IV. — Angine de poitrine dans Tépilepsie
D'après Trousseau, l'angine de poitrine serait une des manifestations de l'épilepsie, elle serait une manière d'être de sa forme vertigineuse, une sorte de névralgie épileptiforme. « Elle en a l'invasion brusque, la marche rapide, la cessation soudaine, et il n'est pas très rare que des malades qui ont autrefois éprouvé des accès d'angor pectoris prennent plus tard de véritables attaques de mal comitial, de même que chez d'autres, l'angine de poitrine a pu être autrefois précédée d'accidents épileptiformes bien nettement caractérisés. »
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Celle opinion est erronée, et VaiK/iite (h- poilriDo )icsi pds une //uiii//rs/(i//o/i i!r /'rj/l/r/js//'. Mai?, plusicurs cas peuvent se présenter :
l" Un épileptique peut devenir artério-scléreux, et à ce dernier litre seulement, il a des accès qui ne relèvent en aucune façon de l'épilepsie.
Un malade âgé de 40 ans, avait eu dès l'âge de 15 ans, des accès d'épilepsie coiivulsive. Ces derniers ont presque disparu depuis quatorze ans environ sous l'influence de la médication bromurée, et ont été remplacés par des vertiges et des absences. Depuis trois ans, il est atteint de crises angineuses qui surviennent toujours sous Tinfluence des efforts ou d'une marche précipitée. Or, depuis trois ans, le bromure qui, à la dose de 6 à 8 grammes, a déterminé si rapidement la sédation et la disparition des accès épileptiques, n'a en rien modifié les accès angineux dont la cause devait être attribuée à une aortite subaiguc et dont l'amélioration fut obtenue grâce à l'administration des iodures et d'une médication spéciale. Ici donc, il s'agissait d'un ancien épileptique devenu angineux sous l'inlluence du développement de l'arlério-sclérose et de l'inllammalion aortique.
2" Il ne faut pas confondre l'aura épileptique cardiaque avec une manifestation angineuse. En effet, quelques épileptiques éprouvent, parmi les phénomènes précurseurs de leurs attaques, des accidents divers caractérisés par une douleur précordialc plus ou moins vive, par une sensalion de poids ou d'oppression sur la poitrine, par des palpitations très violentes et douloureuses.
3" U ne faut pas confondre Y (■pilcpsic avec les accidents (■pUcpllfonncs.
Ces derniers peuvent être, en effet, une manifestation de l'artériosclcrose ou de l'athérome cérébral, au même titre que les accidents angineux sont dus à l'arlério-sclérose du cœur.
■i° Les affections de l'estomac peuvent déterminer à la fois du côté du cerveau des accidents réflexes connus sous le nom d'c/y/Zr-yAv/r (/usiriquc \ et au cœur des accidents (ingi/il/ormcs qui serônt bientôt étudiés.
Les causes d'erreurs, on le voit, sont assez nombreuses. C'est là sans doute ce qui explique l'asserlion erronée de Trousseau.
T II A n E M E N T
C'est la (Idulfur que l'on doit surtout chercher à combattre dans les pseudo-angines névrosiques. Donc, il faut employer les injections de
' 11. l'oMMAY. Contiiliul inii à lï'tude ilc ri'jiilcpsie irastiMi|up et ilcs relations existant filtre cette épilepsieet eei taines névroses du nerf vague [liecue de inédecine, liSbil).
MALADIES DU COEUR ET DE l'aORTE
morphine au moment des accès, les inhalations d'élher et même de chloroforme, dans les formes névralgiques ; dans les formes vaso-motrices, l'inhalation de quelques gouttes de nitrile d'amyle et la nitro-glycérine (à la dose quotidienne de 6 à 12 gouttes de la solution au centième).
On peut encore avoir recours : au chloral, soit sous forme de lavement, soit en potion ; aux préparations d'antipyrine en injections sous-cutanées ou par la voie stomacale à la dose de 2 ou 3 grammes par jour, ou encore à celles de phénacétine (1 gr. 30 en trois fois dans lajournée) ; au salicylate de soude à la dose de 4 à 3 grammes pendant deux à quatre jours. Quand les crises surviennent surtout pendant la nuit, on peut prescrire, outre les injections de morphine et les préparations de chloral, le sulfonal ou le trional à la dose d'un gramme le soir.
Comme pour toutes les manifestations hystériques, on pourra encore tenter la pression sur la région ovarienne hypéresthésiée ; mais ce moyen, souvent excellent pour faire avorter ou disparaître des crises convulsives, ne m'a jamais réussi contre les crises sténocardiques. Dans l'intervalle des accès, on peut encore prescrire des antispasmodiques, des calmants, du bromure de potassium, des préparations d'aconitine à la dose de trois pilules d'un quart de milligramme par jour.
L'hydrothérapie sera conseillée, soit sous la forme de lotions froides ou tièdes, soit encore sous celle de frictions au drap mouillé, ou de douches générales. L'enveloppement avec le drap mouillé, et surtout les lotions froides devront être prescrits avec prudence, à cause de la sensation de froid trop rapide qu'ils déterminent, et parce qu'on voit ces pratiques produire des accès angineux. Quant aux douches, il faut les administrer d'après les règles suivantes : l'hydrothérapie doit être employée en dehom des accès, sous forme de douches légères, de courte durée, en commençant d'abord par des douches tièdes à jet brisé et en n'arrivant que progressivement à la douche froide à 24° ; se garder de la diriger d'abord sur la région précordiale, qu'il ne faudra pour ainsi dire qu'effleurer, et porter surtout son action sur les membres inférieurs.
Lorsque les accès offrent une périodicité réelle, on a conseillé des préparations de quinine, et plus particulièrement le valérianate ou bromhydrate de quinine à la dose de 50 à 60 centigrammes par jour, en y associant parfois l'arséniale de soude à la dose quotidienne de 2 à 6 milligrammes. L'arsenic agit ici, à la fois comme sédatif et tonique du système nerveux, et c'est ainsi qu'il produit de bons effets dans la chorée. Les préparations dites « antispasmodiques », la valériane, le musc, l'assa fœtida, et même le bromure de potassium n'ont aucune influence sur l'hystérie pas plus que sur ses manifestations pseudoangineuses.
P s E U D 0 - A yv.l N ES M-: V II 0 S I Q U E S
On voil assez souvent, surtout dans la forme névralgique de la pseudoangine, la névrose compliquée d'irritation spinale. Alors, il faut faire pratiquer tous les jours des pulvérisations d'éther, ou plutôt des pulvérisations de chlorure de môthyle sur le trajet du racliis. Cette médication analgésique instituée contre l'irritation spinale qui n'est autre chose qu'une névralgie ou une hyperesthésie de la moelle, a pour résultat d'insensibiliser le centre spinal et de faire disparaître les névralgies les plus rebelles d'origine centrale'. On peut encore y joindre l'application de de pointes de feu renouvelées tous les huit ou dix jours, et même l'application des courants continus, le pôle positif placé à la région cervicale, le pôle négatif à la région dorsale. C'est pour répondre à la même indication, que Laennec s'est servi de l'aimant avec un certain succès.
Il est également indiqué d'avoir recours au traitement hydrominéral, et parmi les eaux à conseiller, il convient de citer : Néris, Lu.xeuil, Royat, Plombières, Bagnères de Bigorre, la Malou, Aix en Savoie, Dax, Saint- Amand, Bourbon-Lancy, Ax, Ussat.
Comme pour toutes les affections hystériques, le traitement moral et le changement de milieu, ainsi que l'isolement produiront les meilleurs effets. C'est ainsi que Stokes, après sa description de la névralgie du cœur, ajoute ces sages conseils : « L'un des moyens les plus efficaces pour la guérison, c'est de convaincre le malade qu'il n'est point atteint d'une affection du cœur. » 11 ne sera donc pas irrationnel d'appliquer la suggestion au traitement de ces pseudo-angines hystériques.
Dans le but d'obéir à l'indication d'isolement et de changement de milieu si judicieusement conseillés par Beard et Weir Mitcliell, on se trouvera bien d'envoyer les malades à Gérardmer ou à Divonne pour les faire en même temps bénéficier du traitement hydrothérapique.
' 11. lli i-iiAiiii. Des lUilvcTisatiiiiis de elilorurc de iiietliyle sur le rarhis dans le Iraiteiiieul de la clioree, de 1 irritation spinale, des névralgies. (Soc. de llu-rup., 1SS8.)
PSEUDO-ANGINES RÉFLEXES