ARTICLE CINQUIÈME
DU TEAITEMEJSX DE LA PERICARDITE.
§ I". Préceptes généraux.
Comme toutes les autres phlegmasies en général, la péricardite aiguë réclame l’emploi des émissions sanguines, du repos, de la diète, des boissons adoucissantes, rafraîchissantes et des applications émollientes.
Mais jusqu’ici celte méthode n’avait pas été mise en usage avec une suffisante énergie, dans les cas, d’ailleurs bien rares, où la péricardite avait été forrnellement diagnostiquée. Aujourd’hui que le diagnostic de cette maladie repose sur les signes les plus certains, j’ose affirmer. qu’en appliquant, avec une hardiesse éclairée, la nouvelle formule des émissions sanguines* au traitement de la péricardite aiguë, on obtiendra des succès vraiment inespérés. Tel est du moins le résultat auquel me conduisent les huit dernières années de ma propre expérience. J’ai vu céder rapidement à des émissions sanguines généreuses, réitérées plusieurs fois dans l’espace de trois, quatre et cinq jours, presque toutes les péricardites que j’ai rencontrées , et le nombre en est aujourd’hui très considérable (il s’élève à 6o au moins) (i).
(1) Aux cas de guérison, recueillis à la clinique, qui seront rapportés plus bas, on peut ajouter celui d’un jeune homme auprès duquel me fit appeler l’un de nos plus savants confrères de la ville, M. le docteur Forget (aujourd'hui professeur à la Faculté de Strasbourg), aux soins duquel il était confié. Trois fortes saignées du bras et deux applications de sangsues sur la région précordiale triomphèrent d’une péricardite, annoncée entre autres signes pathognomoniques , par la matité de la région précordiale et le bruit de frottement péricardique (une très violente réaction fébrile existait chez ce jeune malade).