BRUITS ATÎOBJVIAUX DU CŒUR
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5" Du rhjthme des bruits du cœur à l’état anormal.
Les bruits du cœur suivant en quelque sorte les mouvements de cet organe , comme l’ombre suit le corps et un effet sa cause, on peut appliquer au rbythme des premiers ce que j’ai dit en traitant du rbythme des autres. Je me contenterai donc de signaler ici le triple ou quadruple bruit qui , dans des cas que personne n’avait jusqu’à présent fait connaître , remplace le double bruit du cœur. Et comme les faits, dans une semblable circonstance, sont beaucoup plus convaincants que les simples assertions, c’est par eux que je vais commencer.
1“ Chez une femme couchée au n“ 8 de la salle Sainte- Madeleine , à la Charité , voici quel était le rbythme et Y espèce des bruits du cœur : quatre bruits successifs et autant de mouvements marquaient chaque révolution ou cliaque battement complet du cœur. Le premier Jsruit était formé d’un mélange du claquement ndrmal et d’un léger souffle ; deux bruits se succédant coup sur coup et accompagnés d’un craquement sec, suivaient le premier, puis survenait un quatrième et dernier bruit qui était un souffle très pur. Péndant plusieurs jours de suite , ce singulier rbythme ne fût pas constaté seulement par moi, mais par un grand nombre d’élèves instruits, et par quelques confrères .qui suivaient alors la clinique. — A l’ouverture du corps de la malade , nous constatâmes les lésions sui-
bruits du cœur à l’état anormal comme à Tétat normal, exerce- t-il , en raison des qualités différentes qu’il peut présenter, une influence notable sur les modifications des bruits dont nous venons de nous occuper? Cela paraît assez probable, a priori; mais j’avoue que je n’ai point les données expérimentales nécessaires pour la solution de celte question. (iVbre de la première édition.)
On voit , par quelques unes des propositions établies ci-avant, que depuis la première édition de cet ouvrage , j’ai trouvé quelques unes des données qui me manquaient.
2 1 4 PHT|ipLOGIE AîîpR|I4LE DU COEUR,
vantes : Rétrécissement très considérable de V orifice auriculo- 'ventriculaire gauche^ auec fihro-cartÜa^inijîcatidn dé là valvule mitrale , épaississement tendineux des valvules aortiques a leur bord adliérerîi. --é Plaq^fifibrà-cariiîdgineuies et'' quelques adhèrenèes du 'périearde, ^ ■’ ■ v c, . r. ...!
' 2“ Au n“ la ’meÊQë'' salle était coucliée une jeune femme qui avait éfé''affectée"d’unë'èWoc^r£///è très aigrie pendant Té cours dW violent rliumatismë. 'A la suite de d’enàôcâi'dite' së manifestèrent to^^ lès symptômes d’une induration valvulaire avec rètrecïsseménl dé roriïice' aüriculo-ventriculairë* gauciiè. Éxàniinêé leë^ rioVèmlifé i èsS, ïa maTade nous offrit les 'particularités sûiv antes : on èniendait distinctement un triple Êriiit du cœur. Ce rhyttime que j’avais déjà constaté à dnè époque anterieure, et aue )ë cotnpare aü rfiythmê’sicdniiu dii battement de tambour 'désigné iond'Ve riova Ae rdp'pU , imite encore assez bien le rbjydbmé du bruit 'd’’un mat'téàu qui anrès avoir frappe le fer , tombeëuf rêiiclumê , rebondit . et retombe imdiobile. Essayons dë le rëprésentlr , et poiir ainsi d'ire de le noter
dé là manière suivante': Tic..l.V.‘. bac . tac. — Tic .
tac..... tac. " '
Chez notre malade , le premier bruit était accompagné d’un léger "soiililë ; lés déàx àütéés sè süïvaiéht côiîp'sur coup et semblaient une' décomposition 'du ''second* bruit ordinaire eh deux téhipS , comme si' lé ventricule ' ri’àvait pu se remplir qu’éii deux mouvements, oii a deux reprises. ' ' • - - - •''' ^ ^
-Vers les premiers jours de décembre , au lieu de trois ,bruitR,nous,en entendîmes distinctement quatre, se succédant dans d’ordre et avec les caractères suivants : le premier bruit , ispchrohé au' poülsi' è'taif àccompaghé d’ùn ,l^er^souMe.; d'eùx a^ ^bruits' mêlés^d’uhé's^^^^^^ dé ràclement lui succédaient coup sur coup, et le quatrième bruit consistait en unbruit de souffle d’aspiration. Après un repos ou silence assez court, recommençait la Série de
BRUITS AIN^ORIIA-UX DU CCEUR. Sl5
bruits indiqués ci-dessus : Ticsss...., tac-tac^.... sssssss. — • Tiféss..V:. tâc-tac:.... sësssss. ^
■ 5*- Chez un jeune hevëii' de notre honorable confrère M-le docteur Gariel, que j’ai vu *a^ëc M.’ PîôHÿ ,''j’ai"ëhtêndu à -^îùsiëurs’ reprises îe- triple-’ Krüit ou rhythnfe de rizppél du cthur'.' Chfez- -ce' inaladé que fai ’àéjêL cité* à l’bccâsidn à.^-^sîfflèmeht‘ dh dœûr -, - lé pouls 'était 'phü¥ 'ainsi dïde double, c’ést-à-diré éôtnposé de' deux înbhvëniénf-S'éé sdccédant coup- sur côup ; cojcntné'si le vétil!ricüîé ri’feûli pii sé* vider corùpîétéiiient '^^u’ a^rès déux côntràétîbhi^ ‘ sdëcessivésV Lé- sUcotid battement dû pouls, d’une petitéssé' èxtrêrüé*; suivait lé pré'mièr b’attéûiënt d’une '-manrèfé sî brüsqdëèt si soudàinë , ' qu’il né -séiiibldit- eri' être 'qümûe 'sotte' de rëbondissëtüènt. ' •- ' ■>* *
‘'4°’J’ài nb’sèrvé des phénomènes analogues à ceux qui viennèïit d’ètre éxpôsés, ëhëz i^dëlquës auttes mâlètdësdènt jé'tfài'pus éù dé- mnnienb'rbBëërVali'dri’ détaillée"' RoUS' lés yeux(i). .c.'.cc ça.
' Jé n’ai jamais rencontré le rhythme à trois ou quatre bruits' - qiie ' che^- dës' individus atteints âe'VéïrécîssèitfënÉ dé ’ iju'el qu’un des b'xificè's- du cèeùr’ dVéb iiiduralidn^dés 'Vaî" vulè'sV'â'ènbmpâ^iiéé' Urdlnàîryinénf d'es ''suibés’* d’uné' pé'ficardite. Ge'ti’èst aUSsi qüe danS des cas dumeïne ^enrd que j’ai' dit ai? bii? trouvé ,' en parlant du rhythriie 'sfûotmal des niéuvéments dU cœur, trois du- quatre rndtitémehls 'succès-* sifS 'aU lieü dé'deüx. Un tel rajiport était itifevitàBlfe', pSiisqub
(1) A peine avais-je écrit ceci, qu'un nouvel exemple du triple bruit ou du.rhythipe de rappel âu cœux s’est offert à 'notre obserYation:iLe ,2Q .•octur» bre 1834 j nous l’avoqs rencontré Très distinctement chez un malade de -la clinique, à peine convalescent à’àne'èndo-péricardüe rhumatismale. '
Depuis la première êdîtîôn'dé' cet ouvTâgé; j’ai observé plus dé vingt nouveaux cas du triple brùit ’dü"’ coeur. ' Il'éstTare qu’il' nfe ïe rénCéntre -jjaâ^Ài tout temps un' cas dë ce genre dans nOtirè' service. Ùes- iïouvéaux bas juitl^ fient de plus en plus le nom de bruit âb 'rappel que- j’îé -donné aü 'rüythmë' anormal dont il s’agit.* • ^ - î
2i6 physiologie AHOIIMA.LE DU CŒUR,
le rliythme à trois ou quatre bruits n’est et ne peut être autre chose que l’expression acoustique du même rhythme des mouvements du cœur.
Par opposition aux cas dont je viens de parler, je dois dire ici un mot de ceux dans lesquels le double bruit du cœur est comme absorbé par un seul bruit de soufflet très fort. Dans les cas de ce genre , il semble que le second bruit du cœur n’existe plus. L’absence apparente de ce second bruit vient de ce qu’il suit de si près le premier, qu’il parait en être la continuation directe , tant il est difficile de saisir l’intervalle ou le silence qui sépare normalement ces deux bruits l’un de l’autre. Nous avions en i854, au n° 4 de la salle Saint-Jean-de-Dieu, un jeune homme chez lequel, à la suite d’une endo-péricardite rhumatismale (i), il est resté un énorme bruit de soufflet qui remplace complètement les deux bruits du cœur et paraît en avoir absoi'bé le second.
Comme dans les cas où j’ai rencontré le phénomène dont il s’agit , les battements du cœur étaient plus fréquents qu’à l’état normal , j’ai toujours été assez disposé à croire que \ unité apparente des bruits du cœur tenait probablement , je le répète , d’une part à ce que les deux bruits étaient également transformés en bruit de souffle, et à ce que, d’autre part, l’intervalle de silence qui les sépare était infiniment court, inappréciable. S’il en était ainsi , il s’ensuivrait qu’en ralentissant les battements du cœur et en allongeant par là l’intervalle de silence qui existe normalement entre les deux bruits de cet organe, on pourrait rendre distincts l’un de l’autre les deux bruits qui paraissaient se confondre en un seul. Or, c’est là précisément le
(1) Le lecteur qui ne connaît pas encore nos recherches sur l’inflammation rhumatismale de la membrane externe et de la membrane interne du cœur, sera sans doute surpris en nous voyant employer assez souvent ici les mots endocardite, endo-péricardite rhumatismale; mais qu’il prenne un peu patience , et sa surprise se dissipera.
résultat que nous avons obtenu en i834 cbez une femme couchée au n° i4 de la salle Sainte-Madeleine. Il était réellement impossible, dans ce cas, de saisir nettement les deux bruits du cœur à travers un bruit de soufQe qui existait à la région précordiale , et qui se répétait au-delà de i4o fois par minute. J’administrai la digitale : le pouls, et partant le bruit de souffle qui lui était isochrone , ne tardèrent pas à diminuer de fréquence , et bientôt nous distinguâmes nettement le double bruit du cœur.
Souvent aussi, en s’éloignant un peu du point où le bruit de souffle continu est à son maximum, on distingue très bien les deux bruits du cœur.
Toutefois , je crois pouvoir affirmer que le second bruit du cœur cesse réellement d’être distinct dans quelques cas, par exemple, lorsque les mouvements du cœur sont d’une extrême faiblesse. Et remarquez qu’ici l’absence du second bruit ne suppose pas celle du mouvement correspondant du cœur, mouvement sans lequel on ne saurait concevoir la circulation: ce mouvement devient seulement aphone, pour me servir de l’expression de M. Pigeaux.
§ II. Des bruits anormaux produits par la percussion du cœur contre les parois pectorales.
Comme je l’ai déjà dit, la percussion du cœur contre la région thoracique qui correspond à cet organe , ne produit point de bruit bien distinct à l’état normal. Mais on conçoit que , sous l’influence de battements très violents , il pourrait en être autrement.
Quelque bruit particulier pourrait encore accompagner les battements de cet organe dans ces cas d’ossification du cœur et du péricarde où , selon l’expression de Gorvisart , le cœur résonne comme un cornet à la percussion.
Je ne possède encore aucun fait sur ce dernier point* mais j’en ai recueilli un grand nombre d’après lesquels U n’est pas permis de douter que la percussion du cœur contre
2i8 physiologie anormale du cceüe.
les parois pectoi aiésTie'pmsse'*être assez 'fôrlè pour produire qTiaiïdd’ôfëilld^est -àppüqüéë sbr la 'tégîeKii'précbrÈiiaîëV'èa mêïire-’ 'quelquefois ’sür une ■ autre région du ' thorax' plus éloignée du coeur un tintement elâîri, 'aLgétïtin: on mét'al-i lique. ■'Ee- ainsi- produit par le choc du cœur, ^ëst
b'ëaucOup ÿduSÏacite’-à-èntendre' chek îés süjets un 'peu'mân ^éS'quenhëz eëtfX'qui jôMfesént (l’unfemhOnpoint considérâblei Toutes lës nialadieSV’ aiguës nu? Chroniques , doûtle propre est dé’ rendré' les battements du' i^uh forts ét -fréquents, sont autant de causés du‘ ^teUdent métaHiquè pïo* daif^ar lë'dhèè’dé^cët Oégané *ebfatré‘ la'poittineJ ' Ce lintëïïfënt Uvait #ailiedfS’étê>dé)à ébsè'rtUpâr Laënnec lui-même, qui le désigne sous'Ûé-nèm dé’CliqUtetiatoètah liqué. '« ©n 'éntend quelquefois dit-il-, un leger cliquetis »'ïïïétàlli^iië''’dan‘S’'la région précordiale pchezdes sujets ah » téiîits^âé'q)al|Utations nerveuses*, 'surtoutdorsque le 'cceur » batthnf aven violènéé et vélocité-, quoique sans* une* grande »' fôtilè Téèîld'd’itUpUlsi'on ÿ- la pointe -seule' vient frapper les «ps'àr'Ois- 'lhoraérqUé^.’ A. -chaque pulsation deS* Ventricules-,
» un'pfètit hliqUètftS’Se fâit entetidrè èt traverse le stéthoscope,
» de manière qü'’il Sèinblerait- qu’il ssé fait dân S -1- intérieur » du tube (i). »
Rieii n’est plus facile que d’imiter le tintement métallique du cœur. Si l’on applique la paume de la main sur son oïeilicïet qud l’on -percute légèrement! lè dos)rde! -.cette Hiàiiri'aveo le doigt «dé celle f qui e-st restée- libre^ oni entendra' Un tintement toat-àdait semblable àfeelUirqu© nous sigttalon^. té!-niômeî*phénomène:dura lieu si, avec, un. des doigts de la main appliquée sur l’oreille/ on frappela partie de là fête surdaqunHe il/ost appuyé ÿi nxpérâence indiquée déjà'' dans l’ouvrage ride j JLaënineoi Le: mêraé phénomènè se
(1) Pour eateadre le Üntement;mitalli.que, U vaut niieux, a.ppJiqAerf’oî'^UlB iiijpiédj,giteinent sur la poitrine, -que de se servir du stéthoscppe. Je pui^^assqrer que par la pretnière mélliodé on entendra souvent ce .bruit dans des cas où' Ibaara complètement échappé à i’auscuilation médiate. ' ' - -
produit parfaitement encore , si, les deux mains appliquées contre les oreülés par léur 'fece palinaire'î on sè'prornëne sur ûn parquet, dans un appartement 'ou règne bn silence complet. C’est pour indiquer là féssemïjlànce' cfü tintement détetminé par la pèrcüssibn du coeur contré les parois' pectorales, avec celui qbi s’b'père'dàns lés 'èxpériéncés précédentes , que M. Tillios l’a' désigné sous lé nbm de tinternent auriculo-inêtallique. ( Ybÿ. réxcëllénié aîssèrtalionmàugürale dé cet habile observateur." J ' a . .
Le tintement métallique dû au choc du cœur ne diffère point noii plus dé celùi qu’on bhtifent'lbrsqu’bn pérèute la poitrine dans ‘une région' qui cérrëspbhdT'à une' vaste caverne remplie d’air et comihühiquàht' avec lès bronches par une ouverture en fornae’dé goulot. Oh ^peut, par une expérience ^lus directe encbcé", iihitér le'brûit dé tintement métallique du coeur.' L'a Voici ; ajppliqiiez Pbrenré sur uhe région donnée de la poitrine , percutez ensuite âveclè doigt une autre région de cette cavité, et vous entendrez un tintement métallique' parfaitement semblable à celui que produit le choc du cœur contre la poitrine. Cela devait être : car, dans i’un éCl’autré'çb's pies cbnditiôhs s'dht àbsolumeht'ies rhémes^ si ce' li^est que la petchlsièh^ àu' liéü d’être prati^u’ée'paf lé cceùr' dé dedans ëif dehors dalïs Féxpènéncé bi-dëssusP'^éét'^pràliqûée^ 'de'" ‘déhbrS 'éh <ïédâhâ''et par le doigt. ‘ •
iLé tlhlement métallique que produit le cœur se transmet' plus ou mbïhs'lbîh a travers lè's’ parois pb'ctôràléà et les organes 'intra-thoràciqués', etî' suivant lâ'ibîi^i''f ê^it‘ra propagation des-au très bruits- que nous avons étudiés pré- T’é'dëiû'ïnént. ‘Je l’ ai entendu ' très ' distinctement ’ dans la régioh dVlâ fôsse'sohs-épineüsé dé rom'oplatè gàtiché, ch^ deux individus . atteints M’üh'é'phéùtdbiiié tîrèM' éfëhdue’dii poumon gauche maladie favorable, cofnme on sait , à la transmission des sons , en ce qu’elle augmente la densité du tissu pulmonaire. " "■ *' ’ = " ■ " = ' •