‹ Traité clinique des maladies du cœurChapitre 50 sur 107 · DE LA SUCCESSION DES MOUVEMENTS DU COEUR, DES BRUITS ET DES TEMPS · texte numérisé non relu

DE LA SUCCESSION DES MOUVEMENTS DU COEUR, DES BRUITS ET DES TEMPS

BRUITS DU COEÜE

le second bruit à la diastole ventriculaire.

l64 PHYSIOLOGIE DH COEUR

» Si le choc de la pointe du cœur contre la paroi thoracique est l’effet purement passif de la contraction des oreillettes, l’intensité du choc doit toujours prouver l’intensité de la contraction auriculaire ; et toutes les fois que dans une affection organique du cœur, on voit la cage thoracique violemnaent ébraiilée p?ir les battenaents de la pointe, on doit conclure qu’il ^ a contraction violente des oreillettes, dépendant d’une hypertrophie de leurs parois. Cette induction pathologique demandait à être confirmée par les faits ; j’ai consulté ceuj que contient le Traité des maladies du cœur de M. le professeur Bouillaud , et j’ai obtenu le résultat suivant : Il y a seize observations d’hypertrophie, des oreillettes , unie à celle des ventricules ; ce sont celles qui portent les 2 1 , 25 , 5 1 , 65 , 54 ^ 58 , 69 , 77 , 85, ii6, 121, 124» c5i , 1 54 ; eh bien ! dans toutes, le choc de la pointe contre la paroi thoracique est exprime en termes plus ou moins significatifs. On peut y remarquer que r ébranlement thoracique est d’autant plus fort, qu une hypertrophie cpn^dérable des oreillettes coïncide avec une hypertruphie également considérable des yentricules. et cela n’â rien d’étonnant ; car que faUt-il pour produire un choc violent ? un corps choquant volumineux et une force énergique qui le mette en mouvement.

» Il fallait une seconde série d’observations pour faire la contre-épreuve ; ainsi après avoir montré qji’un chpc notable de la pointe du coéur contre le thorax coïncide avec l’hypertrophie des oreillettes, il fallait savqir ce qu’il advient quand cetlç hypertrophie n’existe pas , et qu’il n’y a que Celle des ventricules. L’ouyrage de ^^ouilîàud ne contient que trpis observations de cette dernière espèce ; elles portentles n?" 67 , 117, Dans toutes les trois , les battements sont peu sensibles ; dans deux, il n’y est pas fait mention du degré d’épaisseur des parois auriculaires, ce qui fait penser qu’elles n’avaient pas attiré l’attention sous ce rapport; dans une, la 1 if, l’oreillette droite avait

A l’eTAT AÎfOÊjMÂL. i65

bien des parois épaisses , mais la gaucbe était extrêmement petite en comparaison du ventricule corréspondant , qui avait une eapacité triple de celle qui lui est naturelle , et des parois de six lignes d' épaisseur . »

SECONDE SECTION

PHYSIOLOGIE DU COEUR A l’ÉTAT XiîdâîâA'L.

Les phénomènes de Faction du cœur à l’état anormal constituant un des objets capitaux de la pathologie de eet organe , seront longuement étudiés dans la partie du présent ouvrage spécialement consacfée à Thistoire des diverses maladies dont il traite. Nous devons donc , dans ceà prolégomènes , nous borner à considérer lés lésions fonctionnelles du cœur sous un point de vue général , et à faire ressortir, autant que possible; les preufes que leüt* com naissance fournit à l’appui de la doctrine développée dans la précédente section.

Dans uii premier article, nous nouS occuperons des troubles ou. des lésions que péüvent offrir les battements du cœur sous le triplé râpport de leur rhythme; de leur force et de leur étendue. Nous étudierons, dans ün second article , les modifications que diverses maladies font subir aux bruits normaux du cœiir, elles bruits nouveaux, en quelque sorte àccidenfels -, que déterminent certaines de ces maladies. Cet article sera suivi de deux autres où nous analyseréiis lés bruits des artères et les bruits qui accompagnent l’état de grossesse.

(1) On voit combien notre esprit est Ingénienx à trouver des preuves à l’appui de ses conceptions les plus erronées. Les observations que M. Beau invoqué en laveur dé son opinion ne sauraient démohtrér qnë le choc dé la pointe du cœur contre la poitrine est d’une intensité prbportiohhelle é. là force de eontradion des oreillettes, puisque, de tonte évidence, ce choc n’est pas isocBrëhé I la stStàîè aürieü1atî''e, tnàis hiêii â là systtflé véhtffettliiré.

PHYSIOLOGIE DU GCEUR.

ARTICLE PREMIER

DES BATXEME3ÎTS DU COEUR A L.’ ET Aï ÀSORMAL.

§ îer. Du rhythme des batteiaents du cœur à l’élat aHormal.

Nous avons vu que le nombre des battements du cœur, dans un temps donné , et l’ordre régulier suivant lequel se succédaient les différents mouvements de cet organe, consüluaient ce qu’on désigne sous le nom de rhjthme des battements du cœur'.

Une foule d’états morbides du cœur, soit idiopathiques, soit sympathiques, font singulièrement varier, comme chacun sait, le nombre des battements du cœur, dans un temps donné. Ainsi, par exemple, dans quelques cas de péricardite et à' endocardite , dans certaines phlegmasies fébriles qui ne siègent point comme ces dernières dans les tissus du cœur, les battements de cet organe peuvent s’élever à i4o , 1 5o par minute , et dépasser même ce nombre. Il est d’autres maladies, au contraire , certaines lésions de l’encéphale, par exemple, qui ralentissent les mouvements du cœur et les font tomber à 4o et même au-dessous. On connaît la mystérieuse propriété qu’a la digitale de produire un effet de ce genre. On verra dans le cours de cet ouvrage plusieurs exemples qui confirment tout ce qui a été dit à ce sujet. Mais, dans aucun des faits qui nous sont propres , le pouls du cœur n’est descendu au-dessous de 28 à 3o par minute ; tandis que dans un journal que j’ai actuellement sous les yeux, je lis que chez un individu auquel on administrait la digitale , le pouls est tombé à 17 par minute. Ce qui rend le phénomène plus singulier, c’est qiie le pouls ne s’est ainsi ralenti qu’après la cessation de l’usage de la digitale : il est vrai que pendant son administration on avait pratiqué deux fois par jour des saignées mlnoratUes , circonstance qui avait pu accélérer les battements du cœur (1).

;1) Voyez le d° 120 de la Lancelle française ,\%vA\ 9 octobre 18-34,

BA^TTEMENTS Dü CœUR A. e’eTAT Aü^ORMAL. 1 67

Nous aurons occasion de rapporter de nonxbreux cas où la difficulté qu’éprouvent les ventricules du cœur à faire passer le sang à travers les orifices artériels , prolonge extraordinairement la durée de la systole ; c’est ce qui nous a fait dire alors que les battements du cœur étaient en quelque sorte filés.

La fréquence des battements du cœur diminue la durée des deux repos de cet organe; la lenteur de ces mêmes battements produit un effet inverse , circonstance favorable à leur étude.

L’ordre suivant lequel se succèdent les battements du cœur peut être dérangé de plus d’une manière :

1“ 11 arrive quelquefois qu’ après un certain nombre de pulsations, le cœur s’arrête , se repose pendant un espace de temps en général égal à celui que dure une pulsation : c’est là ce qu’on désigne sous le nom àé intermittences. Le nombre de ces intermittences dans un temps donné est variable. Il est digne de remarque que , en général , les intermittences ont lieu d’une manière régulière , c’est-à-dire après un même nombre de battements normaux du cœur. Toutefois cette loi est sujette à un grand nombre d’exceptions. Laënnec a distingué avec raison les intermittences en deux espèces : dans les unes , qu’il appelle mraies , il y a réellement suspension de la. contraction ventriculaire ; dans les autres, qu’il appelle fausses , cette contraction est seulement très affaiblie, à tel point que le pouls artériel manque comme dans les premières ; d’où il suit que l’exploration du pouls artériel ne suffirait pas pour faire distinguer l’une de l’autre les intermittences 'vraies des intermittences fausses. Laënnec a donné aux premières le nom à' arrêts ou A' hésitations du cœur.

Il est une espèce Ae fausse interàTiillence qui ne me paraît pas avoir encore fixé l’attention des observateurs; elle consiste en une contraction ventriculaire qui se fait , pour ainsi dire , a -vide. Je ne puis mieux comparer ce qui a^*-

l68 PHTSlbioGlÈ DU CCÉÜR.

rive ^brs polir le cœur, qu’à "cé qui arrive àü pîéd dans ce qû’oh appelle nw.faux 'pâ<i. Céttè intermitièncê est une sorte Ae faux pas du cœdr , êt tient , je crois ', a ce que le ventricule gauclië ou on l’otserve ôrdinaiféinènt , ii’àÿànt pu sé remplir convénableniént de sang pendant la diastole (circonstance assez commune dans le cas de rétré'cissé^ ment considérable dé l’orifice àùricûlo-véntricûlairé gaiiT elle) , bât rèellèment , sinon tbut-à*îàit à vide ; du inoms sur une très pèti té masse dé sâiig.

2" Il est des cas où les battements du cœur se succèdent à des iniervâllès de dùréé inégale , et tantôt cés featléments se font tous avec là meiné iînpulsibn, tantôt, âù cobtirairé, avec une impulsion inégâîè. G éUë irrégularité, cette véritable ataxie , cette Sorte Ae folie des battements du cœur, si j'ose née sel vii depelte expression, cdïDçide ôbclinairêmént ayée des intenniltencés plus ou moins fréqûëntés : rien n’èst véritablement comparable au désordre tdniùUuéux, âl’étrangé confusion qui régné alors dans îés battements dii ccéur. Gel brgâné nous çjÈîre , dans ce cas , l’iniagé d’ùnè niâcEmé compléténiébi dérangée et tôîit-â-fâit démôntéé; todtés les lois qui régissent ses nioûvéménts, si bien réglés, comme lioùs l’avons vu , à l’état normal , sont bôülévérséês; et si jé né craignais d’abiisêr ïéi du slÿli figuré, jé dirais qù’àl’ordfé établi par lés lois dé la nâtufé éllë-mèmè, a succédé lé plus ednipiet étàt d’ânirebié; J’ajoü tétai que réspècé dé frbùBlé que nous signalnns est , jusqu’à un certain point ,boür lès foiictibns du ccEur, cé qu’est pour les fonctions dii cerveab lé déliré , ràliénatibn tnéntâle; et de la l’êxpréssibn 'môVapboriqüè Aè joîiè dont p iîîe suis servi plusbâut.

Les irrégularités du cœur que nous venons dé méntîbîiner, et dont on ne peut se faire une juste ét complété idée qu’en les observant soi-mèmé, sé pârlàgènl éri déiix espèces distinctes : dans là prèmiéfe espècé , le désordre est tel , que non seülémebt lê rbÿtbrne nÔfrnàl du cœur éSt

BATTEMEÏSrTS BU CœUB^ Â t’ÉTAE ANORMAL. l6g Sêrangé, mais qüë eÜàcuii dés bâtièîiieflts étiUèrs et complets dé cet organe diffèrèüt de ceux qui îë süitéiii cominê dé cëux qui l’otit précédé. îîàtis lâ Secondé éspèc'e, ati cotiti-àitë , les irrégularités sé SübCèdétit régulièrement , si i’oii pëtit ainsi parler, c’ést-â-diré qu’à CEaqüe battëinént 'cbrdpiét du ccéür éii Sü'ccèdé Ud aûttë qui îüi rêssëtnbië i éti sorte qü’ii reste ëticOrê ici quélqüe trâce dé Celte tendâûcë à la suprêtUé lui dé rordré , qüi éclaté dé toutes parts dans lé godverti'emfent dé réèOnomië viVàntë. ÜisbnS enfin qlié lés deux ëspèeéS d’irrégularités péfivent qüèlqiiélbis Sésüçcê'dér chez üti seul et même individu , â dés iiîtërVâires dfe téüipS plus bü moins êibigïièé.

Dans ié dèSbrdrë êilfême d'èS battêfiUëïîts dci Cqeiif , tàntbt pour une seule contraction des ventricules il ÿ â dëüx ët mèmè ItoiS moüEëmëütS dé diiàtàlibti de éës tùèiiiél partiës i taiitôl on observé un dèf angeîiiëiit iiivèrsé , é’ëét-‘àdirê qüë pôür iitië seüle éiüsïoîè, oxi cotiàptê dëüi et liièm'ê trois èffôtts ou mbUveîiiëüts de systole. îG’eat p'articüîiêrëifiètit aussi dans qdëlqûés uns dés baS que üoüs éxaiüinbnè què la contraction devîétit des plus évidentes , It c’êst bien à 'éüA , si je ne me trotnpé , 'que doit s'ë rapporter Çë pâssagé de Laënnec sût les contractions müUipliéël dès bteillétteS ; ô il arrivé qüeiqüëfoiS , qüoiqüè ttè's tàrémént , daiis » les pàipiiâtions , q'üfe ckâq'ué contraction dés ventricules » ‘ést süiVié d'ë plusieurs contractions 'successives de i’or'éiisleitë , qui , réunies ; n’oCbupënt pàs plus dé temps qü’üné B seule contraction otdinairë. J’ai compté quéïqüéfois, 'dàns B ces sortes de palpitations , deux pulsations des oreillettes » pour une, des ventricules | d’autres fois » il y en a quatre;

B mats lé plus souvent le nombre de ces eon tractions suC* B cessivés et Cortèspbndanlës à uné seule COntractibîi dès Bvénlficulës est dé Irois. » "(Oüv. Oit., t. ii, pag. 471*72, 2* édit.)

Laënnec pense que la systole des oreillettes peut anticiper sur celle des ventricules , et l’arrêter au milieu de Solà

1 /O PHYSIOLOGIE DD COEDK.

développement. Ce phénomène a lieu, selon lui , lorsque les oreillettes se contractant avec force et (Vune manière en quelque sorte convulsive ^font entendre une systole très sonore. Cet auteur ajoute que cette contraction convulsive est quelquefois double , c’est-à-dire que t on en entend deux successives sans aucun intervalle. Laënnec croit avoir observé aussi, quoique rarement , une anticipation inverse , celle de la contraction des ventricules sur la systole des oreillettes. « Au moment où l’oreille cesse d’être soulevée par la con- » traction des ventricules , on sent tout-à-coup , dit-il , au slieu du claquement de l’oreillette, une nouvelle contracs lion des ventricules , accompagnée d’un choc beaucoup splus fort, après lequel le cœur reprend son rhythme prés cèdent (i). »

Il résulte de ce que nous avons dit* sur l’inégalité qui existe quelquefois pour un seul battement ou jeu complet du cœur, entre le nombre des diastoles et celui des systoles, qu’au lieu des deux repos et des deux mouvements qui le composent, il y aura quelquefois trois et même quatre mouvements bien distincts et autant de repos. Ce genre d’irrégularité du rhythme du cœur n’avait point jusqu’ici été sufÇsamment étudié, depuis les beaux travaux de Laënnec , et ne saurait trop fixer l’attention des vrais observateurs. J’y reviendrai , à l’occasion des bruits anormaux du cœur, et je ferai voir, contrairement à ce que M. le docteur Hope a récemment avancé dans l’ouvrage remarquable qu’il a publié sur les maladies du cœur, que les bruits pour un

(1) Ce que rapporte ici Laënnec de l’anticipation de la systole des ventricules sur celle des oreillettes, et de l’anticipation de la systole des oreillettes sur celle des ventricules, mérite confirmation. Ce n’est pas d’ailleurs l’exactitude, mais l’interprétation des phénomènes observés par Laënnec, que l’on peut contester. Sa théorie des bruits du cœur, base sur laquelle repose l’interprétation de ces phénomènes, manquant , comme nous l’avons vu . de solidité, on peut en dire autant de l’interprétation qui la prend pour appui.

BA.TTEME?fTS DÜ COEna A l’ÉTAT ANORMAL. I71 battement complet de cet organe peuvent être au nombre de trois et quatre , au lieu de deux.

Pour compléter l’étude des aberrations du rbytbme des battements du cœur, il serait maintenant utile et curieux à la fois de rechercher quelles sont celles de ces aberrations qui peuvent se /ocaZfVer dans telle ou telle des quatre cavités constituantes de l’organe, et quelles sont celles qui se passent constamment et nécessairement dans ses quatre cavités à lafois. Par exemple , la confusion tumultueuse des battements du cœur, signalée plus haut, pourrait-elle avoir uniquement lieu dans les cavités gauches de cet organe , les droites conservant leur rhythme normal, et réciproquement? En admettant la possibilité d’une semblable disharmonie dans les battements des deux cœurs , on est forcé d’admettre en même temps que les bruits du cœur droit et ceux du cœur gauche sont susceptibles de perdre leur isochronisme , leur unisson , si l’on peut ainsi dire; et l’on conçoit, grâce à celte hypothèse, comment, au lieu des deux bruits normaux, on pourrait en entendre trois ou quatre; comment aussi , clans quelques circonstances , on pourrait entendre un tictac normal dans la région correspondante aux cavités dont les mouvements ne seraient pas dérangés, tandis qu’on entendrait des bruits plus multipliés et plus ou moins altérés dans la région correspondante aux cavités dont le rhythme serait devenu irrégulier. Mais n’insistons pas plus long-temps sur un tel sujet, nous souvenant toujours que l’on doit, avant de s’engager dans les détours obscurs des explications, être armé de ce fil cV Ariane que les faits bien observés peuvent seuls fournir.

Si l’on nous demande maintenant quelles sont les conditions morbides sous l’influence desquelles apparaissent les différentes aberrations du rhythme des battements du cœur, nous répondrons, sans entrer dans des détails qui seraient déplacés ici, que tantôt elles sont purement dynamiques , nerveuses , 'vitales , et que tantôt, au contraire , elles

172 PfitsibLOGIÉ Su COÊtIR.

coîîîcidënt àvéc dé grâfès lésions ôrgàhiqüès , soit aigues, soit chroniques , dont la description fidelé se trbüvërà dans difîerënls endroits dè cê traité. '( Voyez përicârdité , ëndoçàrdîté, induration, vicé's 'de cônfdfmàtibii, ihsüÆisâncë 'dés fàlviilês, i'elrécissëmént des orifices, étc.)

Lès désoïdfé's que là circülàtion dii 'sang â tîâvérs le ccêûr êpfôüvè inêviiabieniènt par suite de ceux (Jüi éiistént dans lês fnéüvêmënts de sy^tblë et dè diastole, sont faciles à cbmprêhdfë , ét nous dépàssëfîbns lés limités qüê comporténl ces jsrolégomènéà , en nè ilbuà bbrüâht pis lïinpleûiént â lés lignalér ièi.

§ IJ, pe la fprçe et l’étendue des battenaënls Üü é*àr à i’étât àaerraal. De l’ébranlemeot ou fréuiissemènt vibratoire ( frémiSsenaéjît cataire ) qui lès a'ccbrflpagne q'ùèlqueFois,

L Force des ÿàttemè'nts dû mto/r.

Ainsi qiiié nbüs l’avons dit ailleurs (pig. iqi^-ioyj, laïoreè des Bàlteinenls dii cœiir à pour mésuye la force du çbgç dè éét organe contre lès parois de la pbltrinè j et çbmmé nous ràvbns dit àüàsi , jpbür apprécier là force de çe cboc bu de cêllé impuisibn , les inoyeiis que nouà possédons sont Vinspection et î’appîicatibn imméàialè ou médilte soit de la màiii , soit de l’oreille , sur là région çbrrèspbndânte aux bâtlémënts du coeur (1).

|l) Laënnec veut qu’on apprécie le phçc, jpp la çercpssiOR lu çiûaur eo|itre la pbitrine, pair iè sbülèvèinènt ifeprîmè â t’bfêlllè apluylè s'tir lé itétfios- Copéi et non par rappHéâtiôh dé la inàini II est très éertàin qflé lé proéèSé recommandé par Laënnec permet déjuger avec facilité de là force Jde perjcussion réelle du cœur ; mais, et à çet égard, j’ep appelle à l’eipériençe la pins jôûrnalîèré, c’èst â tort que Làëhnéé dëçîàrê tSfmèliéffiblî que l’applieàtioB déjà main sérait un moÿefl très inMdèlé pour éelfè êvàl dation ? et que le cylindre rend sensible Je soulèyeipept prpduit par les batteflieats du Cfêür, dans lé cas ineme où la màin appliquée à là région du coeur ne sent absolument rien. îcî, cobime dans buélqttes autres cîréé&stafifeéâ , Laënnée s’est.^ d’ailleurs, exagéré l’împartance da eyliadtéj car, dans j’imménsé ïflàjèrUé dés Cà's , rgpplipâUon iBamédl^tè de^ror%Û|e préfèrabié àson appii^ cation ééâiaté pour î’appreciation dû ’cboc du cœur.

BATTEMEJfTg DU ÇÇEÜR A l’ÉTAT ANORMAL. 1^3

La force des contractions du cœur , ou mieux des hap^ments de cet organe contre ^ poitrine , est susceptible de, plus et de moins d’augmentation et de diminution , à dêS degrés vraiment indécis. Les cas extrêmes sont ceux gu’il est le plus facile de bien constater. Qr, il est de ces cas où pj l’inspection la plus attentive , ni le toucher le plus exercé ne peuvent nous faire distinguer les battements du cœur.

Il en est d’autre§ , au contraire, où ces battements, sont tel:: lement violents , gu’ils imitent çn quelque sorte de§ cç»up§ de marteau ou des coup§ de poing ^ et qu’ils ébvanlept | la fois nop seulement fa ré^ipn préçordra^t e , mais toute 1^ ré^on dp thorax, et le trqnc tout entier , pi 1§ tête, et |ej vêtements des rpalades , et même , j usqu’à un certain point, diverses parties du lit dans lequel ces malades repos,ent. Lorsque les battements du cœur augmentent d’une nière notable de force ou d’intensité, on leur dpnn^ le nom de palpitations; à l’augmentation de pu site se j.QintprésqüécOnstainmentraugmentatipnde des battements du çœur.

L,§ënnec enseigne que l’impulsipn du çceur n’est Sejtitie que dans le naOrnêpt de la systole des ventricules ^ qu’elle est par conséquent unii^up , sXmj>U et non double^ comme 1^ bruit du cœur. Cela est très yraï dans l’immeiise maiprilé des cas, niais nOp dans tous, et, peut-être, de npuveaui viendrônt-ils démpntrer que la diastole yentricul|dre produit plus souvent que nous ne l’ayons encore obsér.yé nousmême un mouvement distinct de choc pu d’impujsjpn contre la ppitrine , sans que toutefois, ce choc puisse jaïuais égaler en force celui qui accompagne la systole, fin pbénpmène bien plus curieux encore, c’est que pour une sguje impulsion de la systole, il peut y avoir deux impulsions cpfreSpoiidanteS à la diastole. Entre autres exemples 4^ cette particularité a.ssez extraordinaire , je citerai le suivant. Chez une fename , dont la longue observation sera rapportée dans un autre endroit de cét ouvrage , et qui fut examj-

PHYSIOLOGIE X>ü CœÜR.'

née à plusieurs reprises, avec toute l’attention que méritait le cas , non seulement par moi et les élèves de la clinique , mais encore par plusieurs de nos plus habiles confrères , la main appbquée sur la région précordiale distinguait trois mouvements , le premier elle plus fort correspondant au pouls et au premier bruit, à la systole, par conséquent, les deux autres succédant coup sur coup au premier et isocbrones à la diastole. L’œil fixé sur la région précordiale apercevait les trois battements indiqués , les deux derniers toutefois moins nettement que le premier. Enfin, si l’on regardait attentivement la tête d’une personne qui explorait les battements du cœur par l’application immédiate de l’oreille, on voyait qu’elle était agitée d’un triple mouvement pour une seule pulsation de l’artère radiale.

Je n’insiste pas plus long-temps ici sur le cboc de la diastole ventriculaire , attendu que je serai obligé , dans le cours de ce traité , de revenir, avec tous les détails nécessaires, sur ce sujet non moins qu’intéressant.

Si la systole des oreillettes n’est pas accompagnée d’une impulsion notable à l’état normal, il n’en est pas de même dans certains cas de maladie. Laënnec n’ignorait point cette circonstance , et il l’a très bien signalée dans le passage suivante , où il s’est appliqué à distinguer le cboc des oreillettes de celui des ventricules. « Si la contraction des «oreillettes, dit-il, produit, dans quelques cas rares , un » phénomène analogue à l’impulsion des ventricules pen- »dant leur systole, il est facile de l’en distinguer. En effet, «lorsque la systole des oreillettes est accompagnée d’un «moüvenient sensible, ce mouvement est beaucoup plus » profond ; il semble même que , dans ce cas , le cœur s’é ^ nloigne de l’oreille ... Dans tous les cas, il est très peu » marqué, en comparaison de la sensation de soulèvement «que produit la contraction des ventricules lorsque leurs «parois ont une bonne épaisseur. »

BATTEMENTS Dü CŒUR A U ÉTAT ANORMAL. 1

Parmi les exemples que je pourrais rapporter à l’appui de ce qui vient d’être dit, je choisirai le suivant : chez une femme , couchée au n° 8 de la salle Sainte-Madeleine , affectée d’une énorme hypertrophie du cœur avec induration de la valvule mitrale , on voyait distinctement un mouvement d’impulsion communiqué à la région sus-mammaire gauche, à un pouce environ au-dessous de la clavicule (dans les 2' et 3' espaces intercostaux ) ; le doigt appliqué sur cetté région était comme repoussé par un choc très marqué. Ce mouvement, qui ne pouvait être attribué qu’à là systole de l’oreillette gauche dilatée et hypertrophiée (1), alternait avec un autre qui répondait à la diastole. Ce double mouvement d’ondulation , de contraction et de dilatation, qu’on apercevait en quelque sorte à travers la région pectorale soulevée et amincie , imitait parfaitement celui que présente le cœur mis à découvert.

Plus les sujets sont maigres et nerveux , et plus , tontes choses étant d’ailleurs égales, l’impulsion du cœur est facile à sentir. Chez les personnes qui ont beaucoup d’embonpoint et le système musculaire très développé , les contractions des différentes parties du cœur en général et celles des ventricules en particulier ne sont bien souvent accompagnées que d’ un choc à peine sensible.

Les battements du cœur forts et violents , lorsqu’ils sont permanents, comme dans les grandes hypertrophies , déterminent , à la longue , une voussure très évidente de la région précordiale. Cette particularité , que j’ai rencontrée plusieurs fois et que j’ai signalée particulièrement depuis environ deux ans, n’avait encore été notée , que je sache , par aucun des auteurs qui ont publié des ouvrages sur les maladies du cœur. On aurait pu l’admettre à priori ^ la deviner en quelque sorte , en réfléchissant à ce qui arrivé à la suite des battements des tumeurs anévrismales.

(i) Les battements ventriculaires se faisaient sentir à deux pouces plus bas.

PHÏSIOXO^I^ p,ü

Il gérait, ^PiPHia Qli le pgn§e liien , beauppug troja Iqng d examiner iCi en detail guplg sont leg divers états napib^ des dans lesquels les battements du pœpr sppt aug^Oenle^ ou diminues. L hvpertro plue et 1 atrophie ae pygang mentent, sans contredit, d etre placées an preniier rapg de ces états morbides. Alors 1 angmeplahoïl on 1^ dlpimm tion d impulsion sont permanentes. Mais combien de fois les battements du cœur ng peuvent-ils pas eire plug forts ou plus faibles, d une rqaniere oassapere ou teropPl-aipe? Une fievre violente, une course prolongée . nn exeEPioe fatigant, une inflammation de la membrane interne ou dP lamepa^ brane externe du cœur, mie affectiop pureipei^t Perjeusej certaines émotions de î s^mq . etc-' soqt autant dp. causes d accroissement de la force de® bat|eipent§ dw Pccur- D§s conditions opposées a celles-là entmineiît upp plus ou moins notable dans ces battements.

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