‹ Traité clinique des maladies du cœurChapitre 91 sur 107 · OBSERV. DE PÉRIC. TERMINÉE PAR LA &ÜÉRISOÎÎ · texte numérisé non relu

OBSERV. DE PÉRIC. TERMINÉE PAR LA &ÜÉRISOÎÎ

Diagnostic. Pihumatisme articulaire aigu , compliqué de péricardite et peut-être dé endocardite.

Quatre saignées de trois palettes , trois applications de ventouses scarifiées de deux palettes chacune ; des frictions mercurielles sur les articulations, un vésicatoire sur la région précordiale , les boissons légèrement diaphorétiques, et quelques potions gommeuses avec 6 à 8 grains (3 à 4 décigr.) de thridace, tels furent les moyens mis en usage. '

A la fin du mois de décembre, il ne restait plus de trace du rhumatisme; la matité delà région précordiale était rentrée dans ses limites normales , et il n’existait qu’un léger bruit de frôlement diffus dans la région précordiale. Le malade mangeait le huitième d’aliments.

Le 3 janvier, il survient des signes d’une pleurésie gauche (point de côté , souffle bronchique , égophonie , pas de respiration vésiculaire , respiration accélérée , fièvre). — Une nouvelle saignée est pratiquée (i), et des ventouses scarifiées sont appliquées sur le côté douloureux. — Plus tard, un large vésicatoire est appliqué sur le même côté.

Les accidents ne tardent pas à se dissiper , et le malade est mis au quart, le 9 janvier. Le pouls était à 68 par minute, et le double claquement du cœur était revenu à son état normal , sans mélange d’aucun bruit de souffle ou de râpe.

Le malade obtient sa sortie le 18 janvier, six semaines environ après son entrée. Il fut examiné avec soin , et nous constatâmes de nouveau , comme nous l’avions fait tant de fois déjà, le retour du double bruit du cœur à son état normal. La matité de la région précardiale n’était plus que d’un pouce carré, c’est-à-dire la 16® partie de celle qui existait au moment où le malade fut examiné pour la première fois.

Cl) l^e sang fourni par cette saignée, comme celui fourni par toutes les précédentes, se recouvrit d’une couenne épaisse, ferme, élastique, résistante, polie à sa surface , et pour ainsi dire organisée en véritable membrane.

Homme de 37 ans. — Rhumatisme articulaire aigu. — Symptômes d’endo-péricardite ( maiîté, bruit de frottement superficiel et bruit de souffle dans la région précordiâle). — Guérison par les émissions sanguines répétées, l’application d’un vésicatoire et l’administration de la digitale.

François Bailli » âgé de 67 ans, palefrenier, d’une forte constitution, fut admis à la Clinique (n“4» salle Saint-Jeande-Dieu, le 8 novembre i854). Cinq mois auparavant, il avait eu, disait-il, une fluxion de poitrine ^ pour laquelle il fut saigné trois fois. A la suite de cette maladie, il éprouva des douleurs de rhumatisme, qu’il attribuait aux alternatives de chaud et de froid auxquelles il est souvent exposé. Le rhumatisme fut combattu par les sudorifiques. Le malade était à peine en état de marcher, qu’une nouvelle affection du même genre se déclara, et c’est pour en être traité qu’il est venu à l’hôpital.

Le rhumatisme occupe cette fois , et les membres supérieurs et les membres inférieurs , mais particulièrement les genoux , les coudes et les articulations des deux mains.

Une fièvre très vive accompagne la fluxion inflammatoire des articulations; le pouls est fort, régulier, à 82-88.

La région précordiale n’est pas notablement douloureuse. Elle rend un son mat dans une étendue de 2 pouces (54 mill.) en travers et verticalement. On y entend très distinctement un bruit de frottement supei’ficiel, plus marqué dans la région des cavités droites.

Diagnostic. Rhumatisme articulaire aigu^ compliqué de péricardite^

Trois saignées de 3 à 4 palettes (1), l’application de ventouses scarifiées sur la région précordiale (2 palettes); plus tard, un vésicatoire sur la même région et radminislration de la digitale, amenèrent une complète guérison.

(!) Le sang de toutes ces saigaées se couvrit d’une couenne épaisse , fermé, résistante, élastique.

OBSERV. DE PÉRIC. TERMlIfÉE PAR LA GU^RISOIN*. 66-7 Il existait encore nn soufiBle marqué à la région précordiale, lorsque déjà tous les autres symptômes avaient complètement cessé, et que le malade mangeait la demie (ce bruit est un des signes d’après lesquels nous fûmes porté à penser qu’il avait existé une endocardite en même temps qu’une péricardite). Mais les bruits du cœur étaient revenus presque complètement à l’état normal lorsque le malade sortit de l’bôpital , le i5 décembre, cinq semaines après son entrée (1).

Jeune homme, de 3Q ans. -rr- Pleuro-pneumonie compliquée de péricardUe (matité à la région précordiale; obscurité des battements du çobur, dont les bruits sont sourds et profonds). — Abondantes émissions sanguines générales et locales, répétées coup sur coup. — Guérison très rapide (convalescence dès le quatrième ou le cinquième jour après l’entrée).

Un porteur d’eau, âgé de 5o ans, d’une taille trèR élevée, d’une forte constitution , éprouvait depuis quatre ou cinq jours les symptômes d’une fluaçion de poitrine ^ lorsqu’il fut admis à la Clinique (n® i4, salle Sainte J eap-de-Pieu), le 19 décembre i834.

Le 20, à la visite » voici quel était l’état du malade :

Le visage était le siège d’un érysipèle copamençapt j les lèvres étaient sèches.

Le crachoir contenait une piédioP.re quantité d® vitriformes, d’une teinte rouiilée , médiocrement visqueux,

Douleur vive dans le çôté gauche de la poitrine ; 40 é 44 inspirations par minute.

La partie postérieure du çôté gauche de la poitrine rend un son un peu obscur, depuis la base jusqu’au sommet^ et l’on y entend un râle sibilant, suspirieux, avec uppep

(1) Ce malheurepx a fini par snccombcr, en 1838, à nqe nraJadle prganisaç du cœur. Il était alors dans le service de M. le professeur Andral. J’ai rapporté la suite de son observaUon dans mon Traité clinique du rhumatismé articulaire. Paris, 1840, pag. 186^et suiVi

568 MALADIES DU COEUR EIM PARTICULIER, de souffle dans la région de Fomoplate. — La partie postérieure du côté droit résonne passablement dans ses deux tiers inférieurs, mais ne résonne presque nullement dans la région du scapulum où existe du râle crépitant, du souffle bronchique et une brocliophonie très retentissante.

Les battements du cœur sont obscurs et profonds. La percussion donne 5 pouces (8i miilim.) de matité transversalement et 4 pouces (io8 miilim.) verticalement. — Les bruits du cœur sont lointains , profonds , mal dessinés (le premier bruit est très sourd et le second presque imperceptible). En faisant coucher le malade sur le côté droit, la matité s’est déplacée et le premier bruit du cœur est devenu plus distinct (il est accompagné d’un tintement métallique); dans la position assise, la matité s’est également déplacée.

Fièvre très vive. (Pouls à 120-124; peau très chaude.)

Diagnostic. Pleuro-pneumonie au premier degré , compliquée de péricardite avec épanchement. — Erysipèle à la face.

Prescription, -x saignées de à h palett.; vent, scarif. rég. précord. 5 palett.- catapl. ; guim. viol, édulc. — Diète.

ai. Le sang des saignées est ferme et recouvert d’une couenne résistante, élastique, avec renversement des bords du caillot. Crachats fortement rouillés, plus visqueux que la veille ; respiration plus libre (02 inspirations); râle crépitant en arrière, à droite, etc. — Cessation du point de côté.

Pouls à 124, régulier, plus développé que la veille. La matité de la région précordiale a presque diminué de moitié {elle nest plus que de 2 pouces (54 miilim.) verticalement et de 2 pouces -î lignes (69 millim.) transversalement) ; les battements du cœur sont plus sensibles au toucher, et le double claquement de cet organe se fait entendre, quoique plus sourdement qu’à l’état normal. Nul frémissement cataire à la région précordiale.

Le visage est encore rouge , gonflé.

OESERV. DE PÉRIC. TERMINÉE PAR LA GUÉRISOüî. 669 Prescription. Saignée de 5 palett. ; -vent, scarif. rég. du scapul. droit , 5 palett. — Le reste ut supra.

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