‹ Traité clinique des maladies du cœur et de l'aorte [electronic resource] (volume 3)Chapitre 33 sur 62 · CLIMATS · texte numérisé non relu

CLIMATS

L'influence des climats sur toutes les cardiopathies, qu'elles soient valvulaires ou artérielles, est importante, et seuls conviennent les climats tempérés, ni trop chauds, ni trop froids. 11 ne suffit donc pas de dire avec Peter, que « l'air et le soleil sont salutaires aux cardiopathies». Les chaleurs excessives sont mal supportées ; elles ont pour effet de raréfier l'air et de produire une sensation dyspnéique résultant des efforts respiratoires nécessaires pour compenser la moindre oxygénation de l'air respiré (Dutrouleau) \ Les climats froids, humides, à brouillards, sont conlre-indiqués, parce qu'en augmentant la vaso-constriction périphérique, ils réclament un travail plus énergique du cœur, parce qu'ils exposent aux rhumatismes, aux affections des organes respiratoires.

L'influence du climat marin a été diversement interprétée. Peter conseille aux cardiopathes le séjour sur les côtes de l'Océan pendant l'été, et sur celles de la Méditerranée pendant l'hiver. Or, il faut déplacer ces malades le moins possible, et c'est seulement pendant l'hiver qu'il convient de conseiller à quelques-uns d'entre eux le séjour sur le littoral méditerranéen, en se rappelant que sur la Piivièra française le climat peut être dosé de la façon suivante : excitant sur le bord de la mer ; tonique à une distance moyenne de 300 à 500 mètres du bord de la mer ; sédatif un peu plus loin au flanc des collines et vers la montagne. Quoique Fiessinger ait judicieusement démontré que la cure marine est souvent favorable aux cardiaques, je suis d'avis qu'ils doivent choisir leur habitation à 300 ou 500 mètres du bord de la mer, à l'abri du vent et surtout du vent froid dont on connaît l'influence défavorable sur les angineux et les artério-scléreux. Par l'action qu'il exerce sur les nerfs cutanés, il provoque le spasme des vaisseaux périphériques, spasme

' DuTHouLEAu. Maladies des Européens dans les pays chauds.

M.VKADIF.S DK l.'r.NDOCARnK.

exisLiint déjà du {'ail de l'hypertension artérielle. Là où le vent souffle, les accidents d'hypertension artérielle sont à craindre'.

D'une façon t;énéralc, tous les cardiopathes, à la condition qu'ils ne soient pas arrivés à la période d'asystolie définitive et qu'ils ne présentent pas certaines complications (infarctus pulmonaires, hémiplégie, hypersystolie et éréthisme cardia({ue, anévrysme de l'aorle, angine de poitrine coronarieime, pseudo-angine par névralgie ou névrite du plexus cardiaque, tachycardie paroxystique), peuvent toujours et doivent souvent passer l'hiver dans le midi. Mais, le refroidissement subit de la tem[)érature au coucher du soleil et pendant les heures qui le suivent peut exposer les cardiopathes valvulaires à des poussées rhumatismales et les cardio-artériels aux accidents d'hypertension sanguine. Donc, à ce moment, les sorties doivent être prohibées, peut-être plus sévèrement que pour les bronchitiques. 11 en est de même des promenades sur le bord de la mer, à moins que le temps soit très calme. D'une façon générale, l'influence favorable du climat méditerranéen n'est pas due seulement à l'action de la chaleur, mais surtout à celle des rayons lumineux sur l'appareil vaso-moteur, sur le cœur péri|)hérique qui, répandu partout sous la surface cutanée, règle et gouverne le fonctionnement du cœur central, et la grande luminosité, spéciale à ces contrées, contribue à une médication puissante par la photothérapie-.

Les climats à'allitude sont défavorables à tous» les cardiopathes et surtout aux cardio-artériels, parce que l'abaissement de la pression atmosphérique a toujours une tendance à élever la tension artérielle. .J'ai déjà dit (t. l, p. 542) que, d'une façon générale, on doit défendre le séjour à des altitudes supérieures à 400 ou 600 mètres. Pour les fausses cardiopathies provoquées par des accidents digestifs, par l'anémie ou la neurasthénie, c'est autre chose. Mais alors, ce que le climat d'altitude guérit, ce n'est pas le trouble cardiaque, c'est la maladie qui lui a donné naissance. Néanmoins, il est imprudent et irrationnel d'envoyer ces pseudo-cardiaques à une altitude trop élevée, comme à Saint-Moritz dans l'Engadine, située à une hauteur de plus de 1800 mètres, et si l'on a voulu, il y a quelques années, recommander ce climat pour les vraies cardiopathies, on a encouru une grave responsabilité. En résumé, pas d'altitude un peu élevée (600 mètres au plus) pour les cardiopathies

' Ch. Fii:ssi\i;i:r. Quelle est l'inlhience du séjour au bord de la mer et du traitement marin en gênerai sur l'appareil cardio-vasculaire ? ('onfivi'n de tliala.isofherapip. Biarritz. 1903.— - 11. Ili cHuii). I.cs cardiopathies rhumatismales et artérielles sur le littoral méditerraureu. Cniii/rr^ /'riiiiidis //<■ cl i iiiit/ol /lénipie et i/'li ijf/ièiie iirlinhie. Nice, 1004. D.^remberg. iniluence ilu climat mediterraueen sur la marche des cardiopathies. Congrès de Nice,

TUAITEMKNT DES CARDIOPATHIES VALVULAIRKS ; HYGIÉ>'E 735

valvulaires; pas d'altitude trop élevée (1200 mètres au plus) pour les fausses cardiopathies des dyspeptiques, des anémiques et des nerveux,

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