‹ Traité clinique des maladies du cœurChapitre 64 sur 107 · ÉTÏIDË DES MALADIES DE CCEEE ÉM GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

ÉTÏIDË DES MALADIES DE CCEEE ÉM GÉNÉRAL

Le travail de la gênéralisati&ïà supp osant la connaissanGe la plus apprefondlè des faits particuliers, il semblerait , au premier coup d’œil , qu’on ne doit l’alTorder qu^après avoir complètement exposé éès derniers. Mais en y réfléchissant avec plus d’attention, ùn ne tarde pas à s’apercevoir que , pour la composition d’un ouvrage tel que celui-ci , il est impossihlé dé ne pasnommencer par quelques 'vü&s géaé^ raies nu àhstmitesi par quelques notions fondamentales sur les maladies qui -en Sont l’objet.

Ôn nepeutni classer ces maladies, ni même leur donner un nomvsâns en éonnaitrè, justju’à un certain point, la raature. Or, pour connaître la nature des maladies du cœur, M faut savoir ‘qüeilés sont leurs ressemblances et leurs diffé- Ténees , et ponr savoir quelles sont ces différences et ces ressemblances, il est indispensable de comparer les maladies du cegür sous tous leurs rapports. En les étudiant aiBsi, on apprend on même temps en quoi elles ressemblent aux maladies des autres organes en général, et en quoi elles en diffèrent.

L’œuvre dolagènèrdlisation et de là classiâcation , sans lequel aucune science ne saurait exister, réclame une grande attention , surtout lorsque les objets que l’œil de la pensée

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parcourt successivement et passe pour ainsi dire en revue, sont très nombreux, complexes et mal éclairés , toutes circonstances qui ne se rencontrent que trop souvent dans le sujet que nous avons à traiter. Ne nous étonnons donc pas si, parmi les auteurs qui se sont appliqués à cette tâche éminemment philosophique , la plupart n’ont pu se préserver d’assez graves erreurs. Ne nous flattons pas nous-même de pouvoir éviter tous les écueils dont un semblable travail est environné, et dont l’immortel auteur de l’Anatomie géné- »rale a signalé les deux principaux. «Pour peu que vous » examiniez les maladies sous plusieurs jours différants , a » ditBichat, vous verrez que ce qui est vrai pour une classe, »peut ne point l’être pour une autre ... Je crois que nous » avons deux écueils également à craindre : celui de trop • particulariser et celui de trop généraliser. Le second amène autant que le premier à de faux résultats. 0

Dans les considérations préliminaires que nous allons présenter sur les principaux points de vue sous lesquels les maladies du cœur dnivent être examinées, nous ferons tous nos efforts pour éviter ce double écueil. Nous n’insisterons que sur les aperçus dont la connaissance nous a paru indispensable pour l’intelligence claire et complète de toutes les questions qui se rattachent à notre sujet , et qu’il n’eût pas été rationnel de discuter dans l’histoire spéciale des diverses maladies du cœur.

Nos considérations, rouleront successivement ci" sur le siège précis et sur les caractères anatomiques des maladies qui sont l’objet de cet ouvrage; 2° sur les signes et le diagnostic de ces mêmes maladies ; 3® sur leurs causes ; 4°sur leur nature et leur classification ; 5“ sur leur marche, leur durée et leurs terminaisons; ô° sur leur pronostic; 7® sur leur traitement ; et 8° sur leur complication , soit entre elles , soit avec les maladies des autres organes.

SIEGE ET CAEACTÈEES ANATOMIQUES. 28g

ARTICLE PREMIER

COSSIBÉRATIONS GÉSÉKALES SUR LE SIEGE ET LES CARACTERES ANATORUQUES DES MALADIES DU COEUR.

§ I". Siège des maladies du cœur.

Rien n’est plus rare qu’une maladie affectant le cœur tout entier (1). Le plus ordinairement, elle n’occupe qu’une cavité de cet organe , qu’une portion de cette cavité , ou même qu’un des tisssus constituants de celle -ci. Tantôt les parois d’une ou de plusieurs cavités du cœur sont amincies ou hypertrophiées, avec ou sans dilatation de ces cavités, ramollies ou indurées, etc.; tantôt, au contraire, ce sont les valvules et les orifices qui se trouvent primitivement et spécialement altérés. Dans certains cas, la maladie porte exclusivement ou du moins principalement soit sur la membrane interne , soit sur l’externe , soit sur la substance charnue, etc., etc.

Enfin , il ne faut pas oublier que le cœur, comme tous les autres organes , reçoit les éléments de sa vie nutritive ou organique , d’un système circulatoire qui lui est propre , et le principe de ses mouvements ou de sa vie dynamique ^ d’un système nerveux qui lui est également propre. Or, il est des cas où l’on doit chercher, non plus dans le cœur lui-même , mais dans l’un des deux systèmes indiqués, ou dans tous les deux à la fois, la cause de certaines lésions fonctionnelles du centre circulatoire.

La détermination du siège des maladies du cœur, dans les limites que nous venons d’indiquer, n’est pas une chose de pure curiosité , comme nous aurons de fréquentes occasions de nous en convaincre plus loin. Et pour citer ici

(1) On /ait abstraction ici de ces lésions purement topographiques dans lesquelles le cœur est déplacé en masse , et de quelques autres lésions analogues.

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même un exemple à l’appui de notre assertion , il n’est pas indifférent de savoir, en matière de pronostic surtout, si un© inflammation donnée du ppeur réside dan? k péricarde, ou dans la substance musculaire de cet organe , ou dans son enveloppe interne ( endocarde ) , pu bien enfin dans ce triple tissu à la fois.

Mais ce n’est pas encore assez pour l’anatomie pathologique complète que de pouvoir déterminer si le mal siège dans telle ou telle partie, dans tel ou tel tissu du cœur; il lui reste encore une dernière tâche à remplir,‘~et ce n’est pas la plus facile. Le scalpel n’est plus son unique moyen d’investigation : par un emploi bien entendu des instruments de la physique et dns réactifs de la chimie , l’anatomie pathologique doit pénétrer jusque dans la profondeur même des tissus, dans Xintin%ité mpillaire de l’organisation , et en étudier, autant que possible , les conditions anormales. Il va sans dire que igs altérations seront explorées à la fois et dans les solides et dans les liquides. C’est celte anatomie en quelque sorte transcendante, que M. Cruveilhier désigne sous l’heureuse expression dè anatomie moléculaire. Celle hvdiXichQ terminale QU complémentaire de l’anatomie n’est malheureusement encore qu’à son berceau, et si elle n’est pas cultivée autant qu’elle devrait l’.êlre, il ne faut pas s’en prendre unique^ ment aux nombreuses difficultés dont elle est environnée , mai? aussi au peu d’encouragement qu’elle a jusqu’ici reçu. lËspérpns. que celte anatomie physico-chimique à laquelle les beaux travaux de M. Raspail promellent un brillant avenir, ne lardera pas à faire partie de l’enseignement publie (i).

(1) La création d’une chaire spéciale d’anatomie pathologique dans les Facultés de médecine, et dans celle de Paris en particulier, serait le plus efficace de tous les encouragements gu’qn pût donner à ®uj[et

important qui nous occupe. Le concours ne manquerait pas de faire surgir des homnses spéciaux; et, avec le temps, une immense lacune de notre science serait enfin comblée.

Le vœu que J’exprimais ici en 1835 a été exaucé, et c’est à la générosité de

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§ II. Considérations générales sur les caractères anatomiques des diverses , maladies du ccsur.

Sait que le m,al ré;side dang la naas^e entière du caejar, ou seuiauieut daas quelgu’uue de se§ parties , le siège de, la lésion, étajit une fuis ponnu , il s’agit de détermiaêr, de 4^-^ çiire exactement les divers mudes , les diverses formes anar tomiçjues de cette lésion , et p.çur y parvenir il faut recouvrir à tous les mojens d’exploration mécanique , pUysique et eh-imique que nous possédons.

Sous le nouveau point de vue qui nous occupe , deux grandes catégories de cas doivent être établies.. En effet, il en est des maladies du cçeur comme du celles, de tous les autres organes en général: leaune.§ laissent k leur suite des modifications anatQmiqu.es, des altérations matérielles, aççessil)les à nos moyens d’invesUgatxon i les autres, au coniraire , n’apportent aucune modification appréciable, après la mort dans les conditions anatomiques proprement dites de nos organes, 11 serait troplong de çLiscnter iti ce point délicat d’anatonûe pathologique, générale. Qu li nous suffise dg rgcounaître en ce moment que, pour le gœur. comme pour tous les autres organes, il existe réêllcnjent desnGLaladies. qui n’ont p,oint de çaraGtères anatomiquea , tw^gibles ,

sensibles enlin^ nous déclarons néanmoins que ÇM maladies elles-mêmes sont des lésious de rorg-amsation , a’est en substituant i’eeil de la pensée à l’œil proprement dit, le sens de la raison aux sons externes ; or, il répugne à ce sens in^ terne, plus infaillible, peut-être, que les sens externes eux-mêmes , d’admetlre. des maladies qui ne soient pas des modifications quelconques de rorganisatipn , coimme U lui

à' dtÂmQlïvQ un efjlet sans causfi.

Dupuytren, l’une des plus grandes lumières de l’anatomie pathologique, que la Faculté de médecine c’»3 Paris est redevable de ce mémorable bienfait, I! est vrai que, d’après des arrangements dont ce n’est pas ici le lieu de parler, la chaire fondée par Dupaytren n’a malheureusement pas été mise au coneours.

N’oublions pas d’ailleurs que les recherches faites après la mort ne nous permettent pas de voir l’organe tel qu’il était exactement pendant la vie , même sous le point de vue de ses' conditions physiques : ces recherches ne nous montrent, en un mot, que les restes de la maladie , que le cadavre de l’organe malade. Qu’est alors devenue, en effet, sa température? Qu’est devenue sa rougeur elle-même dans beaucoup de cas? Je laisse de côté les phénomènes de mouvement et de sensibilité qui, mourant en quelque sorte avec l’individu, ne peuvent être l’objet d’aucune investigation cadavérique, pas plus que la condition première ou le principe de la vie (1).

Cela bien entendu, poursuivons notre sujet : la connaissance précise, approfondie des caractères anatomiques des diverses maladies du cœur étant néanmoins la clef d’une foule de phénomènes observés pendant la vie, elle ne saurait par conséquent trop attirer l’attention du médecin, fût-elle, ce qui n’est pas vrai, aussi complètement indifférente que le. prétendent quelques uns, en matière de thérapeutique. Mais on ne saurait trop le répéter : l’étude des caractères anatomiques des maladies du cœur doit rouler à la fois, comme sur son double pivot, et sur l’état des solides, et sur l’état des liquides. Quels seraient, en effet, je le de-

(1) L’anatomie pathologique proprement dite étant une science purement graphique, ne s’occupant que des organes malades à l’ètat de repos ou é’ inertie , ce n’est donc pas à elle qu’il faut demander tous les secrets de la vie pathologique, comme ce n’est pas dans l’anatomie normale que l’on doit exclusivement chercher le mystère de la vie normale, comme ce n’est pas dans les conditions appréciables par les sens externes exclusivement, que le physicien peut trouver l’explication complèle de tous les phénomènes que présentent les corps bruts, non organisés, non vivants. Il n’est aucune science naturelle, en un mot, qui n’ait son côté rationnel , son point de vue métaphysique , et qui n’en appelle 4 l’intervention d’un principe ou de conditions dynamiques. Ces conditions paraissent seulement se multiplier à mesure que l’observateur philosophe s’élève de l’étude du règne inorganique à celle du règne végétal, et de celle-ci à l’étude du règne animal.

CARACTÈRES PHYSIOLOGIQUES ET DIAGTfOSTIC. 2g3 mande, les caractères anatomiques certains, incontestables, soit d’une péricardite, soit d’une endocardite, si l’on ne connaissait pas les modifica tlons qu’éprouve alors la sérosité sécrétée par le péricarde, sous le double rapport de sa quantité et de sa qualité, celles que subit aussi la sécrétion de la membrane interne du cœur et le sang qui circule dans les cavités de cet organe?

Au reste , nous ne pourrions donner ici les préceptes méthodiques auxquels on doit se conformer pour recueillir les faits d’anatomie pathologique en ce qui concerne les lésions du cœur, sans entrer dans des considérations de pathologie générale qui dépasseraientles limites de cet article, et qui s’y trouveraient d’ailleurs déplacées. Les observations particulières dont cet ouvrage abonde et la description générale qui les suit , satisferont, nous osons l’espérer, les plus exigeants en pareille matière (i).

ARTICLE DEUXIÈME

eONSlDÉKATIONS GÉNÉRALES SUR LES CARACTERES PHYSIOLOGIQUES ET LS DIAGNOSTIC DES MALADIES DD COEUR.

La détermination des signes divers (physiques , anatomiques ou dynamiques) , au moyen desquels on peut reconnaître les diverses maladies du cœur, est un de ces problèmes dont la gravité n’échappe à aucun médecin vraiment digne de ce nom , et à l’examen desquels on ne saurait apporter trop d’attention. Los inconnues dont il se compose sont si nombreuses , qu’il importe beaucoup de ne négliger aucune des données propres à en faciliter la solation.

(Ij Nous renvoyons aussi à ce que nous avons dit dans la première partie de nos prolégomènes.

MALADIES Dü CŒUR Eîf GÉNÉRAL.

Nous tâcherons dé vider d’une maniéré satisfaisante la fameuse question du diagnostic dnatomique et du diagnostic médical, ce qui ne sera pas très difficile quand éelte question aura été réduite à ses véritables termeSi

Nous devons puiser dans plusieurs sources les caractères physiologiques ou les signes des maladies du coeur ; et d’abord, ils doivent être partagés en deiïx principales séries, dont Tune comprend ceux qu’on étudie ordinairement sous le ïiom de looauœ , et dont l’autre est affectée aux signes que l’on connaît sous le nom dé généraux $ de sympathiquès ou de réaction.

I. Entre toutes lés méthodes que l’on peut mettre en usagé pour recueillir les signes locaux des maladies du cœur, Y auscultation et la percussion, tiènnent assurément le premier rang^ Après elles viennent le toucher ou la palpation et V inspection. Voï trop longuement, pour ne pas dire trop minutieusement , insisté sur cette catégorie de signes, dans les Prolégomènes de cêt ouvrage , pour qu’il ne me soit pas défendu d’y revenir ici. Je me contenterai donc d’ajouter que les signés dont il s’agit étant ceux qui nous fournissent les données les plus précises , les plus directes sur l’état physique J anatomiqüê et matériel du cœur, ils ont une immense valeur pour le diagnostic absolu et différentiel des nombreuses lésions de çët organe; qdé combinés avec les signes généraux ou réàctiônnels , et avec la connaissance des causes qui ont fait êclalèr les maladies , ils nous éclairent suffisamment polir que, dans l’immensemâjorité dés cas, nous puissions passer du diagnostic dnatonnque au diagnostic médical ( jé rné sers dû langage dé quelques modernes).

Mais lea méthodes d’éxploralîon àü moyen desqUélles on se procure les signes locaux, et spécialement la percussion et l’auscultation, ne deviennent fidèles, et pour ainsi dire dociles à celui qui les emploie , qu’après un long et laborieux exercice. Jusque là, l’observateur peut , à la lueur même de

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