‹ Traité clinique des maladies du cœur et de l'aorte [electronic resource]Chapitre 48 sur 57 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE DE L'ANGINE DE POITRINE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE DE L'ANGINE DE POITRINE

(PIICCES Ji:STiri(;ATIVEs)

Ce chapilre additionnel contient la relation abrégée de l8-"j autopsies d'angines de poitrine avec constatation de lésions de l'aorte et des artères coronaires (athérome avec rétrécissement ou oblitération de ces vaisseaux'!. Pour réunir tous ces faits, il fallait puiser aux sources mêmes où ils ont été publiés en France comme à l'Etranger : recherches longues qui ne sont pas à regretter, puisqu'elles confirment définitivement et sans appel l'origine coronarienne de la sténocardie.

D"autre part, la relation de ces faits a contribué à fournir les éléments d'une statistique importante par le nombre, sur l'angine de poitrine coro- Qarienne, avec élimination préalable de toutes les pseudo-angines.

1" Sur ces 18.") autopsies, on en compte '20, dans lesquelles on a conslaté une lésion importante des coronaires sans mention de leur rétrécissement, et IGîj indiscutables et complûtes, qui se répartissent de la açon suivante, relativement au sièf/e des lésions :

8,3 fois, les lésions intéressaient les deux coronaires ; 4*.) fois, — — la coronaire gauche :

i8 fois. — — la coronaire droite ;

1") fois, l'artère coronarienne n'était pas spécifiée. Sur ces 165 faits, l'oblitération ou la sténose des coronaires avait lieu : fois par rétrécissement athéromateux ou thrombose de ces vaisseaux, par aortite oblitérante; .") fois par embolie; 2 fois par compression.

Enfin, les lésions suivantes ont été observées en même temps que celles des artères cardiaques : 11 ruptures du myocarde; :i ruptures de a coronaire gauche, 1 rupture de la coronaire droite ; 6 infarctus du ventricule gauche, 1 infarctus du ventricule droit ; 5 anévrysmes du cœur.

'2" Une autre série de 277 angines de poitrine coronariennes se divise

MALADIES DU COEUn ET DE l'aORTE

de la façon suivante au sujet de la fréquence de ce syndrome d'après le iiexe : 224 hommes et 53 femmes.

Ce grand écart dans la fréquence de l'angine de poitrine chez l'homme et la femme résulte lui-même de la plus grande fréquence, chez le premier, des causes productrices de l'artérite chronique : alcoolisme, tabagisme, goutte, saturnisme, syphilis. Celle-ci entre dans une proportion assez considérable parmi les causes de l'angine de poitrine (36 fois sur 181 cas ; puis 55 fois sur un total de 277 observations). Ainsi, se trouve démontrée la fréquence relative de la syphilis cardiaque, fréquence sur laquelle les auteurs n'ont pas suffisamment insisté, parce qu'ils ont souvent omis de rechercher cette cause parmi les antécédents pathologiques.

Pour les pseudo-angines, on note une proportion inverse : 98 femmes et 43 hommes sur 141 cas.

3° Ces 2 /7 observations d'angines coronariennes se répartissent de la façon suivante, d'après Vage :

3 fois entre 10 et 20 ans.

5 — 20 et 30 44 — 30 et 40 87 — 40 et 50

59 fois entre 50 et 60 ans.

45 — 60 et 70 27 — 70 et 80 7 80 et 85 ,

D'après cette statistique, la fréquence la plus grande de l'angine de poitrine s'observe entre 40 et 50 ans, puis entre 50 et 60 ans, entre 60 et 70, enfin entre 30 et 40 ans.

Pour les pseudo-angines (toxiques, réflexes surtout névrosiques), une proportion inverse est observée : sur un chiffre de 141 cas, il y en a 19 entre 10 et 20 ans ; 51 entre 20 et 30 ans ; 32 entre 30 et 40 ans; 21 entre 40 et 50 ans ; enfin, 18 entre 50 et 00 ans.

On a dit, avec quelque raison, que la statistique appliquée à la médecine est sujette à l'erreur. Sans doute, on aurait tort de lui attribuer plus de valeur qu'elle n'en mérite. Cependant, il faut avouer que tous ces chiffres ont leur éloquence, puisqu'ils confirment les idées émises sur les maladies cardio-artérielles.

Autopsies d'angines de poitrine avec lésions des coronaires.

Obs. 1. — En 1703, on observe sur un malade mort très vraisemblablement d"angor pectoris, « des pierres développées dans les artères coronaires ». (Bellini. De morbis pectoris. Venise, 1703.)

Obs. 2. — Homme de 59 ans, mort subitement après avoir été affecté « d'une sensation interne, telle que s'il avait une défaillance».

Autopsie : « La face interne de l'aorte était tout entière remplie de proéminences et de pustules se continuant dans toutes les branches qui furent ouvertes, et nom-

ANATOMIE l'AÏIIOLOdlnlF. Dl-. i/aXCINIC i)V. l'OIÏIÎINE

niiMnciii (l.ms les artères sous-clavières, les caroliiles el les arlrres coronaires du (■(l'ur lui-même; ces dernici-rs élaieni, de plus, c.rlrcinement dilatées, surtout l'une, ijui égalait pres'/ue la i/rosseur de la carotide gaitclie. » (Muuuagm. De causis et sedil>us nior))oniiii, 1715.)

OiiS. 3. — Bcllamy, o6 ans, « corpulent, intempérant, herpétique », atteint de crises angineuses avec sensation de resserrement thoracique, pâleur de la lace, refroidissement, sueurs abondantes, l'ail)lesse extrême du pouls. Il vécut en parlait état de santé depuis le premier accès, du 12 avril 1783 jusqu'en mars 1786. Le passage de la douleur à un état de bien-être était si proin[il que le jnalade " ressentait presque dans le même instant les deux extrêmes n.

Autopsie : Double épanchement pleural; surcharge graisseuse du péricarde, du médiastin et du cu'ur. « La lame interne du péricarde et de l'aorte était garnie de petites granulations que nous supposâmes être l'effet de rinllammalion.. . Les tuniques de l'aorte, à deux pouces des valvules, avaient une ê|iaisscur double de celle qu'elles ont à l'état de santé. — En coufiant les artères corouaires, on sentait les tuniques d'une dureté cartilagineuse, et leur surface iulerne était emhiile d'une substance assez- senililable à celle qui se dévalo/qu' dans la trac/iée iiiiè)-c pur l'/'/fct du croup el qui en diminuait heaucou/) le calibre. Cette substa)u:e membraneuse s'étendait dans les plus jn/tites rami/icalams de ces cuisseau. r: idle était /eruu- el durcie jusqu'à la jrreiu iére bi/'urentinn de cbaque ai'tère et se l'anaillissail toujours dacaiitarje eu acançant vers la //ointe du cœur. » (Paubv. An iiiquiry into the symiilums and causes olllie syncopa anginosa. London, 1799.)

Ocs. 4. — Homme de 60 ans. Mort subite par angine de poitrine.

Autopsie : Ossification des valvules aurli(|ues, dilatation de l'aorte avec irritalion inflammatoire de la tunique externe. « Les corotui ires étaient ossiliées eu divers ciulroits depuis leur oriijiue ju.fqu'éi, la distance de f/uatre pouces, ou dananla(/e, et ne perinettaient pas l' int roduction d'un jielit chalumeau dans leur cacité. « (P.viuiv. Loc. cit.)

Obs. o. — Homme de 66 ans, dyspeptique et goutteux, sujet à des accès d'angor, l'un si fort qu'on ne sentait plus le pouls. Mort rapide.

Autopsie : Dilatation du cœur et de l'aorte, avec inscrustatioiis calcaires de ce dernier vaisseau et des sous-clavières. « Les artércscoronaires renferma lent dans leurs cavités des inscrustat ions qu'on put enlever aisément et qui fur/naient des espèces de tubes d'un police et demi, dans lesquels la plus j/etile soude ne jtut juis pénétrei\ •> (Pauuv.)

Obs. C. — Homme de 73 ans, ayant présenté des « douleurs de poitrine •>, avec des symptômes probables de néphrite interstitielle (accendente simul (li/.yina'((, urina pauca... s:rpe insultus su/focal iouis. prœsertim noctu, e.rjjcriebatui' antequam adiiuc pedes tumuerinl). Mort subite le 30 octobre 1809, pendant la nuit.

Autopsie pratiquée par Standeuheim : ossification des cartilages costaux : o Seclio cadaveris cjchibuil... totam artcriaui coronariam osseam , aortum ab origine usque ad e.vituni c cavo piecloris ad sujierficiem suam interna m materia calcareu obductani e.vtus punctis osseis notalam, el cordis valvulse lithiasi corri'pUc erant. » (J. et P. Fka.nck. Path. int., 1809.)

Obs. 7. — Angineux chez qui les accès étaient provoqués par des efforts. Mort subite eu voulant soulever un morceau de bois.

Autopsie : Dilatation du cœuravec amincissement des parois, anévrysme de l'aorte, valvules aorliques épaisses et ossiliées. Artères coronaires jdus épaisses.^ moins clastiques, )ion jias ussi/iées, tuais avec rétrécissement. (Krevsig, Bcuns.)

MALADIES DU COEUIÎ ET DE l'aORTE

de la façon suivante au sujet de la fréquence de ce syndrome d'après le îiexe : 224 hommes et 53 femmes.

Ce grand écart dans la fréquence de l'angine de poitrine chez l'homme et la femme résulte lui-même de la plus grande fréquence, chez le premier, des causes productrices de l'artérite chronique : alcoolisme, tabagisme, goutte, saturnisme, syphilis. Celle-ci entre dans une proportion assez considérable parmi les causes de l'angine de poitrine (36 fois sur 181 cas; puis 55 fois sur un total de 277 observations). Ainsi, se trouve démontrée la fréquence relative de la syphilis cardiaque, fréquence sur laquelle les auteurs n'ont pas suffisamment insisté, parce qu'ils ont souvent omis de rechercher cette cause parmi les antécédents pathologiques.

Pour les pseudo-angines, on note une proportion inverse : 98 femmes et 43 hommes sur 141 cas.

3° Ces 277 observations d'angines coronariennes se répartissent de la façon suivante, d'après Xdcje :

3 fois entre 10 et 20 ans.

5 — 20 et 30 44 — 30 et 40 87 — 40 et 50

59 fois entre .ïO et 60 ans.

45 — 60 et 70 27 — 70 et 80 7 80 et 85 ^

D'après celte statistique, la fréquence la plus grande de l'angine de poitrine s'observe entre 40 et 50 ans, puis entre 50 et 60 ans, entre 60 et 70, enfin entre 30 et 40 ans.

Pour les pseudo-angines (toxiques, réflexes surtout névrosiques), une proportion inverse est observée : sur un chiffre de 141 cas, il y en a 19 entre 10 et 20 ans ; 51 entre 20 et 30 ans ; 32 entre 30 et 40 ans; 21 entre 40 et 50 ans ; enfin, 18 entre 50 et 00 ans.

On a dit, avec quelque raison, que la statistique appliquée à la médecine est sujette à l'erreur. Sans doute, on aurait tort de lui attribuer plus de valeur qu'elle n'en mérite. Cependant, il faut avouer que tous ces chiffres ont leur éloquence, puisqu'ils confirment les idées émises sur les maladies cardio-artérielles.

Autopsies d'angines de poitrine avec lésions des coronaires.

Obs. 1. — En 1703, on observe sur un malade mort très vraisemblablement d augor pectorls, « des pierres développées dans les arlères coronaires ». (Bellini. De morbis pectoris. Venise, 1703.)

Obs. 2. — Homme de 59 ans, mort subitement après avoir été affecté « d'une sensation interne, telle que s'il avait une défaillance».

Autopsie : « l.a face interne de l'aorte était tout entière remplie de proéminences et de pustules se continuant dans toutes les branches qui furent ouvertes, et nom-

ANATOMIh: l'ATIIOUMIInlK DT. I.'aX(;IM': DK l'OITIUNK

mément, dans les artères sous-clavièrcs, les carotides et les artci-i'.-; coroufiin^s du cœur lui-mc'inc: ers ileriiicn-x r/aii'ii/. <lc /ilus, e.rlrriiicinnil i/ilalces, .sitrloiil l'une, (jui égulail prcs(juc lu i/rossrur de lu r/tro/idc fjuuc/w. " ( Mijucadm. De causis et sedibiis iiiorlioriini, ITlij.)

Ous. 3. — Bellamy, oG ans, « corpulent, intempérant, herpétique », atteint de crises angineuses avec sensation de resserrement tlioracique, pâleur de la l'ace, refroidissement, sueurs abondantes, i'aiblesse extrême du pouls. Il vécut en parlait état de santé depuis le premier accès, du 12 avril 1783 jusqu'en mars 178G. Le passage de la douleur à un état de bien-être était si piom[)t que le malade ressentait presque dans le même instant les deux extrêmes

Autopsie : Double épanchement pleural; surcharge graisseuse du péricarde, du médiastiii et du cu'ur. « La lame interne du péricarde et de l'aorte était garnie de petites granulations que nous supposâmes être l'effet de rinllammalion.. . Les tuniques de l'aorte, à deux pouces des valvules, avaient une épaisseur double de celle qu'elles ont à l'état de santé. — En cuu/juu./ 1rs uriêrcs corouiiiri's, ou seutuil les luniijues d'une durelè carlilagiiu'usc, el leur surfuee iulerue iduil eu/luilc d'une siiljslitnce ussrz seuiblalde ù celle qui se déi-uhi/'pe dunslu //■uidu'c urléce juir l'e/fel du O'ou// el f/ui eu diuiiuuiill licaurouji le culihre. Celle suhslu)irc uieuthruueuse s'èlenduil duus les /dits ju'liles runujieuliiius de i:i'S vuisseuu.r: idie eluil f'ei/ue el durcie jiisrju'd lu preui ière bi l'uecolitiu de ehiii[Ue urlère el se ruuudlissuil /oujours dueuiitar/e eu uruueuul vers la /loiule du eueur. » (Paruv. Au inquiry iuto tlie syniplums and causes oi' llie syuc(.q)a anginusa. London, 17'J'.).)

Oi3S. 4. — Homme de GG ans. Mort subite par angine de poitrine.

AuToi>siE : Ossilication des valvules aorliques, dilatation de l'aorte avec irritation inllammatoire de la tunii|ue externe. « Les cornuuires étaienl ossifiées en dieers ciidroils dcjiuis leur orii/iue jusi/u'ù lu dis/uuee de i/uuire /uuu'cs, ou. dueuului/e, et ne permellaicnt pas l' inlrodueliun d'un peiil ckaluuwau dans leur cueilé. » (I^ahuy. Loc. cil.)

Obs. 5. — Homme de C6 ans, dyspeptique et goutteux, sujet à des accès d'angor, l'un si fort qu'on ne sentait plus le pouls. Mort rapide.

Autopsie : Dilatation du C(L'ur et de Faorte, avec inscrustations calcaires de ce dernier vaisseau et des sous-clavières. « Les arlèrcs coronaires re/i/'eriuaienl dans leurs eueilés des inscrustali(rns qu'on put enlever aisément el qui fnruiaienl des espèces de tulws d'un jioucc el demi, dans lesquels la plus pelile sonde ne ptit /las /léiudrer. » (Pakkv.)

Obs. g. — Homme de 73 ans, ayant présenté des « douleurs de |)oitrini,' <>, avec des symptômes probables de néphrite interstitielle iaccendeute sirnul dijsjinu'a, urina pauca... s;epe insultus su//bcal ionis. prœsertim noclu. e.rjicriel/ului' uulequani adhuc jiedes tumuerinl). Mort subite le 30 octobre 1809, pendant la nuit.

Autopsie pratiquée par Staudenlieim : ossification des cartilages costaux : c Seclio cadaveris exhibuit... lolaui arleriain coronariam osseani, aortani ab ori;jine usque ad e.vituui e cavo pecloris ad superpciem suam inlerrinm maleria calcitrea obduclani ^ e.rlus punclis osseis notatuui^ et cordis valvulx lil/tiasi correjilir eraul. » (J. et P. FiiA.NCK. Path. int., 1809.)

Obs. 7. — Angineux chez f|ui les accès étaient provoqués par des efforts. Mort subite en voulanl'soulever un morceau de bois.

AuToi'siE : Dilatation du cœur avec amincissement des parois, anévrysme de l'aorte, valvules aorli([ues épaisses et ossiliées. Artères coronaires jdus épaisses, moins élastiques, non jufi ussi/iées, mais avec rétrécissemcnl. (KlŒVSiG, BciiNS.)

MALADIES DU COEUR ET DE i/aORTE

Obs. 8. — Homme de 58 ans, observé dès 1709. Le jour de sa mort, il écrivit à un médecin l'histoire suivante de sa maladie. En marchant, il est ibrcé de s'arrêter tous les dix pas, à cause d'une sensation de poids thoracique. Le même fait se produit par l'abus du tabac, à l'occasion d'une émotion, de tout exercice et de tout effort, même celui d'aller à la garde-robe. Cette sensation douloureuse est en général de courte durée, quelquefois d'une demi-heure et plus. Kreysig diagnostique de l'asthme chez un obèse, dont « la cause devait être recherchée dans des troubles circulatoires abdominaux ». Plus tard, les accès survenaient après le repas. « Ce n'était plus réellement de la constriction de la poitrine qu'il éprouvait, mais une sorte de brûlure audevantdu creux épigastrique, immédiatement au-dessous de l'os de la poitrine. » L'accès débutait par une crampe avec tension de la mâchoire inférieure et écoulement de salive, et s'accompagnait d'irradiations douloureuses vers le coude. Pendant l'accès, il était obligé de s'arrêter pour respirer profondément; puis, celui-ci terminé, il respirait et parlait avec facilité. En poussant un peu l'interrogatoire, on faisait préciser par le malade la nature de la sensation : c'est ainsi que celui-ci affirma n'avoir pas en réalité de « Becklemmung » (d'oppression par constrilion de la poitrine). Kreysig attribue alors tous ces accidents à la goutte. — Vers la fin, les accès prirent une intensité nouvelle, ils se répétèrent toutes les nuits ; le lendemain de ces crises, le malade conservait une violente douleur rétrosternale. Mort subite, au miheu d'une conversation, le 16 janvier 1802.

AuTOPsiE : Cœur volumineux, mou et flasque. Ossification et athérome de l'aorte, avec léger rétrécissement de son calibre à son origine, dilatation de la crosse. Ossification des valvules sigmoïdes et de la partie correspondant aux orifices des coronaires. Le ventricule » postérieur » du cœur était dilaté et vide de sang avec aspect graisseux très net surtout le long des vaisseaux. La coronaire droile, sur une étendue de 4 centimèlres, était indurée, cartilagineuse, de telle sorte que son calibre était fort réduit. La corotiaire gauche présentait des dépôts cartilagineux en forme de grains de chapelet. (Kreysig. Horn's Archiv. f. médic. Erfarung. Berlin, 1803.)

Obs. 9. — Angine de poitrine observée par Reece et Ch. Bell. Mort subite. Autopsie : Cœur gros et flasque. Parois des artères coronaires tellement épaisses que leur calibre avait presque disparu. (Reece. The médical Guide. London, 1812.)

Obs. 10. — • Un cuisinier, âgé de 60 ans, éprouve subitement, après avoir porté un fardeau trop pesant, une gêne extrême de la respiration et une douleur vive dans le côté gauche de la poitrine. A son entrée à l'hôpital, signes probables de cardio-sclérose (dyspnée, arythmie, palpitations, œdème des membres inférieurs; vers la lin, somnolence et délire).

Autopsie : Epanchement modéré des plèvres. Dilatation considérable du ventricule droit, dilatation de l'orifice auriculo-ventriculaire. Rien dans les cavités gauches. Orifice de l'aorte inégalement dur, raboteux et rétréci. L'embouchure et le commencement d'une des artères coronaires étaient dans un état d'ossification très avancé. (CoRviSART. « Essai sur les maladies et les lésions organiques du cœur et des gros vaisseaux. » Paris, 3" édition, 1818.)

Obs. 11. — Une femme se plaigr^ait depuis longtemps de palpitations et d'irrégularités dans l'action du cœur qui lui occasionnaient des syncopes fréquentes et des vertiges. Pendant qu'elle était au service divin, elle éprouva tout à coup une attaque dont elle mourut avant qu'on eût pu la secourir.

Autopsie : Cœur extraordinairement petit: sa substance molle et très flasque; les parois des deux ventricules, d'un brun pâle n'avaient qu'un huitième de pouce d'épaisseur, et ils étaient si mous et si tendres qu'on pouvait facilement faire passer le doigt à travers dans toute leur étendue. Les artères coronaires provenaient d un seul tronc: elles étaient converties, jusque dctns leurs dernières j'ami/icalious, en tubes

ANATdMir. l'.VI'floi.Oiilnri; DE l.\\N(.INK l'OlTItLNR

Cdkdircx. el rc ii'i'tm'l (juavec peine qu'on pouvriil. introduire une soie de sanglier i/iins leur eu vile resserrée. (IIo;g'i}son. « Traité des maladies des artères et des veines, » Irad. française, 1819.)

Obs. 12. — Une dame de 70 ans, obèse, éprouvait depuis six ans une difficulté de respirer accompagnée de tous les autres symptômes de l'asthme. En août 18H, attaque d'apoplexie, à lai|uelle succède une légère afTection paralytique du bras et de la jambe gauches, dont elle ne recouvre jamais entièrement l'usage. I.a dilliculté de respirer augmente après cette attaque. Elle ressent ensuite une douleur constante sous le sternum; pouls petit et intermitent; la moindre anxiété ou le plus léger exercice amènent un état de syncope. Dans la nuit du 2y Janvier 1812, réveil avec avec une douleur cruelle dans la région du cœur; pouls plus plein qu'à l'ordinaire, respiration diflicile et précipitée. La douleur diminue un |ieu par une légère saignée dnbras. Elle ne peut se rendormir et reste très agitée; sou pouls tombe, sa iigure devient livide, et elle meurt subitement le lendemain.

Autopsie : Poumons sains; péricarde distendu par environ douze onces de sang coagulé très foncé, épanché par une rupture à la partie antérieure du sommet du ventricule gauche. Cette rupture avait un pouce de long à la surface interne du cœur, et extérieurement n'avait qu'un quart de celte étendue, [..e cœur présentait une grande surcliarge graisseuse, ses fibres musculaires étaient très remarquables par leur llaccidité et leur amincissement, surtout au niveau du ventricule gauche. Valv;iles semi-lunaires de l'aorte dans leur état naturel, mais une croule étendue de matièi'e calcaire entourait l'origine des artères coronaires. La membrane interne de l'aorte, devenue cartilagineuse, était parsemée de points calcaires nombreux, dont qnelques-uns se détachaient et s'avançaient dans la cavité du vaisseau.

Les artères coronaires éliileul eueroittées de matières calcaires, il ij en avait une si ijrande quantité dans celle qui se distribue au coté gauche du ctrur., que sa cavité en était conij)lèteinent ohlitérée. (J. IIdGdso.n.)

Obs. 13. — Homme de GO ans, rhumatisant ; a ressenti douze mois avant sa mort des crises de douleur an creux é/tigastrique, lesquelles après quelques minutes, passaient entre les épaules et de là dans chacun des bras jusqu'aux coudes. Il éprouvait de plus un iijalaise très grand qui se portail sur la vessie et qui était accompagné d'un besoin pénible et irrésistible d'uriner. « Au début, les paroxysmes étaient occasionnnés en montant une colline, el ensuite par la moindre fatigue de corps et d'esprit, comme jiar un excès de table. » Les accès devinrent plus fréquents à mesure que la maladie fit des progrès. Les causes les plus légères les excitaient; ils attaquèrent enfin occasionnellement le malade dans son lit après son premier sommeil. Il était alors obligé de se lever, et la strangurie devenait tout à fait inquiétante... Des palpitations el un pouls bondissant présageaient d'ordinaire une forte attaque pour la nuit suivante. Il éprouvait si peu de dyspnée que, jus(iu'au dernier moment, il continua à jouer du basson dans les concerts publics. Après quelques semaines, le malade étant dans la rue, se plaignit d'un sentiment de défaillance extrême, il tomba, on le releva mort.

AuTOi'SiE : Quelques adhérences du poumon gauche. Cœur développé, flasque et chargé de graisse. Aorte osseuse et enflammée ; valvules semi-lunaires, ossifiées, l'une d'elles portant une concrétion osseuse du volume d'un pois qui devait nuire beaucoup au jeu normal des valvules.

« L'artère coronaire droite, éi jilus d'un pouce de son origine, était ossi/lée Jusqu'à être presque oblitérée, mais non pas de tous les e(}lés Jusqu'au centre u/tifonnémenl, seulement en travers de l'aire de l'iniéi-e d'un côlé éi l'autre. La coronaire ganc/ie avait augmenté de volume, el aussi loin qu'on put la suivre, ses tuniques étaient presque eut ièrement ossifiées. (Bl.\ck.\.ll. « Several cases of angina pectoris willi dissection. » London, 1813.)

MALADIES DU COEUU ET DE L AORTE

OliS. 14. — Un médecin, durant les dix dernières années de sa vie, fut sujet à des syncopes répétées, se distinguant toutelois d'une syncope ordinaire par la façon subite et inattendue dont l'attaque se montrait et disparaissait ensuite sans laisser après elle aucune suite fâcheuse. A Fage de 68 ans, il fut pris à Tiniproviste de symptômes ressemblant à ceux d'une angine de poitrine : douleur thoracique vive s'étendant le long du bras droit et s'accompagnant d'engourdissement. La vue était obscurcie ; le malade avait des vertiges très courts, mais sans perte de connaissance. Depuis ce moment, la respiration devint gênée, et le pouls qui était extrêmement faible au bras gauche, disparut complètement à droite. Ce malade vécut encore six semaines avec une grande difficulté de respirer et un affaiblissement graduel des forces ; pendant tout ce temps, l'examen le plus minutieux ne permit de découvrir aucune trace de pulsation sur le trajet de toutes les artères. Les battements du cœur ne se sentaient plus à la main, et l'oreille ne pouvait découvrir qu'une sensation obscure d'ondulation.

Autopsie : Les dépôts osseux ou calcaires n'étaient pas limités à Vaorte; ils s'étendaient aux artères coronaires qui étaient si complètemenl transformées par ces dépôts, qu'elles étaient presque solidifiées et imperméables dans l'étendue d'un pouce à partir de leur origine. (Adams. « Dublin hospital reports, » 1827.)

Obs. 15. — M"'® X..., 70 ans, d'une forte constitution, est sujette depuis plusieurs années à des « accès de suflbcation » particuliers pendant lesquels elle éprouve une douleur vive, angoissante, occupant la base de la poitrine, la partie gauche de cette cavité et se propageant à l'épaule ainsi que sur tout le membre supérieur gauche. Cette douleur constrictive, « semblable à un écrasement, » est accompagnée d'un sentiment de faiblesse et de défaillance tel, qu'elle est obligée de chercher immédiatement un point d'appui. Ces douleurs angineuses et ces défaillances n'étaient calmées que par le repos ou l'arrêt de la marche. Les battements du cœur étaient très accusés, le pouls fort et plein, les artères dures et athéromateuses. Le 3 janvier, on trouva la malade dans son lit, sans connaissance, sans parole, avec un état de résolution complète des membi"es, les extrémités froides, le tronc, le thorax et le visage couverts de sueur, une respiration, libre d'ailleurs, accompagnée déjà de raies trachéaux.

Autopsie : Aucune lésion appréciable du cerveau -, dans les plèvres, deux verres environ d'une sérosité rougeâlre : un peu de sérosité dans le péricarde ; léger engouement pulmonaire des deux côtés avec quelques adhérences pleurales sans importance. C(Bur hypertrophié avec épaississement des parois et agrandissement des cavités. Plaques opaques et cartilagineuses à la valvule mitrale. Aorte peu ossifiée. Graisse accumulée à la surface du cœur.

Ossi/lcatioii complète avec rétrécissement considérable des artères coronaires. (Noël GuENEAU DE MussY. Obs. inédite, 1836.)

Obs. 16. — Homme de 73 ans, souffrant depuis dix ans d'accès angineux, de coliques néphrétiques, présentant un affaiblissement progressif des membres inférieurs. Pouls irrégulier, inégal, intermittent, sensation de barre épigastrique. Il succombe à une apoplexie cérébrale.

Autopsie : Cœur volumineux, stéatosé. Ossification des artères vertébrales, des carotides, et ramollissement cérébral. Artères coronaires transformées en tubes rigides, ossifiées, à calibre rétréci pjar places. (Brunn, de Kôthen. Lasper's Woch., 1836.)

Obs. 17. — Homme de 63 ans, ayant commencé à éprouver il y a huit ans, des accès de constriction douloureuse de la poitrine, semblables aux accès d'angor; ils survenaient fréquemment sous l'influence de la moindre fatigue, à tel point que le malade redoutait de monter un escalier. H meurt d'une pneumonie.

Autopsie : Outre les lésions pulmonaires, on trouve les cartilages costaux ossifiés,

AXATOMii: l'A riioi.odinuK i)K I, anc.im: i'oitiiimc

la crosse de l'aorle dilatée avec amincissement de ses parois. Lcx artères coronaires ossi/ices doimairiil au loucher la sensalion i/'un collier de jjcrtes ; lésion surtout très accusée à l'origine île li coronaire gauche. (Fischer. Ilannover annal, 1837.)

Obs. 18. — P..., coi'donnier, 40 ans. alcoolique, entre à l'iiopital le 21 mai 1834. Depuis quelque temps, il éprouvait eu travaillant une « difficulté de respirer » qui allait jus(|u'à la défaillance, et son bras gauche perdait de sa force. Deux jours avant son entrée, en revenant chez lui par un vent violeni, il sentit au cœur une vive douleur, qui s'étendit à l'épaule et au bras gauche, le lit chanceler et le « priva momentanément de l'usage des sens internes et externes ». Pareils accidents lui étaient advenus d'autres lois. Ce malade resta huit jours à l'hôpital pendant lesquels les crises devinrent de plus en plus intenses. Mort subite.

Autopsie : Cœur d'im volume triple ; épanchement sanguin dans le péricarde.

Rupture de l'artère coronaire droite dans l'étendue de deux lignes, avec renversement de ses /tords. (Antonio Gali.iaiu)!. Annal d'Omodei, 1840.)

Obs. 19. — Malade de 47 ans. Eu juin 1839, en montant une colline, il eut une première attaque d'angor; trois mois après, attaque plus violente, et plusieurs autres crises durant de cinq à vingt-cinq minutes, caractérisées par une sensation de froid dans la région dorsale et par des tlouleurs précordiales. Mort subite.

Aui'Oi'SiE : Gd'ur gros, mou et dilaté, à parois fermes et paies, criant sous le ciseau, « comme si l'on coupait un cartilage ». Valvules aortiijues épaissies avec quelques solutions de continuité ; au-dessus d'elles, aorte athéromateuse.

Les artères coronaires semhlaient un peu rétrécies (une figure annexée ii cette oljservation montre au contraire rembouchure très notablement rétrécie des artères coro- Jiaires). {\\\LK\ssos. Londou med. gaz., 1841.)

Oi!S. 20. — 77 ans, corroyeur. Jamais d'excès; vingt-huit mois auparavant, attaque d'apoplexie avec hémiplégie gauche. Le i'6 juin, après un repas copieux, malaise, vomissement, douleur précordiale- Mort subito le 17 juin 1843.

Autopsie : Péricarde distendu par un caillot entourant le cœur; à la partie moyenne et antérieure du ventricule gauche, rupture d'environ 14 millimètres, bilide inferieurement. Surcharge graisseuse à la base du cœur. Le sang épanché dans le péricarde venait d'une dilatation anévrysmale de l'artère coronaire du volume d'une grosse noisette; la rupture pénétrait dans le ventricule. A l'intérieur de l'anévrysme, caillots librineux, quelques ossifications dans le reste de Parlcre coronaire. On ne dit pas s'il y avait rétrécissement. (Peste. Archives de médecine, 1843.)

Obs. 21. — H..., rhumatisant, décrit d'une façon remanpiable. dès 1822, ses douleurs angineuses qui surviennent par le moindre efi'ort. Pendant six ans, de 1830- 1836, les crises augmentent d'intensité, et il meurt après avoir eu dans les (juatre derniers jours une série d'accès des plus violents.

Autopsie : Petite quantité de sang dans le péricarde; tous les orifices du ro'ur parfaitement libres. Parois du ventricule gauche et des colonnes charnues, indurées, d'aspect « fibreux, nacré, très dense ». Le ventricule droit était complètement étranger à cette transformation. Aorte saine sans ossification ; une seule valvule signioïde présentait une petite plaque calcaire au voisinage de son bord libre. Nerfs phréniques et pneumogastriques sains.

Les artères coronaires présentaient une ussif cation très circonscrite à quelques lignes de leur origine. (On ne dit pas s'il y avait rétrécissement); leurs divisions étaient dans l'élat normal. (Lahtigue. Société de médecine de Bordeaux, 1844.)

Obs. 22. — X..., 77 ans, ayant l'ail des excès alcooliques. Ce malade a eu des symptômes d'ischémie cérébrale (vertiges, étourdissements, bourdonnements d'oreille;

U. IIlciiaud. — Maladies du cœur. S' édition. — u. 34

MALADIES DU COEUR ET DE l'aORTE

chute, etc.). Le 22 juillet 1847, sensation de lourdeur de tête et d'étourdissement ; douleur s'étendant depuis le sternum jusqu'entre les deux épaules. Pouls faible, mais régulier; battements du cœur faibles. Dans la nuit du 26 au 27 juillet, mort subite.

Autopsie : Péricarde distendu par du sang épanché ; cœur hypertrophié et dilaté de couleur pâle; à la coupe, amincissement du myocarde au niveau de la rupture qui siège à la pointe du cœur. Aorte dilatée et athéromateuse. Valvules rétrécies et insuffisantes, rétrécissement mitral.

L'artère coronaire gauche est ossipée jusquau niveau de la rupture ventriculaire. On ne dit pas si elle était rétrécie. (Campbell. Bull, de la Soc. anatomique, 1847.)

Oos. 23. — X..., 51 ans, boucher, se vantait autrefois des poids qu'il pouvait soulever. Un mois avant la mort rapide, il souffrait de « douleurs rhumatismales », de toux et d'oppression. Pendant les dix jours qu'il passa à l'hôpital, il se plaignit de symptômes de bronchite, et cependant pas de géne de respiration, ni de cyanose. Pouls non accéléré, faible et inégal ; pas d'augmentation de la malité précordiale, bruits du cœur complètement masqués par les râles de la poitrine. « On n'eut aucun soupçon d'une maladie cardiaque, bien qu'on l'eût examiné à plusieurs reprises. » La veille de sa mort, il se plaignit d'une douleur à la région précordiale, et on entendit un bruit particulier, comme un battement accompagnant le choc du cœur et distinct des bruits cardiaques ordinaires ; il était très fort le long du sternum et vers le côté gauche.

Autopsie : Péricarde distendu par un fluide séro-purulent jaune pâle. A la base du ventricule gauche, dilatation anévrysmale de la coronaire antérieure dont le sac est enclavé dans le ventricule. La portion de l'artère entre le sinus de Valsalva et l'anévrysme est un peu dilatée et convertie en un cylindre complètement osseux.

Au-dessous du sac anévrysmal. un stylet était arrêté, probablement par la courbure que le vaisseau avait subie sous la pression du sac. Dépôts athéromateux le long de l'aorte, et surtout à l'origine des coronaires . (Peacock. Trans. soc. Path., 1847-48.)

Obs. 24. — P..., instituteur, 39 ans, se plaint depuis huit à neuf mois de douleurs profondes à la région précordiale avec irradiations au bras gauche. Quelques semaines avant la mort, accès d'une grande intensité. Mort subite.

Autopsie : Dégénérescence graisseuse du cœur et cavités cardiaques remplies de sang avec distension des veines coronaires, hypertrophie avec dilatation des ventricules ; valvules auriculo-ventriculaires saines ; orifice aortique tellement rétréci qu'il pouvait à peine laisser pénétrer le petit doigt. Plaques d'aortite récente avec plaques molles à la base de l'aorte.

Les orifices des artères coronaires étaient considérablement rétrécis par des dépots alhéroniateux. (Williams. Trans. path. London, t. XIIL)

Obs. 25. — 47 ans, tailleur, se plaignait depuis quelques années d'une douleur à la région du cœur. On diagnostiqua une angine de poitrine. Mort subite.

Autopsie : Dépôt considérable de graisse à la surface du CŒ'ur; dégénérescence graisseuse des deux ventricules, surtout à la partie supérieure du ventricule droit. Effusion de sang dans le tissu dégénéré.

Ossification et rétrécissement de la coronaire droite. (QuAiN.Med. chir. Trans., 1849- 1850.)

Obs. 26. — Homme de 44 ans, se plaignant de douleurs qui lui traversaient la poitrine avec irradiations dans les bras, avec « sentiment de détresse et de suffocation ». Ces accès revenaient à intervalles plus rapprochés depuis huit jours, quand il mourut subitement. Pouls régulier, à 74 ; rien de particulier aux bruits du cœur.

Autopsie : Cœur dilaté, non hypertrophié ; beaucoup de graisse sur le ventricule droit, dégénérescence graisseuse avec disparition des stries transversales dans les

ANATOJIIE PATHOLOGKJUE DE l'aNGINE DE POITRINE

fibres musculaires du ventricule gauche. A la surCace interne du sommet de ce ventricule, substance musculaire ramollie, désorganisée, contenant un caillot ferme et fibrineux du poids d'une demi-once, comme dans les sacs anévrysmaux.

Las deux coronaires claieni malades et réirêcics. (Fletciier. Provincial med. and. surg. Journal, 1849.)

Obs. 27. — Femme de .ïO ans. Antécédents syphilitiques. Dans les derniers jours de la vie, « anxiété respiratoire ». (On ne fait pas mention d'accidents angineux.) AuToi'SiE : Ramollissement de la paroi venlriculaire droite.

L'arlère cardiaque dï'oile esl oblUérée dans la jilus r/rande parlie de son étendue. Ses parois soui le siège de nombreuses concrétions calcaires, et son canal rempli par lin caillot adhérent et ferme, décoloré, qui commence à un demi-centimètre de son enibuucliurc (Ckuveiliiier, Soc. anat., 1850.)

Ors. 28. — 13..., coutelier, alcoolique, âgé de 46 ans. Pris subitement pendant son travail, d'une douleur très vive dans la région du cœur, avec sentiment de constriction et de suffocation, irradiations au bras gauche, un peu au bras droit. Cette attaque a duré dix minutes environ. Depuis lors, ces accès se renouvellent un grand nombre de fois. A l'examen du cœur, aucun souffle ; l'impulsion de l'organe est seulement exagérée. Grisolle est témoin, à 8 heures du matin, d'une crise qui a débuté vers minuit et qui a duré sans interruption jusqu'à 10 heures. A ce moment, la crise n'a pas cessé, le malade pâlit tout à coup et tombe parterre sans connaissance. On le couche, il se ranime au bout de quelques minutes; une demi-heure après, le malade, étant couché, a une syncope à laquelle il succombe.

AUToi'siE : Poumons sains; péricarde entouré d'une grande quantité de graisse; cœur surchargé de graisse et volumineux; ventricule gauche hypertrophié, à parois épaissies, à cavité dilatées. Orifices aortique et auriculo-ventriculaire normaux, valvules sigmoïdes de l'aorte, valvules mitrale et Iricuspide présentant de petites taches blanchâtres qui se retrouvent aussi à l'origine de l'aorte notablement dilatée.

L'ossi/icatioii des artères coronaires est des plus manifestes. L'artère coronaire (jauche, à 1 centimètre environ de son origine, est ossifiée dans tout son pourtour et da)is l'étendue de 3 centimètres environ ; elle est d'ailleurs perméable. L'artère coronaire droite ne présente d'ossification qu'en un point très limité, à tin pouce de son origine ; mais il y a en ce point oblitération presque complète de l'artère. (0. Masson. Gaz. hebd., 1853.)

Obs. 2D. — Homme de Gl ans, atteint depuis huit mois d'accès angineux survenant à la suite d'efforts. Ils deviennent si fréquents et si violents que le malade essaie de se suicider. Pas d'autre signe physique d'une afTection cardiaque qu'une légère hypertrophie du cœur. Mort au milieu d'un accès violent et prolongé.

Autopsie : Stéatose cardiaque. Artères coronaires, ossifiées sur une yrande étendue, complètement rigides (SVilks. « Angina pectoris in connexion with ossified coronary arteries and fatty hcart. » Med. Times and Gazette, 1853.)

Obs. 30. — Femme de 50 ans, atteinte d'oppression, d'un sentiment de géne et de douleur à ïépigastre ; battements du cœur faibles ; pouls petit, non fréquent ; léger bruit de souille à la base. Quelques jours après son entrée à l'hôpital, le pouls devient plus faible ainsi que les battements du cœur, la dyspnée s'accroît, les extrémités se cyanosenl et la malade se trouve dans un état de malaise indéfinissable. Dans la nuit elle est prise d'une dyspnée excessive, puis subitement elle pousse un cri et tombe sans connaissance, elle revient à elle quelques instants, et meurt subitement pendant qu'on la relève.

Autopsie : Cœur flasque, mou, graisseux. Dilatation des orilices et des cavités. Plai|ues athéromateuses aux valvules. Le calibre des coronaires est rétréci par des plaques jaunâtres. (Lascereau.x. Société de biologie, 1860.)

MALADIES DU COEUR ET DE l'aORTE

Obs. 31. — L..., âgé de 66 ans, est atteint un jour de douleurs rétro-sternales qui se reproduisent sans irradiations, les jours suivants. Six jours après, il est pris tout à coup d'une sensation de suffocation, et il meurt en un quart d'heure.

Autopsie : Péricarde rempli de deux onces de sérosité et d'une quantité égale de caillots sanguins noirs; ventricule gauche, près de la pointe du cœur, et à côté de la cloison, présentant une déchirure longue d'un centimètre. L'obstruction artérielle d'une branche des coronaires avait eu pour conséquence un ramollissement lent du tissu musculaire et la rupture s'était opérée lentement, en plusieurs temps, pendant les jours où le malade fut soumis ù l'observation.

Une des artères coronaires était tortueuse, sa branche antérieure contenait un thrombus ancien qui déterminait une obstruction complète de la lumière du vaisseau. (Malmsten. Société de médecine de Suède, 1861.)

Oi3S. 32. — B..., âgée de 60 ans, souffre depuis quelque temps de douleurs d'angoisse dans la région précordiale. Le 23 janvier 1862, elle éprouve une douleur plus violente que d'habitude derrière le sternum et au-dessous du sein gauche. Quelques jours après, la douleur continuant encore, il lui est impossible de quitter la chambre. Le 29 janvier, la douleur et le sentiment d'angoisse douloureuse dans la région précordiale sont intolérables. Mouvements du cœur bruyants et tumultueux; pouls Petit, l'aible, fréquent, mais régulier. Point de lividité de la face ; extrémités froides. Depuis longtemps, elle souffrait dans le bras gauche. Le 30 janvier, la douleur est moindre, mais la malade est extrêmement faible, le pouls petit, à peine perceptible. Les extrémités se refroidissent, et elle meurt le lendemain matin.

Autopsie : Dans les deux plèvres, épanchement de sérosité claire (un peu moins d'un litre). Péricarde distendu par du sang noirâtre, à moitié coagulé ; cœur graisseux et un peu hypertrophié. A la partie supérieure de la paroi ventriculaire gauche, sorte de fissure irrégulière, à bords ecchymosés. On crut à une rupture du cœur, mais on ne put faire pénétrer dans le ventricule ni de l'air, ni de l'eau, ni un stylet. L'hémorrhagie provenait de diverses petites branches de la coronaire gauche présentant de petits nodules athéromateux, et rompues au niveau de la fissure ventriculaire. La quantité de sang contenue dans le péricarde était de 450 grammes environ. L'aorte était très dilatée et athéromateuse.

L'artère coronaire gauche fut disséquée dans le sillon antérieur du cœur, en passant un stylet dans sa cavité, jusqu'à son origine dans Vaorle. La surface interne de celle-ci était tellement tapissée de dépôts athéromateux, qu'on ne pouvait découvrir Vorifice de la coronaire qu'éi l'aide du stylet introduit de dehors en dedans. (Osborne. Médical Times and Gaz., 1862.)

Oi3S. 33. — II..., 74 ans, frappé d'hémiplégie gauche il y a six ans. Deux jours avant la mort, le malade éprouve une sensation pénible avec angoisse dans tout le côté gauche du thorax et à Yépigastre. Mort subite.

Autopsie : Péricarde rempli par un caillot du poids de 350 grammes, et rupture du ventricule gauche â sa face postérieure. Aorte athéromateuse, myocarde décolore et graisseux. Les artères coronaires sont incrustées de matière calcaire et leur calibre est diminué. (De Font-Reaulx et Bozonet. Soc. anat. 1865.)

Obs. 34. — Homme de 52 ans, sans antécédents pathologiques ou héréditaires, pris il y a cinq semaines, la nuit, par une grande oppression avec vive douleur au cœur irradiant dans tout le côté et le bras gauches. En cinq semaines, il se produit quatre attaques entre lesquelles le malade reste faible et souffre d'une douleur intense d'abord au niveau du cœur, puis derrière la partie supérieure du sternum, enfin au creux épigastrique. Impulsion du cœur faible; pouls petit, dépressible, Mort très rapide par angine de poitrine.

Autopsie : A l'extrémité du cœur, tumeur du volume d'une petite orange (ane-

ANATOMIK l'ATIIOLOOInlIC DR i/aNCINF, I)K l'OITlilNK

vrysme du cœur). Ait. coronaires entourées d'une épaisse couche de tissu adipeux.

Les deux conmaircs sont ossipc'es et complèlemetil rif/ides dans toute leur étendue; en outre, leur caliln-e est diminue et j)i-('se/ile des rt'lréeissmieitts notables dans plusieurs jioints. Lu coronaire antérieure contient nu'ute, à su jiarlie terminale, au niveau île la tuuieur, un caillot litirineux qui l'ohlilcrc en entier. (MeuiîIut. IJull. de la Soc. anal., 180(3.)

Ons. 35. — P.., '5 ans, arrive à Thopital dans un étal de subdélirinm qui ne permet pas d'obtenir de renseignements précis; il se plaint seulement d'une douleur vague dans la région épi(/astri(jiie irradiant à la base du thorax et vers les hypocoiidrcs. Celte douleur s'exaspère par moments, et à celle exaspération s'ajoutent des accès dyspnéiques. Caltemenls du co'ur l'aibles el lointains, précipités, très irréguliers ; à des séries de battements précipités succèdent des battements très lents. Malilé cardiaque augmentée. La maladie avait commencé, il y a huit jours, par une forte douleur cardiaque. Mort subite.

Autopsie : Péricarde rempli d'un énorme caillot sanguin, et au niveau de la pointe du cœur, sur le bord gauche, solution de continuité de 2 centimètres et demi à 3 centimètres, oblique de haut eu lias el de gauche à droite.

Par lu dissectiort de l'artrre coronaire antérieure, ou arrive éi un ranteau oblitéré ■par u II thronibus de 7 à 8 milliiiictrcs de longueur, dur, dérouleur blanc Jaunâtre, ijui bouche complètement la lumière du vaisseau. (Doleiiis. Soc, anat., 1806.)

OiiS. 36. — X..., 45 ans, souffrait depuis huit ans d'une afl'eclion cardiaque; pendant trois ans. accès d'augine de poitrine. Deux jours avant sa mort, accès caractérisé par une violente constriction ihoracique avec douleur, engourdissement et refroidissement tlu bras gauche, faciès d'une pâleur livide. Mort subite.

AuToi'SiE : Dilatation de l'estomac, hypertrophie du cœur avec contraction des venti-icules, dépôts athéromaleux de consistance molle sur les valvules aortiques et ;i la base de l'aorte, principalement au pourtour des artères coronaires.

L'orifice de la coronaire ijauche était complètement obstrué par une plai/uc at/téroniateuse, à tel point qu'on ne pouvait rrirouvcr saii embouchuic qu'eu le cherchant par le vaisseau. La coronaire limite avait sou orifice considérablement rétréci, tout en présentant nu calibre normal. Aucune trace d'aihérome sur le tru/'el de ce vaisseau. (DiCKiNSo.N. Trausact. Palh. London, 1800.)

Obs. 37. — X..., 42 ans, garde-chasse, entre à l'hôpital où il est vu par Fuller. Depuis deux ans, il ressentait de vives douleurs épigastriques attribuées à tort à une alTection de l'estomac. Pendant son séjour à l'hôpital, il a plusieurs attaques violentes el meurt sous les yeux de son médecin. Celte attaque, comme les précédentes, avait éclaté immédiatement après les repas.

Autopsie : Plusieurs noyaux d'a|)oplexie à la surface du C(i:'ur, ventricule gauche en diastole (unconlracled), valvules saines. Cœur légèrement graisseux.

.4 l'oriqine de l'aorte, nombreux dépots athéromaleux sans consistance qui avaient empiété sur la lumière des artères coronaires éi. tel point qu'aucune d'elles ne pouvait laisser j)asser le bout d'u)i slijlel ordinaire. (Dickinson. Med. Times, 1880.)

Obs. 38. — On amène à l'hôpital un soldat de 35 ans. que l'on avait trouvé inanimé. La mort était survenue pendant ou après le coït, et Ton apprit que le malade avait eu auparavant des accès angineux.

.VUTOi'siE : C(L'ur hypertrophié (14 onces), ventricule gauche en diastole ; athéromc de la base de l'aorte.

L' embouchure de la corona i re droite était obstruée au point qu'il était im/tossiblc de l'apercevoir et qu'on ne put la découvrir qu'en suivant le vaisseau par une dissection faite e)i dehors. L'orifce de l'autre coronaire était également très rétréci j/ar la présence de jilaques alhèr<imatcuse>. (DicKiNSON. Med. Times, 1800.)

MALADIES DU COEUR ET DE l'aORTE

Obs. 39. — Homme de 59 ans, mort après avoir présenté des accès de sufTocation et d'angine de poitrine (avec irradiations à droite).

Autopsie : Adhérence complète du péricarde ; amincissement de la pointe du cœur formant une cavité anévrysmale pleine de caillots; communication entre les deux ventricules.

Ossification et oblitération des deux artères coronaires. (Thierry. Soc. Anat., 1866.)

Obs. 40. — Femme de 59 ans. entre le 2 mars 1866 à l'hôpital. Depuis quelques mois, gène de la respiration au moindre exercice. Le 1'^'' mars, après son diner, elle est prise subitement de malaise, d'étouffements ; puis surviennent, pendant la nuit, des accès de sulïocation accompagnés d'une douleur vive siégeant à la région précordiale et irradiant vers le cou, l'épaule gauche, le bras gauche jusqu'aux doigts et même vers l'épaule droite. Bruits du cœur normaux; pouls régulier, non fréquent. Le 2 mars, pendant la visite, elle est prise d'un accès : respiration sifflante, profonde, vive anxiété ; elle penche le corps en avant et craint d'étouffer. Puis la douleur disparait assez rapidement, et la malade revient à l'état normal. Les jours suivants, les accès sont moins fréquents, et la malade meurt le 22 avril.

Autopsie : Cœur développé, pâle et flasque ; vers le tiers inférieur, près du sillon interventriculaire antérieur, tache brune, noirâtre, irrégulière, grande comme une pièce de 20 francs, exhalant une odeur gangréneuse. Valvules mitrales et aortiques athéromateuses ainsi que l'origine de l'aorte. Au niveau de la cloison interventriculaire, poche anévrysmale renfermant des caillots fibrineux stratifiés.

Artères coronaires très athéroniatenses chargées de dépôts calcaires, qui rétrécissent leur calibre. L'artère droite est oblitérée après sa bifurcation. (Potain, cité par Pel- VEti, thèse inaugurale de Paris sur « les anévrysmes du cœur », 1867.)

Obs. 41. — X..., tambour, 47 ans, entre à l'hôpital le 28 mai 1867. Ni fumeur, ni alcoolique; il ressentit, il y a un an, une violente douleur à la partie antérieure de la poitrine au moment où il s'habillait. Cette douleur dura deux minutes, pendant lesquelles le malade resta debout et immobile ; elle occupait la ligne des articulations sterno-costales du côté gauche, irradiait vers l'ombilic d'une part et vers le bras gauche, le coude d'autre part. L'examen clinique fit constater le fonctionnement régulier des organes de la respiration et de la circulation. Après plusieurs crises, le 3 juin, à dix heures, on appelait en toute hâte le médecin de garde qui ne put que constater le décès survenu sans avoir été précédé de nouvelles douleurs.

Autopsie: Etat normal des poumons; dépôt graisseux assez abondant dans le médiastin antérieur et dans le péricarde viscéral; distension du cœur et des cavités droites par une grande quantité de sang noir, complètement fluide ; transformation graisseuse des parois du cœur au niveau des zones auriculo-ventriculaires ; « altération profonde des deux artères coronaires converties en tubes résistants, demi-calcaires, dont la surface interne, constituée par la juxtaposition de plaques athéromateuses, toutes de forme et de dimensions différentes, présente des rugosités très saillantes ». L'aorte est normale comme volume, coloration et consistance de ses parois ; elle ne présente aucune dégénérescence à son origine, et près de sa crosse seulement, existe une plaque athéromateuse de 5 à 6 millimètres de diamètre.

Cette saillie de plaques a notablement diminué le calibre des vaisseaux coronaires et donné à leur lumière les aspects les plus différents [triangulaire, ovale, etc.), suivant les points où Von en fait la section. (Colin. Gaz. hebd. de méd., 1867.)

Obs. 42. — Femme se plaignant de douleurs d'estomac irradiant parfois vers l'omoplate et survenant après les repas. Mort subite, quelques jours plus tard.

(1) La thèse de Pklvet renferme une observation de Vii.pian (auévrisine de la pointe) dans laquelle on a noté des accidents dyspnéiques non douloureux ; à l'autopsie, aorte athéromateuse, artères coronaires ossifiées, la gauche très rètrécie par des plaques crétacées ; la droite présente les mêmes altérations moins prononcées.

ANATOMIR PATHOLOdlOUE DR i/aNCINE DK POITRINE

Autopsie : Valvules du cœur saines, avec de nombreuses plaques d'alhérome dans l'aorte ; plus bas, érosion étendue de la tunique interne dont les bords, irréguliers, surélevés, étaient le siège d'un dépôt considérable de lil)riue.

L'une des arici-cs coronaires était ronij/lêlemenl oblitérée par de Itf fi/jrine. (Broad- BENT. Médical Times and Gazette, 1807.)

Oiîs. 43. — B..., Gi- ans, fut apporté mort à Tbopital Saint-Georges. Il se trouvait dans un parc avec une jeune l'emme, quand tout à coup, atteint d'angoisse avec constriction à la gorge, il chancela et tomba inanimé. Il se plaignait depuis longtemps d'une maladie de cœur et d'accès semblables.

Autopsie : Cœur byperlropiiié et couvert de tissu adipeux, à demi contracté et renfermant une petite rjuantité de sang dans ses cavités; myocarde mou et pâle avec traces d'inliltration graisseuse constatée au microscope ; lai'ges plaques d'alhérome à la face interne de la crosse aortique. Dégénérescence très avancée des reins.

Les deux artères coronaires ne présentaient (pie quelques plaques d'alhérome dans leurs parcours. L'oi i/iee de la eni'onaire f/aitche était lellcment recoiieerl par fane de ces plaques qiril était a/jsolumenl impossible fPy introduire un sti/lel. Il en était de même de la coronaire droite. (Wadiiam. The Lancot, 1808.)

Obs. 44. — R.... 81 ans, dans la nviit du 17 au IS mai 1800, se réveille brusquement à 4 heures du matin avec un sentiment de malaise et une faiblesse générale. Quatre heures après, douleur en barre, sans irradiations, à la partie inférieure du sLernum. A 10 heures du malin, la douleur sous-slernale a beaucoup augmenté, la dyspnée est intense, la face pile, les extrémités légèrement cyanosées. Mort subite trois quai'ts d'heure après.

Autopsie : Surcharge graisseuse considérable du péricarde et du conir; cavité péricardique renfermant un verre de sang, rupture du comr à la face antérieure du ventricule gauche et longue de 2 centimètres environ. A r(eil nu et au microscope, dégénérescence avancée du myocarde ; quelques plaques athéromateuses aux valvules aorliques et à la crosse.

L'orifice des artères coronaires est eonsiilérahlewoil rétréci; ces deux artères, recouvertes dans leur trajet jjar une couda' de tissu aili peux assez épaisse, jiréseulent au plus haut point la dégénérescence calcaire. Leur cavité, très réirécie et hérissée de saillies, laisse à. peiue nasserun stijlel très fin. (Le PiEZ. Bull, de la Soc. anat., 1809.)

Obs. 4o. — Homme de 47 ans, atteint d'angine de poitrine, dont les accès deviennent très fréquents et très violents dans les cinq dernières semaines de la vie. Il meurt dans un de ces accès.

Autopsie : Dilatation énorme du ventricule droit, hypertrophie du ventricule gauche, dégénérescence graisseuse du myocarde.

L'atlirrome de Paorte recouvrait presque complètement l'ori/ice des artères coronaires. Celles-ci, très minces, ne p)-ésenloient aucune trace d'alliérome. (Lockuakt-Clarke. Saint George's hosp. Rep., 1809.)

Obs. 40. — Homme de 41 ans. Depuis quelque temps, palpitations et dyspnée ; il y a cinq jours, anasarque. Jamais de rhumatisme. On constate de l'hypertrophie du cœur, et une lésion très manifeste des valvules aorliques. Pendant son séjour à l'hôpital, crise de douleurs angineuses très violentes, accompagnées d'un sentiment de sulTocation, avec pâleur de la face et sueurs froides. Au moment où une deuxième altaipie allait commencer, il voulut se lever et tomba raide mort.

Autopsie : Poumons sains, comprimés par nu fort épanchement pleural. Dans le péricarde, abondant épanchement de liquide trouble. Surface interne de l'aorle tapissée de plaques athéromateuses et calcaires et de dépôts librineux.

Par suite de l'un de ces dépôts fil/rineu.r, l'orifice de l'une des artères coronaires

MALADIES DU COEUU ET DE l'aORTE

élnil entièrement oblitéré. Sur tout le reste de son parcours, le calibre de l'artère était normal. Cependant les deux artères coronaires présentaient dans leurs parois des dépôts athéroniateux. (John Ogle. « British med. and. chir. review », 1870.)

Obs. 47. — W. S..., b2 ans, est admis à l'hôpital le 17 juillet 1866 dans un état désespéré; il meurt quelques instants après (absence de renseignements).

Autopsie : Symphyse cardiaque complète. Valvules du cœur saines; surface interne de l'aorte très athéromaleuse, les plaques d'athérome qui s'en détachent iaisant saillie dans la lumière du vaisseau et devenant ainsi le siège de dépôts fibrineux allongés ; ventricule gauche hypertrophié. Foie et reins très congestionnés.

Les produits athéromateux empièloit considérablement sur les orifices des coronaires, au point de boucher presque complètement Forifice de la coronaire droite et complètement celui de la coronaire gauche. (John Ogle.)

Obs. 48. — Marie H., 30 ans, est apportée à l'hôpital le 11 septembre 1866. Elle vient de mourir subitement, sans qu'on ait aucun détail sur elle.

Autopsie : Poumons très congestionnés, bronches pleines d'un liquide spumeux. Valvules aortiques opaques, épaissies et complètement insuffisantes ; valvule mitrale également épaissie. L'aorte, sur une longueur d'un centimètre et demi, est couverte de produits athéromateux. Les capsules des reins sont adhérentes, la couche corticale est diminuée d'épaisseur.

Orifice de l'artère coronaire gauche, presque entièrement bouché par Vathérome, admet avec difficulté une aiguille très fine; au delà, l'artère est saine. (Ogle.)

Obs. 49. — Homme de 52 ans, menant une vie très active. Trois semaines avant sa mort, éclate la première attaque d'angine de poitrine, qui fut très sévère. Autopsie : Etat graisseux du cœur et obstruction des coronaires. (Ogle.)

Obs. 50. — J. B., 33 ans, admis à l'hôpital avec symptômes d'affection du cœur : hydropisie, orthopnée, etc. Un matin, il veut s'asseoir pour boire, quand il retombe subitement en arrière, et meurt.

Autopsie : Anciennes adhérences pleurales et péricardiques. Hypertrophie et dilatation du CŒ'ur. Valvule mitrale saine, valvules aortiques épaissies. Aorte athéromaleuse ; au-dessus des valvules aortiques, poche anévrysmale du volume d'un œuf.

L'origine de la coronaire postérieure était complètement obturé par l'alhérome. La coronaire antérieure était perméable. (Ogle.)

Obs. 51 . — M. P., 32 ans, est amenée morte à l'hôpital, le 7 mars 1863. Elle n'aurait jamais eu de signes de maladie car diaque. Le matin de sa mort, elle sort pour assistera une cérémonie publique, et meurt subitement au milieu de la foule.

Autopsie : Rien au cerveau. Poumons emphysémateux. Parois ventriculaires très épaisses, cœur hypertrophié, ventricule gauche contracté et contenant de nombreux caillots. Valvules sigmoïdes de l'aorte légèrement épaissies ; au-dessus de l'origine de l'aorte ascendante, dépôt mou d'athérome, et à ce niveau, dilatation anévrysmale ampuUaire de la contenance d'une bille.

l'empiétement des plaques atliéromateuses sur les orifices coronaires contribuait à beaucoup rétrécir ceux-ci. L'une d'elles admet à peine le stylet le plus fin. (Ogle.)

Obs. 52. — J. W , 71 ans, sujet à des crises de palpitation avec « sensation désagréable » à Yépigasire et à la région scapulaire. Vertiges. Bruits du cœur lointains (were divided in a triple manner ; bruit de galop?). Double bruit de souffle au niveau de l'orifice aortique. Pas de dyspnée ni d'œdème. Un jour, après avoir dormi un peu, il ressent de « l'oppression cardiaque », puis le soir, il pâlit, expectore quelques mucosités, et meurt en moins de dix minutes.

ANATO.MIK, PATIini,f»r,InUR 1)F, i/aNOINE DE l'OITlilNE

Autopsie : Alhérome des artères cérébrales et de l'aorte, ventricule gauche très hypertrophié et contracté. Artères brachiales rigides, non alhéromateuses. Artrrex L'oroiin ires tri's idlirronialcuscii (leur rétrécissement n'est pas noté). (Ogle.)

Obs. .ï3. — H. C, 39 ans, admis à I hopital. le l(j août iSGG, a élé dernièrement affecté de dyspnée, d'ascite (!t d'anasarque. Bruits du cœur sourds, irréguliers, sans soufile; augmentation de la matité précordiale; albuminurie légère. Sous rintluence des mouvements, il s'arrête et la face » devient pourpre ». I,o 22 août, mort subite

Autopsie : Poumons congestionnés avec noyau.K d'apoplexie. Cœur hypertrophié, très contracté, rempli de caillots noirâtres ; dégénérescence grauulo-graisseuse du cœur; valvules saines. Reins et foie très congestionnés.

Tout autour de l'orifice des coronaires, les produits at/iéromaten.v arcumalrs sont en telle a/joiidance ijue leurs orifices sont notahlenieni obstrués. (Ogle.)

OiîS. 5i. — Domestique, d'environ 30 ans, se plaignait seulement de temps en temps « d'un sentiment de malaise avec douleur dans les lombes ». (L'auteur pense que le malade n'a pas eu de franches attaques d'angor, affirmation douteuse, puisque le malade vivait seul et qu'on « n'a jamais su grand'chose sur ce qui le concernait personnellement ».) Un jour, il se dispute, puis on le voit tomber à la renverse ; il était mort.

Autopsie : Congestion considérable des poumons atteints d'emphysème. Foie gras. Reins granuleu.x, contractés, ii-réguliers, bosselés et kystiques à leur surface; leur cai)sule est adhérente et la substance corticale réduite d'épaisseur. Cerveau ramolli. Dans la carotide interne gauche, à la bifurcation des cérébrales antérieure et moyenne, caillot ferme et décoloré, non adhérent à l'artère. Co'ur en systole et vide, sa paroi est ferme et d'apparence normale. Aorte très athéi'omaleuse, surtout à son origine.

Ij's jiroduits jibrineux et gr/inulo-f/raisieux ont presque entièrement oblitéré les orifices des coronaires, d ce point qu'un trcs fin stylet peut à peine y piénétrer. Dans le reste de leur parcours, elles sont saines. (Oci.e.)

Oiis. 5o. — Femme de 'M> ans qu'on avait considérée comme hystérique. Peu de temps avant sa mort, se plaignait de douleurs précordiales extrêmement vives.

Autopsie : Ramollissement du corps strié gauche, et caillot dans l'artère caroti(]e interne gauche. Paroi du veniricule gauche changée eu m; tissu blanc jaunâtre- Cavités cardiaques contenant des caillots mous .

('ne branche de l'a rlère coronaire nourrissant la jiortion du voUricule fjauc/te altéré était obstruée par un caillot filirineux remplissant sa lumière. (Oole.)

OiiS. 56. — Un malade de CI ans est pris subitement, pendant une |)romenade, d'une (li)uleur prècordiale intense avec op|)ressiun et sensation syncopale. Pouls petit, très faible. Reconduit chez lui, il ressent alors des douleurs dans le bi-as gauche, puis dans le bras di'oit. La respiration est calme et l'impulsion cardiaque est étendue sur une la!'ge surface, mais elle est l'aible. Après une nuit d'insomnie, l'oppression reparaît, et le malade s'èleint.

AuioPSiE : l'.pancliement sanguin du péricarde avec déchirure de la paroi cardiaque. Une branche des coronaires est athéromateuse et oblitérée par une masse d'un rouge Jaunâtre. (Lu.si). Xorsk. maga/.. for Laegevidsk, 1870.)

Ous. o7. — M..., 78 ans, entre le 13 février 1870 à l'hôpital et meurt subitement le soir du même jour. Le jour de son entrée, il s'est [ilaint d'un malaise général, de douleurs vagues dans la ])oitrine avec sentiment d'opju-ession et besoin instinctif de faire par moments une grande inspiration.

Au'TopsiE : Péricarde rempli par un caillot de sang noir. Déchirure de la paroi ventriculaire , située à gauche du sillon vertical et dii'igée dans le même sens,

MALADIRS DU COBUR ET DE L AORTE

s'arrêtant à 2 cenlimètres environ du bord droit. Cette rupture mesure 2 centimètres et demi, elle est obstruée par un caillot ; ce dernier enlevé, on pénètre dans la cavité du ventricule gauche. Le ventricule droit est vide. Il n'existe ni rétrécissement ni insuffisance de la valvule mitrale. Pas d'insuffisance aortique. Aorte légèrement athéromaleuse, mais sans induration calcaire. On remarque un degré semblable de dégénérescence athéromateuse à l'embouchure, irrégulièrement cylindrique, des deux artères coronaires, et par points disséminés, sur les parois de leurs branches principales. En quelques endroits de ces dernières, véritable calcificalion des tuniques, principalement le long de l'artère coronaire droite.

L'artère coronaire gauche porte des lésions fort importantes. Immédiatement audessus de sa première bifurcation, c'est-à-dire après un trajet de 8 ce7itimètres, la branche super ficielle est oblitérée par un caillot de \'ô à 18 millimètres'de longueur et dont la tête arrondie et libre est tournée du côté de l'aorte. Ce caillot présente les caractères d'un thrombus remontant à quelques jours. Au niveau de la partie moyenne, du caillot, épaississement de la paroi artérielle allant jusqu'à 2 millimètres et constitué par une substance molle, grisâtre, sorte de bouillie athéromateuse.

C'est dans le territoire arrosé en grande partie par les rameaux de l'artère coronaire gauche actuellement oblitérée que siège la rupture du ventricule. A ce niveau seulement, les fibres musculaires sont atteintes de dégénérescence graisseuse, le muscle cardiaque est sain dans le reste de son étendue. (Cauchois. Gaz. des hôp., 1870.)

Obs.oS. — Chez un angineux observé à l'Hôtel-Dieu, Vorifice de l'une des artères cardiaques pouvait à peine admettre la pointe d'une épingle, l'autre était transformé en une fente très étroite par une plaque néoplasmatique de la paroi aortique qui la recouvrait à la manière d'une valvule ; sur les autres points, les artères peu altérées paraissaient avoir leur calibre normal. (Parrot. « Dict. encycl. », 1870.)

Obs. 59. — G..., 67 ans, travaille depuis quatre ans dans les serres maintenues à 'une haute température. Dyspnée d'effort depuis neuf mois et douleurs rétro-sternales irradiant aux épaules et aux deux membres supérieurs jusqu'aux articulations radio-carpiennes. Pouls à 80, plus faible à droite. Bruit diastolique rude et prolongé au foyer aortique ; matité avec saillie notable à droite de la partie supérieure du sternum. Point douloureux dans la région interscapulaire où l'on remarque une matité croissante. Le D' Wilkos, hésitant entre le diagnostic d'anévrysme aorlique et de tumeur du médiastin, adresse ce malade au D'' Quain. Celui-ci n'ose se prononcer pour un anévrysme de l'artère innominée, qu'il est disposé cependant à admettre. Quelque temps plus tard, le malade éprouve des douleurs vives dans les bras, les lombes et de la dysphagie. La voussure du thorax diminue, et un examen plus complet fait constater un bruit de souffle à droite du sternum au niveau du troisième espace intercostal, une matité le long du bord droit de la première pièce sternale et derrière l'épaule droite. Mort par syncope, après des efforts de vomissements, le 15 avril 1871, deux ans après le début des accidents.

Autopsie : Emphysème pulmonaire, épanchement d'un litre de liquide dans la plèvre droite, dilatation de la veine cave supérieure, hypertrophie et distension des cavités cardiaques. Valvules aortiques saines, insuffisance aortique, dilatation anévrysmale de la convexité aortique jusqu'à l'artère innominée ; tunique interne de l'aorte, épaisse, rugueuse, avec saillies jaunâtres.

L'artère coronaire gauche est oblitérée dans sa première portion par un caillot d'un pouce de long fortement adhérent. Son orifice n'est plus visible. L'artère coronaire droite est normale et perméable. (Wilkes. Trans. path. London, t. XXIII.)

Obs. 60. — Un homme de 40 ans, souffrant d'angor pectoris, meurt au milieu d'un de ces accès après une injection de morphine. Autopsie : Lésions de l'artério-sclérose avec rétrécissement des artères coronaires,

ANATOMIE PATIIULoriinUE DE l'aNCINE DE POITRINE

"/ mi/oairdilr scléiricse. (Runeberg. ElL fall af ut Iiredd myocardit med. plotzlig paralysi al' lijarlat kort el'ter en subscut;en morlin injccliôii.)

Obs. ôl. — T., âgé, de 31) ans, militaire en congé de réforme pour une blessnre assez grave à la région pi'écordiale (il avait été violemment serré entre deux voilures chargées de terre). Deux ans après cet accident, des douleurs angineuses surviennent, et l'on constate un rétrécissement et une insufdsance aortiques. Les accès de douleur se reproduisent à d'assez courts intervalles; en outre de la douleur et des irradiations, quelques-uns sont caractérisés par une impossibilité de mouvoir le bras gauche, par quelques pulsations inégales survenant pendant l'accès. Pendant la nuit, après un effort pour s'asseoir, il pousse un cri et tombe mort.

Autopsie : Emphysème pulmonaire à droite. Quelques épaississements du péricarde, hypcrtropiiie du camr (710 grammes). Caillot mou et récent dans l'aorte ascendante, volumineux caillot dans le ventricule gauche dont les parois ont triplé d'épaisseur. L'épreuve de l'eau fait constater l'existence de l'insuflisance aortique. La portion du péricarde qui recouvre l'aorte est très épaissie, rougeâtre et indurée ; paroi interne de l'aorte parsemée de plaques dures et d'ulcérations.

Au niveau du plexus cardiaque, grande quantité de ganglions lymphatiques hypertrophiés et indurés, qui occupenttout l'espace compris entre l'aorte, labrauche droite de l'artère pulmonaire et le canal artériel ; ils ont dû comprimer, en les englobant dans leur masse, les nerfs du plexus et le ganglion de Wrisberg.

Lex orifices des artères coronaires sont, surtout le gauche, rétrécis cl peu en rapport avec le calibre des vaisseaur qui ont été ditalés nar riiijpertrophie cardiaque. (AuBi.AKi'. Thèse de Paris. 1872.)

Obs. — (34 ans, atteint d'accidents épileptiformes avec vertiges. Crises angineuses. Pouls ralenti : au début, 50 pulsations, puis .32.

Autopsie : Artères radiales pres(iue complètement calcaires. Insuflisance aorlique par incrustation calcaire des valvules. Artère basilaire, à 3 centimètres au-dessous de la protubérance manil'eslement rétrécie par les mêmes lésions. Lésions de périaortile. « Les nerfs du plexus cardiaque sont englobés au milieu du foyer de plilegmasie chronique. » Ventricule gauche hypertrophié avec dégénérescence graisseuse. L'aorte présente des incrustations calcaires au niveau des points où le bord de chaque valvule sigmo'ide s'en vient battre la paroi ; « elle est éf/aleinent incrustée au niveau de l'orifice des corontdrcs » dont le rétrécissement n'est pas nettement signalé. (Peter. Clinique méd., 1873.)

Obs. G3. — B..., i9 ans, arrive à l'hôpital se plaignant d'un peu d'oppression habituelle, de douleurs cardiaques depuis un mois. 11 n'a pas d'œdème des membres inférieurs, et parait peu malade quoique très paie. Au moment où, après avoir monté deux étages, il entre dans la salle, il tombe et meurt en quelques instants.

Le malade, avant de tomber, avait poussé un cri entendu par plusieurs personnes. De plus, on a appris qu'il était souffrant depuis dix-huit mois. Le symptôme dominant était ro[)pression ; il ne pouvait plus faire aucun mouvement sans étouH'er. il était sujet à des ètourdissements et à de syncopes. Parfois, il éprouvait dans la poitrine une douleur profonde et une vive sensation d'angoisse, sans irradiation aux membres supérieurs. Il toussait fréquemment et avait eu l'an dernier plusieurs hémoptysies.

Autopsie : Aucune lésion pulmonaire, sauf un léger état congeslif aux deux bases. Foie volumineux. Reins avec des traces d'anciens infarctus. Au cerveau, aucune lésion capahle d'expliquer la mort subite. Cœur assez volumineux, mesurant 14- centimètres de la pointe à l'origine de l'artère pulmonaire, 13 et demi transversalement à la base ; ventricule droit peu dilaté. Hypertrophie de l'oreillette et du ventricule gauches. Etatscléreux avec épaississements des valvules mitrales et sigmoïdes sans rétrécissement ou insuflisance. Aucun caillot dans les cavités cardiaques.

MALADIES DU COEUR ET DE l'aOUTE

Les lésions principales siègent à l'aorte qui est dilatée, puisque son diamètre dépasse 8 centimètres au niveau de l'orifice aortique ; elle est dans toute son étendue, indurée, parsemée de plaques athéromateuses, calcaires, rugueuses et ulcérées sur quelques points (aortite chronique). Malgré ces lésions si profondes de l'aorte, il n'existait d'athérome dans aucune des artères ; celles de la base du crâne et des membres étaient saines.

En suivant l'artère coronaire gauche (antérieure), on constate qu'elle est vide de sang, qu'elle est fort dilatée et parsemée, comme l'aorte elle-même, de plaques athéromateuses. Mais au niveau de son passage sous l'auricule, on la voit brusquement diminuer de calibre, au point qu'elle n'a plus qu'un demi-millimètre de diamètre. L'orifice de l'artère au niveau de l'aorte est converti en un pertuis fli forme par une induration athéromateuse et ne permet pas V introduction d'un ftn stylet. L'artère coronaire droite présente les mêmes lésions à un moindre degré.

L'artère circonférenticUe de la base du cœur est dilatée, ce qui prouve qu'il s'est établi une circulation supplémentaire... Le myocarde, dans une étendue qui correspond à la circonscription vasculaire de là coronaire gauche, présente des altérations qui correspondent à un infarctus en voie de dégénérescence graisseuse. (Rendu. Bull, de la Soc. anal, de Paris, 1874.)

Obs. 64. — Homme atteint d'angine de poitrine (sans indication d'âge); souffle systolique à la base et à la pointe. Vers la lin de la vie, accès très rapprochés, presque subinlrants, sans aucun état dyspnéique. Mort subite.

Autopsie : Cœur dilaté et hypertrophié, surtout le ventricule gauche; athérome de l'aorte. L'orifice d'une artère coronaire très athéromateuse était entièrement induré et rétréci (Brochin, Gaz. des hôp., 1874.)

Obs. 65. — Malade atteint d'angine de poitrine avec bruit de souffle systolique à la base et à la pointe du cœur. Mort subite.

Autopsie : Les deux artères coronaires qui s'ouvraient vers les plaques athéromateuses de l'aorte présentaient leur orifice très rétréci d'un millimètre de diamètre à peine. (G. See. Journal desconn. médicales, 1875.)

Obs. 66. — X. entré à l'hôpital en octobre 1874, avec une anxiété formidable ne ressemblant ni à l'asthme, ni à la dyspnée cardiaque, mais qui, s'accompagnant de douleur précordiale et de douleur de l'épaule gauche, démontrait la coexistence de l'angine de poitrine. A l'auscultation du cœur, bruit de soufUe systolique sus et sous-mamelonnaire. Les accès se répètent cinq ou six fois par jour, et deviennent même parfois subintrants. Il succombe bientôt dans un accès.

Autopsie : Cœur dilaté et hypertrophié, surtout au niveau du ventricule gauche; athérome considérable de l'aorte, qui avait déterminé un gonflement de l'endartère au-dessus des valvules sigmoïdcs. On constate encore un amincissement avec induration d'une des principales colonnes charnues du cœur qui contribuait, avec sa dilatation, à donner lieu à une insuffisance relative de l'oriticc mitral.

L'orifice de l'artère coronaire gauche était extrêmement rétréci et induré ; on y sentait un petit rebord dur, saillant, ce qui réduisait son calibre de moitié. L'artère coronaire était rètrécie dans toute son étendue et oblitérée même complètement dans un point de son trajet. (A Guerin. Thèse de Paris, 1876.)

Obs. 67. — 35 ans, maître canonnier, est pris entre deux voitures chargées de terre et blessé assez grièvement à la région précordiale pour être réformé. Deux ans après, symptômes angineux,

Autopsie : Cœur gras, graisseux, pesant 710 grammes. Péricarde triplé d'épaisseur. Dans la région du plexus cardiaque, grande quantité de ganglions pouvant comprimer les nerfs du plexus et le ganglion de Wrisberg.

ANATOMIK l'ATIKH.Odlnl i; Di; i/aNCINK \)\-. POITlilNK

Orifices des artères coronaires Ires rélrécies, surtout à(/auche. (Guerin.)

OiJS. 68. — 44 ans, ('-bénisle. non alcuolifiuc, peu fumeur, entré à Tliopilal le 2ij octobre 1874. Depuis un an, palpitations, baitements violents du co'ur avec choc précordial senti au septième espace. A la hase, souille au deuxième temps avec premier hruit à peine appréciable; à la pointe, souille systolique assez intense. Le lil octobre et le lendemain, crise angineuse avec l'ace paie, refroidie, grande an.xiété. Lesjours suivants, les crises reviennent quotidiennement presque à la même heure, entre 3 et 4 heures du soir; leur durée ne dépasse jamais un quart d"heure. Quelques-unes se suivent de si près et sont si rapprochées qu'elles semblent s'imbriquer l'une sur l'autre. Le fi décembre, il succombe dans un accès à 4 heures du matin.

Autopsie : Cœur hypertrophié, ventricule droit extrêmement dilaté, à parois hypertrophiées; ventricule gauche dilaté et hypertrophié avec dilatation et insuflisance assez considérables de l'orifice mitral. Dilatation de l'orilice tricuspidien. liétrécissement et insuffisance aortiques. Valvules sigmoïdes indurées, semi-cartilagineuses et épaissies sur leurs bords. Au-dessus d'elles, il existe une plaque athérolualeusc, très consistante et presque calcaire, entourée d'autres noyaux jaunâtres demi-transparents. Il n'y a ni périaortile, ni péricardite, et le plexus cardiaque est parfaitement sain. L'aorte thoracique est athéromateuse dans tout son trajet.

Les uri/ices (fcs iirtères coronaires (léljouvhanl au milieu de ces /tlaz/ues (/'atlicrome ne peuvent être traversées pd}- rexirémilé d'un /in stylet. Dans leur trajet, ces artères sont saines. (G. Gauthier. Thèse de Paris, 1870.)

Ous. 09. — Homme de 40 ans, ayant eu ii plusieurs reprises des accès de sténocardie et de constriction thoracique. Deux jours avant sa mort, le pouls devient fréquent, sans aucun bruit morbide du cu'ur. Après avoir passé une nuit tranquille, il meurt brusquement en quelques minutes au moment où il allait se lever.

Autopsie. — f)ans le tronc de la coronaire gauche, au-dessus d'une prrrtie é]iaissie et calcinée, thnauhus d'un centimètre de loaf/, oblitérant co)nplétenienl la lumière du vaisseau. (Iîiucii-IIihciifem). Lehrl). der path. anat. Leipzig, I87G.)

Obs. 70. — Homme de 63 ans, en rentrant d'une partie de chasse, accuse de la dyspnée avec douleurs violentes dans la poitrine, qui ne cessent que par le repos. Hruits du cœur sourds ; choc précordial faible, mais régulier comme le pouls. Quelques jours après, mort subite à la suite d'une courte promenade.

Autopsie : Cœur volumineux, graisseux, atteint de myocardile. Aihéi ome de l'aorte. Kndartérite des artères coro)taires avec dilatai ion et rétrécissements partiels. (Le.mciiEN och Kev-Axel. « Fall af hastig doed till foljd af hjart forlamning. » llygiea, 1800, Svenska lakare sallsk forhandl, p. 'i224.)

Obs. 71. — Relation du cas de Chalmers (1847). Angine de poitrine (à forme pseudo-gastralgifjue) avec mort subite par syncope à 08 ans. En 1834, attaque d'hémiplégie dont il guérit assez rapidement et qui se répéta cinq mois plus lard.

Autopsie : Cœur dans un état avancé de dégénérescence granulo-graisseuse; parois ventriculaires d'une minceur anormale.

Les artères coronaires étaient oblitérées par des dépôts calcaires, leur calilire très rétréci, et dans un point, elles étaient imperméables avec rcsislance considéndilc au scalpel. (Gairdner. A System of médecine edited by Russel Reynolds, London, 1877.)

Obs. 72. — Malade mort subitement de syncope, après avoir présenté pendant la vie un pouls de plus en plus ralenti.

Autopsie : ^-1 l'entrée des corona ires, plaques calcaires les obstruant totaleiuent. (Hommer. Wien. med. Woch., 1877.)

MALADIES DU COEUR ET DE l'aORTE

Obs. 73. — Femme de 76 ans, présente pendant la vie des symptômes demiasphyxiques. Mort subite.

Autopsie : Ramollissement du myocarde au tiers inférieur du ventricule gauche.

La coronaire gauche est complètement oblitérée en deux points de son calibre par deux bouchons alhéromateux dont l'un se trouve à l'origine du sillon de la face antérieure du cœur, et Vautre vers la partie moyenne du ventricule. La coronaire droite est athéromateuse et partiellement oblitérée. (Blaciiez. Soc. méd. des hopitau.x, 1877.)

Obs. 74. — Femme de 36 ans souffrant depuis longtemps d'accès de dyspnée en montant les escaliers, prise un jour d'une douleur violente à la partie supérieure de la poitrine, en avant du sternum avec irradiations au cou et sensation d'occlusion ou de resserrement des voies aériennes. Quatre jours après, dyspnée excessive, vomissements, pouls à 136, râles nombreux dans la poitrine. Mort le lendemain.

Autopsie : Cœur volumineux. Valvules normales; muscle cardiaque atteint de dégénérescence graisseuse. Origine de l'aoïte couverte de dépôts urtério-scléreux rjui rétrécissaient fort les orifices des coronaires. (Petterson och Wising. Fall al Jœrthromb. Hygiea, 1878, Svenska laekaresallskap fœrhandling.)

Obs. 75. — Femme de 40 ans, entre à l'hôpital dans un état des plus graves : oppression, douleur à la région précordiale présentant les caractères de l'angine de poitrine, teinte subictérique. N'ayant jamais eu de rhumatisme, elle se plaint de palpitations depuis un an, d'angine pectorale depuis huit mois. Cœur volumineux, pointe abaissée, deuxième bruit du cœur à la base, éclatant et retentissant; léger rétrécissement aortique ; pouls fort et régulier. Epanchement pleural à droite. — Potion avec infusion de feuilles de digitale : 20 centigrammes. Le surlendemain, grande crise angineuse, et à minuit mort subite au milieu du plus grand calme.

Autopsie : Epanchement pleural remplissant la moitié de la plèvre droite. Léger épanchement péricardique ; hypertrophie du ventricule gauche; pas de lésion des valvules auriculo-ventriculaires ; valvules aortiques épaissies, mais peu malades; léger degré d'insuffisance aortique ; dilatation de la portion ascendante de l'aorte, à surface irrégulière, chagrinée.

Immédiatement an-dessus des valvules sigmoïdes près des orifices des artères coronaires, on constate deux ou trois points alhéromateux, présentant Paspect et la consistance de véritables plaques d'athérome avec calcification. Aucune mention du trajet intra-cardiaque des coronaires, ni de leur rétrécissement. (Poulain, Gaz. heb. de méd., 1879.)

Obs. 76. — Un malade succombe à l'angine de poitrine. Autopsie : Poumon et aorte sans lésion.

Les artères coronaires portaient seulement deux plaques alhéromaleuses extrêmement petites, avec rétrécissement tel de leur orifice que celui-ci permettait à peine l'introduction d'une soie de sanglier. (Potain. Gaz. des hôp., 1880.)

Obs. 77. — Homme de 47 ans, d'aspect robuste. A trente ans, syphilis à la suite de laquelle il eut trois attaques ayant fait craindre une affection cérébrale : perte subite de connaissance avec délire léger, contraction dans les muscles de la face, respiration pénible et bruyante. Chacun de ces accès a eu une durée d'une demiheure, et furent rattachés à une syphilis cérébrale. Après un traitement approprié, ces accidents disparurent. Les années suivantes, accès « d'asthme » de plusieurs heures de durée. Au milieu de la plus parfaite santé apparente, il éprouvait tout à coup une douleur indescriptible avec serrement dans la poitrine, et difiicullé de la respiration. Ces accidents furent, au début, rattachés à tort à des accès d'asthme chez un emphysémateux. Mais, comme ce malade travaillait beaucoup dans l'intervalle des accès sans éprouver la moindre gêne, Samuelson conclut à des accès légers

ANATOMII': l'ATHOLCKnuUE DE L'ANGINf: I)K POITIilNK

d'angine de poitrine. Le cœur n'est pas totalement augmenté de volume, ses bruits sont normaux, le pouls est régulier (70 à 75 pulsations). Le 26 janvier 1879, il est pris, en pleine rue, d'une violente douleur précordiale. A 7 heures du soir, on le trouve paie de IVayeur et se plaignant d'une douleur indescriptible à la poitrine et au ventre. Respiration dil'licile. Le pouls est très lent (3.'i pulsations), régulier, mou et dépressible ; au cu'ur, bruits normau.x. Au bout d'une demi-heure, le pouls remonte à 40. Le malade avait toute sa connaissance. Deux heures après, il était encore plus pâle et plus froid qu'auparavant, répondant avec peine aux questions. Le pouls était retombé à 35, plus l'aible et plus dépressible. La respii-ation se ralentit également, la mort survient à 10 heures et demie après cinq heures de collapsus.

Autopsie : Poumons sains. Hypertrophie du C(cur surtout au ventricule gauche; valvules saines ; très léger état scléreux commençant à l'aorte ; myocardite avec dégénérescence graisseuse. Foie normal: lithiase biliaire, kystes rénaux.

/.es aiières coronaires riaient envahies jtar le jirocessus scléreux à un Ici point (jii'filles éUticnl rcdailes à des cordons minces cl durs. Leur calibre èlail fort rétréci, siirloul à leur origine, leurs parois épaissies: enfin il n'élail pas jwssihle, en apparence du moins, que le courant saïujuin jiùl jiénélrer dans leur calibre. (Samuelson. Zeilschrift l'iir klin. méd., 1880.)

Obs. 78. — Pendant la vie du malade aucun battement de la carotide gauche, et la douleur se localisait pendant les accès, au cou et an menton.

Autopsie : Athérome de l'aorte oblitérant l'embouchure de la carotide gauche. Oblitération complète d'une des coronaires, incom[dèle de l'autre avec dépôts calcaires (le leurs ])urois. (Leecii. Brit. med. Journ., 1880.)

Obs. 79. — X..., 31 ans, fort, bien musclé, grand buveur de bière. Depuis quelques mois, et surtout pendant la marche, accès angineux qui le forcent à s'arrêter subitement (douleur précordiale, avec sensation de compression et d'angoisse extrême). Le 6 septembre 1880, après une vive discussion, accès d'un quart d'heure qui se termine par une abondante expectoration rougeàtre. Après un accès survenu dans la rue, faiblesse extrême; pouls faible, intermittent, dépressible, à 50 par minute; choc cardiaque très faible; foie débordant les fausses côtes de trois travers de doigt. L'examen pratiqué par le médecin fit tout à coup éclater un accès d'une grande violence : pâleur de la face; sueurs froides, douleur violente de la région précordiale vers l'épaule et le bras gauches. Il réclamait de l'air, quoique sa respiration ne semblât pas embarrassée. Les battementsdu cœur s'affaiblirent considérablement et devinrent souvent peu distincts. Vers la lin de l'accès qui duia une demi-heure, le malade rendit une grande quantité de salive rougeàtre ; l'auscultation lit alors reconnaître une grande quantité de râles comme ceux de l'anlème. Le 10 septembre, pendant la nuit, après avoir poussé un cri, le malade mourut subitement.

Autopsie : Cœur flasque, hypertrophié avec surcharge graisseuse peu considérable. Péricarde sain dans toute son étendue, sang noir demi-fluide et dépôt libiineux dans toutes les cavités cardiaques; valvules saines. L'aorte présente sur l'endartère de nombreux dépôts calcaires et sclérotiques dans sa portion ascendante; elle est dilatée et ses tuniques sont épaissies. Aux poumons, congestion œdémateuse ù la base et en arrière. Foie hypertrophié, dur, légèrement graisseux.

L'orifice de ta coronaire droite qui afjécte la forme d'entonnoir esl silué au milieu d'arnas sclérotiques le rclrécissa)it au point qu'il ne peut admettre qu'un /in stylet. La. coronaire gauche présente un orifice complètement oblitéré par des dépôts calcaires; son calibre, de même que celui de la droite, était normal. Le ple.eus cardiaque préparé et examiné avec le jjIus grand soin était absolument normal. (K. Deiho. Petersburger medicinische \Vochenschrifl, 1880.)

Obs. 80. — Femme de 43 ans, soufTrant depuis deux ans de " douleurs rhuma

MALADIES DU COEUR ET DE i/aORTE

tismales ». Au début, lorsqu'elle portait les chaises qu'elle avait revernies, il lui arrivait d'être foi'cée de s'arrêter à cause d'une sensation de brûlure siégeant derrière la partie moyenne du sternum, accompagnée de palpitations sans irradiation. Cette sensation de brûlure rétro-sternale revenait souvent après les repas ; de plus, elle a eu des accès de suffocation nocturne. Souffle systolique et diastolique au foyer aortique, souffle systolique à la pointe. Cinq jours après son entrée, elle est prise le soir d'une orthopnée extrême, se plaint d'un poids qui l'oppresse à ïeslomac et meurt en dix minutes.

Autopsie : Plaques d'aortite récente, confluentes à l'origine du vaisseau, au niveau des valvules qui sont elles-mêmes très compromises.

Sous l'influence des lésions de la membrane interne, les orifices des vaisseaux qui prennent naissance dans l'aorte, sont très atteints; ceux des artères coronaires échappent à la vue; c'est avec la plus grande peine que Von retrouve celui de la coronaire antérieure. « La recherche de l'orifice de la postérieure a lassé notre patience. » (Obs. de RoiîEKT. Thèse de Rousse.au, 1880.)

Obs. 81. — Malade atteint pendant longtemps d'accès angineux. Autopsie : Artère coronaire gauche calcifiée et obstruée au niveau de sa bifurcation avec la branche ventriculaire descendante. (Vislizenius. Saint-Louis médical, 1880.)

Obs. 82. — 75 ans. ordinairement bien portant, est pris, le 7 octobre 1880, de douleurs dans la poitrine et le bras gauche ; plus tard, il eut un peu de faiblesse dans le bras droit au point de ne pouvoir tenir son journal. Le 8 octobre, subitement, violente douleur au creux épigastrique avec sensation de poids et de serrement du côté gauche de la poitrine, puis phénomènes de collapsus. Au cœur, souffle systolique rude à la pointe. Pouls insensible à droite, absent à gauche. Mort dans la nuit.

Autopsie : Cipur peu augmenté de volume, rupture de la cloison interventriculaire faisant communiquer les deux ventricules ; surface de la déchirure couverte d'un exsudât tibrineux. Le muscle cardiaque est gris et jaunâtre.

Artères coronaires très athéromateuses, surtout au point où l'une d'elles passe sur le bord droit du cœur ; thrombus de 4 centimètres de long oblitérant le vaisseau corresvondant au territoire occupé par la déchirure du cantr. (Kev et Kjelbehg. Hygiea, 1880.)

Obs. 83.— J..., glaceur de papier, 37 ans. Depuis longtemps, douleurs très violentes dans la poitrine et les deux bras. Il y a deux ans, œdème généralisé et crachats sanguinolents. Ni rhumatisme, ni syphilis, ni alcoolisme. La face est pâle, très amaigrie. Actuellement, le malade n'a plus d'œdème, mais il se plaint de ne plus pouvoir faire un mouvement sans avoir des « faiblesses au cœur » tellement douloureuses qu'il est obligé de s'arrêter. Dyspnée d'effort et accès angineux avec irradiations dans l'épaule, le bras et parfois jusqu'aux aines. A la fin de l'accès, besoin irrésistible d'uriner. L'effort détermine parfois des pertes de connaissance. — Souffle diastolique au foyer aortique ; impulsion cardiaque ralentie, affaiblie, intermittente, et pouls radial présentant les mêmes caractères (60 pulsations) ; battements forts et douloureux, surtout lorsqu'ils se montrent la nuit, comparés par le malade « à une sensation d'arrachement, de déchirement dans la région du cœur ». Mort subite dans un effort de défécation.

Autopsie : Adhérences pleurales généralisées à gauche. Reins à tissu induré et congestionné, substance corticale un peu atrophiée, artère rénale peu altérée. Foie induré et diminué de volume. Artères cérébrales légèrement opalines et épaissies. Articulations fémoro-tibiales atteintes d'arthrite sèche. Cœur volumineux, hypertrophié à gauche, dilaté à droite, caillot non fibrineux et sang noir dans les deux ventricules. L'aorte est à peu près intacte au niveau des nids valvulaires ; mais à 1 centimètre de ces nids, saillies considérables de 5 à 6 millimètres d'épaisseur et

ANATOJIIE PATHOLO(UQUF. DE l'aNT.INE î)K POimiNE

formées aux dépens de la tunique moyenne. L'aortite, d'origine récente, s'étend jusqu'à la crosse. Les gros troncs vasculaires sont réirécis à leur origine.

Vurifice de la coronaire gauche est absolument caché et impossiljle à trouver; ce n'est qu'en remontant l'artère avec un fin stylet qu'on réussit à le mettre en évidence. Il admet tout au /jIus la léle d'une épingle. Il existe au-dessus de lui un petit néoplasme formant valvule et qui empêche absolument l'accès du sang. L'orifice de l'artère coronaire droite est aussi rétréci, mais libre : il admet à peine une sonde cannelée ordinaire. Dans le reste de leur longueur, le calibre des deux artères est absolument normal. — La tunique externe de l'aorle et les nerfs du plexus cardiaque, disséqués avec délicatesse, ont été examines avec beaucoup de soin, soit à l'œil nu, soit au microscope, et nulle part on n'a trouvé d'altération. (Lancereaux. Clin, méd., 1880-1882.)

Oiîs. 84. — Femme de 37 ans, entre le 1" mars 1881 à l'hôpital. Sa mère a succombé à la goutte. La malade a eu une attaque de rhumatisme en 1870. A partir de cette époque, essoulHement, anhélation dèsqu'elle l'ait unemarcheun peu rapide ;depuis lors, à deux reprises, paralysie de la langue ayant duré cinq minutes chaque l'ois. H y a si.x mois, l'état de fatigue et de malaise s'est aggravé, des nausées et des vomissements sont survenus en même temps que des palpitations violentes. Il y a deux mois, accès d'éloulfement subit. Elle éprouvait alors des douleurs partant du cœur avec irradiations à l'épaule, au bras gauche, et sensation d'angoisse e.xtrème. Cette femme, qui menait une vie désordonnée, fumait plus de vingt cigarettes par jour et restait dans une chambre fréquentée par de nombreux fumeurs ; elle niait tout excès alcoolique. A l'auscultation, rien d'anormal. Depuis huit jours, elle n'avait pas eu d'accès, quand, après avoir pris un bain en rentrant chez elle, elle eut tout à coup une crise de sulTocation épouvantable avec pâleur de la face, état syncopal, pouls imperceptible, battements sourds et petits du cœur. A l'auscultation, congestion intense du poumon gauche; quatre heures plus lard, congestion de tout le poumon droit. — Le 2 mars, la malade reproduit le tableau exact de l'asystolie à la période ultime : bruits du cœur sourds, sans souflle ; pas de choc précordial, mais à la région cardiaque, douleur très vive augmentant par la pression, empêchant même toute percussion. Le lendemain, le pouls se sent à gauche et non à droite, la dyspnée est intense, la voix rauque et entrecoupée. A l'auscultation, le fait dominant est l'affaiblissement du premier bruit. Diagnostic : myocardite scléreuse. — Les accidents augmentent d'intensité, l'œdème des membres inférieurs s'accuse, les battements du cœur réguliers sont imperceptibles à la main, du délire survient dans les derniers jours, et la malade meurt avec la face cyanosée. (Depuis l'apparition des troubles asystoliques, il est à remarquer que les accès d'angor avaient cessé.)

AuTOi'SiE : Cœur volumineux, renfermant une grande quantité de sang; aorte dilatée, athéromateuse ; valvules suffisantes et normales; congestion généralisée des poumons avec induration tuberculeuse du sommet gauche. Reins ayant l'aspect du rein cardiaque ; foie muscade. Le myocarde présente un état fenèlré et disparition partielle ou totale dans certains points de la trame musculaire avec trois hémorrhagies interstitielles résultantdela rupture de petites artérioles. Au centre d'un des piliers du ventricule gauche, grande quantité de tissu conjonclif coloré en rose.

Presque toutes les artères sont malades ; endurtériie oblitérante complète pour les unes, et pour les autres simple bourgeon partant de la lame élastique interne et obturant jjarliellement la lumière du vaisseau. (Rio al elJuiiEL-RENOv. Arch. de méd., 1881.)

Oiis. 85. — L..., plombier, 5G ans. Pendant les quatre années qui précédèrent sa mort, il fut atteint de dyspnée, et à la région précordiale, de douleurs constrictives produites et exagérées par le moindre exercice. Il y a trois ans, on avait constaté une inégalité des deux pouls et l'existence d'un souffle systolique au foyer aortifjue. Arythmie et paljutations cardiaques. Dans les derniers mois de la vie, rop[)ression et les douleurs précordiales augmentent d'intensité sous l'influence de la marche ou d'un exercice, à tel point qu'il ne pouvait faire 4 mètres sans s'arrêter. Pour accom-

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