BRUITS AHOUMAUX DU CŒUR
Mais il De faut pas perdre de vue que la force des bruits restant intrinsèquement la même , elle peut paraître augmentée ou diminuée selon que les conditions de leur transmission ou de leur propagation sont plus ou moins favorables , et selon qu’ils se passent dans un point plus ou moins éloigné de l’oreille. Voilà pourquoi ces bruits paraissent plus forts chez les individus maigres que chez les individus doués d’un grand embonpoint; poüi’quoi iis sont plus forts lorsqu’on les ausculte dans les côtés ou à la partie postérieure de la poitrine , chez un individu dont le poumon est hépatisé , induré , que chez un individu dont le poumon est sain ; pourquoi ils paraissent très faibles dans les cas où un vaste épanchement dans le péricarde éloigne le cœur de la région précordiale , etc. , etc.
Les mêmes circonstances , les mêmes accidents d’acoustique propres à augmenter ou diminuer l’intensité desbruits valvulaires, le sont aussi à renforcer ou à déprimer leur ton, c’est-à-dire leur degré de clarté normal. Mais il faut ajouter que, toutes choses égales d’ailleurs, les bruits valvulaires seront d’autant plus clairs, d’autant plus éclatants et mieux frappés, que les valvules seront plus minces , plus tendues et plus brusquement mises en jeu. Les conditions invei’ses obscurcissent, au contraire, et amortissentces mêmes bruits.
Ce que je viens de dire dilfère essentiellement de ce que Laënnec enseigne sur le même sujet , puisqu’il rapporte uniquement les modifications à’ intensité et de ton des bruits du cœur au plus ou moins d’épaisseur des parois de cet organe. Mais ses explications des bruits anormaux tombent d’elles-mêmes , par cela seul qu’elles sont une conséquence de sa théorie des mêmes bruits à l’état normal , laquelle est tout-à fait erronée et incomplète. Si les bruits sont plus clairs, lorsque les parois ventriculaires sont minces , c’est que les valvules sont souvent amincies comme elles, et que, d’ailleurs , les conditions de conductibilité du bruit sont alors plus favoreibles. Si dans l’hypertrophie , les bruits sont
iQG PSrSlOhQGlS ANORMALE i)B ç<æUft-
plüs sourds GU plus étouffes et analogues au murmuré de Vin* spiration, ainsi que le dit Laënnec (i), e’e&t que les valvules sont aussi souvent plus ou moins altérées, déformées; que l’augmentation d’épaisseur des parois ventriculaires n’est pas une cireonstance favorable à la transmission du bruit , surtout lorsque la cavité ventriculaire est plutôt rétrécie que dilatée , etc. , etc. C’est pour une raison du même genre que le ramollissement du cœur amortit les bruits de cet organe.
Quelles sont maintenant les conditions ansquelles se rapportent les modifications dans le timbre ou la nature des bruits valvulaires? Toutes eesconditions ne sontpas encore connues et ne le seront de iong-lemps encore , selon toute probabilité. Voici quels sont' les résultats que m’a fournis mon e^lpérienCe particulière : le timbre sec, dur, parcheminé', cmneidait, chez les individus que ij’ai eu toccasion d’ouvrir , nvec un état d’épaiSsisse-ment hypertrophique et de rigidité considérable des valvules gauches (s ) .
Chez d’autres sujets qui m’avaient présenté le timbre enroué ^ âpre:, en quelque sorte fêlé., j’ai trouvé les valvules plutôt fongueuses, boursouflées , que véritablement hyper^ trophiéès, et molles, flasques, au lieü- d’être fermes^ résistantes, compactes comme dvans le cas précédent. Il mk semblé que chez les individus ççt ce brait /teâr/îiiiV décidément au bruit de soufflet', cela ^tenait à quelques incrustations ou à des végétations développées sur les valvules , sans que toutefois les mouvementsde ces soupapes rorganh-
(1) Cette assertion , aîn'si tîüe CîÈllë où Laêrtiie'c avahee quë dans Tbÿpërtroptiîe evlrèrae, il n’y a pas de bruit , manquent ù’éxactitude, conime ‘le prouveront un grand «nombre de daits que nous rapporterons quand il en sera temps.
(2) On trouvera dans cet ouvrage (voyez lésions d.es valvules) un cas remarquable d’un claquement si sec et si fort , qà’il iihitâit'le tîc-tâc de ihbulin : c’était bù "cas 'd’épàrssiSseüiént de ïa valvùie ntilrale, avec végétations j jnats sans fétrécîsseiirent notable dèd’orifice aurîculo-ventriCüraire gauche.
eêuits anormaux dü cœur.
sées en fussent sensiblement empêchés. Aussi , comme je l’ai déjà fait retnarquei plus haut ^ ces bruits constituent- ils moins essenlielletnent unë modification du choc , du claijuetnenl ou du £te-réc valvulaire que des bruits spéciaux dus à l’augmentation de frottement du sang qui traverse les orifices et les cavités du cœur.
Ce que je puis affirmer ici , c’est que toutes les fois que les lésions observées par moi dans les valvules ne s’opposaient point à ce que cellès-ci pussent s’àbaissé'r et sè relever , jamais lès bruits que j’appelle valvulaires , ét que l’on désigne généraleiheht sous le nom de bruits du cœur, n ont disparu complètement , à moins de complication qu’il n’est pas ici le lieu d’examiner. Dans les cas où ces valvules pouvaient se mouvoir encore , mais moins librement qu’à l’ètàt normal , les bruits proprement dits du cœur ou bruits valvulaires ont également persisté ; toutefois , comme il èxis-i tait en même temps , soit un rétrécissement de l’orifice qu’elles bordent , soit un état rugueux, inégal èl raboteux de leur surface , soit uhè impossibilité de leur part de fermer complètement l’orifice {insuffisance) , et de prévenir par conséquentle reflux du sang pèndànt leur état de redressement, en raison, dis-je, del’une oudeplusiëurs de ces circonstances, constamment alors, en examinant avec attention, j’ai entendu un bruit de soufflet , de scie ou de râpe , plus où moins prononcé, se mêler au bruit valvulaire. Cës cas nous servent d’un heureux intermédiaire pour passer de ceux où les bruits valvulaires sont purs ou isoles de tout autre bruit, à ceux où nous les voyons cesser complètement ët faire place à des bruits accidentels dont il nous reste à bien signaler lés diverses nuancés et à expliquer Té Véritable mécanisme.