BHÜITS ANORMAUX DU CŒUR
extrême attention et lorsqu’on a une grande habitude de ce genre d’observation. On peut alors les comparer, à la fréquence près, à ceux du cœur du fœtus, vers le cinquième mois de la grossesse.
Dans des cas opposés aux précédents , les bruits valvulaires peuvent augmenter d’intensité , au point qu’on les entend à utie certaine» distance de la poitrine des malades. C’est alors surtout qu’ils imitent parfaitement les bruits de soupapes, ôü qu’ils rappellent le tic-tac lointain d’un moulin. Ajoutons que dans les cas où les bruits valvulaires sont âitisl fortement frappés, leur timbre est souvent un peu modifié én même temps qüe leur forcé est âuginentée.
Il ne faut pas confondre l’augmentation ou la diminution d’intensité dès bruits du Cœur âVéc là diminution ou l’augmentation de leur clarté ordinaire ou de leur ton , si l’on me permet Cèttè éxpressioni Cette dernière espèce de modification n’est pas rare , et il faut convenir, d’ailleurs , qu’elle se combine souvent avec lés deux autres. Ainsi, lorsque les bruits vaLlvulaires augmentent d’intensité ou de force , iis deviennent en général plus clairs , leur ton s^éièoe; Ces bruits Vienttenl41s , an dontrairè, à perdre dé leur intensité , ils sont plus Sourds , ils haissènt de ton.
Les modifications du timbré où de la nature des bruits du cœur n’ont guère mieux été étudiées que les simples modifications dé forcé Ou d’intensité àvêc lesquelles elles sont presque toujours combinées. J’ai rencontré un grand nombre de cas où les bruits valvulaires avaient un timbre si sec, si claquaMèï si dur, qu’ OU croyait entendre le bruit que produiraient deux lames dé pàrcbemin en se choquant hrusquement et fortement l’une contre l’autre; et de là le nom de ùtaquement ou dé bruit de parckémin sOus lequel j’ai l’habitude de désigner cette modification des bruits valvulaires. Il faut bien se garder de Confondre Ce claqiwment parcheminé avec le simpîe frôlement de parchemin ou de taffetas dont je parlerai a. l’occasion des bruits dû péricarde.
PHYSIOLOGIE ANORMALE DU CŒUR
Au lieu du bruit sec, dur et clair qui vient d’être signalé, j’ai entendu d’autres fois un bruit âpre, étouffé, légèrement enroué ou même tout-à-fait rauque ( expressions figurées dont je me sers à défaut de meilleures qui puissent caractériser en propre et exclusivement des nuances de phénomènes aussi difficiles à décrire). Entre le bruit de soufflet léger et la modification indiquée ici, il n’existe peut-être qu’une différence de plus oxx de moins plutôt qu’une véritable différence de nature ; ce qu’il y a de certain , c’est que j’ai vu le bruit à timbre enroué ou étouffé s’élever jusqu’au bruit de soufflet, et j’ai vu celui-ci descendre par une sorte de dégradation , au bruit étouffé, âpre , enroué. Il me paraît donc aujourd’hui que cette espèce de bruit doit être rapportée plutôt au frottement de la colonne sanguine qu’au choc des valvules lui-même.
Quoi qu’il en soit, il peut très probablement survenir dans le timbre ou la nature des bruits valvulaires des modifications autres que les précédentes. Ma mémoire ne me fournit peut-être pas en ce moment toutes celles que j’ai eu occasion de rencontrer , et que des observations particulières rapportées en temps et en lieu feront plus amplement connaître. Qu’il me suffise d’avoir ici tracé un cadre dont l’expérience ultérieure se chargera de remplir les lacunes.
Essayons maintenant de remonter à la cause des modifications des bruits valvulaires ci-dessus exposées. L’augmentation et la diminution de ces bruits, considérées en elles-mêmes, dépendent des différents degrés de force avec lesquels se meuvent les valvules, de même que, par exemple, l’intensité du bruit de choc du cœur contre la paroi pectorale est proportionnelle à la force des contractions ventriculaires.
En général aussi , les bruits du cœur sont d’autant plus faibles et d’autant plus obscurs, que les parois du cœur sont plus épaisses et ses cavités plus étroites, et vice versa.