‹ Traité clinique des maladies du cœur et de l'aorte [electronic resource] (volume 3)Chapitre 21 sur 62 · SYMPTOMES VASCULAIRES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES VASCULAIRES

Pouls. — Dans le rétrécissement mitral pur, l'ondée sanguine est faible, le ventricule gauche atrophié et revenu sur lui-même, l'aorte a presque toujours un calibre au-dessous de la normale, et la tension artérielle est basse. Donc, le pouls est faible, vide, dépressible, presque toujours régulier. D'après Broadbent, le pouls n'est pas toujours faible, et

' Vaquez. De l'oreillette gauche diins le rétrécissement mitral, Tribinic médicale. 1903. Kn 1804, dans la thèse de mon élève Géiiaud qui porte le même titre (L'oreillette gauche dans le rétrécissement mitral, Paris 1894, thèse de 171 pages) et qui semble ignorée de quelques auteurs, j'ai voulu expriuier la même opinion.

MAIADIES DE l'endocarde

Tarière est parfois pleine entre les battements. Ce n'est là qu'une appai-ence, et l'on doit plutôt dire que la pulsation est parfois longue, comme on peutle voir par le tracé ci-dessus (Gg. 06). En un mot, le pouls du rétrécissement mitral n'a rien de bien spécial ni de pathognomonique. On a

parlé d'une certaine « hésitation avec prolongement de la pulsation », surtout dans les cas où le cœur bat lentement et irrégulièrement*. Or, cette « hésitation .» de la systole est due plutôt à l'arythmie qu'au rétrécissement milral.

Au sphijginographc , la ligne d'ascension est courte, peu élevée, se rapprochant un peu de la verticale, le sommet légèrement arrondi, la

Perret (de Lyon). Clin. méd. de. VHôlel-Dieu, 1887 : Province méd., 1889.

H É T a É C 1 s s E M K N r Al I T li A r.

ligne de descente longue, assez oblique, à peine ondulée. Souvent, le dicrotisme normal a presque disparu. Corvisart a fidèlement décrit le pouls du rétrécissement raitral : « 11 est moins régulier que lorsque l'orifice aortique est altéré ; il ne présente d'ailleurs ni force, ni dureté, ni plénitude, parce que la quantité de sang que le ventricule gauche pousse est proportionnée à celle qu'il reçoit de l'oreillette qui ne se dégage qu'in^ complètement, parce que d'ailleurs l'action de ce ventricule ne peut être bien vigoureuse puisqu'il n'est que faiblement stimulé par une petite quantité de sang. »

Dans le rétrécissement mitral sans complication de thrombose auriculaire ou cardiaque, d'insuffisance mitrale, de cardio-sclérose, d'adhérences péricardiques, le pouls reste régulier. Cependant, Varijtiitnie survient sous des influences diverses qui tantôt relèvent du cœur lui-même, tantôt d'un organe voisin ou éloigné. D'autre part, elle est transitoire, ou permanente.

Lorsqu'elle est transitoire, elle est le plus souvent d'origine digestive, et cède par conséquent à une médication qui vise principalement les divers organes de la digestion (estomac, intestin, foie). Ce fait a une grande importance pratique en raison de la fréquence des troubles dyspeptiques que j'ai observés dans la sténose mitrale, et de la médication qui doit viser principalement les fonctions digestives. L'arythmie transitoire peut encore être d'origine toxique (abus de tabac), ou d'origine nerveuse lorsque la maladie est associée au goitre exophtalmique comme j'en ai vu deux cas, et alors il s'agit de tachy-arythmie, ou encore lorsqu'elle évolue sur un terrain nerveux (hystérie, neurasthénie).

L'arythmie permanente est beaucoup plus importante ; elle s'installe chez le sujet pour ne plus jamais rétrocéder, elle est peu modifiée par les médicaments cardiaques et notamment par la digitale, parce qu'elle est due à des causes diverses : endocardite auriculaire et thrombose cardiaque, cardio-sclérose, insuffisance mitrale concomitante. Dans les deux premiers cas, il y a mélange de palpitation et d'arythmie, syndrome que j'ai étudié sous le nom à'anjlhmie palpitante . Lorsque ce syndrome est à son maximum, il a pour résultat de faire disparaître les principaux signes physiques du rétrécissement mitral ; le dédoublement du second bruit ne se montre plus qu'à quelques révolutions cardiaques, le souffle diastolique est absent, le roulement présystolique ne se manifeste que sous forme d'une certaine hédtatioa de la st/stole, et le dianostic de rétrécissement mitral ne peut plus se faire qu'à l'aide de l'administration de la digitale qui, en ralentissant le cœur, fait réapparaître de nouveau sous l'oreille les principaux signes physiques de la maladie.

J'ai insisté beaucoup sur le rétrécissement mitral à forme arythmique

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dans deux llièses de mes ('-lèves', et j'y insiste encore parce que la physiononnic du rélrécissement mitral semble toute difîérente. selon que le pouls reste régulier avec un rythme cardiaque normal, ou que le pouls devient et reste irrégulier avec le syndrome important de l'arythmie palpitante. Celle-ci est due à plusieurs causes ou plutôt à des états anatomiques divers dont il est possible d'établir le diagnostic. Lorsqu'il y a cardio-sclérose concomitante, on note en même temps tous les symptômes des cardiopathies artérielles ; lorsqu'il y a Ihromboso

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