Râle trachéal extrêmement bruyant. — Mort vers midi
Autopsie cadavérique, 21 heures après la mort.
(La température de l’air a été médiocrement élevée depuis le décès du malade.)
1° Habit, ext. — Traces de décomposition commençante sur l’abdomen et le thorax (taches d’un vert assez foncé). Ln peu de rigidité. — Embonpoint médiocre ; pas d’infiltration ; écume à la bouche ; pupilles égales.
go Organ, cireul. et resp. — La portion du péricarde et du
cœur non recouverte par les poumons , a 3 pouces 6 lignes (gS millim.) d’étendue verticalement, et 4 pouces 4 lignes (117 millim.) transversalement (1). A gauche , le péricarde adhère à la plèvre voisine. Il présente partout une injection arborisée et une rougeur assez vive , et contient environ deux cuillerées de sérosité d’un jaune rougeâtre, légèrement trouble, mais sans véritables flocons. Son épaisseur et sa transparence sont à peu près normales sur le sac fibreux qu’il revêt j mais le feuillet qui tapisse le cœur est doublé, dans plusieurs points, de taches blanchâtres, laiteuses, qui ne sont évidemment que des fausses membranes anciennes , passées à l’état fibreux ou fibro-çelluleux.
Le cœur est énormément distendu par du sang coagulé. Il pèse avec le sang qu’il contient et l’origine des gros vaisseaux. 7S2gram,=l liv.Sonc.
Son diamètre transversal est de 6 p. 3 1. = 142 mill,
— vertical, de 6 p. =135
Sa circonférence , de 12 p. = 324
Le sang que contient le ventricule droit est spurueux , vésiculeux, aéré, noir, cailleboité. L’oreillette droite contient des caillots d’un noir d’ébène, mous comme du résiné. Le ventricule gauche contient également des caillots de sang, mais on n’y trouve pas de gaz, A la surface d’un caillot, gros comme un œuf d’autruche, qui existe dans l’oreillette gauche, paraît une couenne molle , adhérente.
Poids du cœur vidé et lavé. 491 gram, = près d’une livre.
Les cavités droites et leurs orifices sont dilatés. La membrane interne des cavités droites et de l’origine de l’artère pulmonaire présente une rougeur foncée, analogue à celle qui a fieu par l’imbibiUQn cadavérique à la suite de la pu-
(1) La percussiQtt pratiquée le 16 avait donné 3 pouc. 6 lig. (9S mill.) de matité verticalement , et 4 pouc. s lig. (126 mill.) traHsversnlementv
TROIS. CATÉG. d’observations DE PERICARDITE. 4^9 tréfaction. Elle est à sorxmaæimum sur la valvule tricuspide, qai est épaissie , hypertrophiée , fongiforme dans toute son élendue (cette valvule crie sous l’instrument qui l’incise).
Circonférence de l’orifice auricnlo-ventricalaire droit. 5 p. 2 1. = 140 mill. Hauteur de la valvule tricuspide. 4 à 6 I. =9 à 14
Le ventricule dilaté est en même temps hypertrophié ,
(il offre 4 à 5 lignes (9 à 1 1 millim.) d’épaisseur). L’épaisseur des parois du ventricule gauche est de 7 à 8 lignes (16 à 18 millim.) h. la base. La substance du cœur est d'une assez bonne consistance, .mais elle est un peu jaune.
Les cavités gauches offrent une rougeur moins foncée que celle des cavités droites. Elle est simplement rosée sur les valvules, et se confond, par une sorte de dégradation, avec la teinte jaune de l’aorte.
Les valvules sygmoîdes de l’artère pulmonaire sont minces, mais celles de l’aorte, surtout vers leur bord libre, sont épaisses comme la dure-mère, et leurs tubercules sont convertis en tissu fibro - cartilagineux. Elles peuvent toutefois exactement fermer l’orifice auquel elles sont adaptées, La valvule mitrale , ses tendons et la portion des colonnes charnues la plus rapprochée des tendons sont transformés, soit en tissu fibro-cartilagineux, soit en matière calcaire. Une concrétion de cette dernière nature, de 6 lig. (i4 millim.) de largeur, de (9 millim*) d’épaisseur , s’est développée dans la lame valvulaire qui regarde l’orifice aortique. La dégénérescence des colonnes n’occupe que leur surface ; plus profondément , elles conservent leur aspect ordinaire. 11 résulte de la dégénérescence valvulaire un médiocre rétrécissement de l’orifice auriculo-ventriculaire, lequel représente une fente d’environ 10 à 12 lignes (20 à 27 millim.) de largeur. Les lames de la valvule sont encore mobiles, mais ne pouvaient feriner qu’inçomplétement l’orifice, surtout vers les extrémités. Leur tissu crie sous l’instrument, et est beapcpup plus épais vers le bord
46o Maladies dü coeur êw particulieb.
adhérent. On voit une érosion de la membrane interne, à l’endroit qu’occupe la concrétion calcaire. La circonférence de la valvule estplissée et froncée comme l’orifice de l’anus. La membrane interne de l’oreillette gauche conserve sa couleur à peu près normale; elle a perdu de sa transparence , et s’enlève par lambeaux de plusieurs lignes de longueur, laissant au-dessous d’elle un tissu musculaire dense, plus épais qu’à l’état normal.
L’aorte contient une grande quantité de sang liquide. La membrane interne , en général lisse et polie , offre seulement quelques taches rouges tranchant sur son fond jaune. Toutes les grosses veines sont distendues par du sang à demi coagulé.
Le poumon droit crépite légèrement à la pression ; il est assez mou, sans adhérence, et présente un léger engorgement à la partie postérieure ; à l’incision, il en ruisselle un liquide séreux, mêlé de sang. Son tissu est d’un rouge assez foncé. Les bronches présentent une teinte violette. Le poumon gauche offre des adhérences au sommet et en dehors. Plus engorgé que le droit, splénisé en dehors jusque vers son sommet, il s’en écoule , quand on le coupe et qu’on le presse , une sérosité spumeuse mêlée de sang. Son tissu se déchire facilement. Il surnage quand on le plonge dans l’eau.
3“ Organ. digest. et annex. — Le foie est gorgé d’un sang aéré , spumeux; sa substance est d’un rouge cerise , comme dans un commencement de décomposition. — L’estomac a sa membrane muqueuse d’un rouge pointillé; vers la région du grand cul-de-sac, cette membrane est soulevée par des bulles d’air.
4° Organ. de V innervât. — ■ La surface du cerveau est humide de sérosité. Il s’en est écoulé une certaine quantité à l’ouverture des méninges. Les fosses occipitales inférieures contiennent chacune une bonne cuillerée d’une sérosité rouge. Le cerveau se soutient assez bien en masse. Les sections pratiquées dans sa substance se couvrent de nQrpbreu'-
ÎËOIS. CAtÉG, î>'0BSERVATi0îfS DE EÉRICAED1TE.
ses et grosses gouttes de sang. Le ventricule latéral gauche contient une certaine quantité de sérosité vers le pied d’hippocampe; le ventricule latéral droit contient aussi de la sérosité non colorée. Les plexus choroïdes sont injectés.
La surface et l’intérieur des couches optiques et des corps striés est injectée et ne présente pas de lésion notable, ni ramollissement, ni trace à’ apoplexie.
Le cervelet , coupé par tranches comme le cerveau , n’a présenté rien de particulier. Point de ramollissement , point de foyer sanguin dans la protubérance , ni dans la moelle allongée.
L’artère basilaire et ses ramifications sont exactement remplies par un caillot de sang , décoloré seulement dans quelques points.
OBSETVVATION 50*.
Homme de 40 ans, — Ancienne inflammation de poitrine, à la suite de laquelle surviennent les symptômes d’une maladie dite organique du cœur : palpitations; bruit de soufflet sibilant; étouffement ; infiltration, etc, — - Mort trois ans environ après le début de l’inflammation de poitrine. — Adhérences organisées du péricarde; plaques laiteuses; sérosité dans la portion de la cavité non adhérente. — Induration des valvules droites et gauches avec rétrécissement des orifices gauches. — Hypertrophie et dilatation du cœur. — 'Adhérences anciennes des plèvres.
Henry Piran , âgé de 4o ans , journalier , assez fortement constitué, était malade depuis trois ans, lorsqu’il fut admis dans le service de la Clinique (n° 26 , salle Saint-Jeande-Dieu) , le 2 juillet i834* La maladie à laquelle il fait remonter les accidents qu’il présente se manifesta à la suite d’un refroidissement succédant à une abondante transpiration : il donne le nom de courbature à cette maladie qui paraît avoir consisté en une violente inflammation de poitrine. Il reprit ses travaux fatigants avant d’être complètement rétabli, et les continua six semaines, bien qu’il se sentit chaque jour plus faible et plus souffrant. C’est alors qu’il éprouva des palpitations de cœur qui ne
46 îà MALADIES DU COEUR EÎT PARTICULIER»
l’ont pas quitté depuis deux ans et demi, qui l’ont, à plusieurs reprises, obligé de cesser toute espèce d’occupation pénible , et pour lesquelles il est entré successivement à l’hôpital de la Charité d’abord (service de Lerminier), puis à l’hôpital Beaujon. Depuis deux mois environ qu’il est sorti de ce dernier hôpital, il est resté chez lui sans rien faire. L’enflure des membres inférieurs, qui existe depuis très long-temps , a fait des progrès, mais il n’a pas craché le sang , comme cela lui arriva pendant son séjour à l’hôpital Beaujon.
Bans le cours de sa maladie, il a souvent éprouvé des tintements d’oreilles , dés étourdissements t Ü d vu des Muettes, mais il n’a “jamais perdu connaissance.
Exploration du 3 juillet, le lendemain de l’entrée :
Infiltration énorme des membres inférieurs et du scrotum; ascite très considérable ; la circonférence du ventre, au niveau de l’ombilic, est de 35 pouces 4 lignés (gÔb mill. ); visage gonflé, livide; lèvres violetteSj grosses; physionomie portant l’empreinte de l’anxiété; yeux fatigués ; dilatation des ailes du nez pendant l’inspiration; attitude demi-assise dans son lit; insomnie.
Pouls à io4, inégal, intermittent, petit, presque insensible ,* veines jugulaires gonflées ; battements des carotides assez forts , sans fréinissement vibratoire ni bruit de soufflet.
La région précurdiaîê offre une voussure très prononcée (une corde menée de la partie moyenne du sternum jusqu’au mamelon gauche a 4 pouces 6 lignes (122 millim.) d’étendue, tandis qu’uite autre corde menée dé celte même^ partie moyenrie du sternum jusqu’au mamèlOn droit n’a que 4 pouces 1 ligne (111 millim.) de longueur.
La percussion de la région prêcordiale donne de là matité dans rétenduéP de 3 pouces 3 lignes (88 millim.) de haut en bas, et de 4 pouces 1/2 (1 15 millim.) transversalement.
TROIS. CiLTÉ&. d’oBSERVATIOîîS DE PERICARDITE. 4^3 Les battements da cœur soulèvent médiocrement la main et sont accompagnés d’un frémissement vibratoire obscur : ils sont confus , tumultueux.
En appliquant l’oreille sur la région précordiale , on entend, pendant la contraction ventriculaire, un tintement métallique produit par le choc de la pointe du cœur et un bruit de soufflet qui remplace le premier bruit de cet organe; le second bruit est également accompagné d’un bruit de soufflet , maïs plus court et moins fort que celui dont il vient d’être question. Ce double brait de soufflet existe dans toute la région précordiale, et même dans toute l’étendue de la poitrine ; mais son maximum d’intensité occupe le point correspondant aux orifices gauches.
Toux par quintes assez violentes ; crachats mousseux ; bonne résonnance dans les deux côtés de la poitrine ; respiration saccadée , incomplète , rude et légèrement soufflante à gauche.
Le malade dit avoir conservé l’appétit, mais ib digère péniblement et a du dévoiement depuis trois semaines.
Diagnostic. Ancienne péricanUte ? hypertrophie générale et dilatation du cœur; induration des -valcules gauches aceç-. rétrécissement de Vun des orifices ^ peut-être des deux ^
Deux saignées de trois palettes, des ventouses scarifiées sur la région du cœur (2 à 3 pal.), l’administration de la' poudre de digitale dans une potion (6 à i2grainsou32fi à 6â2 milligr.), secondées par le repos , le régime et les boissons adoucissantes, amenèrent un sensible soulagement.Le pouls tomba à 44 puis., se régularisa et devint plus volumineux; l’infiltration et l’anxiété dirninuèrent, (la circonférence: du ventre perdit 1 pouce ou 27 mill. de son étendue), ainsi qùe la dyspnée; d’ailleurs le bruit de soufflet persista toujours; celui qui remplaçait le premier bruit du cœur était, prolongé, comme filé, et se terminait par un léger sifflement musical : on entendait les bruits du cœur à quelque distance de la poitrine. Le frémissement vibratoire fde la ré-
464 MALAljlÉS Dtf CŒÜÎl Efî î’ARTlCÜLIÉft.
gion précordiale se fit sentir aussi dans les carotides et les
sous-clavières.
L’amélioration ne se soutint pas long-temps. L’application d’un vésicatoire sur la région précordiale , les diurétiques , plus tard une nouvelle saignée , furent vainement employés. Le pouls était vibrant , mais contrastait par sa petitesse avec l’étendue des battements du cœur ; les ui’ines devinrent brunâtres , bourbeuses ; l’étouffement , l’anxiété et l’insomnie né laissaient à ce malheureux aucun instant de relâche ; l’infiltration gagna les téguments du ventre et de la poitrine : lés mains et les avant-bras s’enflèrent à leur tour ; le visage se décomposa; les extrémités se refroidirent, et la mort arriva le 28 août à 5 heures et demie , environ deux mois après l’entrée.
Le jour même de là mort , lorsque le pouls était devenu insensible, les battements du cœur étaient encore assez forts. Chaque jour , l’exploration du cœur fut faite avec soin par un grand nombre de personnes, et constamment on trouva les signes indiqués plus haut (voussure de la région précordialè, matité, double bruit de soufflet , frémissement cataire, etc.).
Autopûê cadav., 17 heures après la mort.
1® Hahit. extér. — Infiltration considérable des membres inférieurs et des parois abdominales. (Il s’est écoulé à la section de l’abdomen une grande quantité de sérosité citrine, claire.)
2° Org. resp. et circul. — Le poumon droit adhère , par son côté externe et postérieur, aux parois costales, par un tissu cellulaire infiltré de sérosité.
Le poumon gauche présente aussi quelques adhérences fibro-cellulaires. Du reste , ce côté contient un demi- verre de sérosité citrine. Le poumon gauche recouvre les trois quarts environ des cavités gauches du cœur.
La portion du cœur non recouverte par les poumons a 5 pouces 5 lignes (142 millim.) de haut en bas, et 4 pouces
TROIS. CATiG. d’oBSERVâTIOÎTS DE PÉRICARDITE. 465 et demi (122 millim.) transversalement, c’est à-dire exactement la même étendue que la matité précordiale.
Le péricarde contient environ 5 cuillerées de sérosité d’une teinte acajou. 11 est distendu en proportion du volume énorme du cœur , mais ses parois sont plutôt épaissies qu’amincies. Le feuillet qui recouvre le cœur présente des plaques laiteuses a la pointe de cet organe, et particulièrement à r origine de V artère pulmonaire et de C aorte, ainsi que sur l’oreillette droite , a sa partie antérieure. Ces plaques sont unies au péricarde par un tissu cellulaire assez serré , mais se détachent en lames en les tirant avec la pince. Toute la surface extérieure du cœur est le siège d’une rougeur pointiilée , vive , distribuée en quelques endroits par taches sanglantes.
Avant d’avoir été vidé, le cœur, y compris l’origine des gros vaisseaux, pesait 77S gram. (i livre 8 onces 5 gros).
Vide et lavé, le cœur pèse 628 grammes ( \ liv. 7 gros).
II offre à peu près le volume d’un cœur de veau.
Le sang contenu dans les cavités droites est en partie liquide, en partie coagulé; il est d’un rouge foncé.
Le ventricule droit a une cavité d’un bon tiers plus considérable qu’à l’état normal ; ses colonnes charnues sont très multipliées , très épaisses , depuis la pointe jusqu’à la base ; il communique largement avec l’oreillette. La valvule tricuspide , épaissie dans toute son étendue , est transformée en un tissu fibro-cartilagineux, criant sous le scalpel, mais d’ailleurs mobiie, et pouvant fermer bien exactement l’orifice : l’épaisseur d’une des lames de la valvule est d’environ une demi-ligne ( i mill-)- L’oreillette est dilatée en proportion du ventricule , et ses parois sont sensiblement épaissies. Vers le point où la membrane interne se réfléchit autour de la valvule tricuspide , cette membrane est convertie elle-même en tissu fibro-cartilagineux très résistant, et elle est tellement adhérente au tissu sous-jacent, qu’on ne peut l’en détacher. La surface interne des deux 1. 5o
466 MALADIES DU COEUR Eîf PAJITICULIER.
cavités droites présente une teinte d’un rouge assez foncé. Les valvules de l’artère pulmonaire , rougeâtres , sont bien conformées et sans altération de texture ; l’origine de Tarière pulmonaire offre une teinte d’un rouge orangé ^ distribué par rubans.
Circonférence de l’orifice auriculo-ventriculaire droit ,
5 pouces 4 lignes ( i44 mill. }.
Del’éau versée dans l’origine de Taorte pénètre en partie dans la cavité du ventricule gaucbe , au moyen d’une ouverture arrondie que laissent à leur centre les valvules sigmoïdes de Taorte J réunies en une espèce d’anneau qui sera décrit plus bas. Le ventricule gaucbe pouvait contenir un gros œuf d’autruehe. Les parois ont, à leur base , i5 lignes ( 29 mill. ) d’épaisseur.
L’orifice de Taorte , considérablement rétréci, a 2 pouces 1 ligne (56 milL) de circonférence. Les valvules sigmoïdes indurées , épaissies du sommet à la base , crient fortement sous le scalpel, comme un fibro-cartilage , dont elles présentent l’aspect. La surface des sections qu’on y pratique a plus d’une ligne ( 2 miîl. ) de hauteur. L’orifice qu’elles circonscrivent constitue une espèce de trou du dianiètre de 4 lignes (9 milli ). Ces valvules, ainsi indurées, hypertrophiées, réunies de manière à ne former qu’un anneau, ne pouvaient pas jouer librement. Elle sont d’un rouge ponceau à leur surface , ainsi que le commencement de Taorte.
L’orifice par lequel lé ventricule gaucbe communique avec Toreilielte est rétréci au point de ne permettre que Tentrée du bout du doigt. Du côté de Toreilielte , il se présente sous la formé d’un entonnoir à circonférence plissée, ridée comme Torifice de Tanus. Les deux lames de la valvulemi- Irale, réunies Tune à Taulre , forment une espèce d’anneau ou de cercle , où viennent s’insérer des colonnes charnues très vigoureuses ayant leurs tendons confondus avec Tanneau fibreux. Le tissu de celui-ci crie fortement sous le
TROIS. CATÉG. BOBSERVATIOIÎS BE PÉRICARBITE. 467
scalpel, et dans plusieurs points de son étendue on trouve du tissu fibro- cartilagineux, ou même des plaques calcaires qui se brisent comme une épaisse coquille d’oeuf. La surface des fractures est granulée et comme sablonneuse; ce qui tient à la présence d’une matière crétacée, comparée assez justement par quelques assistants à des pépins de poire. La valvule offre une épaisseur de & à 4 lignes (7 à qmill.). Vers son bord adhérent, existent quelques masses de fibrine analogue à de la chair haché.e 2 elles sont enlor* üllées autour de la valvule.
L’oreillette gauche est proportionnellement moins dilatée que la droite. La membrane interne est d’un rouge foncé, ainsi que celle des ventricules. Elle se dé laehe facilement de la couche musculaire , et n’est pas notablement épaissie.
La substance musculaire du ceeur^ un peu brune , se déebire avec facilité et parait un peu sèclre*
Le système des grosses veines est généralement gôrgè d’un sang noir, dont une grande partie s’est échappée à l’ouVerture de la poitrine.
L’aorte pectoralé et abdominale présente la rougeur foncée indiquée précédemment : on n’y trouve aucune tache , aucune incrustation , soit fîbro- cartilagineuse , soit calcaire. La roTigéur de Eaorte. se continue dans les artères auxquelles elle donne naissance.
Les deux poumons sont volumineux , assez pesants, gorgés de sang et de sérosité à la partie supérieure et postérieure. Dans ces endroits, leur tissu se déchire avec facilité, comme dans îe deuxieme degré de la péripneurnonie. Le liquide qui découle des incisions, plus séreux que sanguin, est d’une teinte orangée. Les, brorich.es et leurs ramifications sont engouées d’un liquide spumeux, et offrentune couleur d’un rouge violet foncé.
Vers le bord antérieur de l’un des poumons, existe ime petile tumeur contenant un pusblanc, crémeux, homogène.
enveloppé dans une espèce de kyste à parois inégales et sans lésion du tissu pulmonaire.
5“ Organ. digest. et annex. — La rate adhère de toutes parts avec le péritoine, et présente des plaques blanches, fibreuses en divers endroits de sa surface. On trouve dans son intérieur une tumeur d’une matière jaunâtre ressemblant à la substance d’un champignon, se déchirant avec facilité , et ayant la forme et le volume d’une olive , enchatonnée dans la substance de la rate, mais non enkystée.
Les reins , volumineux , ont leur substance mamelonnée et tubulaire d’un rouge violet; la substance corticale est d’un rouge plus faible : par la pression on en fait sourdre une urine un peu laiteuse. Le rein gauche est d’un bon tiers plus volumineux que le droit.
Le foie est ratatiné. Cet organe est gorgé de sang très liquide ; la membrane interne de ses veines offre une rougeur à'imhihition ; la vésicule a ses parois très notablement épaissies.
La vessie, contractée sur elle-même, ressemble en quelque sorte à un utérus; elle pouvait à peine contenir une noix; mais sa membrane interne, d’un blanc grisâtre, est tout-à-fait saine.
Réflexions. — Ce malade , comme la plupart des sujets des observations de cette catégorie, nous offre un déplorable exemple des suites funestes des inflammations aiguës mal traitées et mal guéries. Toutes ces graves lésions que nous avons rencontrées dans les différents tissus du cœur opt en effet pour origine commune l’inflammation de poitrine qu’il avait éprouvée trois ans avant son entrée dans notre service. A cette époque, la plèvre et les poumons, la membrane externe et la membrane interne du cœur furent probablement frappés tous à la fois d’une inflammation qui ne céda qu’incomplétement aux moyens employés pour la combattre. Le malade reprend ses occupations avant son entier rétablissement, et attise ainsi en quelque sorte le feu
TROIS. CJlTÉG. d’oBSERVATIOîîS DE PÉRICAJIDITE. 4^9 mal éteint de rinflammation des tissus du cœur. Cependant celle-ci ne s’élève point de nouveau jusqu’à l’état aigu ; mais peu à peu les tissus dans lesquels s’opère une nutrition et une sécrétion exubérantes à la fois et vicieuses, s’épaississent, s’hypertropbient, se doublent de productions accidentelles ; et comme de telles lésions , lorsqu’elles affectent les valvules du cœur, ne tardent pas à constituer un obstacle mécanique invincible à la circulation, l’individu est voué désormais à une mort inévitable.
Nous n’avons fait que soupçonner ici la péricardite , attendu que les suites de cette maladie n’apportaient par elles-mêmes aucune modification notable dans les fonctions du centre circulatoire. Mais nous avons reconnu de la manière la plus positive la lésion des valvules , des orifices et de la substance musculaire du cœur, lesquelles ne peuvent jamais exister à un haut degré sans se révéler par des symptômes locaux et généraux de la dernière évidence.
observation 31'.
Femme de 47 ans. — Inflammation de poitrine à diverses reprises , puis palpitations, bruit de soufflet et craguemenî pendant les mouvements du cœur; quadruplé bruit du cœur; voussure de la région précordiale; matité très étendue dans la même région ; intermittences , irrégularités du pouls, etc. — Mort plusieurs années après la première inflammation de poitrine, à la suite d’une recrudescence ne datant que de deux mois. — Adhérence du péricarde qui est épaissi, fibro-carlilagineux et recouvert d’une plaque calcaire. — Épaississement de la membrane interne du cœur et des valvules. — Rétrécissement de l’orifice auriculo-ventriculaire gauche. — Hypertrophie avec dilatation du cœur ; adhérences cellulo-fibreuses des plèvres.
Gibert (Virginie) , âgée de 47 ans, domestique, se livrant habituellement à des travaux pénibles, d’une forte constitution, mère de 9 enfants, dont le dernier n’a que deux mois, fut admise à la Clinique, le 24 novembre 1 833. Celte femme a été atteinte, à différentes reprises, d’inflammation de poitrine , accompagnée de douleurs dans les côtés; depuis, elle éprouva habituellement quelque gêne dans
47^ MALADIES Dlï CŒÜE Eîf PARTIGGLIER.
î a respiration, A une époque qu’elle ne précise pas, les membres inférieurs s'infiltrèrent ; il lui fut pratiqué des saignées , et cette maladie se dissipa.
Elle ne fait remonter la maladie pour laquelle elle entre à rhôpitaî qu’à la date de ses dernières couches. Les jambes se sontinfiltrées encore une fois, le ventre s’esî énormément gonflé, et la dyspnée est devenue extrême. La malade a contracté un nouveau rîiume , et dit avoir craché de temps en temps du sang. — Le traitement a été à peu près nul.
Voici quel était l’état du malade au moment de l’entrée:
Visage livide, plombé; lèvres gonflées , violettes ; yeux ternes; mains un peu violettes; gonflement des veines extérieures en général : les veines jugulaires en particulier sont très dilatées, noueuses, se.,gonflent et s’afTaissent pendant les mouvements respiratoires , et présentent en outre une pulsation en rapport avec les battements du cœur (pouls veineux); l’infiltration des .membres inférieurs en a presque doublé le volujne ; cette infiltration a envahi les grandes lèvres. Le ventre est énorme : on y distingue facilement la fluctuation , et la percussion rend un son naat, si çe n’est à la partie supérieure de la cavité où elle fournit un ^pn clair dû à la présçnce des iptestins, Les bypochondres sont déjelés en dehors , ce qùi dépend de la pression exercée intérieurement contre eux par le liquide épanché dans le péritoine. Les parois pectorales et les membres supérieurs sont exepapls d’infiltration.
La peau est plutôt frqide que chaude; la malade dit même éprouver du froid aux extrémités > et dp temps en temps des frissons.
Le pouls est petit, irrégulier, inégal, intermittent, assez résistant toutefois et un peu vibrant : on compte 128 pulsations par minute .
Oppression extrême ; orthopnée ; parole entrecoupée (48 à 02 inspirations par minute) ; crachats séro-muqueux, mousseux.
TROIS. CA.TEG-, d’oESERVATIOÏÎS DE PÉRICARDITE. 4^1 L’appîiealion de la main sur la région précordiale fait sentir un mouvement vibratoire (frémissement cataire) très prononcé ; il semble que îa main soit appliquée sur une corde de violon mise en vibration; en même temps la main est frappée par une grosse masse dont l’étendue est au moins égale à la sienne ; les battements du cœur, très forts et très étendus , sont on ne peut plus irréguliers, inégaux, intermittents; ils soulèvent et ébranlent fortement la région précordiale et les endroits les plus voisins; ils repoussent vivement le stéthoscope appliqué sur la région précordiale.
La pointe du cœur répond au 7® espace intercostal, et de la pointe du cœur à l’extrémité inférieure du sternum il y a une distance de 5 pouces (i35 milL). Verticalement, les battements du cœur se font sentir dans une étendue de 3 à 4 pouces (81 à io8 mill ) (7®, 6®, 5® et 4® espaces intercostaux). La percussion rend un sonnaRt4ans une étendue double de l’état normal; cependant il y a un peu de résonnance dans l’endroit qui répond à la moitié gapche .des cavités gauches, ée qui tient à ce que celte moitié est recouverte par une lame du poumon.
On entend 4ans la région précordiale un bruit despnfflet , de scie ou de râpe qui masque et absorbe Gomp^étement le double bru.it du cgeur. Ce bimit de soufflet, qui paraît continu au premier abord, se décompose néanmoins en deux •adirés. qui se su'cciMent presque sans intervalle, muis dont le second est mbins fort que le prepaibr. Le maximum d’ûatehsité du bruit d@ soufflet ou de râpe répond pax nrifîees aurieuio-yentiiculaire gauche et aortique, et n la partie inférieure: du sternum, D’aUlenrs , on distingue ce bruit en auscultant les divers points de la cavité tboracique , à un degré en général d’autant plus faible qu’on s’éloigne dayanfage de la région précordiale. 11 est très fort sous, les clavicules etsur les parties latérales du cou. ; i ; , . % •:
La percussion de la partie .antérieure de la poitrine fournit un son clair : on y entend , par intervalles, un VQîXr
flement sec. En arrière ( la région dorsale du rachis offre une gibbosité assez saillante ), la résonnance est partout généralement assez bonne , mais on y entend un râle muqueux à bulles plus ou moins grosses.
Le malade est dans un état d’anxiété et de jactitation continuelles ; elle ne goûte pas un instant de sommeil complet, ce qui tient à la fois et à l’étouffement et à la fréquence des quintes de toux.
Langue nette , un peu rouge , humide ; appétit bien conservé , quoique la malade mange très peu, sous peine d’augmenter l’anxiété et l’étouffement; point de dévoiement. — Les urines coulent normalement.
Diagnostic. Induration valvulaire avec rétrécissement de l’un des orifices gauches; hypertrophie énorme du cœur avec dilatation, surtout dans les cavités gauches; congestion sérosanguine de la partie déclive des poumons ; bronchite.
Pronostic. La maladie est évidemment au-dessus de toutes les ressources de la médecine, on ne peut qu’espérer de pallier les symptômes; toutefois, l’état actuel est tellement grave que la mort peut arriver très prochainement.
Prescription. — Till. orang., sir. de gom.; pot. gom. avec sir. point, d’asperg. et digit. en poüd.^ gr. viij { 4 décigr.) ; 2 pii. de bell. d’un quart de gr. milligr.) chacune; ^ bouilL; ü pot.
25 et 26. Peu de changement: la malade, restant inclinée sur le côté droit, les parois pectorales et le membre supérieur correspondant deviennent le siège d’une infiltration énorme, tandis que les parties correspondantes sont comme desséchées par le marasme dans lequel la malade est tombée. On remarque une teinte fortement rouiîlée dans la matière de l’expectoration ; les grosses veines qui sillonnent les parois abdominales et pectorales se gonflent extraordinairement pendant les efforts de toux. {On augmente graduellement la dose de la digitale , et l’on ajoute quelques tasses de lait aux boidll. et aux potag J)
TROIS. CA.TÉG. d’oBSERVATIONS DE PÉRICARDITE. 47^ Sous VinflueDce de ces moyens et du repos, nous vîmes s'améliorer. chaque jour l’état de la malade. Sa respiration devint plus facile; elle put rester couchée dans son lit et dormir une grande partie de la nuit ; la toux et l’expectoration cessèrent presque entièrement; une abondante diurèse et une diarrhée séreuse furent suivies de la disparition complète de l’anarsaque et de l’ascite. Le pouls se ralentit, devint beaucoup moins irrégulier et intermittent, en même temps qu’il doubla de volume ; cependant le bruit de soufflet ou de râpe resta le même , les battements du cœur conservèrent leur force et leur étendue , et la région précordiale nous offrit une voussure notable. Les cartilages des 5e, 4® et 5® côtes gauches, par exemple , dépassaient d’une ligne à une ligne et demie (2 à 3 mill.) le niveau des cartilages correspondants du côté opposé. La main, appliquée sur là région précordiale, était fortement repoussée par une grosse masse, dure et frappant un coup le frémissement cataire était moins prononcé, et le maximum d’intensité du soujjle indiqué existait dans la moitié gauche de la région précordiale (chaque jour, le cœur fut exploré avec la plus grande attention).
A travers les parois affaissées de l’abdomen, on distinguait très aisément le foie, qui dépassait de4à 5 pouces (108 à i35 mill.) le rebord cartilagineux des côtes ( la percussion rendait un son mat dans tout l’espace où la main circonscrivaitla portion du foie saillante au-dessoüs du rebord cartilagineux des côtes). Les veines des parois abdominales, plus saillantes que pendant la distension de ces parois par l’épanchement , étaient devenues flexueuses.
r^e pouls était descendu à 60 pulsations par minute, et le nombre des inspirations, pendant le même espace de temps, n’était que de 24 à 28.
Cette femme était en quelque sorte ravie d’un soulagement aussi inespéré, et survenu dans l’espace de trois semaines : toutefois, elle était un peu tourmentée par un
sentiment de ténesme et d’ardeur pendant l’émission des urines et des matières fécales.
On suspendit V emploi de la digitale dont la dose avait été portée à dix-hidt grains (977 milligr.'). Des bains de siège et même quelques bains entiers, des lavements émollients avec addition de laudanum et d’amidon^ des cataplasmes narcotiques , des boissons gommeuses et un régime sévère {bouilL,pot., lait) , calmèrent les symptômes d’irritation qu’offraient la vessie et le gros intestin.
La malade ne tarda pas à pouvoir manger le quart.
Les 23 , 26 et 27 , on s’aperçut que le ventre se gonflait de nouveau, et en examinant les membres inférieurs, nous trouvâmes un état œdémateux des pieds. La malade toussait aussi plus qu’à l’ordinaire , pouvait à peine se re^ muer dans son lit, et se plaignait de souffrir, dans la rér gion du sacrum et des parties voisines Rur lesquelies portait surtout le poids du corps. Il existait un peu de dévoiement avec quelques épfeintes ; l’écoulement des urines n’était plus douloureux. — Persistance du bruit de soufflet. '
On continua les moyens indiqués plus haut, et les aliments furent diminués. , . L ;
Les jours suivants, les douleurs s’apaisent j diminution de- la fréquence du pouls. {&o centigr, popâ^ digit.)
\ 3.i. Retour à l’état ordinaire sous Je rapport général. Pouls à 56-6o, avec quelques intermittences : grâce au ra- .lenlissement du pouls , on distingue très bien un quadruple ^mpuyement et xxn quadruple bruit du cœur, ce qui n’avait été que confusément observé pendant la durée de l’accélération des baltements du eoeur. Les deux bruits intermédiaires se socçèdent -coup sur coup et ifessemblent à un craquement un peu sec j le dernier est un souffle très pur et le premier un mélange du bruit normal et d’uja léger souffle : c’est après le dernier bruit tel que nous l’avons indiqué, que les intermittences ont lieu.
trois. GA^TlêG. d'oBSERVATîOÎTS DE PERTGA^RDITE. 475 i, 2 et 3 janvier i834. L’enflure et l’ascite font des progrès ; les écorchures de la partie postérieure inférieure du tronc augmentent ; pouls à 76 , composé de pulsations, les unes assez développées , les autres petites ; persistance du bruit de souffle ; ce l)ruit se partage toujours en deux : le premier plus fort, plus prolongé, est isochrone au pouls ; le second, plus court, plus faible, plus étouffé , correspond â la dilatation du ventricule et â la contraction de l’oreillette.
Les veines jugulaires , toujours gonflées , offrent très distinctement le phénomène du pouls veineux ; la pulsation est plus marquée à la veine jugulaire gauche où vient se rendre une grosse veine, qui part de la région axillaire et monte obliquement vers l’extrémité sternale de la clavicule.
L’oppression augmente graduellement. L^appétit est bien conservé, et la malade se plaint de n’avoir' pas assez dü quart. Elle va, dit-elle, toujours difScilement à la garderobe. ■ • ' ■ ' '
Les jours suivants, augmentation des congestions séreuses; attitude des derniers progrès" de la maladie ^ assise sur le bord de son Ht, les pieds appuyés sur une chaise, celle malheureuse , dont le ventre et les membres' sont énormes , étouffe et ne goûte aucun sommeil ; lé râle humide qu’on entend à la partie postérieure de la poitrine (deux tiers inférieurs) nous fait soupçonner qu un œdèmé du poumon s’est joint au catarrhe. — Bruit de soie ou de lime comme à l’ordinaire.
Dans la journée , probablement à la suite du refroidissement auquel son attitude l’a exposée, elle est prise d’une douleur du côté droit avec augmentation de la toux et de l’oppression , qui devient extrême.
17. La malade est couchée, pousse des cris plaintifs , étouffe , et n’a plus la force de se remuer : elle cherche le frais , et se sent soulagée quand on la découvre ; le pouls ,
4/6 MAI^ADIES Dü CŒUR FN PARTICULIER, redevenu inégal, irrégulier, petit, bat 128 par minute,les battements du cœur sont encore assez forts et accompagnés du bruit de scie ou de râpe , tant de fois indiqué.— Tout semble annoncer une lin prochaine.
Scarifications aux membres inférieurs.
19 et 20. Une énorme quantité de sérosité s’écoule par les scarifications. La malade se sent soulagée, respire beaucoup moins difficilement, mais tousse toujours, —he pouls 'veineux des jugulaires est plus marqué que jamais; il est isochrone au pouls artériel. La compression de la veine vers la partie moyenne du cou n’empêche pas complètement la pulsation dans la partie de la veine inférieure au point comprimé. Tout ceci prouve bien que le pouls veineux est dû au reflux du sang pendant la contraction du ventricule droit.
28 janvier. L’infiltration est énorme, ainsi que l’ascite. La malade , complétemnt privée de sommeil, ne sachant quelle position garder , écorchée dans les endroits qui supportent le poids du corps , tourmentée par un étouffement continuel, voit approcher ses derniers moments, et ne répond à nos questions qu’en disant qu’elle aura bientôt cessé de souffrir. Le pouls est imperceptible ; les battements du cœur sont irréguliers , inégaux , tumultueux, mais plus faibles que les jours précédents. Le bruit de souffle qui les accompagne a beauGoup perdu de son intensité. — Tout fait présager que ce jour sera le dernier de cette malheureuse. .
Elle expire en effet dans la journée.
Autopsie cadavérique , 1 8 à 20 h. après la mort.
1“ Habit, extér. — Le présente une teinte viola¬
cée , à peu près comme si la malade était morte asphyxiée.
Le ventre est énormément distendu; les membres sont infiltrés , flasques, sans rigidité.
2“ Org. circul. et respir. — Le péricarde Gst épaissi, fibro-cartilagineux. En quelques points il a contracté de très
TROIS, CATÉG. d’0ESEB.VATJ0:?îS DE P^RrCAÊDlTE. 47/ fortes adhérences avec la surface du cœur. — ATuniondu ventricule droit avec le gauche , existe une plaque calcaire, large, épaisse , faisant un relief assez prononcé à la surface du cœur. (C’était là , sans doute, la cause du craquement sec indiqué précédemment.)
Le tissu cellulaire qui entoure lepéricarde est légèrement infiltré.
Le cœur a 5 pouces (i35 millim.) de largeur et 5 pouces J /a (95 millim.) de hauteur ( dans l’étendue de sa surface qui n’est pas recouverte par les poumons). Sa pointe répond au sixième espace intercostal. Les deux poumons adhèrent au péricarde par du tissu cellulaire fibreux, ancien et bien organisé.
L’étendue transversale du cœur , encore contenu dans le péricarde , mais complètement dégagé de ses rapports avec les poumons, est de 6 pouces (162 millim.).
Les cavités du cœur (les droites principalement) sont distendues par une grande quantité de sang.
Vidé du sang qu’il contient, le cœur conserve un volume au moins double de celui du poing du sujet.
Il pèse 5oo gram. (une livre).
oreillette droite est assez vaste pour contenir le poing, et ses parois ne se sont pas amincies. Sa membrane interne, épaissie dans plusieurs points , présente une teinte plus opaline qu’à l’ordinaire , une consistance presque tendineuse et une épaisseur d’ une demi-ligne. L’oreillette communique largement avec le ventricule correspondant.
Le 'ventricule droit est d’un bon tiers plus grand qu’à l’état normal; ses parois 6ht 4 lignes (9 millim.) d’épaisseur à leur partie moyenne. (Du sang noir, malgré le lavage , est resté comme emprisonné dans les mailles formées par les colonnes charnues.)
La circonférence de l’orifice auriculo-ventriculaire droit est de 4 pouces 5 lig. (119 miilim.) ; la -valvule tricuspide , étroite en raison del’étendue de sa circonférence , est inca-
478 MALADIES DD COEUR EN PARTICULIER, pable de fermer complètement l’orifice qu’elle borde. (Ceci rend raison du pouls veineux. ) Généralement un peu épaissie, elle l’est surtout à son bord adhérent et vers les points de sa triple division.
La circonférence de V orifice 'ventriculo -pulmonaire est de 2 pouces 8 lig. (72 millim.). Les 'valvules pulmonaires sont mobiles , mais épaissies à leur bord adhérent , qui est véritablement tendineux et crie sous le scalpel. L’artère pulmonaire elle-même est Sensiblement à l’état normal.
Le 'Ventricule gauche a une capacité moindre que celle du droit; ses parois , h leur partie la plus épaisse, ont de 1 0 à 11 lignes (aS à aS millim.) d’épaisseur.
Circonférence de Y orifice aortique^ 2 pouc. 5 lig. (66 milT.),
Les 'valvules aortiques sont très épaissies, transformées en tissu fibro-cartilagineux ; elles ont une demi-ligne d’épaisseur, et peuvent fermer complètement l’orifice 'ventriculoaortique.
XJ oreüteiie gauche a une capacité d’un tiers moindre que celle de la droite : sa membrane interne présente une teinte opaline et quelques rides ; en la séparant du tissu cellulaire sous-jacent, elle offre une texture fibreuse , et ressemble â ta dure-mère, La substance musculaire souS-jacente est légèrement hypertrophiée.
L’orifice auriculo-'ventriculaire gauche , vu du côté de l’oreillette, 'est infundlbuliforme. II représente une fente dont le grand diamètre est de 8 lignes (i8 millim.), et le petit de O lig. ï/2 (8mill.): cet orifice admetà, peine l’extrémité' de Vindex. De ce même côté, toute la circonférence de l’orifice est pïïssée et froncée copime une bourse fermée. La valvule bicuspide. Complètement déformée , inhabile â exécuter ses mouvements ordinaires, est transformée en un anneau de tissu fibro-cartilagineux. (La circonférence de la base de cette valvule est de 2 pouces 7 Ilg. (70 milL). Lille est chagrinée h sa surfiace , comme si elle avait été le siège d’’ une cicatrisation.
TROIS. CATÉG. d’obSERVATIONS DE PÉRICARDITE. 479 La substance musculaire du cœur est un peu brune et d'une consistance moyenne.
La membrane interne de l’aorte ascendante est polie : quelques taches jaunes vers l’insertion des valvules semilunaires.
V aorte abdominale et thoracique , souple, élastique, un peu jaune , a perdu un peu de son calibre.
Les grosses veines sont distendues par du sang noir en abondance.
Les poumons adhèrent à la plèvre par du tissu cellulaire ancien ; le droit a un volume presque double du gauche. (Celle différence lient surtout à l’augmentation du volume du cœur et par suiCe à la Compression exercée sur le poumon gauche.) Le premier, dont les adhérences sont infiltrées comme le tissu cellulaire extérieur, est gorgé de sérosité ; le gauche en contient moins , quoiqu’il soit aussi œdémateux. La membrane muqueuse des bronches est d’une couleur rouge-vidlelte.
5® Orgariu digest. et annex. — Le péritoine contient une énorme quantité d’une sérosité d’un jaune doré , qui , en la?ant et macérant la surface des viscères abdominaux, leur a donné une teinte d’un blanc opalin.
Foie ratatiné , inégal , rugueux à sa surface (le péritoine qui le recouvre est épaissi); il offre un volume énorme et dépossé dé 5 pouces (Si mill.) le rebord cartilagineux des côtes ; il s’étend jusque dans l’hypochondre gauche et a refoulé en haut le poumon droit et le cœur lui-même. Vers la partie qui correspond à la veine cave supérieure, existe un kyste , qui , après avoir été vidé de la matière albumineuse qui le remplissait, aurait pu contenir le poing. Il est inégal , rugueux à sa paroi interne , qui offre une consistance fibro-carlilagineuse. Le tissu du foie, gorgé d’une énorme quantité de sang, est plus dense qu’à l’état normal.
Id estomac présente une injection disséminée : la consis-
48o MALAjDIES Dü COEUR EN PARTICULIER,
tance et l’épaisseur de la membrane muqueuse sont normales.
Les reins et la rate sont légèrement atrophiés , sans doute à la suite de la pression exercée sur eux par la sérosité.
Le cas suivant nous offrira un nouvel exemple de l’inflammation combinée du péricarde, de la plèvre et du péritoine , avec ossification partielle du péricarde (i).
Homme de 58 ans. — Symptômes ordinaires d’une maladie organique du cœur (oppression, bruissement dans la région du cœur, infiltration, etc.). — Mort plusieurs années après le début de ces symptômes. — Adhérences intimes de la plèvre de la base du poumon gauche avec la surface externe du péricarde. — Adhérences entre les faces opposées de la surface interne de ce dernier 5 nombreuses ossifications siégeant, les unes entre la membrane séreuse et le tissu fibreux du péricarde, les autres entre le tissa musculaire et le feuillet séreux du cœur. — Perforation du péricarde par l’une de ces ossifications vers la pointe du cœur, et par suite foyer purulent sur ta face supérieure du diaphragme.
Un commissionnaire , âgé de 58 ans, était affecté depuis huit ans d’une dyspnée continuelle; et quand il montait un escalier, ou qu’il exécutait quelque mouvement considérable , il était pris d’un étouffement qui le forçait à s’arrêter.
La face était bouffie , livide; les lèvres violettes ; le^pouls petit, fréquent , irrégulier , quelquefois intermittent. On sentait un bruissement particulier dans la région du cœur.
Ces symptômes ne s’étant développés que lentement, ils inquiétèrent peu le malade , qui ne leur opposa aucun traitement, et ne se décida à venir à l’hôpital qu’au moment où les jambes commencèrent à s’inûitrer.
Aux phénomènes indiqués se joignait alors un son mat dans tout le côté gauche de la poitrine , et de temps en
(1) Cette observation et la suivante font partie de celles qui me furent remises par feu M. Ber tin, pour la rédaction du Traité des maladies du cœur de 1824.
TRO!S. CATÉG. d’observations DK PERICARDITE. 4^1
temps il survenait des paroxysmes durant lesquels la sufifocation était imminente.
On se borna à l’emploi des diurétiques pour remédier à Tœdématie et à l’épanchement séreux que le son mat semblait indiquer.
L’infiltration s’étant dissipée , et le son étant devenu assez clair à la partie supérieure de la poitrine , le malade crut pouvoir sortir de l’hôpital ; mais les mêmes symptômes ne tardèrent pas à l’y ramener : ils cédèrent encore une fois aux apéritifs. Deux ans se passèrent dans cet état douteux, et le malade restait rarement trois mois sans venir chercher du secours à l’hôpital. Outre les symptômes indiqués, il y apportait quelquefois un catarrhe pulmonaire. Cependant, sa constitution s’affaiblissait chaque jour, etle i8 août 1809, il entra, pour la dernière fois , à notre hôpital. L’appareil des symptômes n’était plus le même; la figure avait perdu sa bouffissure et sa lividité , pour revêtir le caractère qui annonce les afïèc lions chroniques douloureuses de l’abdomen; le teint était jaune et plombé , les joues creuses, les yeux ternes, les traits grippés ; le pouls conservait de la petitesse et de l’irrégularité , mais il était plus faible et plus mou; la dyspnée était moins violente ; le thorax rendait un son clair dans toute son étendue ; on sentait à peine les battements du cœur; l’abdomen était tendu et partout douloureux; on y sentait le flot d’un liquide assez abondant; il existait de la constipation. — Les toniques unis aux apéritifs firent la base du traitement, mais il n’en résulta aucune amélioration. Quelques jours avant la mort , qui arriva le '1 septembre , il se manifesta du délire et du dévoiement , avec décomposition totale des traits de la face.
Autopsie cadavérique.
En dehors , le péricarde avait contracté des adhérences in>times avec le poumon gauche, et en dedans avec la surface du cœur; il présentait de nombreuses ossifications qui avaient leur siège entre la membrane séreuse et fibreuse d’une part , entre
MAI^AXHES pu CŒUE. E3ï PARTICPEIER.
séreuse coeur d’autre part. U une de ces ossific.aJions ,
plus considérable , terminée en pointe 'vers le sommet du cœur, ÇLcait perforé le péricarde , et donné lieu à la formation d’un fqperpupulenta^sez étendu- sur lu face supérieure du diaphragme. On observait une autre ossification circulaire quif garait une sorte de couronne autour de l’oreillette droite^ et gui était aussi placée entre son tissu et le feuillet séreuw qui se déploie sur.luL Le péritoine offrait des traces très éyideates de plîlegmagie, des masses de fausses membranes réunissaient entre eÿit tous les yisegres de l’abdomen, le diaphragme et les paiG:is abdominales. G.e n’était qu’après ayoir enlesé avec peme^çes nombreuses adbjérenees,. que l’on reconnaissait les gireonxqjutionâ intestinales réunies auparavant en une sorte de globe ; on apercevait çà et là d’énormes foyers purulents qui ne communiquaient point entre eux, et dont chacun contenait un liquide gï'isàtre,
Pom lermmerpet arliele, je vais rapporter une observa- Lon dans laquelle une péricardite coineidàit avec une tur pieui oiegeant sous le sternum , tumeur que l’auteur. de 1 observcilion a cor siderée çomme -étant dénaturé carcinomateuse,, J. ;
, -Le péricarde, confondu avee la -tumeur, était singuîièr yement épaissi, Outre l’intérêt; que présente ce fait sous le point d,e vme anatomique, il mérite aussi. de fixer l’attention , cTAgg que fa maladie du médiaatin et du p.ériearde parait s^étre développée sous l’influenee d’une cause externe.
- ' OBSERVATION 52« tbis}.
Homme dè 33 ans. — Symptômes vagues d’une péricardite, — Plus tard., -tumeür sous îe sternum. — Mort six ou sept ans après les premiers accidents, à la suile jEfoine .pleurésie aiguë. — Tumeur lardacée, carcinomaieuse, entre les lames du médiastin. — Péricarde a.àRéFent au cœurÆisingnlLèreme,nt épaissi : il est comme, confondu, ainsi que la. portion voisine du poumon, avec la tumeur indiquée. — Épanebement purulent (Jan.s la plèvre.
Un cordonnier, âgé de 53 ans, ayant eu autrefois une maladie vénérienne pour laquelle il fit un traitement mer-
TROIS. CATÉG. d’oBSEEVATIO?(S I>E PÉPaCARDITE. 4^3 curiel , fut admis , le ?5 décembre 1820 , dans les salles de l’hôpital Gochin , portant derrière le sternum une tumeur dont il attribuait la formation à la nature rie ses travaux qui le forçaient à des efforts presque continuels , et pendant lesquels la région sternale appuyait fortement contre des corps durs, tels que des emboucboirs de butte , etc.
C’est en i8i4 que cette tumeur commença à se développer, ou plutôt que Je malade éprouva des douleurs si violentes sous le sternum , qu’il fut obligé d’abandonner sa profession ; sa respiration devint .très gênée, et au moindre effort, il étouffait et tombait en défaiffanee, IJn médecin qu’il consulta l’année dernière fit' appliquer des songsués , un sinapisme derrière les épaul-es , et conseilla de fréquentes saignées : ces moyens le soulagèrent. Cependant , vers la fin du mois d’octobre de cette année , il s’aperçut qu’il portait une tumeur pulsatile dans la région du stirpum.
Voici quel était son état lors de l’enti;èe k l’hôpital :' face pâle ; lèvres d’un rouge violacé ; yeux ternes et abattus ; dyspnée ; pouls petit , assex régulier j sommeil très court , agité par des rêves effrayants. Les battements de la tumeur sous-sternale , isochrones à ceux du pouls, tumultueux, semblaient s’étendre sous presque toute la paroi antérieure de la poitrine j la pression était doulournuss et faisait céder le sternum ; la peau qui recouvrait la turoeue n’avait point changé .de couleür, mais . ello était plus chaude que celle des autres parties.
Le lendemain de son arrivée , il se plaignit d’un point de côté qu’il éprouvait pour la première fois : une saignée le calma momentanément ; mais il reparut bientôt , et augmenta même les jours suivants. Il y avait près de vingt jours que le malade était à l’hôpital, lorsqu’il lui survint tout-à-coup, dans la nuit du i5 au i4 janvier 1S21 , un tremblement qui dura environ une heure, avec sueurs froides, oppression, défaillances et toux douloureuse : le pouls était devenu petit, fréquent, irrégulier; les battements
484 MALADIES DD CÛEÜR EÎI PARTICüLIEB.
de la tumeur, bien moins sensibles, semblaient avoir augmenté d’étendue ; la face était terne , cadavéreuse : les lèvres bleuâtres ; la soif intense.
Le lendemain, la respiration était moins gênée , mais le malade se plaignait toujours de son point de côté qui l’obligeait de garder continuellement la même position. [Onjit appliquer des sangsues sur Vendrait douloureux V)
Cependant les symptômes devenant de jour en jour plus alarmants, le malade, conservant toute sa connaissance , rendit le dernier soupir le 22 janvier, vers midi.
Autopsie cadavérique.
Le sternum, les cartilages des vraies côtes , altérés , ramollis, faisaient partie d’une tumeur lardacée, carcinomateuse, développée entre les lames du médiastin qu’elle avait envahi tout entier, de manière qu’on nen distinguait plus de trace. Le péricarde lui-même , confondu dans la, tumeur , singulièrement épaissi , adhérait au cœur dans toute son étenduela partie inférieure de la plèvre gauche était recouverte d’une couche blanchâtre séro-purulente ; la portion du poumon en contact avec le péricarde , altérée dans sa texture , semblait participera la maladie du médiastin ; le tissu cellulaire qui unissait la surface du cœur au péricarde était infiltré.
Le cœur avait augmenté de volume; ses cavités droites étaient dilatées ; le ventricule gauche , dont la cavité était rétrécie, avait des parois ôpaisses d’un pouce; les valvules et les piliers n’ont offert rien de particulier.
L’aorte était , à l’extérieur , parfaitement saine ; mais sa membrane interne offrait dans plusieurs points une rougeur assez prononcée qui se prolongeait jusqu’aux iliaques d’une part, et d’autre part jusqu’aux axillaires et aux carotides externe et interne de chaque côté ; en mêmé temps la membrane paraissait épaissie , et se séparait avec facilité de la membrane moyenne.
La membrane interne de l’artère pulmonaire était sans rougeur.
TROIS. CATÉ&. d’oBSERVATIOI^S DE PERICARDITE.
La cavité gauche de la poitrine inférieurement était le siège d’un épanchement purulent.
Quelques réflexions générales sur les précédentes observations de péricardite chronique {fl).
Une première circonstance frappe l’attention dans la plupart des observations de péricardite chronique qui viennent d’être rapportées , savoir, la coïncidence presque constante des lésions du péricarde, soitavec celles de la subslance musculaire du cœur, soit surtout avec celles de la membrane interne et des valvules de cet organe.
Ce fait est pour nous d’une immense importance : il constitue effectivement un des arguments les plus victorieux que nous opposerons, dans le chapitre suivant, à ceux qui n’ont point encore adopté la doctrine que nous professons sur l’origine de certaines maladies dites organiques de la membrane interne du cœur et des valvules. J’aurais pu ajouter ici plusieurs autres observations à celles qui constatent la simultanéité des lésions du péricarde et de l’endocarde ; mais j’ai cru pouvoir m’en tenir aux précédentes , d’autant plus que les observations que renfermera le chapitre suivant seront elles-mêmes, pour la plupart, de nouveaux exemples de la loi que nous signalons ici.
Si l’on nous objectait que le rapport dont nous exposons la fréquence est un pur accident qui ne se rencontre pas dans les observations exactement recueillies par d’arflres auteurs , nous répondrions que nous y trouvons , au contraire, la confirmation des nôtres. Cilons-en au hasard quelques unes de M. Hope , en conservant les titres de l’auteur.
(1) Je prie le lecteur de ne pas se méprendre sur la valeur que j’aUache à celle dénomination. Je m’en sers ici pour désigner les suites d’une péricardite, bien plus que la péricardite elle- même. Cette explication donnée, je continuerai à me servir du mot péricardite chronique pour éviter de longues circanioculionsi
18® Obse??' Grande hypertrophie avec dilatation du -ventricule gauche ; ossification des valvules aortiques ÿ péricardite chronique. — Apoplexie.
ObserVi — Hypertrophie avec dilatation^ adhésion du péricarde; rétrécissement des valvules mitrale et aortiques. — Hémiplégie.
26® Obaery. Adhésion du péricarde ; hypèrtrophie et dilatation ; maladie des valvules aortiques et mitrale, rétrécissement de ï aorte.
La sixième observation de Corvisart, pour ne parler que de eèlle^là, mérite aussi d’être citée dans ce cas ,1e feuillet cardiaque du périéarde était grisâtre, parsemé de granulations ; de plus, il existait dé petits tubercules endurcis dans l’épaisseur de la valvule mitrale, et les valvules tricuspides étaient un peu épaissies et de consistance presque cartilagineuse (i).
Uneauti’e circonstance fort remarquable de la plupart de nos observations sur la péricardite chronique , c’est que les principaux Symptômes, tant locaux que généraux, sont précisément ceux par lesquels se traduisent en quelque sorte à notre investigation les graves lésions organiques de la membrane interne du cœur, et spécialement de la portion qui Se déploie autour des valvulés. Au reste, cette circonstance est pour ainsi dire corrélative à la précédente : il est tout simple, en effet, d’observer les symptômes dont il s’agit.
(i) Je n’en finirais pas, si je voulais rapporter tous les cas confirmatifs de cèur qUi nous soiit prOptès, et qui jusqu’ici étalent passés en quelque sôrfe inaperçus. Je terminérai en mefilioUnant éelüi que M. Totamasihi a publié dâps sa Gliniqùe médicale de Bologne (pag. 165), sous le titre de Péficardiie ec Dia^hragmiie [Péricardite e Diafframmite), Le sujet de celle observation était un jeune homme de dix-huit ans , adonné outre mesure au vin et aux liqueurs spiritueuses. Des adhérences unissaient le feuillet viscéral du çœur du feuillet pariétal, et les valvules artérielles étalent ossifiées.
M. Tommasini ajoute qu’il n’est pas ordinaire de rencontrer des ossifications des valvules chez des sujets d’un âge si tendre.
TROIS. CATÉG. b’oBSEE.VATIO>'S BE PÉEICAEBITE. 4^7 puisque la péricardite dironique s’associé si fréquemment aux lésions de l’endocarde , et, qu’on me permette de le dire d’avance , à l’endocardite également chronique.
Mais enfin, dira-t-on , il est pourtant des cas où la péricardite chronique existant indépendamment de toute lésion de la merhbrane interne du cœur ou des valvules , on a observé les symptômes que voùs rapportez aux lésions organiques de ces valvules. Je n’ignore pas qu’il a été publié et qu’il se publie encore chaque jour des observations de ce genre; mais j’oserai affirmer que les faits dont il s’agit ont été pour la plupart mal observés , et que jusqu’ici , peu de médecins ont examiné et examinent le coeur avec tout le soin que nous y apportons nous-même. On insiste et l’on dit ; n’y eût-il qu’un seul fait de péricardite chronique avec symptômes d’obstacle mécanique à la circulation, il faudrait convenir que cette maladie peut, en l’absence de toute lésion organique des valvules et de leurs orifices, donner lieu à des phénomènes que vous rapportez spécialement à cette dernière. J’en conviens tteS volontiers ; mais je déclare en même temps qu’on ne trouve encore dans la science aucun bien observé Q^uï établisse incontestablement qu’une péricardite chronique a été accompagnée des principaux symptômes locaux et généraux que nous attribuons aux grandes lésions deè Valvulés, san^ là coexistëncé de quèïqu’une de ces lésions.
J’espère que le lecteur n’ira pas conclure de ce qui vient d’être dit, que la péricardite chronique, à mon avis, ne donne jamais lieu à quelques accidents d’obstacle à la circulation. Non; je pose seulement en fait que , par ellesmêmes, les lésions exclusivement propres à la péricardite n’entraînent pas le plus souvent de trouble notable dans lés actes de la circulation ét de la respiration , ét que dàtis lëâ cas où elles en déterminent, il est porté âüh moindre degré que dans les grandes lésions organiques des valvules. J’ajoute que ces dernières lésions, pour quiconque s’est famh
488 HISTOIRE G^ÎTÉRALE DE LA PERICARDITE, liarisé avec leur étude, sont, en général, aussi faciles à diagnostiquer qu’une maladie chirurgicale des plus vulgaires , un rétrécissement de l’urètre , par exemple ; tandis que, dans bien des cas, plusieurs des lésions organiques du péricarde échappent à tout positif , etpeuvent
seulement être présumées, si l’on possède, pour éclairer son jugement, une connaissance détaillée des antécédents (i).
Nous pourrions traiter actuellement des rapports qui existent entre les maladies de la substance musculaire du cœur elle-même et la péricardite chronique ; mais il nous paraît plus convenable de réserver cette question , ainsi que celle de Y évolution de l’exsudation péricarditique ou du mécanisme des transformations de la matière organisable et plastique , pour l’histoire générale de la péricardite, dont il est temps que nous nous occupions.
SECONDE SECTION