BRUITS DU CCEUR DU FŒTUS
et le bruit de soufflet se fit entendre , le 8 juillet, comme avant l’opération.
Autopsie cadavérique. — La tumeur abdominale est très affaissée et descendue dans le bassin; elle était inégale, multilobulée. Sa partie gauche était pyriforme et assez semblable à une matrice amplifiée : c’était effectivement cet organe dans la cavité duquel s’était développée une tumeur de la grosseur d’une forte poire , de nature lardacée et un peu ramollie. Cette tumeur était recouverte par la matrice qui semblait s’être laminée pour lui fournir une enveloppe. Elle était d’ailleurs en communication avec le vagin et avec le col utérin, qui était tellement aminci , qu’il formait une petite ouverture membraneuse de 2 lignes (5 mill.) de diamètre seulement. La partie droite de la tumeur se composait de plusieurs lobes, dont la surface était inégale, raboteuse, ulcérée même , et recouverte çà et là de lambeaux membranifor'mes : on y trouvait plusieurs dégénérations organiques , savoir : les tissus carcinomateux et encéphaloïde, séparés par des cloisons celluleuses, purulentes, ou de petits kystes remplis de sérosité brune et ichoreuse ; on ne trouva point de traces de l’ovaire , qui avait été probablement envahi par les altérations indiquées , s’il n’en avait été lui-même le siège primitif..... A la partie inférieure du bassin , en arrière, existait une autre tumeur, de deux ou trois pouces de diamètre, contenant des kystes, dans l’un desquels avait pénétré l’incision pratiquée à la paroi postérieure du vagin .
Il n’entre pas dans mon plan de commenter sous tous ses rapports cette curieuse et importante observation. Il me suffira de faire remarquer qu’on a , dans ce cas, pris pour ainsi dire sur le fait la cause du bruit faussement désigné sous le nom de souffle placentaire, et qu’assurément cette cause n’était rien moins que le passage du sang , soit à travers le placenta, soit dans l’appareil vasculaire utérin.
ET SOÜFFLE PLACENTAIRE. 285
ÉTidemment ici le bruit de soufflet avait été le résultat de la compression exercée par la tumeur sur les grosses artères avec lesquelles elle se trouvait en contact.
Depuis la première édition de ce traité, j’ai étudié le bruit du souffle dit placentaire chez une trentaine de femmes à partir du cinquième au neuvième mois de la grossesse, et ces nouvelles études me confirment de plus en plus dans la théorie que j’ai soutenue, savoir que ce phénomène se passe dans les grosses artères du bassin comprimées par l’utérus et le fœtus qui s’y trouve contenu ; elles ne me permettent donc pas de croire , avec M. Vernois (Thèse citée), que le bruit qui nous occupe est évidemment produit par la pléthore des 'vaisseaux uténns.
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