‹ Traité clinique des maladies du cœurChapitre 85 sur 107 · EXPOSITIOTÎ DES CA.USES DE LA PÉRICARDITE · texte numérisé non relu

EXPOSITIOTÎ DES CA.USES DE LA PÉRICARDITE

cédant à une copieuse transpiration et à un travail , à un exercice fatigant, est la cause la plus commune de ces maladies. Dès lors on ne doit pas être surpris si la péricardite est la compagne si ordinaire, je ne dis pas seulement de la pleurésie et de la péripneumonie , mais aussi d’un rhumatisme articulaire sur-aigu. Qui ne sait, en effet, que celte dernière fluxion inflammatoire reconnaît précisément pour cause principale les vicissitudes que nous venons de signaler?

On est étonné que Corvisart , dans son exposé des causes delà péricardite, n’ait pas amplement développé la question de coïncidence que nous abordons en ce moment. Il n’ignorait point absolument un certain rapport des affections rhumatismales avec l’inflammation du tissu séro-fibreux du péricarde. Dans la 6® observation déjà citée, il ne manque pas, en effet , de noter que la péricardite s’était développée à la suite de douleurs rhumatismales très aiguës. Enfin , dans l’article qu’il a consacré à l’adhérence du cœur, divisée par lui en plusieurs espèces, il dit , en parlant d’une de ces espèces : « Je suis tenté de regarder, entre autres, comme » cause fréquente de cette adhérence , les affections rhumastismales et goutteuses. » C’est là un de ces lumineux éclairs que le génie observateur de Corvisart faisait briller sur la plupart des sujets auxquels il s’appliquait.

Trois des malades des observations de notre première catégorie ; sept des sujets des observations qui seront rapportées à l’article Traitement, étaient à la fois atteints et de rhumatisme articulaire aigu et de péricardite, sorte de rhumatisme du péricarde. Telle est, d’après notre expérience , la fréquence de la péricardite chez les individus rhumatisants, qu’on pourrait affirmer a priori que sur vingt sujets atteints d’un rhumatisme articulaire aigu général, et accompagné d’une vive réaction fébrile, il y en aura la moitié, au moins, qui offriront des symptômes d’une péricardite

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ou d’une endocardite, et souyent de ces 4eux plilegmasies réunies (i). :

Jusqu’ici les phlegmasies aiguës du cœur concomitantes du rhumatisme, avaient été’ entièrement méconnues dans la très grande majorité des cas ; et coxnme elles n’avaient point été combaitues convenahièment, plusieurs ont dû passer et sont effectivement passées à l’état chronique. De là ces lésions organiques du cœur, sur l’origine desquelles les auteurs ne nous avaient fourni aucunes données satisfaisantes , et que certains praticiens avaientnéanmoins vaguement rattachées, dans quelques cas, à je ne sais quel 'vice o\x 'virus rhumatismal et goutteux- Les considérations et les faits qui précèdent répandront, j’ose l’espérer, quelque lumière sur cette question éminemment pratique.

JSt qu’on ne croie pas que la dissertation à laquelle nous venons de nous livrer soit une de ces oiseuses théories auxquelles les bons esprits ont désormais renoncé sans retour, j^on, non; et chaque jour, au lit des malades, les vrais observateurs pourront apprécier à leur juste valeur les réflexions que nous soumettons en ce moment à leur jugement éclairé. Qu’ils assistent à ces cliniques où l’on voit les rhumatismes articulaires aigus durer 5o, 4o jours et audelà, et ils verront si, comme le soutiennent qqelques classiques praticiens , la réaction fébrile qui survit à la période inflammatoire du rhumatism.e est une nouvelle espèce de Jièure essentielle ^ ou si elle ne se rattache pas, au contraire, dans un grand nombre de cas, à une péricardite, à une endocardite, à une endo-péricardite méconnues.

Une pleurésie plus ou moins violente alimente aussi

(1) Pour’des développements plus étendus et des résultats plus précis, numériques, nous renvoyons au chapitre Endocardite de cet ouvrage, ainsi qu’à notre Traité clinique du rhumatisme articulaire. Paris, 1840, ia-S*?.

EXPOSITIOIS DES CA.USES DE LA PÉRICARDITE. £(23 quelquefois la prétendue fièvre essentielle rliumatisniale de certains auteurs ; mais cette complication est plus rarement méconnue que celle indiquée plus liaut (i).

On a fait jouer un grand rôle au phénomène désigné sous le nom de métastase dans le développement de là péricardite rhumatismale. Je n’ai point l’intention de nier tout ce qui a été dit sur le transport , le déplacement d’un rhumatisme , ni de faire le procès à la théorie un peu surannée des métastases; mais je crois pouvoir affirmer sur la foi d’observations nombreuses, recueillies avec le soin le plus minutieux à la fois et le plus consciencieux, que les péricardites ne sont pas ordinairement l’effet d’une métastase rhumatismale proprement dite ou d’un transport de rhumatisme d’une articulation sur le péricarde. La péricardite , il est vrai, n’a été souvent constatée (quand elle l’a été) chez des individus rhumatisants , que plusieurs jours après le début delà phlegmasie articulaire. Reste à savoir si la péricardite, pour n’avoir été reconnue qu’à cette époque , n’était pas en quelque sorte née en môme temps que le rhumatisme. Quoi qu’il en soit , je ne conteste pas que la péricardite ne puisse survenir pepdant le çours d’uh rhuipatisme , comme elle survient pendant le cours d’une pleurésie ou d’une pleuro-pneumonie , soit en vertu de la tendance à l’extension , à la diffusion qui caractérise l’inflammation rhumatismale^ sojt sous l’influence d’une cause accidentelle. Mais je n’insisterai pas plus long-temps ici sur une ques-

(1) Le passage suivant de l’introduction de l’ouvrage de M. le docteur Hope, sur les maladies du coeur, confirme la doctrine ci-dessus développée. « Dans » le rhumatisme aigu, il n’y a pas de danger plus commun et plus formi- » dable que l’inflammation du cœur et de ses membranes. Si on la. néglige » quand elle existe à un haut degré ( et même alors elle constitue une des » maladies les plus obscures et les plus insidieuses), le malade succombe » presque toujours aux effets immédiats de l’attaque , ou. vit encore un peu » âé téaips, martyr d’une incurable affèctipn organique du cœur. »

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