Palpitations par anf>iospasme
Fig. 94. — ■l'acliycardie to.xique à la période terminale de la fuberculose pulmonaire.
Fig. 95. — Tachycardie modérée au cours d une lièvre typhoïde.
gnostic qui est le plus souvent facile, si l'on s'appuie sur l'apparition et la disparition brusque et rapide des accès, sur l'accélération extrême du pouls. C'est ainsi que la tachycardie essentielle paroxystique se distingue aisément de toutes les tachycardies survenant au cours d'une cardiopathie, du goitre exophtalmique, de l'hystérie, de la neurasthénie, de la fièvre typhoïde et des maladies infectieuses, de la tuberculose pulmonaire, de l'adénopathie trachéo-bronchique par compression des nerfs pneumogastriques, de
{Frxiici' ûicilicali'. l.SSlli. nAti;iANir,A admet trois l'ormes : paro.\,> slique. rémittente, rontiniie Hliris/,, Veiii'lii ili meil IS!t,S).
TACHYCARDIE PAROXYSTIQUE
la ménopause, du tabès ^ On ne confondra pas la tachycardie paroxystique avec les accès de palpitations ou de tachycardie consécutifs à la vaso-constriclion périphérique, et que Jacob a décrit après nous, sous le nom de « dilatation du cœur angiospatique ». D'une durée de deux à trois heures, ils se manifestent sous forme d'accès de palpitations dépassant rarement 130 ou 140 pulsations, avec pâleur de la face, refroidissement des extrémités, angoisse précordiale, vertiges, augmentation de volume du cœur'. Les diverses causes de tachycardie ont déjà été étudiées (tome I, page 367).
On a voulu établir une distinction clinique entre la tachycardie par parésie du pneumogastrique ou par excitation du grand sympathique, la première s'accompagnant de troubles pulmonaires, la seconde de troubles vaso-moteurs. Il s'agit là plutôt d'un diagnostic physiologique.
Pathogénie ; étiologie.
Pathogénie. — La nature exacte de cette affection n'est pas encore élucidée et les auteurs sont partagés sur la question de savoir s'il s'agit d'une paralysie transitoire du pneumogastrique ou d'une excitation du sympathique. Cette dernière cause serait incapable de produire une tachycardie aussi prononcée, seule possible avec une vago-parésie.
Ce qui rend difficile l'interprétation pathogénique de la maladie, c'est la rareté des autopsies. On en compte une dizaine dans la science, et elles sont presque toutes négatives, c'est-à-dire qu'on n'a pas constaté de lésions. Sans doute, la théorie bulbaire à laquelle je me suis d'abord rallié, peut être discutée. Mais on ne connaît pas de lésions destructives ou compressives du bulbe ayant produit ce syndrome tachycardique ; les tumeurs et la névrite du nerf vague déterminent sans doute la tachycardie, mais modérément, et non pas toujours sous forme paroxystique. D'après Herringham, s'il y a lésion du pneumogastrique, c'est plutôt au niveau des terminaisons intra-myocardiques de ce nerf qu'il faut les chercher. La cause originelle du ma' siégerait donc parfois au cœur lui-même, aux filets terminaux du nerf vague, et c'est ce qui expliquerait sa production possible dans l'aortite subaiguë et surtout dans la périaorlite, comme j'en ai vu trois cas. Le fait de Buckland après la rougeole, ceux que j'ai observés après la grippe, ne vont pas à l'encontre de cette opinion, les toxines microbiennes affectant volontiers les terminaisons nerveuses et les fibres musculaires. L'origine toxique peut être invoquée dans deux cas de tachycardie paroxystique que j'ai vu surve-
' J. IIeitz. Les nerfs du cœur chez les tabétiques. T/tè«e de Paris, 1903. — - Jacou. Zeitsch. f. klin. mécL, 1895.
H. HucHARD. — Maladies du cœur. 3° édition. — m. 53
NKVROSP, DU COIX'R
nir au cours d'une néphrile interstitielle arrivée à la période uréiiiique.
D'après Martins. la tachycardie dépendrait d'une sorte de dilatation pant.ri/sii(jn(' du ( (l'iir ; par suite de celle-ci, la systole ventriculaire ferait pénétrer dans les artères une quantité insuffisante de sang, d'où l'obligation pour l'organe d'augmenter le nombre de ses contractions dans le but de compenser l'insuffisance d'irrigation sanguine. Cette théorie est en contradiction avec l'observation clinique qui démontre l'absence de dilatation du cœur au début de la crise tachycardique. Du reste, il faudrait encore expliquer la cause de celte cardiectasie primitive. Dans cette théorie, on prend l'effet pour la cause. 11 en est de même de l'opinion des auteurs qui, trouvant à l'autopsie des lésions de myocardite interstitielle ou parenchymateuse, leur attribuent un rôle pathogénique dans la production de la tachycardie. Or, ces lésions sont toujours une conséquence du surmenage du muscle cardiaque.
Le commencement de l'accès est sous la dépendance du pneumogastrique, et sa prolongation est due à la production de poisons produits par l'excès de travail du cœur. Silva explique ainsi la cessation brusque de l'accès : La dilatation cardiaque et la stase sanguine augmentant, finissent par exciter les ganglions intra-cardiaques et les terminaisons cardiaques du pneumogastrique, d'oîi par voie réflexe, une stimulation du centre du nerf vague qui ramène le cœur à son état normal. De la sorte, la maladie constitue son propre remède'.
La throric de la jjar/'sir du pm-immi/astriquc soutenue par Bouveret, Freyhan, Cardarelli et Hosenfeld a pour elle quelques autopsies. Chez un malade de 40 ans, atteint d'insuffisance aortique avec tachycardie paroxystique, on trouve à l'autopsie une lésion du nerf vague gauche englobé dans une cicatrice anthracosique du péricarde fibreux (Apert). Chez un homme de 72 ans atteint également de ces deux affections, l'autopsie fait constater au-devant de la crosse de l'aorte très altérée par l'inflammation, le nerf pneumogastrique gauche très hypertrophié et doublé de volume (Chauffard). De même, dans un autre cas, il y avait une médiastinite intéressant les nerfs et les ganglions du plexus cardiaque (Desplats). Atrophie du nerf pneumogastrique gauche par compression d'un ganglion bronchique induré (Stix). Guérison d'une tachycardie à la suite de l'extirpation d'un ganglion comprimant au cou le nerf vague droit (Strahler). A l'autopsie d'un malade mort subitement de tachycardie paroxystique, on trouve le nerf pneumogastrique comprimé par des ganglions tuberculeux avec des lésions analogues à celles du nerf optique dans la sclérose en plaques : atrophie des fibres nerveuses et des cylindraxes
' SiL\ -V (de Paviu). Les névroses cardiaques, t'onr/rés de Nuples, JSaT.
TACHVCARDIE PAROXYSTIQUE
(Schlesinger). Enfin, dès 1889, dans les cas de tachycardie chez les tuberculeux, Jouanneau a souvent constaté la compression du nerf pneumogas-" trique gauche'. Sans doute, dans les faits cités, il ne s'agit pas toujours d'une tachycardie paroxystique « essentielle » ; mais il n'en est pas moins vrai qu'il existe une tachycardie paroxystique par lésion du nerf vague.
Souvent au cours du goitre exophtalmique, on observe des accès de tachycardie paroxystique, et il semble donc que Vorigine fhyro'idienne puisse être invoquée, d'autant plus que dans ces cas on constate fréquemment des crises d'amaigrissement en rapport avec l'hyperthyroïdation, et que les deux maladies peuvent coexister ou se succéder chez le même sujet. Ainsi, on a cité un cas oii le goitre exophtalmique a succédé immédiatement à une crise de tachycardie paroxystique Il faut se rappeler à ce sujet, que, même en l'absence d'une hypertrophie de la glande thyroïde, il existe toute une classe de tachycardies d'origine thyroïdienne.
ÉïiOLOGiE. — Elle est obscure et peu nette : traumatisme ^Klemperer, Le Dentu), choc moral et émotions, surmenage physique et moral; hérédité directe (plusieurs cas dans la même famille d'après Faisans, J. Trumpp et moi-même qui ai observé le fait quatre fois); hérédité indirecte, comme je l'ai vu trois fois chez une mère basedowienne dont l'un des enfants était atteint de tachycardie paroxystique, faits en faveur de la théorie thyroïdienne. Dans un cas de tachycardie paroxystique du à Buckland, le père avait succombé à une paralysie générale et la mère était folle. On a trouvé encore l'alcoolisme, l'asthme dans les antécédents (Trechsel). C'est chercher bien loin l'hérédité indirecte. On a voulu faire encore de cette maladie une manifestation comitiale parce que Nothnagel, ïalamon et Rosin ont constaté une fois son association fortuite avec l'épilepsie, ou encore une maladie ayant des rapports avec la migraine (Maixner^). A ce sujet, je répète ce que je disais en 1891 à la Société médicale des hôpitaux : En admettant que la tachycardie puisse a;oir une origine épileptique, le fait n'en serait pas moins extrêmement rare. On sait, du reste, que la tachycardie s'observe chez des gens plus âgés que l'épilepsie. De même pour les prétendues angines de poitrine épileptiques; elles ne reposent guère que sur des erreurs de diagnostic.
' Jouanneau.' T/tèse cZe Paris, 1889. Stix. Munch. méd. Woch., 1893. Strahler, Soc. deméd. interne de Berlin, 1891 . Chauffard. Bull, méd., 1896. Desplats. Journ. des .te. méd. de Lille, 4896. — Schlesinger. Soc. de méd. interne de Vienne, 1903. — - Jamieson. Soc. clin, de Londres, 1890. — ' Klemperer. Soc méd. interne de Berlin, 1891. Le Dentu. Méd. mod., 1891. Talamon. Société médicale des liôpitdiix. 1891. Rosm. Soc. de méd. de Berlin, 1893. Trechsel. Rev.méd. de la Suisse romande, 1893. Tiiumpp. Munch. med. Woch., 1897. Maixner. Sbornik Klinicky, 1902.