ET SOUFFLE PLA.CF,ÎÎTAIIIE
foires que le pense notre ingénieux confrère. Nous regrettons qu’avant d’avoir ainsi localisé le souffle dit placentaire [^souffle utérin de M. Dubois) , notre collègue ait cru pouvoir se dispenser de prouver que ce bruit ne saurait résulter de la compression exercée par l’utérus sur les vaisseaux de l’abdomen et du bassin, sous prétexte que cette dernière hypothèse avait été trop judicieusement réfutée d’avance par M. le docteur Kergaradec. Le motif sur lequel s’est fondé M. Paul Dubois pour refuser à l’opinion que nous défendons comme la plus probable les honneurs du combat, est plus flatteur pour M. Kergaradec qu’il n’est utile aux progrès delà science. Nous espérons donc que M. Paul Dubois finira par penser que M. Kergaradec n’a pas remporté une victoire complète , et qu’il se décidera à porter le dernier coup à l’AjpoïAè^e encore vivante qui place dans les grosses artères du bassin le siège du souffle utérin.
M. Paul Dubois convient d’ailleurs que son explication du souffle utérin n’est , à la vérité , comme nous l’avons dit à l’époque de la discussion de son rapport à l’Académie, qu’une hypothèse. En attendant que de nouvelles recherches aient converti en proposition démontrée l’assertion encore hypothétique de M. Paul Dubois., il nous sera donc permis de persévérer dans l’opinion que nous avons adopiée, et en faveur de laquelle nous allons exposer un nouvel argument. Voici cet argument qui, en même temps qu’il vient militer en quelque sorte pour notre système , dépose formellement contre celui de MM. Kergaradec et Paul Dubois.
IV. S’il est bien vrai que le souffle dit placentaire ait son siège dans les grosses artères du bassin (iliaques externes et hypogastriques) comprimées par l’utérus chargé du produit de la conception, il s’ensuit que toute autre compression analogue exercée sur ces mêmes vaisseaux pourrait produire un bruit semblable. Que si , au contraire , c’est dans le tissu vasculaire des parois utérines ou dans le
BRÜITS ©ü CCffiDR ©TT FOETUS
pDÎiît d’insertion du placenta que résident les battements avec souffle, il est diSicile de comprendre pomment la compression dont il s’agit pourrait donner lieu à un soufîle tout-à-fait semblable. Hé bien, les faits prouvent que la compression des grosses artères do bassin par une lunaeur développée dans leur trajet , peut donner lieu à un brqit de soufflet qui simule parfaitement le souffle âixi placentaire on. utérin, à tel point qu’il a été pris pour ce dernier : ç’estce que va démontrer l’observation suivanté , qui nous pEiraU en même temps d’une immense portée spus le point de vue de la pratique de l’art des acGQUGbeménts ^1), Celte obseryalion a été publiée dans îa (p® du
8 mai i834) , sous ce titre ; Kyste de l’ovaire dpoit, simulant une grossesse eætrft.-ulérïde ; Qpératiori çésqriçni^e 'v,ç^giaale\ mort.
Une femme de 47 ans, mariée depuis long-temps , sans enfants, fut admise à bbopHal Necker (service de % Bricbeteau) , dans le courant dû mois de juip i833. HUe n’avait pas eu ses règles depuis neuf mois « et croyait toucber au terme de la grossesse. Elle racontait qu’au moment de la conception 5 il s’était élevé eutre plie et son
mari une rixe violente, EUe avait , du reste , un aB^ent^a proéminent comme une femme à la iin de sa grossesse, et éprouvait des douleurs qui semblaient annoncer un precliain accouchement. On sentait distinctement dans jp flanc droit une tumeur inégale, qui avait la forma dVua tête d’enfant d’un côté, et de l’autre offrait une saillie qu’on pouvait croire formée par le pied d’un fœtus. Çattf
(1) Le lecteur »’a P86 oufeljé, je pense, qu’cn paitaut 4p l’influence <1^ Ja compression sur la pj'ndpclion fiu flruit fle soufliet artériel , j’ai cité un cas dans lequel une tumeur de l’ovaire , assez vôlumineuse pour pouvoiir exercer une certaine compression sur les artères iliaques externes et internes, coïncidait avec un bruit de souffle toul-à-fait semblable à celui qui a lies dans iâ grossesse.
ET SOUEtLE FLACESTAIRB* a83
tûmeup se déplaçait auïnoyea de la pressioa, par uîa mouvement de totalité.
La malade disait sentir distinctement les mouvements d un enfant.
Il y avait bass la tümeue en breit bé souffle bien ma-
SIFESTE crut ETRE LE SOUFFLE PLAQENTAIRÊi
Dans une prémière tentative dé touGheT , on ne put Irou^ verièéel de Tutêrus. Dans Une Seconde, faite le lendemain par M. Baudeloeque , l’orifice utérin fut rencontré sous le pubis et n’oflPrant point dé dilatation. Dans un troisième toucher, pratiqué simultanément par le réctum et le vagin, le même aceouèhêür constata réxistenéé d’Unè tumeur fluctuante qu’il put déplacer ateé lé doigt , et qui faisait manifestement corps avec la tumeur abdominale extérieure..^.. Nonobstant l’emploi des bainSi des cataplasmes, de la saignée, les souffrances de là malade devinrent si 'atroces, qu’ellé demandait à grmds Cris une opération pour extraire l’enfant dont elle se disait enceinte. Les médecins de rbnpitàl et M. Baudeloeque ayant examiné de nouveau la malade , lé 6 juillet , pensèrent qu’il y avait une grossesse exlrà-ulêrine de l’ovaire droit, et qu’on ne pouvait apporter du spüiâgêment à la patiente qu’en pratiquant Une incision sur les parois du kyste qu’on Croyait contenir le fœtus..... On demeura d’âceord qu’une incision exploratrice par le vagin était le sëul moyen qu’il convint d’employer. Elle fut pratiquée par M. Laugier, en présence de MM. Dubois (d’Amiens) , Piédagnel , deux médecins étrangers , et d’un bon nombre d’élèvès. Avant de s’ÿ décider , en avait de nouveau bien Constaté l’état de la malade, et l’existence du bruit qui ^imulqit , à s’y méprendre y le souffle placentaire. Les jours suivants j des symptômes de péritonite Se manjfeslent ; ils résistent à tous les moyens employés , et la malade succombé lë sixième jour après •l’opération. L’opérateur, n’avait point rencontré de fœtus.