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ÉCLAMPSIE

éclamptiques. Comme on les observe le plus souvent à l'époque de la première dentition, on croyait avoir trouvé dans l'évolution dentaire la véritable cause de la maladie; mais c'est une liypolhèse peu fondée, et il vaut mieux se rappeler que ces faits se passent précisément pendant les années où le cerveau de l'enfant est doué d'une délicatesse et d'une excitabilité si marquées, et qu'alors les causes locales (hypcrémie, ou anémie cérébrale suite de diarrhée), aussi bien que les excitations périphériques, peuvent facilement donner naissance à des symptômes convulsifs.

Il existe encore une autre cause des accidents convulsifs chez les enfants, ce sont les exanthèmes aigus : scarlatine, variole, rougeole, qui toutefois se montrent le plus communément après l'âge de 2 ou 5 ans. Les affections stomacales des enfants (lait de mauvaise qualité, aliments indigestes), les affections intestinales (les vers, par exemple, sauf chez les nourrissons où ils ne se développent pas encore), et les maladies des reins (dégénérescence brightique consécutive à la scarlatine, passage de calculs à travers les reins ou la vessie), peuvent être autant de causes des accidents éclamptiques. Dans certains cas peu fréquenis, ils sont provoqués chez les nourrissons par des affections mentales de la mère ou de la nourrice, chez les enfants plus âgés par des émotions. Les maladies de l'encéphale (méningite, tuberculose cérébrale aiguë, tumeurs cérébrales) peuvent aussi être la source de phénomènes éclamptiformes; enfin ceux-ci peuvent résulter d'irritations des nerfs périphériques (blessures, piqûres).

Au point de vue du diagnostic, on cherche à distinguer si l'affection qu'on a sous les yeux est centrale ou périphérique, idiopathique ou symptomatique, distinction qu'il n'est pas possible d'établir dans beaucoup de cas. Que de fois n'arrive-t-il pas que des altérations existent dans le système nerveux central, sans que nous soyons à même de les soupçonner, et moins encore de les constater? Lorsqu'on ne trouve sur quelque partie éloignée du corps aucune des affections que nous avons mentionnées, pouvant être une source d'irritation pour les centres nerveux, on arrivera peut-être, par une observation prolongée et attentive, à découvrir de quelle sorte d'éclampsie il s'agit.

Nous sommes revenus à plusieurs reprises, dans les précédents chapitres, sur les signes distinctifs des différentes maladies cérébrales qui s'accompagnent de symptômes éclamptiques. DixnsVhydroccphale aigu, les crampes sont ordinairemenl précédées de symptômes cérébraux (céphalalgie, anonuilies pupillaires, contracture de la nuque, retard du pouls, rétraction du vcnire, etc.), les symptômes de la

maladie subsistent dans les intervalles des attaques, tandis que la véritable éclampsie des enfants ne s'accompagne pas en général des symptômes cérébraux en question, et ne présente aucun signe caractéristique en dehors des attaques. Dans l'affection décrite en détail, par Elsasser, sous le nom de crâniotabes (der weiclie Hinterkopf, elc, Stuttg., 1845), et qui conduit souvent à l'éclampsie, onx'onstate, dans le voisinage de la suture lambdoïde, des points où le crâne est réduit à l'épaisseur d'une feuille de papier, ou même des pertes de substance complètes dans les os, avec adhérence de la dure-mère au péricrâne. Les symptômes concomitants de cette affection sont la sensibilité de l'occiput au contact et dans la position couchée, l'insomnie, la rareté des cheveux, de l'irritabilité, des crampes accompagnées de spasme de la glotte. La moitié des enfants succombe. A l'autopsie, on trouve de l'hyperémie el de Tinllammation des méninges spinales. Le crâniolabes est une forme de rachitisme, qui se développe ordinairement vers le deuxième quart de la première année, tandis que les crampes éclamptiques ne se montrent que dans le troisième quart (pendant le cours de la dentition, qui est retardée chez les racliitiques).

Le pronostic, d'après tout ce qui précède, est presque toujours des plus graves. Il est le plus défavorable dans l'éclampsie centrale, symptomatique, et alors la maladie est le plus souvent mortelle. Dans l'éclampsie idiopathique, un grand nombre des enfants échappent à la mort et guérissent complètement, mais conservent souvent des traces de la maladie : contractures des membres, strabisnies, embarras de la parole, hémiplégiL'S, imbécillité. La fréquence des attaques ou les rechutes répétées sont des conditions très-fàcheuses pour le pronostic. Quelquefois aussi la maladie peut laisser à sa sui'e de t'épilepsie habituelle. Dans l'éclampsie rétlexe, les attaques peuvent disparaître si l'on en supprime la cause, ou quand celle-ci se supprime spontanément.

Le tî^aitement de Védampsie infantile doit s'attacher surtout à la prophylaxie. Les enfants qui montrent une certaine tendance aux mouvements convulsifs, ou dont la mère avait des attaques, seront pourvus d'une alimentation saine et surtout animale : ils coucheront dans une chambre bien aérée; on leur évitera les efforts intellectuels précoces; ils habiteront la campagne, et on les habituera aux lotions froides, faites journellement sur tout le corps.

Dans les attaques légères, on emploiera comme moyens calmants les lavements froids, additionnés de vinaigre, et les bains tièdes. Dans les attaques graves et chez les enfants d'un certain âge, on se

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ti'ouvo bien du chloral à doses progressives, ou des inhalallons de clilorofornie; mais celles-ci ne doivent être poussées que jusciu'au relâchement nmsculaire, et non pas jusqu'à ranestliésie coiuplète. S'il y a des symptômes de stase manifeste et des troubles respiratoires, on prescrit des frictions sur le corps avec des linges cliauds, des révulsifs cutanés, des lavements irritants, à l'intérieur un peu de vin, des infusions aromatiques avec quelques gouttes de teinture.de musc. Quand il y a des menaces de coUapsus, la plupart des auteurs recommandent les affusions froides sur la tête, dans un bain tiède. Chez les enfants en pleine dentition, on pratique souvent en Angleterre Y incision des gencives; ce moyen ne peut guère contribuer à faciliter la sortie de la dent, mais il agit plutôt par l'hémoniiagie que fournissent les gencives tuméfiées, congestionnées, et diminue ainsi l'étranglement dont elles étaient le siège.

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