MUGUET
Le muguet de mai ou convallaria maialis, de la famille des liliacées, aurait été utilisé dès l'iSO par Matthiole pour fortifier le cœur, par Car-
GNiEu. Tlu";e de Montpellier, ISST. P. Cvz.vux. (1. DEr.ACuoix, G. YAni'uiAN. Thèse.t de Paris, l s'17. t.sss, 18811. M. B.viLLV. Thëse deSnno/. 1888. TArsv. Thèse de Bordeaux, 1889. Popper,
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' I'ai'.chkis et Zf.bneh. Wlen. med . .lahrn.. 18(<".
theuser en 1745 pour calmer les palpitations \ Il a été introduit définitivement dans la cardiothérapie en 1880 par les médecins russes Troitzky, Bojojawlensky et Botkin dont les travaux ont été confirmés deux ans plus tard par G. Sée. Dès 1858, Walz avait reconnu la présence de deux giucosides, l'un cristallisé, \h convallarine douée de propriétés émito-cathartiques, l'autre amorphe, la coiwallamarine possédant une action cardiaque manifeste déjà révélée par Marmé vers 1875. Quant à la maialinc isolée des fleurs par Stanislas Martin, elle n'a plus été retrouvée ^
L'action physiologique n'est pas encore complètement élucidée. Cependant les expériences sur les grenouilles démontrent que l'extrait de convallaria est un poison pour le cœur qu'il arrête en diastole d'après Reboul et en systole d'après Bardet, qu'il ralentit le cœur, probablement en excitant les extrémités cardiaques du vague, et qu'il augmente l'amplitude des mouvements respiratoires. Il pourrait élever la tension artérielle, tonifier le myocarde, et produire une augmentation de la diurèse mieux qu'avec la digitale, disent G. Sée en France, Hurd, Ling, Taylor et Palk en Amérique; mais, il s'agit là d'une réelle exagération, comme Leyden et ïiller (de Pest) l'ont démontré. Du reste, il ne s'agit pas là d'un succédané de la digitale, comme on l'a prétendu, et ses indications thérapeutiques sont peu précises parcequ'elles sont trop étendues. Ainsi, G. Sée dans son enthousiasme exagéré, a pu écrire que le remède ne comporte aucune contre-indication parcequ'il peut s'appliquer à la plupart des maladies du cœur. Pour Dujardin-Beaumetz, il serait indiqué dans tous les cas 011 la digitale ne l'est pas, ce qui est bien vague, et cette opinion a encore été exprimée récemment par Janowski (de Varsovie). Il nous suffit de dire qu'employé à doses suffisantes, ce que l'on ne fait pas d'ordinaire, le convallaria est un bon tonique du myocarde et qu'il est faiblement diurétique, mais d'une façon inconstante.
Modes d'administration et doses. — Les infusions de fleurs et de tiges à la dose de 0,70 centigrammes (Troitzky) ou même de 2 à 6 grammes, celles de feuilles mieux tolérées par l'estomac (Kislitchenkofî), ne produisent que des effets très incertains, et sont abandonnées. — L'extrait aquerix est la meilleure et la plus constante des prépations (1 à 2 grammes par jour). — Le sirop représente 0,50 centigrammes d'extrait
' Dans les commentaires de P. A. Matthiole sur les six livres de Dioscoride (Lyon l.oTâ) que j'ai consultés, je n'ai pas trouvé la mention du muguet ou convallaria. CiniHEUsER. Matière médicale. 174.T. Walz. Stanislas Martln. Citation de Cazin : Traité des plantes médicinales indir/ènes, Paris, 1886. Marmk. Ueberconvallamarin, ein neues Herzgii't, 1875. Tanret. Bull, de fhérap.. 1882. — Bojojawlenski. Wixifch. Saint-Pétersbourg. 1878. TRorrzKi. Wralcli, 1880. H. Molliére. Lyon méd.. 1881-1882. G. Sée. Acad.de méd. 1882. llunn. Ling Taylor. Palk. Medic. Record., 1882, Reuoul. Lyon méd.. 1884. Bardeï. Noaveuti.i: remèdes. 1888. Leyden, ïiller. Wien. méd. Woch., 1882. Desplats. Journal des Se. méd. de Lille, 1882. NoGUÉs. Filhouu-Lavergxk. T/ièçes de Paris. 1883. A. Durand. Thèse de Paris, 1883. Du.iardin-Beaumetz. Nouvelles médications. 188.3. Janowski. Gazeta Lekarska. 1897. J. Laigre. Etude physiologique du convallaria niaialis. Tli.èse de Paris, 1903.Mollard. Lyon ??2é(/., 1904.
iMALADIKS DK i/eNDOCARDE
par cuillerée à soupe. — Valcoolature conseillée par Botkin (2 à 8 grammes par jour) est une préparation infidèle. — La convallamarine, produit mal défini, extraite de la feuille de muguet des bois se prescrit à la dose de 1 à 2 centigrammes. — Il est utile de se rappeler que Fe-xlrait de muguet doit être prescrit à dose suffisante (1 gr. 50 à 2 grammes par jour) pour produire des effets réels sur le cœur et sur le rein. — Le suc de la plante entière fraîche à la dose de i à 4 grammes, possède des propriétés tonicardiaques réelles dues à la convallamarine, et des propriétés diurétiques dues à la convallarine '.
GENÊT, SPARTÉINE
La spartéine est extraite des fleurs de genêt (famille des légumineuses), 11 existe deux espèces principales de genêts : le genêt purgatif et le genêt à balais, d'oii Stenhouse en 1851 a retiré la. scoparine et la spartéine peu soluble dans l'eau. Le sulfate de spartéine est seul employé. Le genêt à balais est un vieux médicament que Dioscoide, Pline, puis Sydenham, utilisaient déjà comme purgatif et surtout comme diurétique. D'après Stenhouse, les différences d'effets obtenues par l'emploi du genêt dépendent des variétés de proportions de scoparine et de spartéine contenues dans la plante, suivant les localités oii elle est récoltée. De même, il importe de savoir qu'une autre variété de genêt, celui d'Espagne {sparthtm junceum) qui croit principalement dans le sud-ouest, renferme un alcaloïde assez dangereux, la cytisine, dont la présence expliquerait certaines intoxications survenues après l'emploi de l'infusion de genêt'.
Les effets du sulfate de spartéine sur le système nerveux se rapprocheraient de ceux de la cicutine, d'après Vulpian et' son élève Rymon : exagération, puis diminution et même disparition rapide de l'excitabilité réflexe médullaire. Ils se rapprocheraient encore de ceux de l'atropine, en diminuant l'excitabilité du pneumogastrique (Garaud).
Les effets sur la circulation bien étudiés par Laborde et utilisés ensuite par G. Sée, se résument dans une augmentation d'intensité et de durée des contractions cardiaques, dans leur régularisation et leur ralentissement, dans l'absence d'action sur la pression sanguine, alors que la tisane de fleurs de genêt est franchement diurétique. Masius (de Liège), est moins enthousiaste, ses expériences lui ayant démontré que « l'influence sur le cœur, à l'état pathologique, est aussi incertaine que l'influence sur la fonction urinaire et sur l'état subjectif du malade ». D'après Lewaschew, les deux propriétés les plus remarquables se traduiraient par l'élévation de la pression sanguine et par la diminution plus ou moins considérable des phénomènes de stase sanguine, ce qui est encore à démontrer. Même doute sur les conclusions de Gushny et
' PoucHET. CiiEV,\LiER. Soc. dethémp. 1003. — - I'ehrot. Bull, des ne. pharmacologiques,
TRAITKMENT DES CARDIOPATHIES VALVULAIRES ; MÉDICAMENTS 773
Matliews admettant que le ralentissement du pouls par la digitale résulte de l'allongement des systoles, et de l'allongement des diastoles par la spartéine.
Il résulte de ces faits, que le sulfate de spartéine n'a qu'une action très limitée sur l'asystolie avec hydropsies cardiaques et congestions viscérales. Il produit de bons effets dans l'insuffisance mitrale avec arythmie et affaiblissement de la systole, au début de l'hyposystolie, ou encore après l'administration de la digitale pour renforcer l'impulsion syslolique. Il est d'autant plus utile qu'il peut être longtemps prescrit sans effet accumulatif et qu'il agit assez rapidement (une demi-heure après son administration, surtout lorsqu'on l'emploie en injections souscutanées)'.
Modes d'administration et doses. — Le sulfate de spartéine se prescrit à la dose de
10 à 30 centigrammes par jour e:i solution, en sirop ou en pilules. Les doses de 0,05 à 10 centigrammes suffisent le plus souvent. L'association de l'extrait de convallaria (0,10 centigrammes) du sulfate de quinine (0,06 centigrammes) et du sulfate de spartéine (0,03 centigrammes) en pilules (4 à 6 par jour) est une bonne formule agissant à la fois à litre tonique et sédatif du cicur. — En injections hypodermiques, le sulfate de spartéine se prescrit à la dose de 0,02 à 0,05 centigrammes, chaque lois, et dissous dans l'eau. — L'in/';«stoH de fleurs de genêts est diurétique : 10 à 20 grammes pour un litre d'eau bouillante (réduire à moitié par Fébullilion) . — Le suc de fleurs de genêt à la dose de 2 à 4 et même 6 grammes, renferme de la spartéine et de la scoparine (matière colorante cristallisable, douée de propriétés diurétiques). C'est à la présence de cette dernière substance dans cette préparation qu'il faut attribuer l'action sur la diurèse
ADONIS VERiNALIS
De la famille des renonculacées, l'adonis vernalis a été introduit dans la thérapeutique cardiaque en 1879 par Bubnow et Botkin (de Saint- Pétersbourg), puis en France par notre travail paru en 1884-1885, par JuUiard, Durand (1883). Le principe actif de cette plante, ïadonidine avait été découvert (1882) par Vincenzo Cervello.
Les expériences pratiquées sur les animaux par Bubnow, Mordagne, Lesage et par nous avec Eloy, ont démontré que l'adonis vernalis ralentit et renforce le cœur, qu'il active la diurèse et qu'à dose toxique
11 arrête le cœur en diastole (Huchard et Eloy) ou en systole d'après la plupart des auteurs. D'après Guirlet, l'adonis et l'adonidine ont une
'De Rymon. Thèse de Paris, 1S80. Laborde. Soc. de Ijiolofjie, 1883. G. Sée. Ac. de niéd. 188.0. Legris. Thèse de Paris, 1886. Gau.^ud. Thèse de Lyon, 1886. Voigt. Wien méd.Blatler, 1886. Masius. Acad. de inéd. de Belgique, 1887. Lewaschew. Zeitsch. f. Kiin. méd., 1889. Prévost et Binet, Thomas. Rev. méd. de la Suisse romande, 1887-1888 et 1899-1902. K. Cushny et A. Mathews. Arch. /'. exp. path. u.pharm. 1894-1895. Ch.\uvelot. Thèse de Paris, 1903. — - PorCHET et Chevalier. Soc. de thérap., 1903.
MAI.ADIF.S DR I,V.NDOCARDF,
action physiologique se rapprochant de celle de la digitale : excitation passagère du système nerveux accélérateur du cœur ; excitation du système nerveux modérateur et action sédative sur la fibre cardiaque. La diurèse ne serait pas due à une action primitive sur le rein, mais au rétablissement de la circulation. On a été jusqu'à dire que Tadonidine produit des effets aussi actifs que ceux de la digitale, sans en avoir les inconvénients (A. Durand). Encore une' exagération. Cependant, j'ai remarqué que le médicament exerce assez souvent une influence favorable sur les troubles respiratoires et sur la dyspnée.
Les indications thérapeutiques auraient besoin d'être précisées. Cependant, elles paraissent s'adresser à toutes les affections cardiaques avec stase sanguine, à la période d'hyposyslolie ou d'asyslolie, et d'après Olliver, aux insuffisances aortiques d'origine artérielle plus qu'à celles d'origine endocardique. Il faut se rappeler que, comme toutes les renonculacées, l'adonis et l'adonidine peuvent produire à dose un peu élevée des phénomènes d'irritation gastro-intestinale : nausées, vomissements, diarrhée. C'est même une des raisons pour lesquelles ce médicament dont l'action cardio-tonique est infidèle, n'a jamais été beaucoup employé, au moins en France, et j'y ai presque renoncé'.
Modes d administra tion et doses. — On peut employer les préparations suivantes : Infusion à la dose de 4 à 5 grammes dans 200 grammes d'eau bouillante à prendre en 4 ou 6 t'ois; alcoolatare, ou plutôt teinture d'adonis aux doses croissantes de 2 à 4 grammes; extrait fluide, 50 centigrammes à 2 grammes; extrait aqueux ou alcoolique (même dose en pilules) ; adonidine, 3 à 4 pilules de citfq milligrammes.