier' ». Puis, Hope en IS'M, et Corrigan (1832) en firent une excellente description.
Le pouls radial est brusque, vibrant, ample, plein, bondissant [throhhing) ; il frappe fortement et rapidement le doigt, et l'on croirait, dit Aran, à la brusque détente d'un ressort. Mais celte force est apparente.
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Fig. .b9. — Insuliisance aortique endocardique.
Fig. 60. — Insuffisance aortique avec atheronie.
Après la diastole artérielle, rapidement l'artère s'affaisse (pouls des artères non remplies de Hope, pouls rétrocédant et dépressif, défaillant, coUap- ^ing puise de Stokes). La pulsation est plus courte qu'à l'état normal {puisas celer) Tous ces caractères augmentent encore lorsqu'on élève le bras du malade, ce qui, en favorisant la régurgitation sanguine et l'abaissement de la tension artérielle après la systole ventriculaire, accentue le caractère bondissant du pouls.
Le tracé sphymographique est également caractéristique : ligne ascendante verticale et élevée, ce qui est l'indice de la force impulsive de la systole ventriculaire et de la brusquerie de la diastole artérielle. Au sommet de cette ligne verticale, se produit rapidement un crochet caractéristique à angle aigu, ce qui traduit l'abaissement rapide de la tension artérielle. Puis la ligne de descente se continue par un petit ressaut et par
' Selle. Obs. de méd. Traduction française, 1796. — - D'après Miura, le pouls n'a pas les caractères du puisas celer dans l'insuffisance aortique bien compensée, mais toujours du pulsus Lardus. Ce n'est qu'à la période de décompensation que le pouls prend les caractères du pulsus celer (opinion très discutable). Mittheil. aus der med. FacuUœt zu To/do,
MAÏADIKS DF. I, liNUOCAlU)!';
un dicrotisme plus ou moins accentué. Ce crochet du sommet de la pulsation est caracléristiqne, avons-nous dit, mais il n'est pas palhognoraonique, et il peut s'observer au cours de maladies diverses, dans tous les cas en un mot où l'augmentation de la force ventriculaire coïncide avec un abaissement notable de la tension artérielle : fièvres typhoïdes, atîeclions puerpérales, hémorragies graves \ D'autre part, il faut se méfier de quelques sphygmographes, comme du sphygmographe Dudgeon, qui.
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