‹ Traité clinique des maladies du cœur et de l'aorte [electronic resource] (volume 3)Chapitre 38 sur 62 · MÉDICAMENTS CARDIAQUES MOINS ACTIFS · texte numérisé non relu

MÉDICAMENTS CARDIAQUES MOINS ACTIFS

Cereus GR VNDiFLORA. — Il cst préférable de l'appeler cereus que « cactus » grandiflora, parce que cette plante constitue une espèce de la feuille des cactées originaire de la Jamaïque et du Mexique.

Dans un cas de dilatation cardiaque avec asystolie, O'Hara a prescrit ce médicament avec succès sous forme d'extrait aqueux. Mais, malgré certaines observations qui tendraient à affirmer les propriétés cardio-toniques de ce médicament, on doit admettre que son action s'adresse plutôt aux troubles fonctionnels du cœur et qu'il ne produit pas d'effets diurétiques. Des expériences ont été instituées par Myers avec le principe

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actif, la cactine qui aurait été isolée par Sultan, pharmacien à Saint-Louis, et qu'il est impossible de se procurer. A dose thérapeutique, elle déterminerait l'augmentation de la force systolique et de la tension artérielle, et elle se rapprocherait même de la strychnine en influençant directement les centres moteurs de l'axe spinal, en augmentant les réflexes et en stimulant d'une façon générale le système nerveux. Les expériences faites dans mon laboratoire par mon élève G. Renoult, n'ont pas confirmé tous ces résultats ; mais je suis arrivé à cette conclusion que le cereus grandiflora doué d'une action toxique très faible, renforce la systole et diminue sensiblement la durée de la diastole, notable avantage sur la digitale dans le traitement de l'insuffisance aortique. D après Boinet et Boy-Teissier, le cereus grandiflora excite l'énergie des contractions du cœur sans provoquer ni ralentissement ni arythmie. Il n'a pas d'effets accumulatifs, et il a été employé dans presque toutes les lésions valvulaires, dans les cardiopathies secondaires et surtout fonctionnelles, dans la dilatation du cœur, l'atonie myocardique, l'éréthisme cardiaque, les pseudo-angines de poitrine. ^ En résumé, c'est un médicament cardiaque peu actif que l'on peut prescrire à haute dose sans inconvénient, et qui peut rendre quelques services.

La posologie est la suivante : f à 2 grammes d'exirait fluide par jour ; 30 à 60 et même 120 gouttes de teinture alcoolique ; 2 à 4 pilules d'extrait alcoolique à b centigrammes.

Apocynum Cannabinum. — Plante de la famille des apocynées, qui se trouve surtout aux Etats-Unis. Les médecins américains (Harvey, Zewett, Hutchins, Murrayj l'emploient depuis 1860 comme médicament cardiaque et surtout comme diurétique. En Russie, Datchewsky, Lapchine et Kostkiewic ont confirmé en partie ces résultats, et Glinsky prétend que l'apocynum agit comme la digitale en ralentissant et en tonifiant le cœur, en augmentant la diurèse et en combattant très efficacement la dilatation cardiaque. Les résultats que j'ai obtenus et qui sont en partie confirmés dans la thèse de Fromont, n'ont pas absolument confirmé les vertus diurétiques que l'on attribue en Amérique à ce médicament au point qu'on lui donne le nom significatif de « trocart végétal ». A dose trop élevée, il peut agir comme éméto-cathartique ; à dose modérée, il peut parfois ralentir et régulariser le cœur. C'est un médicament cardiaque infidèle, et cependant Pawinski a voulu récemment le réhabiliter, en insistant sur la rapidité d'action et d'élimination du médicament, sur ses effets diurétiques et cardiaques, même sur son innocuité presque constante -.

' O'Haka, 1883. Oki.ando Jonks. Co)t;/rès de (Uuscoir. isss d ','/,/. ,,i,-d. .Imir,/.. ISUIJ. 0. M. Myeus. Cactiua e uerv. cardiac stiniiilant. .V. )'<<//. nn-il. .Imini-. IS'.H. Iîoixet et Boy-Tessieii. <'oiu/irs i/r Ma rsi'd te. 18'.ll. II. lirc.ii .Imiriiat ,/,'s l'nilinfus. ISill, 181)1', 1901. et r/icrapriiiiiiiir ,i jipl ni iii'c , 18'.)G. JiMlN Ari.uK l'lill,-i<lel|illie| Mrr.'n'il, un- , 1 1 rid, 18i.)-J. GoKiioN Shaup. l'Iuniii. .Iiiiirii.. IS'.I7. G. IIknoi i.r. Tln-si' ,/c l'iais. l'.ll):;. — -(ji.inskv. \Vr/itr/i. 1894. L. Fko.mont. Action cai'iliac(ue de lapocynum cannabinuui. T/iese de l'aria, 18'.)."). KosTKiEwicz. Kieff 1898. Pawinski. Soc. de Ihérup. Paris, 1904. L. Dmitke.nko (d'Odessa). Journal des Praticiens, 1904.

MALADIES DE l'eNDOCARDE

Posologie : 10 à 15 gouttes de teinture, trois fois par jour; (je suis arrivé une fois sans provoquer d'accident à la dose de 80 gouttes).

GoRONiLLE. — IMante herbacée de la famille des légumineuses, très répandue dans le midi de la France. Dès 1813, Desvaux relate deux exemples d'intoxication accidentelle assez douteux par cette plante (coronille scorpioïdes), et cinq ans plus tard Lejeune (de Verviersj mentionnait ses propriétés diurétiques.

Son principe actif, la coronilline a été isolé en 1884 par Schlagdenhauffen et E. Reeb, et les expériences ou observations de Cardot, de Gley et SchlagdenchaulTen, Spillmann et Haushalter, de Poulet (sur la coronille bigarrée) de Ilochhalt, de Prévost ont démontré que parfois la coronille produit quelques effets se rapprochantde ceux de la digitale : augmentation de la diurèse, de la tension artérielle etde l'amplitude du pouls, diminution des œdèmes et de la dyspnée'. Suivant les espèces animales, elle agit tantôt primitivement sur le myocarde et ensuite sur les nerfs du cœur, tantôt sur ceux-ci d'abord, Son administration est parfois suivie de nausées, de vomissements et de diarrhée. D'après Poulet, la coronille bigarrée aurait une efficacité supérieure à celle de la coronille scorpioïde. Ses indications thérapeutiques sont incertaines, et à la suite d'expériences de Reboul (de Lyon), Soulier est arrivé à conclure que la coronille est, comme médicament cardiaque, un agent dangereux.

Posologie : Extrait alcoolique à la dose de 0.20 à 0,60 centigrammes, et même 1 gr. 50 en pilules, cachets ou potion ; teinture alcoolique, 2 à 4 grammes. (Le médicament est mal toléré en potion ou en solution en raison de sa grande amertume). Injection sous-cutanée douloureuse exposant aux abcès. — Corollinine, 0,10 à0,20 centigrammes par la voie gastrique (Spillmann et Haushalter), dose excessive d'après Prévost (de Genève). Donc, celte posologie n'est pas encore absolument établie.

Laurier-rose. — De la famille des apocynées, le laurier-rose {nerium oleander) renferme deux principes actifs, la néréine et Voléandrine, celleci isolée autrefois par Lubonsky (de Saint-Pétersbourg). Le nombre des empoisonnements causés par cette plante est considérable, et Morgagni en cite déjà un cas. Autrefois on l'employait, sans succès d'ailleurs, dans les dermatoses, et Loiseleur Deslongchamps l'expérimentant sur lui-même par la voie gastrique, en éprouva des accidents sérieux-. L'action cardiaque a été révélée par Pélikan en 186G. Dans sa thèse (1888), F. Pouloux, élève de Dujardin-Beaumetz, admet que le laurier-rose arrête le cœur du lapin en systole, que dans l'asystolie il tonifie le cœur et augmente la diurèse, qu'il

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semble indiqué dans les mêmes cas que le strophantus. Cependant, il faut s'en tenir à l'opinion exprimée dès 1832 par Mérat et de Lens, à savoir que le laurier-rose est un médicament trop actif pour être employé sans de grandes précautions et qu'il faut continuer à le réserver seulement pour être l'ornement de nos jardins.

Posologie incertaine : Extrait hydro-alcoolique à la dose de 0,05 centigrammes, à répéter une ou deux fois par jour.

Crategus oxyacantha. — Arbrisseau (aubépine) de la famille des rosacées. Les fleurs en infusion avaient été déjà recommandées par Ducrest contre les angines^. Elles sont douées de propriétés sédatives sur le système nerveux et sur le cœur, et c'est pour cette raison que j'ai utilisé la teinture de cratœgus oxyantha à la dose de 30 à 80 gouttes par jour (non toxique) dans tous les troubles fonctionnels du cœur. Son action cardiaque est certes très légère ; mais ce médicament peut rendre quelques services, surtout en raison de son absence complète de toxicité"'.

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