‹ Traité clinique des maladies du cœurChapitre 49 sur 107 · BRUITS DU CŒUR · texte numérisé non relu

BRUITS DU CŒUR

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Ajoutons qu’il y a un silence marqué après le deuxiènie.

»Le premier bruit répond à un soulèvement musculaire que l’on observe ordinairement à l’endroit où est son maximum d’intensité, c’est-à-dire dans le cinquième espace intercostal. Quant au second, on aurait tort de croire qu’il en est constamment privé; ainsi, sur la quantité de personnes que j’ai examinées, j’ai observé six fois un soulèvement du ou troisième espace intercostal, près

du sternum , coïncidant parfaitement avec le deuxième bruit qui y avait son maximum d'intensité. Dans ces cas il était facile de remarquer les deux soulèvements supéjieur et inférieur alternant ensemble avec chacun des deux bruits auxquels ils étaient unis. Une seule fois l’autopsie cadavérique me permit de m’éclaircir sur cette espèce d’anomalie. Le cadavre étant encore intact, j’enfonçai un bistouri perpendiculairement dans chacun des deux endroits qui avaient présenté des battements , et qui étaient le deuxième espacé intercostal et le quatrième près du sternum. Je découvris ensuite le cœur : il était placé longitudinalement en dehors du bord gauche du stei-num; je vis que la ponction supérieure avait pénétré dans l’oreillette droite en traversant d’arrière en avant les parois supérieures du ventricule droit , et que la ponction inférieure avait atteint le sommet de l’organe, deux lignes au-dessus de sa pointe. Je crus pouvoir conclure de ce seul fait, qu’une condition nécessaire pour la production du soulèvement supérieur était le rapport de la partie supérieure du cœur avec un espace musculaire ^ et que, si ce soulèvement était rare , cela tenait à la position ordinaire de sa base derrière le sternum (ï).

» Il est clair que les deux mouvements de la pointe et de

(1) Le mouvement dont parle ici M. Beau comme d’un phénomène constant, bien que le plus souvent on ne puisse, dit-il j le constater ; ce mouvement, je le répète, me paraît toul-^à-fait imaginaire. On va voir quelle cause M. Beau lai assigne.

i6o tHTSÎOtOGIÊ fiu CCÆUK.

la base du cœur qui produisent les deux soulèvements al, tematifs des parties musculaires du thorax, sont, pour l’inférieur, le temps de dilatation 'ventriculaire, et pour le supérieur, celui de dilatation auriculaire (i) ; car nous avons démontré que ce n’est que par eux seuls que se font les deux mouvements antérieurs dont la pointe et la base sont alternativement le siège. Si , d’un autre côté, nous réfléchissons que chacun des deux bruits coïncide parfaitement avec chacun des deux soulèvements, et qu’ils ne font positivement qu’un ensemble , on en conclura que le bruit inférieur est, avec le soulèvement inférieur, V effet simultané de la dilatation ventriculaire , et que le bruit supérieur est , avec le soûle- <vement supérieur, l'effet également simultané de la dilatation auriculaire .

» Le premier bruit , avons-nous dit, répond à la diastole ventriculaire ; il nous indique par conséquent que la contraction des oreillettes la précède, que la contraction ventriculaire la suit , puis le pouls artériel. Mais comme ces divers mouvements sont si rapides qu’ils paraissaient n’en former qu’un , /e bruit doit signifier l’ensemble de ces mouvements, et dès lors le passage de l’ondée des oreillettes dans les artères. Le 2® bruit nons apprend que la dilatation auriculaire se fait par l’introduction subite du sang veineux dans la cavité des oreillettes; enfin, pendant le silence, le sang veineux continue d’y couler, jusqu’à ce que leur réplétion soit complète ; alors elles se contractent de nouveau, et le bruit reparaît avec la dilatation ventriculaire , etc. , comme nous venons de le dire (2).

(1) Ce qui est très clair, au contraire, c’est que le mouvement inférieur ou de la pointe du cœur coïncide avec la systole ventriculaire.

(2) Comme le choc de la pointe du cœur contre la paroi pectorale , le premier bruit (bruit inférieur de M. Beau) coïncide évidemment avec la systole et non avec la diastole ventriculaire, tandis que le second bruit (bruit supérieur deM. Beau) est isochrone à cette diastole. On a réellement dé la peine à concevoir comment un observateur aussi distingué que M. Beau a pu tomber

BRUITS DU. COEUR î \^\

l’p.n au^4lte les bruits normaux et r^uliers d’un çççpp q^i pr-ésentg le nombre de pulsations ordinaires , et gp’pn eherche à §a voir de combien de" temps égaux se cpiU: pp.SjB ia ^urgg tplalg des deux bruits, et du silence , on r.eçonp^tt qu’il ÿ en a trois qui reviennent d’une manière pr^igg4^nsç^|que baUement. cprnptant un sur

le pçemigr bjajt, sur le second, pn comptera trois

dfiq§ le %ilepçe pour, revenir compter «« sur le premier gtCf U suit de là que la durée d’un batteinent complet e^t une yéritable mesure à trois ternes dans laquelle on peut fi|u^er ks deux fruits 4-

lepCj^par un smipir.

» Quand les pulsations s,pnt rares à iip par exemple ,11 peut arriver que le silgnçe contienne plus que k valeur d’up ^ruit, et i| mesure à trpis.kçngs n’existe plus. Loesqq’elle|,|pnt ti^^s pfécipij;|es.,^ le |i|enc^ cpn|ientj au çpntpuire, inqm^ que l.a valeur d’un bruit ^ et il est également iïppqssijble de p^q|pter trois temps. Mais à part ces deux espèces d| cas excéptibnnels , les uns en plu| , les. autre^ en ^oins^ les, .trois temps se succèdent exactement dans le. rhÿthnigoes bju^ts et du sMencép don^a durée reiativ^

P res que tpu j ours telle; que je y ien s de. 1 e d ire. ; 7

» Qu’inléyer d^ là ? ïi’abprd,. queues deux bruits .sont

é^ux * puisqu’ils répondent à .des temps é^aux. En cqnclurpns-npqs qussi que les ddatations^ auriculame^ et yentriculçûres aux.qu elles ils sè rattadhént *sqnt égales en dorée ? Non, car nous savons pbsjtivémènt que l’upe est pl.ds longue que l’autre : nous en "^conclurons 'senlép^ent que le cdoc du sang contre les paréis des deux cavité;^ dans

dans l’erreur que nous signalons^ et y persévérer malgré ses longues études cliniques. Notons, du reste, que dire avec cet auteur qué le' bîuil inférièur e^t l’effet de la dilatation ventriculaire, et le supérieur de la dilatation- auriculaire, ce n’esj pas donner V exjpLicaiion de ces bruits. Il aurait f.diu niontrer comment cette double diaslole peut produire le tic-tac , le double claquement du coeur. 6r, M. Beâü tie paraît pas même y avoir songé.

l6a PHYSIOLOGIE DU CŒUR,

le moment où élles sont comme surprises par son arrivée subite, a une durée 'égale dans l’üne et dans l’autre. Nous serons en cela parfaitement d’accord avec ce que l’observation journalière nous apprend dé la durée des chocs ; ils peuvent êtré plus aigus et plus retentissants îles uns que les autres , mais leur durée prôprefnent dite est toujours la même. C’est, au reste, ce qui arrive pour les bruits du cœur: le premier est ordinairetnent plus sourd que le deuxième ; cependant tous deux n’en occupent pas mciiis un temps égal dans la durée totale du battement complet. Ce point une fois bien établi (i), lé rapport des trois temps de la mesure du cœur avec la sérié de tous lés mouvements, se présente de lui-mêmel:‘‘En effet, la dilatation ventriculaire, cause du premier bruit , étant comme le centré de ce mouvement compose et rapide qui commencé par la contraction de l’oréilletle et finit parla contràctién ventriculaire, il s’ensuit que tout ' ce moùveméùt sé fait dans le premier temps, puisqu’il sé. rattaché au prémiér bruit (2). Le deuxième bruit avec le dèuxienië témps h’eât marqué que par l’arrivée du sang veineux dans rbréilretté. Enfin, pendant le troisième temps qui est silencieux, l’oreillette continué à se remplir, jusqu’à ée, qué lé prenaier temps révienné avec la contraction de roréillette qui provoqué; la dilatation .ventriculaire et. le prémier brùit. On voit par la que lé sang passé de roreillëtte dans i’àrtèré èri un temps , et que'pëndant les deux autres roreilletle Sé dilate et se remplit ; de sorte qu’ën supposant un coeur battant 60 fois pa'r'mihütéVsa révolution ou son battement complet sera d’une seconde , rondéé sanguine inéttra 2/0 de seconde à se former dans l’oreillette, et i/5 seulement à passer dé l’oréilletté dans l’artère.

(1) Ce point n’est rien moins que bien établi.

(2) C’est là urie erreur capitale que nous avons déjà signalée et relevée.

TABLEAU

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