PATHOGKNIR DES AFFECTIONS CONGÉNITALES
vonlriculaires. Il faut, d'antre part, pour que les valvules de l'artère pulmonaire soient atteintes d'endocardite, que l'individualité de cette artère soit constituée. Or cette artère est formée quelques jours à peine avant que la cloison soit complète. Il serait curieux que l'endocardite éclatât ainsi à époque fixe, juste entre la Cf et la T semaine de la grossesse. Aussi, hormis quelques très rares exceptions, les différents types de communication interventriculaire semblent devoir relever uniquement de la tératologie ^
Malformations du cœur consécutives aux malformations thoraciques. — Nous avons étudié (t. III, p. 63o) les troubles fonctionnels du cœur consécutifs à certaines déformations thoraciques. Nous avons encore mentionné (t. III, p. 646) certaines malformations thoraciques capables pendant la vie fœtale, de déterminer par compression certaines lésions cardiaques. Il s'agit donc d'un nouveau mode d'arrêt de développement consécutif à la compression thoracique. Dans une observation de Apert, relative à des malformations Ihoraco-cardiaques par compression intra-utérine, le malade présentait un rétrécissement congénital de l'artère pulmonaire, j'ai observé un fait semblable chez un homme de 33 ans (fig. 79), et chez un enfant de 15 ans dont je donne ici la photographie. Dans ces cas, on ne pouvait invoquer ni le rachitisme, ni un traumatisme survenu après la naissance. Il y aurait donc des malformations cardiaques dues directement à la compression thoracique, et les deux malformations, du cœur et du thorax, procéderaient de la même cause : la compression du fœtus par l'utérus en raison de l'insuffisante quantité de liquide amniotique Jusqu'ici, ilj n'y a que trois observations de ce
Fis.
)8. — Malformations thoraco-cardiaques L par compression intra-utérine.
Moussoi'S. Maladies'congénilales du cœur, 1895. — - Apert. Soc. des hôp., 1899,
AFFRCTIONS CONGENITALES DU COEUR
genre; il en faut attendre de nouvelles pour conclure. En tout cas, on ne saurait trop dire avec Duroziez, qu'un « thorax mal fait dénonce un cœur mal fait », et quoique la déformation thoracique signalée dans une observation de Marie, n'ait pas été alors interprétée par son auteur dans le sens d'une compression intra-utérine, nous croyons utile d'en reproduire la description : gibbosité en forme de pyramide triangulaire au-dessus de l'appendice xiphoïde, avec sommet proéminant en avant et dépression au-dessous d'elle. Cependant, d'après Marie qui s'appuie sur une autre déformation de la partie postérieure du crâne, déformation consistant en une profonde dépression transversale au niveau de la suture qui réunit le bord postérieur du pariétal de chaque côté etle bord supérieur de l'écaillé de l'occipital, ce fait viendrait plutôt à l'appui de la théorie des arrêts de développement sans compression intra-utérine, puisque les points d'ossification des côtes et de l'écaillé de l'occipital se montrent en même temps, au deuxième mois de la vie intra-utérine ; de telle sorte que les différentes malformations du thorax, du crâne et du cœur se sont accomplies d'une façon concomitante \ Cette question des malformations du cœur consécutives aux malformations du thorax n'est donc pas encore complètement élucidée; mais elle devait être posée.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Les deux théories pathogéniques, de l'endocardite et de l'arrêt de développement, sont également soutenables, et si dles soulèvent des objections, c'est parce qu'elles peuvent être toutes deux invoquées. Sur ce point, l'éclectisme semble parfaitement indiqué. Cependant, il est vraisemblable que les lésions orihcielles sont souvent la cause des anomalies associées. Il est rare de trouver à l'autopsie une lésion congénitale isolée; le plus souvent les lésions sont multiples et portent, soit sur les orifices du cœur, soit sur les gros vaisseaux artériels ou veineux, soit sur les cloisons. Dans l'étude des cardiopathies valvulaires acquises, nous avons suffisamment décrit les cardiopathies valvulaires congénitales, soit qu'elles siègent à l'aorte ou à l'orifice auriculo-ventriculaire gauche, soit qu'elles intéressent l'orifice pulmonaire ou l'orifice auriculo-ventriculaire droit. Pour éviter des redites, nous ne parlerons ici que des anomalies du canal artériel et principalement des anomalies des cloisons cardiaques, puis des principales lésions associées.
Anomalies du canal artériel. — Chez le fœtus, le canal artériel est un conduit indispensable, car le tissu pulmonaire ne pouvant pas recevoir
' Marie. Leçoris de clinique médicale, 1896.