DES BRUITS DO COEUR DO FOETUS ET DU SOUFFLE DIT FAUSSEM^ PLACENTAIRE
C’est à M. le docteur Le Jumea-U de Kergaradec qu’ap^ partient rhonneur d’avoir découvert les phénomènes. acoustiques qui sont l’objet de cet article {i)v Les bruits dont il
■(i) Sf. Mayoî-, de Génie vê, pîüsiêufs àhnëés; avant la découverte de M. le docteur Ç.ergaradec, avait anüdncê qu’en àp^nqïianft ’rdrëïllè sur lé ventre
ET SOUFELE PEAClSTAIHËi
s’agit né Corûméncént guère à se faire entendre d’une manière distincte que du quàtrièMé àü cinquième mois de la grossesse^ Depuis la publication du beau mérUoiré de M- Rergaradec sur Y auscultation appliqùéè à ^ étude de là grossesse, j’ai eu occasion de constater sur une Centaine de femmes au moins les phénomènes qu’il avait observés le premier. Un très grand nombre dé médecins ont également étudié cet intéressant sü|et j et il est très juste dé placer au premier rang des travaux qu’il à fait surgir , celui de M. le professeur Paul Dubois (1 )<
I. Si l’on applique réreille sur le ventre d’unë f^me déjà parvenue à la moitié du terme ordinaire de là gestation, on ne tarde pas à entendre déUl bruits ^ dont l’un double et l’autre simple (du tnéins lé piuS souvent).' Le premier est évidemment dû au tic~taé du coeur du fœtus , et est d’autant plus fort êt plus distinct , toutes choses égales d’ailleurs, que le foetus est plus avancé- ëil âge. On peut le comparer âu bruit du éOBUr d’un àni-mal d’un pèlit volume , tel- qu’ün chat OU Un jeune lapin , par exemple. Le nombre deS doubles battéméntS dU coëur chez le fœtuS m’a paru e& raison inversé dé son âgé ; j’en ai compté iusqu’à 170 par minute. Mî Pàul Dubois n’êst pas d’âGCOrd avec nOuS sur Cê point. Les doublës battements du cœur M ont paru, dans la très grandê majorité' des fœtus qu’il a examinés , Se reproduire de i4o k i Bd fois par minute, et ce nombre a été lé même aux- diverses époques de la vie fœtale, Je regretté beaucoup dé me trouver
d’une femme grosse d’un certain nombre de mois , on entendait fort bien les battements du cœur du fœtus. Mais cette remarque , d’ailleurs si digne d’être répàndtié dans le inondé sâvâ'nt et à’êtfë fécondée, était ignoréê en France à répoqüè- où M-. Rergaradeé fit se§ reélœr®'és ^r taüScuUàüôû àppli^icéé à l’éluda de la grossesse i ÇBairis , MSâ.) •
(1) Zle l’applicatioh de l’ auScullaiion à la pratique deâ doeouçhefnentSi Rapport fait à l’Académie de Médecine, par M. Paul Dubois. (Ce travail a élé piiblié dans lè lome X-XYllî des Archives génèraîes de médecine, Paris, 1832.)
2'ÿ6 BRUITS DU CCæUB DD FŒTUS
ici en contradiction avec un observateur aussi distingué; mais je ne puis cependant renier des assertions qui reposent sur les expériences les plus incontestables. M. le docteur Gaultier de Claubry m’a dit aussi avoir compté chez une femme parvenue au 7® mois de sa grossesse , i65, 164, i65 doubles battements par minute. M. Paul Dubois déclare , d’ailleurs , que ses explorations chez des femmes enceintes de moins de six mois n’ayant pas été très nombreuses , il serait possible que les cas qui lui sont échus dussent être regardés comme des exceptions.
J’ai quelquefois entendu les doubles battements du cœur du fœtus dans tous les points de l’abdomen correspondants au produit de la conception ; mais, en général , ils s’entendent mieux d’un côté que de l’autre, et c’est dans les environs de l’ombilic que se trouve leur maximum d’intensité. Assez souvent , on les entend seulement ou du moins beaucoup plus distinctement du côté opposé à celui où existe le souffle placentaire. Passé le cinquième mois de la grossesse, je ne me rappelle pas avoir vu manquer le double bruit du cœur chez aucune des femmes que j’ai auscultées.
Je désirais vivement trouver des occasions d’ausculter le cœur du fœtus à l’état morbide (outre les vices de conformation originels, on sait aujourd’hui que le cœur du fœtus est susceptible d’éprouver quelques unes des maladies qui l’atteignent après la naissance) ; mais malheureusement, jusqu’à ce moment, elles ne se sont point présentées. Il me paraît extrêmement probable qu’une pratique assidue de l’auscultation du cœur du fœtus pourra faire reconnaître ou du moins faire soupçonner certaines de ses maladies.
J’ai rencontré quelques cas où les bruits du cœur fœtaLse rapprochaient un peu du bruit de souffle. M. le professeur Paul Dubois dit que les pulsations de cet organe, lorsqu’elles sont bien distinctes, font très souvent entendre un bruit de soufflet qui a une grande analogie avec celui que l’on observe dans certaines maladies du cœur. On pour-
ET SOUFFLE PLACENTAIBE.
rait, au premier abord , attribuer ce phénomène au passage du sang à travers le trou Botal; mais M. Paul Dubois, considérant que le sang ne passe d’une oreillette dans Vautre quepeiulant V absence de contraction de ces cavités, pense quil nest pas présumable que la communication qui existe entre elles soit pour quelque chose dans la production de ce bruit , quil lui paraît plus naturel d'attribuer au mélange des deux colonnes de sang de l'artère pulmonaire et de V aorte. S’il est difficile de démontrer l’exactitude de celte hypothèse, on ne saurait nier du moins qu’elle ne soit fort ingénieuse.
L’existence du double bruit du cœur du fœtus est d’une haute importance tokoîogique. C’est le signe pathognomonique de la grossesse ainsi que de la vie du fœtus. Je me rappelle un cas qui mérite d’être ici mentionné. Une femme à peine parvenue vers le 7® mois de sa grossesse , est prise d’une violente pneumonie. Depuis plusieurs jours elle avait cessé de sentir remuer le fœtus. Je pratiquai l’auscultation , et c’est un des cas où je comptai 170 doubles battements à la minute. Cependant des signes d’avortement ne tardent pas à se manifester, et bientôt nous relirons un fœtus qui ne donne aucun signe de vie. La malade ayant cessé de sentir remuer son enfant depuis plusieurs jours, on aurait pu croire qu’il était réellement mort avant sa naissance , et négliger toute espèce de moyens propres à le rappeler à la vie ; mais comme quelques minutes encore avant son expulsion j’avais entendu les battements de son cœur, je m’empressai de le frictionner, de le plonger dans un bain légèrement excitant , d’insuffler de l’air dans sa bouche , et après avoir prolongé assez long-temps ces manœuvres , je ramenai enfin l’enfant à la vie : il s’agita, cria, et vécut jusqu’à la fin de la journée. Si je n’eusse pas entendu les battements du cœur presque immédiatement avant l’avortement , il est très probable que je n’aurais pas assez insisté sur les moyens précédents pour ressusciter en quelque sorte ce fœtus, car l’absence des mouvements depuis que la